‹ Traité complet de métallurgieChapitre 72 sur 150 · MÉTHODE GALLOISE · texte numérisé non relu

MÉTHODE GALLOISE

La méthode galloise comprend pour le moins six opérations distinctes, et quelquefois davantage. On emploie exclusivement des fours à réverbère de deux espèces, savoir : les four^ de grillage et les fours de fusion. Ils sont alimentés avec un mélange de houille dure et flambante qu'on brûle sur une couche de mâchefer. Ce procédé varie quelque peu, suivant les établissements, mais sans grandes modifications.

Nous décrirons d'abord la méthode qui peut être pratiquée avec le plus petit nombre d'opérations, et telle que nous l'avons vue expérimentée en 1848 aux usines d'Hafod. 11 nous est particulièrement agréable de reconnaître ici l'obligeance avec laquelle M. Vivian nous a laissé visiter librement ses usines, et celle de M. W. Morgan, le directeur, pour les indications précieuses qu'il nous a fournies*

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Fours de grillage. — Nous devons à une usine des environs de Swansea les dessins qui ont servi aux figures ci-jointes. Quelques détails sans importance ont été négligés, et dans les coupes verticales, les parties placées au delà des lignes de coupe sont supprimées.

Fig. 3. Four de grillage. ÉléyatioD latérale.

Mais tous les détails que les constructeurs regardent habituellement, comme indispensables sont représentés. L'intérieur du fourneau, qui est exposé à la plus haute température, est construit en briques réfractaires, tandis que Textérieur et les parties en dessous du foyer sont en briques communes. Le foyer est placé au chevet du four ; au-dessus du cendrier âf, figure 4, se trouvent trois barreaux de fer transversaux dont on voit les sections; les deux bar-

Fif'. 4. Four de grillage. Coupe verticale sur AB, fig. 7.

reaux les plus élevés supportent la grille, et le plus bas sert à soutenir le ringard employé pour piquer la grille ; f, pont de chauffe ; g^ arche qui s'étend d'une paroi à l'autre du fourneau, pour éviter que la couche de minerai la plus proche du foyer ne soit exposée

à une trop haute température. Dans la voûte sont pratiquées quatre ouvertures rectangulaires, A, A, etc., à travers lesquelles on fait tomber dans le four, le minerai contenu dans des trémies ou huches, m, m, etc., supportées par un bâti en fer ; chaque ouverture se ferme avec une large brique réfractaire. Chaque trémie se compose de quatre plaques de fonte, reliées entre elles par des armatures. La sole est plate; à chaque côté sont des orifices carrés /,/, etc. , à travers lesquels on fait tomber le minerai grillé dans des espaces voûtés, ménagés en dessous de la sole ; pendant le grillage, ces orifices sont fermés par des briques réfractaires. Ces fours ont quatre portes n^ n, etc., de chaque coté, et en face des ouvertures respectives /, /, etc. Dans la figure 6, on voit les projections trian-

Fig. 5. Four de grillage. Coupe horizontale montraut le plan de la sole.

gulaires des parois en briques, dont le but est de prévenir l'accumulation du minerai entre les portes latérales, et que le rable ne pourrait atteindre du côté opposé, qu'avec beaucoup de difficultés. A l'extrémité opposée du foyer s'ouvre un rampant /, communiquant avec un large carnau k, supporté par des plaques de fonte, et aboutissant à une haute cheminée ; plusieurs fours sont attelés au carnau k. Au dessous de la sole, sont ménagées quatre chambres voûtées en briques d, b, etc. , communiquant en haut par les ouvreaux /, /, comme le montre la figure 8, et en dessous, avec les carnaux horizontaux </, </, etc., au moyen d' ouvreaux c, c, etc ; ces carnaux sont reliés à un canal plus large ^,e, conduisant à la cheminée. Au moyen de ces dispositions, les vapeurs sulfureuses qui continuent de s'échapper des minerais, tombés dans les réservoirs ô, A, etc.,

METHODE galloise: FOURS

passent dans le carnau e^ e^ etn'incomnoodent pas les ouvriers. La figure 6, indique la manière de fixer les ancres en fer, où sont adap-

FifT. 6. Four de grillage. Coupe horizontale sur EF, fif;. 3.

tées les extrémités inférieures des tirants en fonte ; les extrémités supérieures de ces tirants sont reliées par des tiges en fer forgé,

.cr...^Jà,

Beh«lle a^lrl^a* i • n. •&% par nètrc.

