‹ Traité complet de métallurgie (volume 2)Chapitre 24 sur 159 · AZOTE POUR · texte numérisé non relu

AZOTE POUR

Fonte de fer grise.

Fonle de fer, autre échantillon.

Acier de lime.

Bottieberode.

RoUleberode.

Angleterre.

i 20 grammes d'acier, provenant de la même lime (n° 3), furent dissous dans de l'acide chlorhydrique à chaud ; le résidu, pesant 0gr.287 et consistant notamment en silicates terreux mêlés à du charbon, contenait 0*r.00047 d'azote.

Dans six autres expériences sur des fontes anglaises, suédoises et de Magdesprung, M. Marchand vérifia exactement

les mêmes teneurs. Le montant possible d'azote n'excéda jamais 0.015 pour 100.

Il fut démontré que la présence du fer n'affectait en rien l'exactitude du procédé à la chaux sodée, en chauffant de la fonte à l'état de poussière fine, en mélange avec un poids déterminé d'acide urique ; on retira la totalité de l'azote que contenait ce dernier.

M. Marchand conclut de ses recherches qu'on ne peut pas admettre avec une certitude absolue la présence de l'azote dans la fonte de fer ni dans l'acier; que très-probablement l'azote n'atteint jamais 0.02 pour 100, mais qu'il y est généralement en bien moins forte proportion; que l'azote présent provient évidemment des matières étrangères incorporées, qu'on ne doit pas plus considérer comme les éléments essentiels du fer que la scorie; enfin qu'en chauffant à l'air libre au rouge, avec un mélange de potassium, du fer contenant du carbone, l'azote est absorbé en donnant naissance à du cyanogène.

Trois variétés différentes de graphite artificiel furent soumises à l'épreuve Lassaigne, sans que l'on pût découvrir la moindre trace de cyanogène.

En 1852, M. Buff publia les résultats de quelques expériences qu'il avait faites sur du fer azoté dans le laboratoire de M. Liebig(l). Il avait constaté qu'en chauffant lin fil de fer au rouge dans un courant degaz ammoniac, il devenait cassant, cristallin, blanc, et qu'il augmentait de 6 pour 100 en poids ; sa pesanteur spécifique se réduisait par ce traitement de 7.416 à 7.145 ; en le brûlant avec de la chaux sodée, il se formait de l'ammoniaque. En chauffant du sesquichlorure de fer au rouge dans du gaz ammoniac, il obtint des lamelles de fer métallique résistant, qui contenait 0.043 pour 100 d'azote; le fer, préparé en réduisant le sesquioxyde dans un courant de gaz am-

(1) Ann. d. Pharm. ti. C/t«m., (>• «érie, t. VIII, p. 376.

moniac, renfermait 0.079 pour 100 d'azote. Selon M. Buff, du fer contenant 1 .8 pour 100 de carbone, chauffé au rouge dans un courant de gaz ammoniac, perdait sa couleur noire foncée pour devenir gris blanc et renfermait 1.159 pour 100 d'azote; le fer qui lui servit pour cet essai avait été obtenu en réduisant du sesquioxyde de fer dans un courant d'oxyde de carbone. Il avait trouvé 0.26 pour 100 d'azote dans une variété de fonte fournie par des minerais de marais.

M. Frémy a confirmé l'exactitude des résultats de Despretz relativement à l'action de l'ammoniaque sur le fer, à la chaleur rouge; il a montré que l'azote, et non un composé amidogène, se combine avec le fer, car, en chauffant le fer azoté au rouge dans un tube et dans un courant d'oxygène, tout le métal se convertit en sesquioxyde de fer pur; l'azote se dégage sans qu'il apparaisse la moindre trace d'eau dans le tube destiné à la fixer (1).

