TABLEAU DBS RÉSULTATS OBTENUS PAR SIR H. JAIOS
Qualité du niëtal.
Déposé par la pile, lamiiié ma is
• noD fondu
Cuivre contenant de Tarsenic.
Cuivre contenant du phosphore et du fer, dont 1 apalyse a été donnée, p. 62
Cuivre du navire Frolic, rouçé dans quelques mois, refondu et laminé mince
Cuivre de Tarsenal
Autre échantillon
Id. Id
Id. Id
Métal Muntz...
Poids primiiir.
Poids
Suiiacc
i*ci-lc i»ai
après
Perte.
des
eeotiiii.
9 mois.
SpéeiMnt
carre.
Gt-ammes
Grammes
Graïuuica
Grammos
Sir H. James constata que la surface du n"" 3 était très-uuie, mais d'une teinte gris verdâtre, magnifique. La proportion de
(1) Chemical gazetU, 1850, 8 p. 1.
Farsenic dans le n"* 2 n'a pas été déterminée, bien que sa présence fût certaine, puisque le métal avait été préparé en laissant tomber de Tarsenic métallique dans le cuivre en fusion. Uinfluence présérvative du phosphore parut si remarquable, que Sir Henry James demanda à TAmirauté, Tautorisation d'essayer en grand Faction du phosphore sur le cuivre» et dans des conditions calculées pour donner des résultats décisifs.
Cette autorisation lui fut accordée avec Tallocation d'une somme de 4 250 francs. Le cuivre phosphuré fut. préparé sous notre direc* tion par M. J.-C. Marrian, de Birminghan, avec du cuivre beat selected. Une partie fut fondue dans un creuset, en ajoutant graduellement du phosphore, et en remuant le mélange avec une tige de cuivre ; un lingot de cuivre préparé ainsi contenait 9 pour 4 00 de phosphore. Ce cuivre fut alors fondu, avec le reste du métal, dans des creusets et coulé en lingots propres au laminage ; comme on Ta déjà remarqué, il ne pouvait être laminé à la température habituelle , mais bien à une température plus basse ou à froid. L'analyse de la feuille laminée indiqua une teneur de 1/2 pour 100 de phosphore, la proportion convenue. Les feuilles furent placées sur des bouées dans trois docks différents, mais lorsque, deux ans plus tard, on chercha à en connaître les effets, on s'apperçut que les bouées avaient été entièrement repeintes ! Cependant , plusieurs années après, sir Heni7 James parvint à savoir que, les feuilles phosphurées avaient résisté à la corrosion, deux fois mieux que d'autres essayées dans les mêmes conditions (1). Il est à regretter qu'on n'ait pas fait d'autres essais ; car si l'on pouvait éta* blir pertinenmient, par des expériences bien suivies et dans des conditions diverses d'eau, de climat, etc., que le phosphore diminue l'action corrosive de la mer, à un degré aussi certain que semblent l'indiquer les résultats ci-dessus> il est probable qu'on pourrait
(1) Dans une note fournie & sir H. JameS) il est dit que les feuilles de cuivre phosphuré relevées & la bouée de Stourbridge avaient perdu 12 1/4 ozs par feuille, tandis que la perte sur le cuivre fabriqué & Chatham avait été, pendant la même durée et dans les mêmes conditions, de 29 8/4 ozs par feuille»
obtenir dans la marine une économie annuelle de plusieurs milliers de livres. Faisons remarquer» en passant, que les services de sir H. James et les nôtres furent entièrement gratuits.
En 1 857, MM. H. À. et H. Parkes prirent un brevet pour remploi du phosphore contre la corrosion des doublages métalliques de cuivre ou autres (1). On a également essayé sur une large échelle du bronze jaune phosphuré, et ou a trouvé qu'il ne résistait pas mieux que le métal de composition ordinaire. D'après les faits que nous venons dç citer et leur publication dans la Gazette de Chimie^ on conçoit que ces inventions ne sont pas fondées.
Deux échantillons de clous en métal jaune, ou métal de Muntz, employés pour fixer les doublages, et qui avaient servi pendant quinze ans, nous furent soumis pour être analysés ; les résultats méritent d'être rapportés :
Cuivre esi.ôî 6J.73
Zinc 24.64 41. i8
Plomb 8.69 4.73
Étain a. 64 --
• Les clous n"" 1, reconnus bons, semblaient intacts après un voyage, aller et retour, de l'Inde; les clous n* 2 s'étaient rouilles et les têtes s'étaient brisées après un voyage de quelques mois aux Indes. Il est remarquable que ceux qui contenaient le plus de plomb aient bien résisté ; cependant l'étain peut bien avoir exercé une action préservative.
D'après les expériences de la marine hollandaise, les doublages en cuivre durent, habituellement de quatre à cinq ans, sur les vaisseaux en service constant , sans avoir besoin de réparations, et de dix à douze ans sur les vaisseaux qui naviguent peu. On a remarqué que le cuivre rouge le plus pur se détériore le plus
(1) A. D. 1857, Dec. 2, n« 2996.
RESIDUS CUIVREUX 401
vite et a l'apparence d'avoir été gratté. Le cuivre moins pur ou celui qui est allié, se couvre d'une croûte verte, à laquelle les plantes et les autres matières étrangères adhèrent plus facilement qu'au premier. Ces remarques concordent avec les expériences de la marine anglaise ; dans les variétés de cuivre le plus résistant, la croûte est tenace et se détache avec difficulté, tandis qu'elle est tendre et s'enlève sans peine dans celles qui se détériorent - avec rapidité.
Toujours est-il que, malgré les difficultés qui se sont élevées à ce sujet, il y a quelques années, entre les fabricants et les consommateurs, ceux-ci, pas plus que les fonctionnaires des arsenaux, les fondeurs ni les chimistes, n'ont encore pu réussir à déterminer les causes multiples de durée et de destruction des feuilles de doublage en cuivre.