Fig. 7. Four de grillage. Plan des fondations.

passant au-dessus delà voûte du four, de droite à gauche, et d'un bout à l'autre. Quelques-unes des ancres traversent entièrement

Fig. 8. Four de grillasse. Fig. 9. Four de grillage. Fig. 10. Vue de rextrémitë près de Coupe yerticale sur GH, taque de l'extrémité la cheminée.

Fig. 4. du foyer.

le four, et d'autres, plus courtes, recourbées aux extrémités, sont seulement encastrées dans la maçonnerie en briques. Chaque

embrasure ;z, n^ est garnie d'un châssis en fonte que ferme une porte en tôle , fixée au sommet par des charnières ; les portes s'ouvrent par conséquent à rextérieur et de bas en haut.

On emploie dans ce four des grilles en mâchefer : il est, du reste, de dimensions beaucoup plus grandes que dans les fours décrits plus loin ; on y charge sept tonnes de minerai environ à la fois.

Les figures H à 16, représentent un four de grillage de dimensions ordinaires, et, à notre avis, de la meilleure construction. Elles

Fig. 11. Four de grillage n» 3. Vue latérale.

sont dues à l'obligeance de M. John Keates. La description du four de grillage précédent s'applique en grande partie à celui-ci, de

Fig. 12. Four de grillage d« S. Coupe verticale sur AB, fig. 10.

sorte qu'il suffira de quelques courts détails, pour en faire com-

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prendre la disposition. Un canal o, <?, ouvert à chaque extrémité, traverse le pont de chauffe; trois petites ouvertures i, sont prati-

7 Ft,

Bekell« Métrl^M i • m, OI« par aièlrc.

Fig. 1S. Four de grillage n» S. Coupe boriiootale sur GH, flg. 11.

quées dans ce canal, à travers lesquelles l'air extérieur peut aisément s'introduire dans le four.

Au-dessus de ces ouvertures existe une voûte h, dont le but a été indiqué dans la description du grand four. Avec celte disposition que M. W. Evetts Shelfield (1) fit breveter en 1812, non-seulement le pont de chauffe est refroidi, mais encore l'air a un accès facile pendant le grillage. Les parois de la maçonnerie, situées entre les portes, au lieu d'être triangulaires, sont arrondies.

La voûte est percée de deux ouvertures qui communiquent avec une large trémie g. La partie légèrement ombrée de la maçonnerie intérieure représente des briques réfractaires. La manière d'armer

(1) Brevet 3612 A. D. 1812. Publié en 1856.

Fig. 14. Four de grillage n» S. Coupe Terticale sur EP, fig. 12.

le four est suffisamment expliquée par les fig. 3 et 6 ; on y charge environ trois tonnes de minerai à la fois.

Fig. 15. Four de grillage n" S. Coupe Fig. 46. Four de grilluge. Vue à Textrô-

verticale sur CD, fig. 11. mité près de la chemiDée.

Fourneau de fusion. — Les dessins de ce four proviennent de la même source que ceux du grand four de grillage ; a, a, parois latérales du foyer; /;, h, murs verticaux réunis au sommet par la voûte o; une chambre voûtée, w, est ainsi formée, qui s'étend du cendrier m^ à l'extrémité opposée du fourneau, où elle est fermée par un mur vertical. Sur le sommet de la voûte, figure 19, se trouve une plate-forme en briques réfractaires, g, g, sur laquelle est bâtie la sole du four, qui a la forme représentée par Tespace blanc g, g; elle est entourée de murs verticaux qui s'élèvent jusqu'à la naissance de la voûte /?, formant le sommet du fourneau qui s'étend du foyer à la cheminée ; la chambre plus ou moins ovale ainsi formée est remplie, sur une hauteur considérable, de sable (fig. 18) dont on a donné précédemment des analyses (Tome I, page 374); on creuse dans le lit de sable une cavité peu profonde qui incline graduellement de tous les côtés vers le bas du chio //, à travers lequel s'écoule le métal.

