‹ Traité complet de métallurgieChapitre 107 sur 150 · MP · texte numérisé non relu

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0 793 ?;, etc.

Bon.

Id.

Moyen.

Mauvais.

Bon.

Id.

Hind

Ariadme

Id

Proserpine

Latona

Chantier de Plymouth. Février 1797. — Les officiers envoient à TAmirauté une feuille enlevée du Chatham^ où l'on suppose qu'elle était placée depuis dix-huit ans ; elle n'offre pas, comme le cuivre maintenant en Usage^ la moindre apparence de corrosion, excepté sur les clous, fabriqués d'un métal allié, qui sont chargés de longues herbes. Ils envoient aussi une feuille provenant de la coque du Sheemess ; c'est un cuivre bien purifié, marqué Owen Williams , et depuis trois ans en place, il est mangé en beaucoup d'endroits.

mais sans être pourtant aussi inférieur que des feuilles détachées du même vaisseau et renvoyées à l'entrepreneur, « Il s'ensuit, ajoutent les ofTiciers, grâce aux observations générales qui ont pu se faire, que nous sommes pleinement convaincus que le cuivre maintenant en usage est falsifié à un très-haut degré. »

Le chef du chantier rapporte que, sur le Dœdalus doublé sous ses ordres à Liverpool, en 1780, le cuivre enlevé onze ans après, fut trouvé en parfait état, sans aucune corrosion ; un pied carré pe* sant 1190 grammes n'avait pas perdu plus de 85 à 110 grammes, évidemment par l'usure ; tandis que cet employé rappelle beaucoup d'autres exemples où le cuivre, après moins de deux ans, était complètement rongé.

Le Conseil de l'Amirauté fut alors si ému de la détérioration des . doublages, qu'il chargea le docteur Higgins de faire des analyses pour déterminer quelle pouvait être, l'influence des matières étrangères, combinée avec l'action corrosive des eaux. Ce savant trouva que le cuivre était mélangé avec environ 2 pour 100 de plomb et d'autres métaux (surtout de l'étain et de l'antimoine) en beaucoup plus petite quantité ; que le cuivre ainsi mélangé est suceptible de s'altérer par des chaudes répétées, surtout si on emploie de la houille, et qu'il est plus facilement attaquable par les sels contenus dans l'eau de mer.

Il est facile néanmoins de prouver que tout le cuivre de fabri* cation récente n'est pas toujours de mauvaise qualité.

Au mois d'octobre 1 845 le t Superbe > fut doublé à tribord avec 400 feuilles de cuivre, marquées G, provenant exclusivement des minerais des Cornouailles, fondus par MM. Grenfell et C'^, et à bâbord avec le même nombre de feuilles de vieux cuivre refondu et laminé à Portsmouth, portant la marque P. Le 24 février 1849, on constata à l'arsenal que les deux espèces de' cuivre n'avaient subi aucune dégradation et qu'elles étaient moins chargées que ne le sont habituellement les coques de vaisseaux, après avoir été aussi longtemps à flot; ce que les chiffres suivants confirment :

Perte moyenne par année et par feuille.

G eegr-so

On a souvent proclamé avec insistance à la Chambre des Communes et au dehors, que jamais le Gouveniement ne devrait entreprendre aucune espèce de fabrication» et qu'on servirait beaucoup mieux les intérêts de la nation, en traitant directement avec les manufacturiers; des membres du Parlement, des ingénieurs éminents, des armateurs et mille autres, ont naguères reproché à TÂmi^ rauté des dépenses inutiles et la mauvaise administration de ses chantiers. Si, dans quelques cas, ces accusations étaient fondées, il faut pourtant reconnaître, en bonne justice, que le Gouvernement a été sage de ne pas trop se 6er au patriotisme désintéressé des fabricants; citons quelques faits assez singuliers.

En 1803, Tattention de sir S, Bentham fut appelée sur les dépenses excessives de la marine pour la refonte et le laminage des vieux doublages. Â cette époque, les manufacturiers étaient chargés d'élaborer ce vieux métal, au prix de 1050 francs par tonne. Sur les ordres de Sir Bentham, on construisit, tout exprès à Portsmouth, des fonderies pour exécuter ce travail ; les entrepreneurs offrirent alors de réduire leur prix à 520 francs, alors qu'il ne coûtait à cet établissement que 205 francs seulement. Plus tard, en 1833, dans un rapport qu'il adressa à la Chambre des Conmiunes, M. Owen prouva que le travail du vieux cuivre destiné aux doublages ne revenait pas à plus de 215 francs, et celui des boulons à 165 francs par tonne. On a calculé qu'à cette époque l'économie , réalisée par les mesures du chef de r Amirauté, s'élevait à plusieurs centaines de mille livres sterling;

(1) On remarqua dd grandes différences dans le degré de corrosion de quelques plaquée, surtout pour les feuilles G; ainsi une plaque qui pesait primitivement 3^^910 perdit 482 grammes ; tandis que deux autres plaques qui pesaient primitivement 4^^166 et 4^,080 ne perdirent rien en poids ; pour les feuilles P, les pertes furent de 85 grammes et 283 grammes dans les plaques qui pesaient primitivement 4^,166 et 3^,712 chacune. On a supposé que ce grand déchet dans quelques-unes des feuilles les plus attaquées (Q) pouyait ayoir été causé par un mauvais laminage.

de sorte que les Compagnies qui, jusque-là» avaient fait simplement refondre et laminer le vieux métal avaient largement puisé dans le trésor public (1).

