‹ Traité complet de mécanique appliquée aux arts, contenant l'exposition méthodique des théories et des expériences les plus utiles pour diriger le choix, l'invention, la construction et l'emploi de toutes les espèces de machines;Chapitre 84 sur 94 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des opérateurs par locomotion.

qi 3. Les opérateurs par locomotion sont de quatre genres ; les Uns agissent sur l'air ou sur les fluides aériforines , les seconds sur les liquides , les troisièmes sur des substances q>cu adhérentes, les derniers sur les corps solides.

ORDRE SIXIÈME. — OPÉRATEURS

CLAUSE PREMIÈRE. — par locomotion.

<j K K B K PREMIER. — Oprrati-urs Incninubilcs agissant sur l'air.

Machines soufflantes.

<;i4- Nous suivrons, pour les machines soufflantes, la classi- ' ficalion adoptée par M. Ilassenfratz dans la sidéroteelmie, et nous les distribuerons 'eu «leux espèces , les trompes et les . soufflets.

première espèce. — Trompes. Pl. XXIX, fig. l8.

91 5. Les trompes, en général, sont composées dun long tuyau vertical, qui communique dans sa partie supérieure a f n un courant d'eau, et dans sa partie inférieure à une caisse b.

L’ouverture supérieure dfi tuyau doit être disjiosée de manière que l’eatt 111 y entre Soit mélangée d’air, afin que celui-ci , en-

DES OPÉRATEURS PAR LOCOMOTION. 38j traîné par le liquide , tombe avec ltÿ dans la caisse oii ces deux fluides peuvent, par leur différence de deusité, se séparer et s’échapper par deux sorties différentes c d.

On doit pratiquer , à cet effet , une ou plusieurs ouvertures dans la partie inférieure c de la caisse , pour donner issue à l’eau plus pesante , et une autre à sa partie supérieure d, pour donner issue à l'air plus léger.

Les ouvertures inférieures peuvent être bouchées par une petite vanne que l’on ouvre et que l’on ferme plus ou moins , relativement à la quantité d’eau qui doit sortir : il faut avoir l'attention de maintenir toujours le niveau intérieur de l’eau audessus de l’ouverture, afin que l’air intérieur soit retenu dans la caisse et ne puisse s’échapper que par l'ouverture supérieure.

»REMihBE —Trompes dn M.niolie PI. XXIX , fig. 17.

916. On a un tuyau de bois ou de fer-blanc F, de i4 à i5 pieds de haut et d’un pied de diamètre , qui est soudé dans une médiocre cuve renversée b, dont le bas est posé sur le terrain , en sorte que la quantité d’eau qui y tombe, quelque petite quelle soit , ferme les ouvertures c , et l’air n’y peut plus passer : on laisse au haut du tuyau une ouverture « de 3 ou 4 pouces de diamètre dans laquelle on met un entonnoir dont le goulot est de la même grosseur ; on y fait tomber de i5, 30 ou 3o pieds de haut de l’eau de quelques fontaines, dont la largeur en tombant doit être à peu près égale à celle de l’ouverture de l’entonnoir , en sorte qu’il ne peut s’y amasser d’eau qu’à la hauteur de 5 à 6 pouces. Cette eau en tombant entraîne avec elle beaucoup d'air qui la suit jusqu’au dessous de l’entonnoir, à cause de la pesanteur de l’eau qui continue à tomber , et de la vitesse de son mouvement. On met h côté de la cuve un tuyau d qui va en se rétrécissant jusqu’auprès du fond du fourneau où le charbon

De la composition des Machines. . 49

386 DES OPÉRATEURS PAR LOCOMOTION, doit ('•ire soufflé. L’air, pressé et enfermé dans'la cuve, ne pouvant sortir par en liaut , à cause de la chute impétueuse de .l’eau qui s’y amasse, est eontraintde sortir avec une grandeforce par le bout du canal , de manière qu’il fait le même effet , pour

souiller le charbon , que les plus grands soufflets de cuir (a).

dëixilmë variété. — Trompes des P) ivnées. PL XXIX , fig. l6et 2|.