M. Frémy a encore étudié l'action sur le fer du gaz azote pur et sec, et il a trouvé que tandis « qu'il ne se combine que « très-difficilement avec le fer préparé par les procédés ordi- « naires de l'industrie, il peut s'unir avec le métal, quand ce « dernier est à l'état naissant. » Il a obtenu de la sorte du fer azoté en faisant arriver de l'azote sur de l'oxyde de fer, au moment de sa réduction soit par l'hydrogène, soit par le charbon.

Afin d'azoter presque complètement par de l'ammoniaque des petits fragments de fil de fer, M. Frémy jugea souvent nécessaire de faire passer pendant trois jours entiers le courant de gaz sur le métal chauffé au rouge. Il fut ainsi conduit à chercher une méthode plus rapide, et il dit avoir entièrement atteint ce but en soumettant au rouge vif du protochlorure de fer anhydre à l'action d'un courant de gaz ammoniac sec. Il ajoute que le chlorure d'ammonium se dégage et qu'il se forme, « un sel amidé fort curieux qui décompose immédiatement l'eau en produisant de l'ammoniaque et de l'oxyde de fer. » Il

(1) Comptes rendus, t. LU, p. 322 ; 1861.

traite, d'après cette méthode, dans un tube de porcelaine, 200 grammes environ à la fois de protochlorure de fer. Ce mode de préparation avait été décrit bien longtemps auparavant par M. Buff (1). Après l'opération, le produit métallique se présente à l'état de masse boursouflée, partiellement fondue; il est quelquefois gris, et souvent aussi métallique, blanc et brillant; il est identique au fer azoté obtenu par la méthode Despretz ; il se réduit facilement en poudre ; il est moins oxydable que le fer pur; l'acide azotique l'attaque très-lentement, mais les acides sulfurique et chlorhydrique l'attaquent au contraire avec rapidité; des sels de fer et d'ammoniaque se produisent quand il est dissous dans les acides ; il ne se décompose pas au rouge, et l'oxygène le transforme seulement à une température élevée en sesquioxyde de fer ; il se décompose immédiatement quand il est soumis à une douce chaleur dans un courant de gaz hydrogène, en donnant de l'ammoniaque et en laissant un résidu de fer pur ; il s'aimante facilement, et ainsi que l'acier, il retient d'une manière permanente sa propriété magnétique, mais cette propriété paraît moins développée que dans l'acier ordinaire. Lorsqu'on chauffe du fer azoté dans une brasque de charbon de bois, il se convertit en une masse métallique qui ressemble à de l'acier, et acquiert comme lui une grande dureté par la trempe. M. Frémy remarque que s'il existe encore de l'azote dans le métal ainsi traité, il n'y est plus au même état que dans le fer azoté, car, lorsqu'on chauffe dans un courant d'hydrogène le produit cémenté , il ne dégage pas d'ammoniaque.

Suivant M. Frémy, la proportion d'azote dans le fer azoté peut être facilement déterminée par la perte que le métal éprouve quand on le chauffe au rouge dans l'hydrogène sec ; c'est ainsi qu'il a dosé dans le composé produit au moyen du protochlorure de fer 9.3 pour 100 d'azote, ce qui correspon-

(1) Ann. der Ch$m. u. Pharrn., t. LXXXUI, p. 375; 1802.

drait à la formule Fe'N; maïs cette formule peut être incorrecte, car, ainsi que M. Frémy le fait remarquer, il n'est pas certain que le composé ainsi obtenu soit dans un état de pureté absolue : la température à laquelle il se forme et l'atmosphère d'hydrogène qui l'environne pendant sa formation , peuvent faire varier sa composition.

M. Frémy a trouvé 9.8 pour 100 d'azote dans un échantillon de fer azoté, qu'il avait préparé en chauffant au rouge un petit cylindre de fer très-pur, dans un courant de gaz ammoniac, pendant vingt heures.

M. Frémy ayant examiné des aciers anglais, français et allemands de« marques » bien connues, et jouissant d'une grande réputation dans le commerce, a découvert de l'azote dans tous, comme le prouvait le dégagement d'ammoniaque en faisant passer de l'hydrogène sec sur de la limaille fine chauffée au rouge dans un tube de porcelaine (*).