On remarquera que le foyer rf, est relativement plus grand que celui du four de grillage. Dans le pont de chauffe est pratiqué un étroit carnau rectangulaire, communiquant en dessous avec le cendrier m; sur la droite, ce carnau est garni d'une taque de fonte/, appelée plaque du foyer, nécessaire pour supporter le mur e. On

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introduit le charbon dans le foyer par le tisard w^ qui n'a pas de porte, mais qui se ferme plus ou moins parfaitement avec le char-

Fig. 17. Fourneau de fusion. Éléyation latérale.

bon. Une ouverture / est, ainsi qu'il est d'usage dans les fours à réverbère, ménagée au-dessus des grilles. Le mur de face du foyer repose, comme l'indique la figure 1 8, sur un sommier en fonte au-

Fig. 18. Four neaa de fusion. Coupe yerticale sur AB.

dessus de /; le mur du fond repose sur un sommier semblable k. Dans la voûte est pratiquée une ouverture carrée, et immédiatement

au-dessus se trouve la trémie de fer x. On charge le minerai par cette ouverture : on peut en apprécier les dimensions et ia position par les figures 1 7 et 23 ; mais les scories qui entrent dans la charge sont introduites par l'ouverture de l'extrémité. Le fond de la trémie s'ouvre ou se ferme à l'aide d'une plaque mobile. A l'extrémité du four, près de la cheminée, existe une embrasure r, à travers laquelle on brasse les matières et on retire les scories. Les montants et le sommet de celte embrasure sont formés de larges briques réfractaires; mais le seuil se compose d'une plaque de fonte /, audessous de laquelle se trouve une autre plaque verticale i; le bord extérieur de la plaque /, forme une légère saillie ; ces plaques sont indispensables pour faciliter l'enlèvement des scories et protéger

J-Ft

Rebelle a<trl^pM i O n. 914, par aiitre.

Fig. 19. Fourneau de fusion. Coupe horizontale sur EF, de la flg. 18.

les briques. On ferme cette embrasure avec une large brique réfractaire, percée d'un petit trou qui permet au chauffeur devoir l'intérieur du four et d'en apprécier la température. Un orifice semblable existe dans le rampant conduisant à la cheminée ; immé-

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diatemenl au-dessus de l'embrasure r, se voit un carnau v, communiquant du four à la cheminée c. Chaque four peut avoir une

Fig. SO. Fourneau de tuaion. Coupe horizontale montrant le mode d'armature.

cheminée indépendante, ou bien plusieurs fours peuvent s'atteler à une seule cheminée. Les dimensions intérieures du carnau v, sont importantes. Elles doivent varier suivant les circonstances, en rai-

Fig SI. Fourneau de Tusion. Plan des Tondations.

son de la hauteur de la cheminée, et surtout de la qualité du com-

bustible. Les parois intérieures et le corps du foyer, la voûte et rintérieur de la cheminée sont construits entièrement en briques réfractaires ; tandis que les parois extérieures de la construction sont en briques ordinaires. On peut employer pour la voûte des

Fig. 23. Fourneau de Aision. Coupe verticale sur CD, fig. 19.