gx’].' L’eau entre dans le tuyau G ( lig. ai ) par une espèce d’entonnoir a en forme de pyramide; mais celui-ci étant toujours plein, et l’eau n’y ayant aucun des mouvemens qui lui permettent d’entraîner de l’air avec elle , arrive dans le tuyau en ne contenan t qu’une très-petite quantité de fluide élastique. Pour fournir au • liquide qui coule dans le canal assez d’air pour que la trompe puisse être employée comme machine soufflante, ou pratique aux deux côtés de l’entonnoir par lesquels l’eau arrive dans le tuyau, deux autres trompilles e,t, ou Urémies , dont les ouvertures s'élèvent au-dessus du niveau de l’eau. C’est par ces ouvertures que l’air arrive dans l’espace vide que l’eau forme dans le tuyau en y entrant, et cette portion d'air qui touche immédiatement le courant d’eau est entraînée avec lui , pour être ensuite précipitée dans le réservoir, d’où.ellc s’échappe pour aller enlrèlenir la combustion dans les lieux où elle est dirigée.,

qi8. La fig. 16 représente une élévation générale d’une trompe des Pyrénées — e, canal qui fournit l’eau. — a, a, tuyaux par lesquels elle tombe. — pp, poteaux qui soutiennent le canal.

n, vanne qui facilite la sortie de l’eau, et la maintient au-

dessus de son niveau intérieur.

TROIS) ÜM F. VARIÉTÉ. — TrompO des Alpes. PL XXIX , fig. If), 20 Ct 22. gig. Ces trompes ont un long entonnoir g (lig. ao}, placé

' (n~) Traite dtt mouvement des eaux de Mariottc.

DES OPÉRATEURS PAR LOCOMOTION. iü-j à lear ouverture supe'rieure , par lequel l’eau entre , comme dans ceux des Pyrénées sans tourbillons : aussi place-t-on à l’extrémité de l’entonuoir, dans l’endroit où la veine fluide se contracte en entrant dans le tuyau , des ouvertures e et f auxquelles on a donné le nom de trompillons , et par lesquels l’air arrive pour être entraîné par l’eau dans sa marche.

La fi g. ig est une projection verticale des trompes de cette espèce ; la (ig. 20 en est une projection horizontale, an, tuyaux. — G, canal fournissant l’eau qui tombe dans les tuyaux. — Z, Z extérieur des caisses. — v>v, v , petites vannes pour Ta sortie de l’eau des caisses.

* deuxième espèce. — Sou/Jlets.

rnsMitne vaiuêtS. — Outres.

920. Elles sont formées de peaux de chèvre ou de bouc , souples et flexibles", qui ont deux ouvertures j à l’une est fixée une buse; l’ouvrier qui se sert de ce soufflet saisit les bords de l’autre ouverture avec une main qu’il serre plus ou moins fortement , selon qu’il veut la fermer ou l’ouvrir , pour empêcher ht sortie de l’air ou en permettre l’entrée dans l’intérieur.

Pour activer le feu avec ces soufflets , ou pose la buse dans le foyer;' alors l’ouvrier tenant la partie supérieure de l’une deces outres dans chaque main , il la rapproche ou l'écarte alternativement de la buse , ayant soin toujours de fermer cette ouverture , lorsqu’il la pousse vers le bas , afin de comprimer l’air, et de le forcer à sortir par la buse ; il doit ensuite entr ouvrir la main lorsqu’il l’élève , afin qu’il puisse entrer par l’ouverture supérieure , de nouvel air , pour être lancé dans le foyer , pendant le mouvement descendant qui rapproche la main de la buse , et qui comprime l’air contenu dans l’outre.

deuxième variété. — Soufflet conique. PI. XXIX , Cg. 6.

931. La buse est attachée, sur le plan fixe b, et le plan mobile a porte une soupape c.

troisième variété. — Soufficls à prisme quadi angulaire. PI. XXIX , fig, i3.

quatrième variété. — Soufflets en forme de coin à parois mobiles de cuir. PI. XXIX, Gg. 1 , a , 3, 4j 5 , 8, 9 el 10.

cinquième variété. — Soufflets en forme de coin à parois mobiles en bois. PI. XXIX, fig. 7.

923. Les parois mobiles sont formées de petits ais ou de petites planches de bois fort minces b, b, b, réunies les unes aux autres par leurs arêtes et retenues par des bandes de peaux a, a, a , qui leur permettent d’avoir un. mouvement d’articulation ou une sorte d'oscillation, à l’aide de laquelle les deux plans peuvent être éloignés et rapprochés alternativement.

sixième variété. — Soufflets à deux soupapes. PI. XXIX , fig. 8.