(*) Dans un mémoire lu à l'Académie des sciences de Berlin, le 18 décembre 4862, le professeur Rammelsberg a démontré, à l'appui des expériences de M. Grûner, qu'il était impossible de dire si des quantités d'azote, en général aussi faibles que celles décelées dans les diverses espèces de fer par les essais de M. Frémy, pouvaient exercer une influence quelconque sur les propriétés du métal. A cet effet, il a essayé, au point de vue de sa teneur en azote, la fonte miroitante (spiegeleisen) obtenue par le traitement du fer spaihique et qui sert & préparer l'acier brut d'Allemagne. Après avoir fait dissoudra plusieurs livres de cette fonte dans l'acide sulfurique étendu, le savant chimiste a recherebé l'azote, tant dans la dissolution que dans le résidu charbonneux ; il a séparé autant que possible par cristallisation le sulfate de fer et a soumis l'eau mère à la distillation en présence d'hydrate de potasse. Il a obtenu réellement une petite quantité d'ammoniaque qui a été dosée par le sel de platine. L'azote ainsi dosé s'élevait seulement à 0.002 pour 100, soit à — j du poids du fer, et toute vraisemblance s'oppose à ce que Ton considère cette faible quantité comme faisant essentiellement partie de la fonte examinée.

« Mais, d'après M. Frémy, le résidu est azoté. Or, le résidu provenant de la fonte miroitante, chauffé avec de la potasse, ou avec de la chaux sodée, n'a pas donné naissance à de l'ammoniaque; il ne contenait, il est vrai, aucune trace de titane. Le résidu charbonneux provenant de la dissolution de la fonte à l'aide d'un courant électrique, d'après la méthode de Weyl, a fourni également un résultat négatif quanta l'azote. Mais, si Ton abandonne ces résidus

Il y a plusieurs années, M. Dick a étudié, dans le laboratoire métallurgique de l'Ecole des mines de Londres, l'action de l'ammoniaque sur le fer à une température élevée. Il se servit de tubes de porcelaine contenant du fil de fer mince sous forme de spirales. La spirale augmenta de 16^.46 à 16^.54 en poids, dans une expérience qui dura seulement une heure un quart. Il opéra en même temps sur un fragment de fil de fer droit et plus épais, qui augmenta en poids de 19^.56 à 19.60; sa surface était blanche et altérée à la surface seulement ; en le pliant, la partie altérée s écaillait : les lamelles étaient sensibles à l'aimant. La spirale était blanche, dune friabilité remarquable et à cassure très-brillante. Un fragment de cette spirale fut dissous dans l'acide chlorhydrique, après avoir eu soin d'en exclure l'air; l'ammoniaque se dégagea nettement de la solution, par l'addition d'un excès de potasse. Une expérience comparative fut répétée avec du fil de fer non altéré, de la même variété que la spirale, mais sans qu'on découvrît aucune trace d'ammoniaque.

M. Bouis, d'après les instructions du général Morin, a re-

pendant quelques jours au contact de l'air, et qu'on les traite ensuite par la lessive de potasse, ils dégagent de l'ammoniaque, qu'ils ont évidemment enlevée aux gaz de l'atmosphère. »

Le professeur Rammelsberg, se fondant sur la propriété qu'ont les corps poreux, le charbon, les oxydes de fer naturel et artificiel, etc., d'absorber l'ammoniaque contenue dans l'air, a arrosé avec de l'eau de la fonte miroitante pulvérisée et l'a chauffée avec de l'hydrate de potasse, sans obtenir trace d'ammoniaque. Il en obtenait, au contraire, avec les mêmes corps, en quantités notables, après avoir abandonné le fer humide au contact de l'air pendant quelques jours.

