‹ Traité complet de mécanique appliquée aux arts, contenant l'exposition méthodique des théories et des expériences les plus utiles pour diriger le choix, l'invention, la construction et l'emploi de toutes les espèces de machines;Chapitre 46 sur 94 · CHAPITRE IY · texte numérisé non relu

CHAPITRE IY

Des chaînes communicatrices.

588. Nous désignerons par le nom de chaînes communicatrices, les combinaisons des chaînes proprement dites avec les poulies ou les rouleaux qui servent à les diriger , et à leur donner les moyens de transmettre le mouvement dans des directions et des éloignemens quelconques. Nous distribuerons les chaînes communicatrices en trois espèces; daùs la première nous placerons celles qui transmettent simplement un mouvement continu d’un organe à un autre; dans la seconde, celles qui entraînent deS poids ou d’autres résistances par un mouvement continu; et dans la dernière cnlin, celles qui produisent un mouyeinent alternatif.

• 58g. Les tig. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, ii, i3,

(PI. XVIII) représentent diverses sortes de chaînes, parmi lesquelles les trois représentées par les fig. 9 et 10, par la tig. 1 1 , et les fig. 12 et 1 3, sont les plus appropriées à l'usage de chaînes communicatrices, à cause de leur régularité, de leur grande flexibilité , et de la propriété quelles ont de bien s adapter aux gorges des poulies sans les corroder ni les dlflbrmér. La chaîne, g et 10, est semblable à celles employées dans les horloges, oh elle, s’enveloppe sur la fusée; elle est composée de trois rangs de petits plateaux semblables superposés plein sur joint. Chacun des plateaux est percé de deux trous dans lesquels on introduit les boulons qui unissent tous les plateaux, et qui leur servent de points de rotation. La fig. 1 ( Pb XXI ) représente une chaîne

* DES CHAINES COMMUNICATRICES. ^7

analogue à celle que nous venons de décrire, et qui n’en diffère que parce quelle est armée de petites dents a a , adaptées aux plateaux, et, qui sont destinées à entrer dans des cavités de même forme , creusées sur la circonférence de la poulie. Ces dents retiennent la chaîne et l’empêchent de glisser.

590. La chaîne de la tig. 1 1 ( PI- X VIII } est composée de chaînons quadrangulai res réuhis par des plaques repliées de chaque côté sur ces chaînons. Lorsqu’on emploie ces sortes de chaînes sur une poulie, on plante dans le contour de la poulie des dents de la forme indiquée fig. 3 (PI. XXI), qui doivent être régulièrement espacées , et à des distances égales à celles qu’il y a entre les milieux des chaînons. Les chaînons , en s’enveloppant autour de la poulie, sont retenus par les' dents, et la chaîne ne peut glisser.

59 1 . La chaîne représentée fig. 1 2 et 1 3 ( PI. XVIII ) , a été inventée par le fameux Vaucanson. On la voit de profil ((ig. 12), et de face, fig. 1 3. La fig. 14 représente l’outil dont ou se sert pour fabriquer cette chaîne. Cet outil est une espèce de tenaille dont les branches sont unies à charnière en a; la branche inférieure a une cavité en d dans laquelle on introduit le fil de fer. La*supérieurea des crochets c sailians de chaque côté; ils servent à régler la grandeur des chaînons, et ils en dirigent la formation. Au moyen de cet outil, on exécute la chaîne avec exactitude et célérité. La fig. 1 1 ( PI. XXI ) , indique une chaîne très-forte , inventée eti Angleterre, et qu’on peut employer utilement lorsqu'on doit produire de grands efforts.

592. Les fourches, fig. 4 et 5 (PI. XXI), sont celles que l’on

adapte à la circonférence des poulies lorsqu’on se sert des chaînes à .chaînons circulaires ou ovales, représentées fig? i et 2 (Pi. XVIII). La fourche, Gg. 5, aul ieu d’avoir une queue comme celle de la tig. 4 , a deux branches parallèles qui s’adaptent aux faces latérales de la poulie , et qui sont traversées par un boulon. De la compo sition des Mac hines. 33

DES CHAINES COMMUNICATRICES. •

première espèce. — Chaînes communicatrices transmettant d un organe à un autre un mouvement continu.

K) '5. Ces sortes de chaînes s’appellent chaînes sansfm, parce quelles sont reunies dans tous leurs points sans discontinuation; elles sont, tendues entre deux poulies. 11 y a trois variétés de chaînes sans lin simples. Ce que nous dirons des chaînes peut également se rapporter aux cordes et aux courroies dont on fait souvent usage dans les machines délicates; il faut cependant noter que ces dernières, étant sujettes aux variations hygrométriques, s'allongent et se raccourcissent; de sorte que, pour" en obtenir un effet satisfaisant, il faut que l’axe d'une des poulies soit disposé dp manière qu’on puisse facilement rapprocher et l’cloigher de l’autre, pour donner à la corde la tension convenable. . •

première variété. — Cordc sans fui simple à branches croisées. Planche X\ ,

Cg- i.

594. Ces branches de la corde sans fin étant croisées, les poulies auront un mouvement circulaire en sens inverse. La îig. 3 (PI. XXII) représente un anneau a soutenu à sa circonférence par trois poulies h h b, et inu par une corde sans (in. Par cette méthode , due au génie de Vaucanson , on peut supprimer l’axe de rotation dont ordinairement on fait usage.

nEixir.Mf; variété. — Chaîne sans fin à branches non croisées. PI. XV , fig. 3.

595. - Si les branches de la chaîne ne sont pas croisées, les potflies tourneront dans le même sens.

DES CHAINES COMMUNICATRICES.

troisième variété. — Chaîne sans fin à poulies concentriques. PI. XV, fig. 3.

596. Plusieurs poulies concentriques de différents diamètres sont fixées sur un même axe, de sorte que l’on peut, à volou té, faire passer la chaîne d’une poulie plus grande à une plus petite, ou bien d’une plus petite à une plus grande, suivant que l’on veut faire varier la vitesse de la rotation; mais il faut qu’un des axes puisse avancer ou reculer pour donner à 1a chaîne la tension convenable.

597. Les lig. 4, 9, 10 et 1 1 (PI. XXII ) , indiquent diverses méthodes de communiquer simultanément à plusieurs mobiles, des mouvemens de rotation, au moyen des cordes sans tin.

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