923. Les soufflets à parois flexibles qui n’ont qu’une seule soupape ont l’inconvénient de produire un jet d’afr intermittent. Pour le rendre continu, on a imaginé le so^flet à trois diaphragmes et à deux soupapes. Le diaphragme du milieu a est immobile; il est fixé sur la têtière b, qui est percée d’une ouverture , recouverte d’une soupape ; les deux autres plans inférieurs on supérieurs sont mobiles ; le premier d est percé comme le diaphragme du milieu , d’une ouverture e couverte d’une soupape ; c’est dans la partie de la têtière , placée entre le diaphragme du milieu et le plan supérieur, qu’est l’ouverture f par laquelle l’air sort , et sur laquelle la buse est fixée.

En écartant le diaphragme inférieur d de celui du milieu o , on augmente l’espace qui les sépare ; l’air dilaté presse moins sur h soupape inférieure e , l’air extérieur entre et rêmplit le vide

DES OPÉRATEURS PAR LOCOMOTION. 38g formé. En rapprochant le diaphragme inférieur d de celui du milieu , l’air contenu daqs cet espace èst comprimé ; il soulève la • soupape du milieu c, et passe dans l'espace supérieur qui sépare le diaphragme du milieu du plan supérieur : comme l’air qui entre dans ce second espace est plus comprimé que l’air extérieur , il soulève le plan supérieur g , et augmente ainsi son volume. En écartant de nouveau le diaphragme inférieur, on dilate tfair contenu dans cet espace ; celui de l'espace supérieur , étant plus dense , presse sur la soupape intermédiaire c , et la ferme. L’air ainsi contenu dans l'espace supérieur, et qui est comprimé par le poids du plan supérieur , est obligé de sortir par l’ouverture /de la buse, qui communique à cet espace. Ainsi l’air commence à sortir depuis le moment où , comprimé dans l’espace inférieur , il entre dans celui qui est placé au-dessus , et il continue sa sortie tant que le plan supérieur presse l’air qui est soumis à son action : or , comme ce plan continue son mouvement pendant tout le temps que le diaphragme inférieur aspire de l’air atmosphérique, et- qu’il le comprime ensuite pour le faire entrer dans l’espace supérieur , il s’ensuit que l’air sort de la buse en un jet continu.

septiùie variété. — Soufflets à parois inflexibles mues dans [eau. PI. XXIX ,

. fig. il et il.

924. Les machines soufflantes à parois inflexibles , sont en général composées de deux caisses qtfi se meuvent l’une daus l’autre , ou d’un piston qui se meut dans une caisse. Le mouvement de la caisse ou du piston doit être produit de manière que l’air dilaté ou comprimé rie puisse entrer et sortir par d’autres ouvertures que par la soupape et la buse. On obtient cet effet par deux constructions, différentes. Dans les unes, le mouvement s'exécute dans l'eau, et dans les autres, les surfaces du pistou

3çp DES OPÉRATEURS PAR LOCOMOTION.

et des parois de la caisse joignent si exactement par le moyen

de ressorts, que l’ait -ne peut trouver aucune issue entre elles.

huitième variété. — Machine soujffantemuc dans Tenu. PI. XXIX, flg. io.

çp5. Elle est composée de deux caisses ; la première a, qui est extérieure pleine d’eau, est fixe ; la seconde 6, qui est intérieure, est vide et mobile. Dans la première sont deux tuyaux c, l'un il est recouvert d’une soupape pour donner issue à l’air aspiré; l’autre c est entièrement ouvert pour donner passage à l'air expiré; la seconde caisse b est suspendue à un mécanisme qui l’élève et l’abaisse. En l’élevant, l’air qu’elle contient se raréfie, et l’air extérieur soulève la soupape d pour remplir le vide; en l'abaissant, l’air intérieur est comprimé, il

ferme la soupape et s’échappe par le porte-vent.

neuvième «variîté. — Autre machine soufflante mue dans feau, par loba Lamie. PI. XXXII , tig. -i ( a ).

926. Elle est composée d’une caisse a qui se meut dans une autre A. Celle-ci a son intérieur rempli par un massif qui contient trois tuyaux, deux qui servent d’entrée à l’air et qui ont des soupapes; le troisième c, qui communique dans une nouvelle caisse d pleine d’eau , fait l'office dë régulateur.

