‹ Traité complet de métallurgieChapitre 143 sur 150 · DETAILS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

DETAILS HISTORIQUES

duit souvent le bien ; cette protestation fit bientôt créer une nouvelle usine à Birmingham. On convoqua des meetings, on nomma une commission ; on ouvrit une souscription de deux cents actions de 2500 fr. chacune, capital jugé suffisant pour la construction de cette usine , à laquelle tout propriétaire d'une action devait acheter une tonne de laiton par an. Pour profiter des transports par eau, une fonderie s'éleva aussitôt sur les bords du canal, et l'entreprise fut dirigée avec le véritable esprit libéral qui caractérise Birmingham. Les anciennes compagnies, justement alarmées et commençant à voir ce que leur conduite avait d'insensé, baissèrent aussitôt leurs prix de 2100 à 1400 fr. Il faut en conclure, ou que les bénéfices de ces Messieurs étaient autrefois trè&-élevés , ou qu'ils étaient devenus bien faibles, et qu'à l'exemple de quelques despotes du temps passé, ils se repentirent enfin, trop tard, de leur excès du pouvoir» (1). Ces nouvelles usines dont il sera fait mention plus loin, étaient celles qui appartiennent aujourd'hui, croit-on, à M. Pemberton.

En 1795, d'après Hutton, la consommation du laiton dans Birmingham s'élevait à mille tonnes par an.

Les qualités qui rendent le laiton si précieux peuvent se résumer ainsi : Il est plus dur que le cuivre, et par conséquent résiste mieux à l'user ; il est très-malléable et très-ductile, peut se laminer en feuilles minces, se façonner au marteau, s'estamper et s'étirer en fils très-fins. Il est très-propre aux fontes moulées, et son point de fusion étant beaucoup moins élevé que celui du cuivre, il peut servir à des moulages délicats; il résiste, dit-on, mieux que le cuivre aux influences atmosphériques, mais quand sa surface n'est pas protégée par une laque ou par un vernis» il se ternit rapidement et noircit ; il a une couleur agréable et peut acquérir un beau poli ; enfin il a, sur le cuivre, le grand avantage du bon marché.

L'alliage appelé métal hollandais {dutch métal ou leaf), fournit un excellent exemple de la remarquable malléabilité de certaines

(1) Op. •»«., pp. 114, 115.

espèces de laiton; c'est simplement du laiton contenant une grande proportion de cuivre. On le fabrique en battant le mét^l laminé comme on bat la feuille d'or; on parvient à obtenir des feuilles dont Tépaisseur peut arriver à n'être que d'environ » de millimètre.

La malléabilité du laiton varie avec sa composition et avec la température; mais elle est affectée à un degré sensible, par la présence de certains métaux étrangers, même en trè&-petite quantité. Certains laitons ne sont malléables qu'à froid, d'autres seulement à chaud ; enfin, quelques-uns ne le sont à aucune température. A une température sensiblement au-dessous de son point de fusion, le laiton de même que le cuivre, est cassant et peut se réduire en poudre, par la trituration. Un lingot de laiton brisé pendant qu'il est chaud, offre une cassure grossièrement fibreuse ou en colonnes; mais brisé à froid, cette cassure est d'un grain &n, au moins dans certains alliages. D'après Bertbier, la chaleur ne sépare jamais complètement le zinc d'un alliage de cuivre (4). On trouvera, plus loin, un tableau d'indications sur les qualités industrielles, la couleur, etc. , de nombreux alliages de cuivre et de zinc.

Quand la cassure d'un lingot eoulé, de certains métaux, est fibreuse, la direction des fibres est généralement à angle droit avec les surfaceè de refroidissement. Dans une pièce sphérique, les fibres sont généralement radiées; dans un carré ou dans un prisme rectangulaire, on aperçoit distinctement, sur la cassure transversale, les deux diagonales formées par les points.de jonction des extrémités intérieures des fibres. Nous avons eu d'excellents échantillons constatant cette disposition.

Suivant Storer, < la tendance à se projeter en fibres se montre sur une série assez étendue, depuis les alliages contenant 57 ou 58 pour 1 00 de cuivre et même plus, jusqu'à ceux qui n'en contiennent que 43 ou H pour 100, où elle disparaît graduellement..

(1) Trait, des Kttatf, t. II, p. 603. — Pelouze et Fremy disent le contraire, t. III, page 203, S* édition. (Let Traducteurs.)

Page 1