briques de Dinas. J^es parties en briques réfractaires sont indiquées, dans ia figure 19, par des hachures plus légères. La cheminée est consolidée par des barres de fer verticales réunies par des ancres horizontales qui traversent la maçonnerie. La sole de sable est préparée de la manière suivante : on entasse d'abord du sable jusqu'à 0'",30 d'épaisseur et on le bat bien ; on le chauffe alors fortement et on répand par-dessus un peu de scorie métallique qui se fond et affermit plus ou monis la couche de sable. On ajoute ensuite une seconde couche de sable de quelques centimètres d'épaisseur, et l'on fait chauffer de nouveau avec dQ la scorie ; souvent même une troisième couche s'applique de la même manière. L'épaisseur totale de la sole de sable est d'environ 50 centimètres ; mais, dans quelques usines, elle est seulement de 0™,30 et ne se compose que d'une couche. La présence d'une petite quantité de chaux dans le sable, offre des avantages et agit de ia même façon que dans la fabrication des briques de Dinas; elle soude cntr'eux les grains de sable en formant du silicate de chaux, qui consolide le fond et le rend moins perméable. Dans les fours destinés à l'affmagc du métal, le fond de sable se compose toujours de deux couches : la couche inférieure de 0",22 à 0'%23 d'épaisseur,

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et l'autre de O'",07 à O^SlO. La couche supérieure se répare de temps en temps, l'autre restant presque toujours intacte.

Fig. 83. Foanieau de fusion. Éiévation à rextrémité près de la cheminée. FONTE DU CUIVRE EN SIX OPÉRATIONS

Pour simplifier et faciliter les renvois, nous distinguerons respectivement les six opérations du procédé, par les numéros I, H, 111, IV, V et VI. Ce n'est que lorsqu'il y a une quantité considérable de carbonates à traiter, que le nombre des opérations peut être réduit à six. On mélange d'ordinaire des minerais de différentes espèces et de différentes localités, de façon à amener le lit (le fusion à une teneur moyenne de 8 à 1 0 pour 100 do cuivre.

Fonte du cuivre à l usine d'Hafod, en 1 848. — Application de la première description. — Le lit de fusion des minerais se composait des variétés suivantes : minerai jaune de la mine de Fowey- Consols, Cornouailles; pyrites de cuivre et de fer, de Weal- Friendship, Devonshire ; minerai cobre de Cuba, pyrites de cuivre • tenant environ 28 1/4 pour 1 00 de cuivre; minerai cobre de Cuba, pyrites de cuivre, d'une teneur de 12 pour 100 de cuivre environ ;

résidus cuivreux, d'oxyde de fer provenant du grillage des pyrites de fer d'Irlande, niélangées de cuivre, traitées dans les fabriques d'acide sulfurique, et connues sous le nom de minerai irlandais ; de cuivre vitreux^ associé à des pyrites de fer et à de Thématite de la mine de Levant (Gornouailles); de résidus riches en oxyde de fer, obtenus par le grillage des minerais d'étain cuivreux des Gornouailles, et classés sous le nom de résidus de grillage; enfin de V oxyde rouge de cuivre, avec des carbonates gris et bleus de Burra- Burra, en Australie.

1. La première opération, appelée calcination^ constitue essentiellement un grillage; on la distingue ainsi d'une opération postérieure à laquelle le nom de rôtissage est plus spécialement réservé. On introduit dans le four de grillage, par les trémies placées sur chacune des deux ouvertures de la voûte, une charge de 3 ou 3 tonnes 1/2 de minerai. Le minerai s'étale également sur la sole avec des outils manœuvres par les portes latérales ; Tintérieur du fourneau se refroidit nécessairement beaucoup par l'admission du minerai. On élève peu à peu la température et on brasse de temps en temps le minerai, avec de longs râbles en fer, pour que chaque partie soit exposée, successivement, à l'action des produits gazeux de la combustion et à l'air qui, dans les fourneaux construits sur le modèle de ShefTield, entre par les portes de travail et par le pont de chauffe. Le grillage dure de 12 à 24 heures, suivant la nature des minerais. Il faut qu'à aucune période de l'opération la chaleur ne soit assez élevée pour scorifier le minerai, car l'action de l'air sur la masse frittée serait nécessairement très-imparfaite. Â mesure de l'avancement du grillage, la tendance du minerai à s'agglutiner diminue. Lorsque le grillage est terminé, le minerai est poussé vers les ouvreaux placés sur les côtés de la sole et précipité dans les réservoirs inférieurs où l'on verse de l'eau par dessus, La couleur dominante du minerai refroidi est d'un noir brunâtre.