Une semblable machine fut exécutée dans les mines du Iiarz pour aérer les galeries.

dixième variété. — Autre machine soufflante mue dans I eau , par M. Ritader. PI. XXIX , Cg. a6.

927. Elle est également cpmposée d une caisse extérieure a qui contient l’air et l'eau , et d’une caisse mobile b qui aspire et comprime l’air, par ses mouvemens ascendans et descendans.

( a ) A nnaks des arts et manufactures , tome 1 5.

DES OPÉRATEURS PAR LOCOMOTION. 3gt Une soupape d’aspiration c admet l’air dans la caisse a lorsque celui qui y est contenu a été dilaté par 1 élévation de la caisse b, et l’ouverture d’expiration d pernjet la sortie de l'^ir’lorsqu’il a été comprimé par la caisse en descendant. — e , estime soupape de sûreté pour la sortie de l’air lorsqu’il est trop comprimé, et pour la sortie de l’eau qui pourrait être entrée dans le portevent p. — f, est l’ouverture par laquelle on fait entrer l’eau dans la caisse a. — g , est une ouverture de sortie de l’eau, lorsqu’on vide la caisse.

onzième Variété. — Machine soufflante à tuyau flexible. PL XXXII , fig. 3.

928. Cette machine soufflante est composée d’une caisse placée dans un grand réservoir. — a, est cette caisse mobile. — b, tuyau d’aspiration. — d , porte-vent flexible qu’on peut construire en cuir. — e, soupape d’expiration. — c, soupape d’aspiration.

douzième variété. — Machine s soufflantes à parois inflexibles et à frottement.

929. Dans ces sortes de machines, il faut que le piston ou la caisse mobile joigne parfaitement avec les parois de la caisse fixe pendant toute la durée du mouvement , et qu’il ne se forme aucun vide entre la surface frottante et la surface frottée; mais comme ces surfaces s’usent nécessairement par la continuation du mouvement, et qu’au bout d'un temps la surface frottante

• ne remplirait pas exactement l’espace v ide de la surface frottée, on ajoute, sur les bords de la surface frottante, des liteaux comprimés par des ressorts ( Voyez fig. 9, PI. XXIX ). Ce sont des bandes de bois recouvertes de peaux qui forment les surfaces frottantes, et que les ressorts retiennent continuellement en contâct avec la surface frottée. •

3<)î DES OPÉRATEURS PAR LOCOMOTION.

TREIZIÈME VARIÉTÉ. Soujflel llcbois. PI. XXIX, 6g. l4 Ct l5.

g3o. 11 fest composé de deux caisses, l’une est plate et fixe a ; on lui donne le nom de giste. C’est sur cette caisse qu’est fixée la têtière c , et qu’on attache les liteaux l avec les ressorts qui les compriment. La seconde caisse A se nomme volant ; celle-ci est mobile sür une espèce de charnière : un boulon fixé dans la têtière sert d’axe d'oscillation au volant. La soupape ou âme s, est appliquée au giste ou au volant, selon que celui-ci est placé dans la partie inférieure ou supérieure, avec cette observation • cependant quelle est toujours fixée à la caisse inférieure mobile ou fixe. Dans les grosses forges, le giste ou caisse fixe a ordinairement i5 pieds de longueur sur 5 de large vers la tête m, et 18 pouces vers la têtière c. Cette têtière a 1 8 pouces de long sur i pied de large à son extrémité ; enfin , cette caisse a 5 ou 6 pouces de profondeur : quant au volant , ses dimensions sont telles , qu’il puisse contenir exactement le giste , ct avoir un mouvement d’oscillation de 20 à a5 pouces de haut (a). Ces soufflets peuvent produire un courant d’air de i4o pieds cubes par minute, en employant 81 pieds cubes d’eau, dont la chute est de r o pieds.

quatorzième variété. — Soufflets cylindriques . PI. XXIX , Gg. lly, 28 et 29.

981. Ces sortes de machines sont composées d’*n grand * • cylindre de fonte a de trois à huit pieds de diamètre, et de six à neuf pieds de haut. Ces cylindres sont allésés et calibrés aussi . exactement qu'il est possible : un piston b de fonte de fer se meut dans leur intérieur; il est environné de cuirs graissés ou huilés , pour remplir exactement le contour. Les pistons peu;

(o) Journal des Mines , tome 7.