« Si, d'après ce qui précède, on ne peut déceler la présence de l'azote comme élément essentiel dans la fonte, propre plus que toute autre à la fabrication de l'acier, et si, d'autre part, on fait attention à la facilité avec laquelle l'ammoniaque de l'air est absorbée par le fer et par d'autres corps, on ne peut vraiment pas conclure que les idées de M.# Frémy soient de nature à exercer de l'influence sur la métallurgie du fer, ni à modifier la théorie de la cémentation. »

Cette argumentation est restée jusqu'ici sans réplique. (Revue des sciences, par Grandeau et Laugel, i 863.) (Note des Traducteurs.)

cherché l'azote dans le fer malléable, l'acier et la fonte, et dans chacun des cas il a constaté sa présence (1). Il a eu recours au procédé qui consiste à faire passer de l'hydrogène sec sur le métal chauffé au rouge. Le gaz desséché parcourait une colonne de pierre ponce chauffée au rouge, et une série d'éprouvettes remplies de chlorure de calcium fondu. Dans toutes ces expériences, on disposa deux tubes de porcelaine dans le même fourneau, et Ton fit traverser chacun par des courants du même gaz sec. Chacun d'eux se terminait par un tube Will, contenant de l'acide sulfurique très-dilué, mais titré exactement. Le métal qu'on devait expérimenter était placé dans un des tubes, tandis que l'autre, restant vide, servait de témoin. M. Bouis rapporte que du moment où le fer ou l'acier sont chauffés dans l'hydrogène, il a vu apparaître des vapeurs blanches qui traversaient les solutions acides sans se condenser ; d une forte odeur Je matière organique brûlée, différente de celle de la corne, ces vapeurs ne duraient que peu de minutes. L'hydrogène n'enlève rapidement l'azote qu'à la surface du métal ; car des barreaux d'acier ayant subi pendant toute une journée l'action de l'hydrogène et limés de nouveau, ont produit autant d'azote à l'état d'ammoniaque qu'à la première opération. M. Bouis en conclut qu'on ne peut doser la totalité de l'azote par ce procédé, qu'à la condition d'opérer sur du métal à l'état extrêmement divisé, ou de faire durer l'opération très-longtemps (2). Voici les résultats des expériences de Bouis :

Nature du meta]. Auto pour eart. Remarques.

**. r™pp <„»„,. dw, ...8» j *!2zzrm

Très-mince , lavé à l'é-

Id' id °'011 \ ther avant l'opération.

/ Lamas présentant une Acier fondu en lames 0.059 s surface de 380 centi-

[ mètres carrés.

(1) Complu rendu*, t. LIT, p. 1195; 1861. (1) Compta rendus, t. LU, p. 1249; 1861.

Nature da métal. Asoto pour cent. Sentrqnes.

, j# . t j AAM ( Beaucoup de boursou-

Lames d acier fondu 0.037 \ .. r

( Hures.

Lames précédentes limées de nouveau. 0.031

/ En copeaux très-fins ob- Acier fondu Jackson . . 0.058 ) tenus à la machinée

( raboter.

En copeaux très-fins et

AciwWo°* °'i2 \ éminces.

„ , , l Surface de 200 centime -

Fer doux en lames 0.18 j treg ^

Fil à cardes * - 0.14 350 mètres de longueur.

! Très-dure et manganésifère Id. grise en fragments 0.00

M. Bouis ajoute qu'il a trouvé de très-petites quantités d'azote dans les résidus des aciers Jackson, Krupp, et du woolx • métal, traités par les acides ou l'iode.