IL Le minerai grillé dans l'opération précédente est fondu avec ' des scories de mat te grillée {métal slagjf obtenues plus tard par

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Topération n© IV dans le fourneau de fusion appelé four à fondre le minerai {ore fumace). Le produit se compose d'une matte, appelé métal brut {coarse métal) ou matte bronze, contenant à peu près 35 pour 1 00 de cuivre, et de scories pauvres qu'on rejette. Après avoir bouché le trou de coulée sur ie côté, avec un mélange d'argiie et de sable, on fait tomber ie minerai dans le fourneau par la trémie où il est amené dans des bâches contenant chacune 50 kil. On rétale rapidement sur la sole, en couche uniforme, avec un râ* bie, et on y projette de la scorie par l'ouverture située près de la cheminée; on ferme les portes de travail et le feu est activé. Quand la charge est fondue, ce qui demande à peu près S heures, on brasse bien la masse fondue, composée de matte et de scories, puis on écume les scories que Ton extrait par l'embrasure du fond. Le fourneau est de nouveau chargé avec du minerai et des scories, et l'opération se répète comme précédemment. Quand la sole du four est recouverte par la matte bronze ou coarse métal en fusion, on débouche le trou de coulée par côté, et la matte se granule en coulant en petit filet dans le bassin rempli d'eau qui est à proximité du fourneau. Ce bassin ou puisard est revêtu de briques; il a habituellement 0" 40 carrés, et 2™ 40 de profondeur; à l'intérieur se trouve une caisse plate en fonte dont le fond est percé de nombreux petits trous; elle se manœuvre au moyen d'une grue, ou simplement d'une poulie attachée à une chèvre ordinaire; on peut alors faire égoutter et retirer commodément la matte divi* sée en petites grenailles. Il arrive parfois par ce mode de granulation des explosions violentes et répétées ; il faut sans doute les attribuer à l'action de l'eau à l'état sphéroldal. Ce phénomène se manifeste quand le métal coule trop rapidement dans l'eau. Il est très-important que les scories aient un degré convenable de consistance. Si elles sont trop fluides, il y a un grand déchet de cuivre; parce que la séparation de la matte et des scories n'est pas aussi apparente pour l'ouvrier, que lorsque les scories sont plus épaisses, et il devient plus difficile de les écumer sans retirer en même temps un peu de matte. Il se forme à la surface de l'eau^ dans le réser-

178 FABMGATION DU CUIVRE

voir à granuler, une écume jaune, assez semblable à du soufre et qui contient probablement de Tarsenic.

Les scories sont recueillies dans des chenées creusées dans le sable^ appelées moules de sable; longues, étroites, plus ou moins rectangulaires et parallèles, elles sont placées en face et en dessous de la porte de travail du four et reliées entr'elles par des rigoles pratiquées dans le milieu et à la partie supérieure des digues de sable qui les séparent Tune de Tautre. Une chenée remplie, les scories débordent dans les suivantes et les remplissent successivement La matte accidentellement retirée du four, se réunit surtout au fond de la première chenée. Quand les scories sont froides, on les brise en morceaux et on les examine avant de les rejeter; celles où l'on trouve une quantité sensible de matte sont mises de côté pour être repassées dans une autre opération. On peut facilement distinguer dans un morceau de scorie froid, fraîchement cassé, des petites parcelles de matte à leur éclat et à la différence de couleur. En examinant beaucoup de scories aux usines de Swansea et ailleurs, on y découvre toujours des parcelles de matte.

IIL Le course métal ou matte bronze granulée du n* II est rôtie dans un four de grillage à air libre. On brasse et on retourne fréquemment la matière. L'opération se termine généralement en 24 heures, et, vers la fin, on élève graduellement la température.