DR S OPER VTEURS PAR LOCOMOTION. 3g3 vent être mus de bas en haut ( fig. a4 et 29 )> ou de haut en bas ( lig. 28 ). Dans le premier cas, le piston contient deux grandes ouverturfp c c, sur lesquelles sont deux soupapes qui donnent entrée à l’air aspiré : et dans le haut du cylindre est ajustée une boite , qui recouvre une soupape, donnant issue à l’air expiré; cette boîte communique au porte-vent qui conduit l’air expiré dans le fourneau. Lorsque les pistons se meuvent de haut en bas ( Cg. 28 ) , les deux soupapes d’aspiration et d’expiration sont dans le fond inférieur du cylindrée; la seconde d est dans une caisse placée près de l’ouverture d’expiration , et de laquelle l’air est dirigé dans le porte-vent pour être conduit aux fourneaux. • *

quinzième variété. — Soujjlets en bois à caisse quadrangulaire. PI. XXIX ,

• Cg. 27.

q32. Us sont composés de deux caisses a, a, correspondant à un réservoir placé dans la partie supérieure. Deux pistons se meuvent alternativement dans les caisses a, a ; ils so^t construits et opèrent de la même manière que celui de la fig. 29.

seizième variété. — Soujjlets en marbre. PI. XXIX, Cg. *3.

q33. Les caisses ont la forme d’un prisme quadrangulaire, et sont composées de cinq dalles bien dressées et polies. Quatre forment les parois , et la citjquième le fond ; elles sont retenues par des bandes de fer qui les entourent, et les joints sont fermés par du mastic. Le fond est percé pour donner issue à l’air expiré ; le piston est en bois garni de cuir.

Les machines soufflantes ordinaires ne produisent qu’un jet d'air alternatif; on a donc imaginé des mécanismes pqur obtenir un jet continu auxquels on a donné le nom de régulateurs. *

De la composition des Machines.

So

3i)4 DES OPÉRATEURS par locomotion.

Régulateurs à flottement. PI. XXXII , lig. 5 et 6.

q34> Ces régulateurs que l’on ajoute aiu machines souf- * liantes à parois inflexibles que nous venons deaécrire , sont composés d’une caisse cylindrique ou carrée a , dans laquelle est placé un piston b chargé d'un poids qui exerce en descendant une pression constante et uniforme.

y35. Celui représenté fig. 5 est un grand cylindre de fonte isolé, qui communique à la machine soufflante par un tuyau c par où l’air entre dans le régulateur; en arrivant, il ouvre une soupape pour entrer ; il soulève le piston pour occuper tout l’espace qui lui est nécessaire. L’air eu entrant dans le régulateur , se divise en deux parties; l’une sort par le porte-vent f, et l'autre remplit l'espace vide que l’élévation du piston a formé. Lorsqu'il n’arrive plus de nouveau fluide , la soupape d est fermée par la compression de l'air intérieur; et celui-ci continue de sortir par le porte-vent f avec un effort qui fait équilibre ùJb pression du piston b.

g36. Le piston est percé d'une ouverture recouverte d’un poids , qui comprime l’air avec une force qui doit faire équilibre au maximum du ressort que l'on veut obtenir, de manière que lorsque le piston, trop soulevé, est arrêté par les bonis supérieurs du cylindre, l'air, qui continue à entrer augmente encore son action, parvient à exercer^ sur l’ouverture , un effort égal au poids ; alors l’air le soulève et s'échappe. Par ce moyen on évite tous les dangers qu'une trop forte compression pourrait faire craindre. *

937. Le régulateur (lig. G) ne diffère du précédent qu'en ce rpt’il est accolé à la machine soufflante B.

DES OPERATEURS PAR LOCOMOTION. 3g5 Régulateur sans piston . PI. XXXII , fig. 8.

938. a, paroi supérieure de la caisse de la machine soufflante. — b, piston delà machine soufflante qui aspire et expire alternativement die l’air dans les parties supérieures et inférieures du- piston. — d, ouverture et soupape d’aspiration de l'air dans la partie inférieure. — e, soupape d'aspiration de l’air dans la partie supérieure .— h , ouverture par laquelle l’air expiré dans la partie supérieure de la machine entre dans le régulateur. Cette ouverture est recouverte par une soupape. — K , ouverture par laquelle l’air, expiré dans la partie inférieure de la machine,. entre . dans le régulateur. Cette ouverture est également recouverte par une soupape. — l porte-vent , ou tuyau de sortie*de l’air du régulateur; — p , poids employés à fermer la soupape d’aspiration supérieure.