M. Boussingault a évalué par deux méthodes l'azote de plusieurs variétés de fer. Dans la première, le dosage s'opère par volume, exactement comme pour les dosages du gaz azote des composés organiques. On met le métal en fil ou en copeaux, au milieu d'un tube à combustion, garni de clinquant, dont une extrémité communique avec un générateur de gaz acide carbonique, tandis que l'autre se relie à un tube engagé dans une cuve à mercure. Le métal est mélangé avec du cinabre qui s'étend au-delà dans le tube, vers le générateur d'acide carbonique. L'air atmosphérique étant complètement expulsé du tube à combustion par un courant d'acide carbonique, on arrête le dégagement afin d'engager le tube sous un flacon renversé contenant une solution de potasse caustique. On chauffe alors le métal sur lequel on fait passer graduellement, et en vapeur, tout le cinabre dont l'excès va se condenser dans la partie froide du tube. L'opération terminée, on laisse refroidir bien au-dessous du rouge et l'on fait passer un courant soutenu d'acide carbonique sec, qui se rend dans le flacon en entraînant le gaz azote.

M. Boussingault a trouvé ainsi que le fer azoté préparé par la méthode Despretz contenait 2.66 pour 100 d'azote; un échantillon d'acier fondu en renfermait 0.057 pour 100; du fil de fer doux, 0.124 pour 100; et un autre échantillon de fil identique, 0.068 pour 100.

Dans la deuxième méthode, M. Boussingault dose l'azote à Tétât d'ammoniaque (1). Le fer est dissous à l'abri de l'air dans l'acide chlorhydrique ou dans l'acide sulfurique dilué, et la solution est portée à l'ébullition, avec excès de potasse ou de chaux, dans un grand matras qui se relie à un appareil de condensation. On dose l'ammoniaque, dans le produit distillé, par portions successives de 50 centimètres cubes. Il est important que la potasse soit absolument privée d'azotate ou d'azotite ; sans cela, il y aurait production d'ammoniaque par Faction du protoxyde de fer qui se dépose. On préfère la chaux, à cause de la difficulté de se procurer de la potasse exempte de ces impuretés. L'ammoniaque qui passe dans le produit distillé est dosée à l'aide d'une solution titrée d'acide sulfurique. Il semblerait que par ce procédé tout l'azote se dégage dans certains cas à l'état d'ammoniaque.

Voici quelques-uns des résultats des essais de M. Boussingault :

Jkiote pour cent.

Fer azoté d'après la méthode Despretz; par la voie humide. 2.655

— par la méthode du cinabre. 2.660 Acier fondu — voie humide. 0.042

— — — — méthode du cinabre. 0.057

Fer pur préparé par M. Péligot — voie humide. néant.

Fil de fer doux — — 0.0075

Corde de piano (corde de Berlin). . . — — 0.0070

Acier Krupp — — 0.022

D'après tous les essais que nous venons de rapporter, nous pouvons conclure : l°que l'azote se combine avec le fer; 2° qu'on a constaté sa présence dans le fer malléable, la fonte et l'acier;

(I) Comptés rendus, t. LU, p. 1249, et t. LUI, p. 77 ; 1861.

3° que sa présence dans le fer, en proportion notable, modifie d'une façon remarquable certaines propriétés physiques du métal (*).

Azotate de protoxyde de fer. FeO,NO\ — On le prépare en dissolvant le sulfure de fer à froid dans de l'acide azotique dilué; vers la fin de l'opération, on chauffe doucement la liqueur afin de saturer complètement l'acide ; de l'hydrogène sulfuré se dégage, de sorte que le fer s'oxyde aux dépens de l'eau. On a ainsi une solution d'un bleu verdâtre, qui, évaporée dans le vide, produit des cristaux d'un vert pâle, très-solubles dans l'eau. La solution se décompose facilement

(*) DaDs une note lue à l' Académie des sciences, le ! 8 juillet 4 864, M. Marguerite a démontré que le fer se carbure et se convertit en fonte quand on le chauffe au contact du charbon et se transforme ainsi en acier sans l'intervention de l'azote. Guyton Morveau avait, le premier, lente de prouver que l'aciération peut se faire par simple contact, en calcinant un diamant dans un creuset de fer placé dans un creuset de Hesse ; après une heure environ d'un feu de forge violent, le creuset de fer fut complètement converti en un culot d'acier fondu. Mais le creuset de fer, pendant tout le temps de la calcination, étant resté exposé à l'action carburante des gaz du foyer, il importait de répéter cette expérience, de telle sorte que la combinaison possible du diamant avec le fer ne fût compliquée d'aucune action étrangère. C'est dans ces conditions que M. Margueritte a expérimenté; 1° avec du carbone pur (diamant) : 2° au sein d'une atmosphère d'hydrogône chimiquement pur ; 3° dans des vases absolument imperméables aux gaz du foyer.