On opérait la refonte du vieux cuivre dans des fourneaux à réverbère (2), et Ton produisait une masse considérable de scories contenant, comme la scorie d'affinage^ beaucoup de cuivre ; ces scories, il n*y a que quelques années encore, étaient rejetées. Il est incroyable que les personnes chargées de la direction des fonderies, aient été assez ignorantes de la métallurgie du cuivre pour supporter des pertes semblables ; et cependant le fait est parfaitement avéré. On trouverait, probablement dans Tarsenal, ou dans le voisinage, des amas de ces scories qui constitueraient pour bien des mineurs une entreprise plus fructueuse que Texploitation de telle mine des Gomouailles ou du Devonshire.

De pareilles erreurs n'arrivent pas seulement dans les établissements de rÉtat ; il n'y a pas bien longtemps encore que, dans une usine à fer blanc, on rejetait une poussière noire renfermant plus de la moitié de son poids d'étain. Nous-même, nous avons visité avec M. Henry, des ferblanteries du pays de Galles sud, et pris des échantillons de cette poussière, qu'on lancatt tout simplement, autrefois, dans la rivière voisine pour s'en débarrasser, et dans lesquels M. Henry a trouvé 60 pour \ 00 d'étain.

Malgré tous les efforts des Lords de l'Amirauté pour obvier à la corrosion des doublages de cuivre, malgré les rapports des Commissions, les recherches laborieuses des inspecteurs, l'ensemble des observations recueillies, malgré toutes les expériences et tous les renseignements obtenus des autres Gouvernements par le ministère des affaires étrangères, nous ne connaissons encore que très-imparfaitement les causes qui déterminent ce qu'on pourrait

(1) Il est certain que Testimation officielle des dépenses de fabrication dans les usines du gouTernement ne comprend pas l'intérêt du capital et d^autres frais accessoires. Nous ignorons si la somme indiquée plus haut a été ainsi calculée ; msis s'il en est ainsi, la prétendue économie doit être bien réduite.

(2) MM. Vivian et G* appellent l'attention de l'administration sur la dépense causée sans aucune utilité par ce nouveau raffinage.

appeler la susceptibilité de corrosion des différentes qualités de cuivre. La recherche de ces causes offre, sans contredit, de grandes difficultés, mais elles ne sont pas insurmontables. Selon nous, h question devrait être envisagée surtout à deux points de vue^, savoir : Tétat physique du métal employé pour le doublage et sa composition chimique.

Dans une partie précédente de cet ouvrage^ on a démontré que le cuivre coulé dans des conditions ordinaires, et qui à Textérieur paraît parfaitement sain, contient cependant d'innomblables petits pores répandus à travers sa masse. Or, on conçoit qu'aucun procédé de laminage ne puisse donner un cuivre absolument com"pacte avec un métal aussi poreux, bien qu'après le laminage, les cavités cessent d'être visibles même au microscope ; ce fait admis, la structure de la masse du métal ne peut pas être plus homogène h rintérieur qu'à la surface de la feuille laminée. Ce défaut d'homogénéité nous amène à prévoir des différences correspondantes dans le degré d'action des liquides corrosifs sur la surface du métal, surtout quand ceux-ci agissent lentement, comme les eaux de mer.. Le seul échantillon de cuivre que nous ayons trouvé tout à fait exempt de ces cavités avait été fondu avec du charbon de bois et coulé à travers une atmosphère de gaz d'éclairage. Il importerait donc de faire, à ce point de vue, des expériences avec du cuivre fondu de cette façon. (Voir à V Appendice.)

On s'est souvent plaint de la porosité des cylindres employés pour l'impression des toiles peintes, et les fondeurs ont eu recours à divers expédients pour y remédier, mais, jusqu'à présent, sans grands succès. Il est maintenant d'usage, en coulant ces cylindres, de verser le métal dans des moules en fer cylindriques, et immédiatement après, de le soumettre, à l'aide de leviers, à une forte pression, agissant sur un piston en fer, qui est introduit par une extrémité sur le cylindre ; le cuivre peut ainsi se solidifier sous une pression constante.

On a fait une expérience sur le Rodney ^ pour reconnaître si le cuivre durci par le laminage était moins sujet à la corrosion

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qu'à rétat ordinaire. En conséquence, on doubla un côté avec vingt-cinq feuilles de chaque espèce. Au bout de cinq ans, il n'y avait pas de différence sensible dans le degré de corrosion des deux espèces de feuilles.