939. Le piston en montant aspire l'air dans la partie inférieure, et l’expire par la partie supérieure h daus le régulateur ; lorsque le piston baisse, l’air est aspiré dans la partie supérieure, et l'air expiré par la partie inférieure K «Être dans le régulateur.

Régulateur à deux pistons. PI. XXXII , üg. g.

940. Les deux pistons b et c se meuvent en sens contraire lorsqu’ils s'avancent l’un vers l’autre ; l’air qui se trouve entre eux est chassé dans la partie supérieure ; et , comme l'espace vide qui 6*y forme est moitié de l'espace qui séparait les deux pistons , l’air qui entre est comprimé; il sort en partie par l’ouverture du porte-vent f plaoé dans le fond supérieur. Lorsque les deux pistons s’écartent l’un de l’autre, les soupapes dupiston inférieur c s’ouvrent pour permettre à l’air d’entrer dans l’espace vide qui vient'se former, et le piston supérieur b , en s'élevant comprime l’air de la partie supérieure, et le force de nouveau à sortir par le porte-vent : ainsi ces sortes de machines produi-

3<)6 DES OPÉRATEURS PAR LOCOMOTION* sent nn mouvement continu ; mais l’air éprouve fies compressions différentes qui l’obligent à sortir avec plus ou moins de vitesse;

Régulateurs à réservoir. Ph XXXII, fig. 7 et ; 1.

94 !• Ce sont de vastes cavités dans lesquelles l’air des nia- • chines soufflantes entre en soulevant une soupape , tandis que . l’air comprimé est lancé avec un effort cônstantou du moins peu variable.

La fig. 7 représente un régulateur construit en bois a est

le conduit par lequel l’air arrive. — d, le' tuyau de sortie. — c parois de la caisse séparée'en divers espaces m, m, m. •

94a. La fig. 1 1 représente un régulateur établi dans une cave de grande dimension.

Régulateurs à eau. PI. XXXII , fig. a et 4-

943. Ils sont formés d’une caisse placée dans un réservoir plein de ce liquide. Ce réservoir peut être une grande cuve de bois où de maçonnerie. La caisse peut être fixée ( PI. XXXII fig. a), ou •

mobile (PI. XXIX Cg. a5) ; dans ce cas elle est soulevée chaque fois que l’air entre,- puis elle descend pendant qu’elle en fournit* * au fourneau , sans en recevoir de nouveau. Dans les premiers , c’est l'eau qui comprime l’air dans le régulateur. Banale second, c’est le poids de la caisse qui comprime l’air, mais sa pesanteur varie avec son élévation; puisque la partie qui est plongée dans l’eau diminue de poids proportionnellement au^volume d'eau ([u’elle déplace; le régulateur ( fig. 2, PI. XXXII ) est celui qui fait partie de la machine de John'Laurie que nous avons décrite ( 926 ) , et qui est représentée ( PI. XXXII , fig. 1 ). — x est la caisse plougéc dans un bassin , et qui fait l'office de régulateur.

— b , extrémité du tuyau qui conduit dans le régulateur l’air comprimé dans la machine soufflante. — d, porte-vent.

DES OPÉR ATEURS PAR LOCOMOTION. 397 . 944- Le régulateur mobile représenté ( PI. XXIX, fig. a5 ) , offre une particularité remarquable ; c’est que la variation de Ta pression-est modifiée par la courbure gr d’un lévier, auquel la • caisse est suspcndüe ; à l’autre extrémité est un poids p qui contribue à cette modification. — a, conduit par lequel arrive l’air dans le régulateur. — b , âme ou soupape d’aspiratiou. —c , paroi de'la caisse. — d, tuyau de sortie de l’air. • .

GENRE DEUXIÈME. — Opérateurs locomobiles qui agissent sur les liquides.

945. Ce genre confient toutes les machines hydrauliques : nous n’en donnerons ici qu’une indication sommaire, leur ayant consacré un traité spécial. Les machines hydrauliques se subdivisent en six espèces , savoir : les seaux, les pompes, les machines à compression d’air, les machines à siphons, les machines à colonnes d’eau , et enfin les Jjeliers.

première espèce. — Seaux.