L'hydrogène, préparé avec du zinc distillé et de l'acide sulfurique, avait été purifié et desséché avec le plus grand soin par les moyens indiqués par MM. Dumas et Sainte-Claire Deville , puis dirigé dans un tube en porcelaine doublement vernissée dont l'imperméabilité a été démontrée. Dans le tube chauffé à une température capable de déterminer la fusion de la fonte, était une petite nacelle de porcelaine sur les bords de laquelle reposait une lame très-mince de fer, préalablement débarrassé de son soufre et de son azote dans un courant d'hydrogène.

Un diamant, qui avait été légèrement rougi, fut placé sur la lame de fer; puis on fit passer à froid le courant d'hydrogène pendant plusieurs heures, pour purger l'appareil d'air, c'est-à-dire d'oxygène et d'azote. La température ayant été élevée rapidement et maintenue au rouge vif pendant quelque temps, lo tube fut retiré du fourneau et refroidi en restant en communication avec le courant d'hydrogène. Le diamant avait traversé la lame de fer et donné en tombant un

par la chaleur, en présence d un excès d acide ; mais une solution de sel neutre se décompose seulement à 100° C. environ; l'oxyde nitrique (NO*) se dégage, et il se dépose en abondance du sous-azotate de sesquioxyde (1). Si du fer métallique est substitué au sulfure de fer, il se produit de l'ammoniaque.

L'action de l'acide azotique sur le fer varie beaucoup avec sa densité (2). Le métal se dissout dans l'acide pesant 1 .034, sans dégager aucun gaz ; il se forme de l'azotate de protoxyde de fer et de l'azotate d'ammoniaque, ainsi qu'il ressort de l'équation suivante :

i 0NO4-8Fe+3HO = 8(FeO,NO*)+NH3,N08.

L'acide azotique pesant i .073 dissout lentement le fer, mais sans dégagement sensible de gaz ; et la solution contient de l'azotate de sesquioxyde, aussi bien que du protoxyde de fer et de l'azotate d'ammoniaque. L'acide à 1,115 de densité ne produit, en dissolvant le fer, que de l'azotate de sesquioxyde, sans ammoniaque, de sorte que cet alcali n'apparaît que lorsque de l'azotate de protoxyde de fer est formé. Du sesquioxyde de fer

petit globule de fonte. Deux autres opérations avec plusieurs diamants, une lame de fer doux et une lame de fer plus épaisse, ont fourni les mômes résultats.

EnGn, dans une quatrième expérience pour produire de l'acier, on a fait passer le courant d'hydrogène sur un fil de fer de i 1/2 millimètre de diamètre, dont la moitié était noyée dans de la poudre grossière de diamant préalablement bouillie dans l'acide azotique pour la purifier, et renfermée dans une nacelle de platine/ La partie du fil plongeant dans la poussière de diamant a été cémentée; l'autre partie ne Ta pas été et est restée insensible à la trempe. On a opéré de même sur de la plombagine et du charbon de sucre longtemps calcinés au sein d'un courant d'hydrogéné. Dans tous les cas, l'extrémité du même fil a été convertie en acier très-dur et d'un grain très-fin, tandis que la partie qui ne se trouvait pas en contact immédiat avec le charbon ne présentait pas la moindre apparence d'aciération.

Que devient, dans ces circonstances, le radical azoto-carburé de M. Frémy? (Comptes rendus, t. LIX, juillet 1864.) (Note des Traducteurs.)