Quant à la détermination de la composition chimique du cuivre, on ne peut s'attendre à obtenir des résultats concluants, que par des chimistes très-expérimentés. Ce n'est souvent qu'avec une extrême difficulté qu'on arrive à découvrir et surtout à doser des métaux étrangers ou toutes autres matières qui ne sont qu'en proportions minimes dans la masse métallique ; dans beaucoup de cas, les méthodes connues ne donnent pas de résultats exacts.

L'analyse suivante, d'un très-mauvais spécimen de doublage, provenant du navire t Fantôme , » est de M. C. Tookey. Ce doublage, désigné comme Cake copper, iV, placé au mois de mars 1844, fut relevé en décembre de la même année. La perte, par feuille', avait été de 159 grammes; elles étaient rongées inégalement.

Poor 400

Plomb 0,1187

Bismulh OJ240

Antimoine, avec traces d'élain 0,0143

Arsenic 0,1908

Fer 0,0042

Nickel 0,0J87

Phosphore 0

Pour étudier convenablement la composition des différentes espèces de cuivre, il serait absolument nécessaire d'avoir de nouvelles méthodes d'essais ou de perfectionner les anciennes. Les Lords de l'Amirauté, n'ayant aucune notion de la lenteur des manipulations chimiques, de même que beaucoup d'autrespersonnesà qui ce sujet est également inconnu, s'imaginent tout simplement qu'un chimiste est capable de donner une analyse exacte d'un morceau de cuivre, avec autant de facilité et de rapidité qu'un médecin peut écrire une ordonnance. Pour déterminer les causes des différents degrés de

corrosion observés dans les diverses espèces de cuivre, en tant qu'elles dépendent de la composition chimique, il faudrait dépen^ ser des sommes considérables et attendre patiemment les résultats de Tanalyse.

Quand TacUon corrosive se manifeste très-irrégulièrement sur une même feuille de cuivre, cela dépend probablement d'irrégularités correspondantes dans la diffusion des matières étrangères ; le plomb paraît souvent jouer un rôle actif en déterminant une action locale ; car ce métal, oh s*en souvient, est toujours introduit dans le fourneau d'affinage, avant de couler le cuivre cake qui sert aux feuilles de doublage, et il en reste toujours une quantité très* notable. Mais le plomb se mélange mécaniquement, plutôt qu'il ne s'allie avec le cuivre, et il tend par conséquent, à se disséminer irrégulièrement à travers la masse métallique. Depuis l'introduction des minerais étrangers, mélangés d'antimoine, il est fréquemment nécessaire d'employer une dose additionnelle de plomb dans l'affinage. On a vu qu'il y a des raisons de croire que le cuivre galette contient toujours de l'oxydule ; et comme il est irrégulièrement disséminé plutôt que dissous dans le métal, il peut devenir une cause d'action locale. 11 y a quelque motif de supposer que la présence d'un peu d'étain tend à rendre le cuivre moins attaquable par l'eau de mer, et l'on assure que le cuivre d'Agordo, qui contient de rétain, est très-recherché pour les doublages. Un brevet a été prison 1830 pour l'application au doublage d'un alliage de cuivre avec 4 à 6 1 /2 pour i 00 d'étain ; la description porte qu'il faut y mélanger, dans de très-petites proportions, du plomb et du zinc (1). On fabriquait cet alliage à Swansea, mais il était difficile et coûteux à traiter à cause de sa dureté. Nous ignorons s'il a subi des expériences satisfaisantes à la mer.

On a vu combien la structure d'un lingot est remarquablement modifiée par la présence de diverses matières étrangères, d'une composition chimique différente. Du moment que l'amirauté persiste

(1) Mathieu UtUlU, A. D. 1830 N* 5952.

m FABRICATION DU CUIVRE

à préférer Je cuivre jaune pour le doublage des navires, elle devrait au moins faire faire les expériences nécessaires , pour déterminer râction réelle de Feau de mer, sur les divers métaux et les autres éléments qui entrent dans la composition du cuivre. ' Lors de la réunion de TAssociation Britannique à Swansca en 1848, nous avons eu Tbonneur de faire une leçon sur la situation des travaux métallurgiques dans cette ville et aux environs. Nous avions produit divers spécimens pour démontrer les effets de certaines matières étrangères, comme le soufre, le phosphore, etc., sur le cuivre. Sir Henry James, directeur de VOrdnanceSurveyde la Grande Bretagne, vit ces échantillons, eJ, se trouvant alors attaché aux Docks de Portsmouth, il voulut les soumettre à Taction des eaux de mer. Au bout de neuf mois; il communiqua à TAssociation britanique à Birmingham (1849), ses observations qui furent publiées ensuite in extenso dans la Gazette chimique (1); elles sont résumées dans le tableau suivant :

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