PL LM 1 LUE VARIÉTÉ. — Senujc à maài et échoppes.

946. Les échoppes sont figurées ( PI. XXXIV, fig. 1 et a ) : ce sont des espèces de pelles dont on fait un grand usage dans les épuisemens peu profonds. Les ûg. 2 et 5 ( PI. III) indiquent un seau a pivot tournant.

deuxième variété. — Noria. Planche XXXIV, fig. 7 et 1 1 .

947: La noria est formée par une séria de pots appliqués à une ou plusieurs cordes sans fin tendues entre deux tambours cylindriques. La fig. 10' représente une espèce de noria composée de simples cordes qui enlèvent l’eau qui y adhère. *

troisième variété. — Chapelet vertical . PI. XXXIV, fig. 4 et 5.

948. Le chapelet est composé d’une chaîne sans fin garnie de plateaux qui se meuvent dans un tuyau. On voit ( fig. 4 ) la forme d’un de ces plateaux.

3q8 des operateurs par locomotion.

quatrième tidfrt. — Chapelet oblique* PI. XXXIV , fig. 17.

949. Les plateaux «les chapelets verticaux sont ordinairement «le petites dimensions et en fer; ceux des obliques sont en bois, et entraînent une plus grande niasse d’eau. Les premiers sont mus par des hommes, les secontls par des chevaux, par la vapeur oü par l'«:au meme.

cinquième variété. — Roue ù pois. PI. XXXIV, fig. ao.

950. Le pourtour de la roue est garni.de petites caisses tournantes sur un axe,. et qui se remplissent successivement d'eau; quand elles sont parvenues à la hauteur du dégorgeoiY, elles rencontrent un crochet qui les force de se vider.

iixième variété. — Seau qui se vide par lui tnfme. PI. XXXIV, fig. 3. septième variété. —-Seau flexible. PI. XXXV I , fig. x.

q5i.Le seau a a est en cuir, il a la forme d'un cône tronqué; il est suspendu à deux cordes b b et J d; la première passe sur la poulie m, la seconde sur le rouleau p, et toutes les deux aboutissent au treuil or; lorsque le seau monte, il prend la forme d'un feston, et ses ouvertures sont de niveau; lorsqu'il se vide, il prend les formés indiquées par les lignes ponctuées.

huitième variété, -w Fis d'Archimède. PI. XXXIV, fig. i5 .

Sevvième variété. — / is ù la hollambiisc. PI. XXXIV, fig. 16.

95a. Quoique les yariétés que nous veûonsde décrire aient des formes différentes, elles ont cependant une filiation commune, filiation que M .De Pnmy a très-bien indiquée clans sa iY'omWô» architecture lydraulù/tte { tmne i ).

• DÉS OPÉRATEyRS PAR LOCOMOTION. 699

deuxième espèce. — Pompes.

* fremière variété. — Pomp e aspirante. PI. XXXVI , fig. a.

. deuxième variété. — Pompe feulante. PI. XXXVI, fig. 5.

g53. Ces deux variétés se distinguait par leur structure différente, et surtout par les causes qui déterminent leurs effets. La piston de la pompe aspirante est percé et porte une soupape , celui de la pompe foulante est plein; la soupape de la première est placée horizontalement à l’entrée du tuyau ascendant, celle de la seconde est placée verticalement à l'entrée d’un tuyau latéral. La pompe aspirante agit par le ressort de l’air, et ne peut élever l’eau à une hauteur qui surpasse trente-deux pieds ; la foulante opère par simple pression, et peut élever l’eati à des hauteurs indéterminées.

troisième variété. — Pompe aspirante et foulante. PI. XXXVI, fig. 3.

quatrième variété. — Pompe foulante dont le piston se meut du bas etrhaut.

. PI. XXXVI , fig. 4. • .

cinquième variété. — Pompe aspirante et foulante à tuyaux accolés. P\. XXXVI,

sixième variété. — Pompe à deux pistons. PI. XXXVI, fig. 6. .

EEFTimc variété. — Pompe à piston et à cylindres mobiles , tun dans l'autre et en sens invefse. PI. XXXVI , ftg. 8,

HtiTIÈME variété. — Pompe à aspiration continue, ayant tut seul cy lindre.