(i) Berzélius, Traité, t III, p. 573.

(2) Un mémoire intéressant intitulé: Recherches sur Us azotates de fer, a été publié par M. Scheurer-Kestner, et nous y ayons puisé presque tous nos renseignements sur les azotates de sesquixoyde. Ann. as Chim. et de Phys., 3« série, t. LV, p. 350, 342; 1850.

résulte toujours exclusivement de l'action de l'acide d'une densité plus élevée que 1.115; mais la nature de cet azotate varie dans certaines conditions spéciales. Ainsi, en laissant agir l'acide pendant quelque temps sur le métal, il se produit plus ou moins de sels basiques qui deviennent gélatineux dans le liquide et se dissolvent par digestion dans l'eau à 40° C. en vingt-quatre heures. Pour empêcher la formation des sels basiques qui rendent la préparation du sel neutre difficile, on devra retirer le fer de l'acide, dès que la réaction commencera d'elle-même à se ralentir.

Azotate de sesquioxyde de fer. FeW^NOV — On obtient par l'action de l'acide azotique pesant 1 .332, sur une quantité suffisante de fer, une solution pesant 1.580, qui, en se refroidissant, dépose un sel en prismes rectangulaires déliés, d'une couleur brune causée par l'interposition de l'eau mère. Ces cristaux, séchés entre du papier buvard, sont presque incolores. Les proportions indiquées pour obtenir les plus beaux cristaux sont 4 équivalents d'acide azotique pesant 1 .332, et 2 équiv. de fer. L'équation suivante explique la réaction :

4NO»+2Fe ssFeW^NOM-NO1.

L'attaque est très-énergique et la solution s'effectue, en une demi-heure environ. En employant 3 kilogrammes d'acide du degré indiqué et 0\350 de fer, conformément à l'équation, l'azotate est légèrement basique, parce qu'il s'évapore de l'acide par la chaleur développée dans l'opération. Mais si l'on emploie 25 parties en poids d'acide et 3 1/2 de fer, la solution neutre cristallise facilement. Les cristaux sont très-déliquescents et se dissolvent en toutes proportions dans l'eau et dans l'alcool, en formant des solutions brunes qui se décolorent par l'addition d'acide azotique ; desséchés dans un courant d'hydrogène, ils ont la formule suivante :

FeW^NOH-iSHO.

La dissolution des cristaux produit un abaissement considérable de température ; -ce sel est très-facilement décomposé par la chaleur. A 50° C . des vapeurs d'acide azotique se dégagent, et tout l'acide se trouve chassé au-dessous du rouge, tandis que le sesquioxyde pur reste. L'azotate renfermé dans un tube de verre hermétiquement clos n'éprouve pas de changement à 100° C, ni au soleil (1). En faisant bouillir une solution aqueuse du sel, il se précipite un sel basique insoluble. Tous les azotates de sesquioxyde de fer, solubles ou insolubles, sont complètement décomposés par l'ébullition dans l'eau avec du carbonate de chaux.

On peut préparer de l'azotate de la formule Fe*08,2N08 (sesquibasique) en dissolvant la proportion voulue de sesquioxyde hydraté de fer dans une solution du sel que l'on vient de décrire, ou de sel neutre. La solution devient épaisse et sirupeuse par l'évaporation entre 30° C. et 40° C, et se convertit ensuite en une masse amorphe d'un noir brillant. Il se dissout en toutes proportions dans l'eau, mais il est insoluble dans l'acide azotique qui le précipite de ses solutions aqueuses à l'état de dépôt ocreux. L'acide azotique le convertit, par un contact prolongé, en sel neutre.

De l'azotate de la formule Fe'O'jNO* (tribasique) se prépare exactement de la même manière que ce dernier, auquel du reste il ressemble beaucoup sous tous les rapports.

En faisant bouillir les solutions des trois azotates de sesquioxyde décrits, il se dépose respectivement les trois sels basiques suivants :

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