PI. XXXVI , «g. (j. *

neuvième variété. — Pompe à aspiration continue, ufant deux cylindres.

PL XXXVI, fig. 10.

904. Les fig. 11, 12, i3, 14, i5, 1 6, 17, 18, 19, 22 et 2;» ( PI. XXXVI ) , indiquent diverses sortes de pistons et de soupapes en usage dans les pompes.

}oo DES OPERATEURS P AR.LOCOJMOTIOîf. •*

troisième espèce. — > Machines à compression d'air.

. première variété. — l'ontaine de Héron. PE XXXIV, Cg. g.

y:>ü. Elle est composée de trois vases a, b,c, et de trois tuyaux /, g et d d. Le tuyau/ sert de communication entre le'S vases a et h; le tuyau g est intermédiaire entre les vases b et c; enlin le troisième tuyau d d n\et en relation les vases a el^c. Ce tuyau doit être muui d'un robinet. Si, en supposant ce robinet fermé , l'on remplit d'eau les deux vases a et b, et qu’enün on ouvre le robinet, l’eau tombera dans le récipient inférieur, comprimera l'air qui y est contenu , le forcera de monter par le tuyau g , de réagir sur l'eau contenue dans le récipient b, et fera jaillir une portion de cette eau par le tuyau / avec une force proportionnée à la hauteur du tuyau d. Tel est le principe de la fontaine de Héron , principe qui sert de base à toutes les antres machines à compression d'air.

deuxième variété. — Machine de Sclicninilz. PI. ÿXXIV, fig. ai.

i)56. Cette machine n’est autre chose qu’une fontaine de Héron exécutée sur une très-grande échelle. L’eau du réservoir A , alimenté par une source , met en jeu la machine! — L’eau qu’il s’agit d’élever „est contenue en L. — O est le bassin ou l’eau élevée se décharge. Un récipient B communique avec le réservoir supérieur À, au moyen d'un tuyau recourbé b b b, et avec l’air extérieur pat les tubes a et d. — Le récipient c communique avec B par le tube h h h, et avec le réservoir L par le tuyau / / , un troisième tuyau n n n sert à élever l’eau de c jusqu’en O; enfin, un petit tube p communique avec l’air extérieur. Pour mettre cette machine en jeu, on ouvre les robinets k et m; le récipient c s’emplit d’eau par/ 1-, et se vide d’air parp p; alors, on ferme les robinets k et m. On ouvre les robinets c g, et on ferme les robinets e et/; le récipient B s’emplit d’eau par

DES OPÉRATEURS PAR LOCOMOTION 4oi b b; l’air qu’il contient presse l’eau contenue dans le récipient C , et l’oblige à s’élever par le tuyau n n jusqu’en o.

L.O' récipient C étant vide d’eau , on ouvre en même temps les robinets R, m, c ,f, et on ferme les robinets c, g; le récipient B se vide d’eau par d, et s’emplit d’air par«; en même temps le récipient C s’emplit d’eau par I I et se vide d’air par p; fermant les robinets R, m, V , f, et ouvrant les robinets c, g , l'eau du récipient C s’élève de nouveau par n n jusqu’en o. »

troisième variété. — Machine de Schemnilz , perfectionner par M ■ Boswell.

PI. XXXIV, fig. ua.

957. La machine précédente exigeait l’emploi de deux hommes pour ouvrir les robinets; M. Boswell, par les modifications qu’il y a introduites, a substitué l’action de l’eau à celle des hommes. Les ingénieuses modifications de M. Boswell sont indiquées ( PI. XXXIV, fig. il )■ ; mais nous nous réservons à les décrire. dans le traité des machines hydrauliques.

quatrième variété. — Machines de M. Manoury.

q58. Ces machines, décrites dans le Bulletin de la société d'encouragement , agissent sans aucun mouvement apparent.

. QUATRicMfc espèce. — Siphons.

première variété. — Siphon simple. PI. XXXIII, fig. 3.

qSq. Tout le monde sait que , si l’on a un tuyau recourbé à branches inégales {P1.XXX11I, tig. 3), et que l'on place la petite branche dans un récipient, contenant un liquide quelconque , l’on fera écouler ce liquide en faisant, par suction, le vide dans la longue branche. On a fait diverses applications en grand de ce principe.

•Et'XiÈME variété. — Machine de Dutrouvillc. PI. XXXIV, tig. i4-

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