IV. Le coarse métal ou matte bronze granulée et grillée^ du n* III est fondue, avec Taddition de matières riches en oxyde de cuivre, notamment des scories de rôtissage et d'af^ivige^ provenant respectivement des deux opérations n^ V et VI, et des carbonates de cuivre j ou des minerais contenant de l'oxyde de cuiure. Le produit se compose alors d'une matte appelée métal brut, i[ui contient environ 75 pour 100 de cuivre, et de scorie-metal (me* tal slag) fondu dans le n"" II. La matte doit être à l'état de matte blanche (wkite métal.) On écume la scorie et on la retire du fourneau par l'ouverture de l'extrémité, au-dessous de laquelle des moules de sable sont préparés pour la recevoir. La matte blanche

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se coule dans des chenées de sable, pareilles à celles décrites plus haut, sur les côtés du four, immédiatement en face et au-dessous du trou de coulée. Quand la matte est devenue plus ou moins pâteuse en se refroidissant, il se forme & sa surface de petits cratères, causés par Féchappement des gaz.

• Y. Cette opération est appelée rôtissage. Les saumons de matte blanche du n"" lY sont introduits dans un four semblable au four de fusion (11), à cette exception que Tair entre par le pont de chauffe (modèle de Sheffield), ou à chacune de ses extrémités par un orifice pratiqué dans la paroi du fourneau. Le produit se compose de scone grillée et de cuivre brut {blistercopper) qui contient environ 96 pour 1 00 de cuivre. La tempéftiture est réglée de façon & ce que les saumons soient complètement liquéfiés goutte à goutte en 6 ou 8 heures, et pendant ce temps, on laisse Tair pénétrer librement par les ouvertures des parois du fourneau. La surface présente un aspect d'ébuUition et fait entendre un grésillement particulier. La scorie qui se forme sur la matte en fusion est écumée deux fois pendant Topération ; la première fois, immédiatement après la liquation, et la seconde avant la coulée. Cette opération continuée un certain temps, la température du fourneau est sufiisamment abaissée pour permettre à la matte de se solidifier. Quand celle-ci devient pâteuse pendant la solidification, sa surface se soulève en petits cratères — ou en termes techniques, elle lève; —le bouillonnement est dû à Téchappement continuel des gaz, comme dans le n"" lY. La matte est fondue de nouveau et coulée dans des moules de sable. Avant la fin de cette opération, on ferme les ouvertures latérales; ce qu'un ouvrier habile sait saisir exactement. Le cuivre demi-affiné ou blister copper {cuivre a ampoules) est coulé dans des moules de sable.

YL Cette dernière opération s'appelle raffinage. Le produit se compose de cuivre marchand et de scories d'affinage. Le four d'affinage est construit comme les fours de fusion, sauf les modiiications suivantes : le laboratoire occupe une plus vaste capaciie intérieure, la sole incline graduellement de tous les côtés vers la

partie la plus basse du four située près de la porte de rextrémité; il se trouve une large porte sur le côté, mais il n'existe ni ouverture dans la voûte, ni trou latéral de coulée. On charge dans le four, par la porte de côté, de 6 à 8 tonnes de saumons de cuivre brut (bluter copper), et on le soumet pendant environ 1 5 heikres, à l'influence oxydante de Taîr qui pénètre dans le four. On écume la scorie par l'ouverture inférieure. Le cuivre doit être alors à l'état de cuivre seCj c'est-à-dire, comme on l'a expliqué précédemment, saturé de sous-oxyde ou d'oxydule. L'affineur prend une petite quantité de cuivre dans une cuillère en fer, et juge, selon l'aspect de la cassure, si l'oxydation a été suffisamment prolongée. Quand il croit le moment convenable, il procède à Técumage du bain, et pour donner au métal la malléabilité qu'il n'a pas, il jette dessus de l'anthracite ou de la houille flambante, aussi pure que possible ; on employait autrefois le charbon de bois. Au bout de quelques instants, on plonge dans la matte en fusion l'extrémité d'une grosse perche de bouleau ou de chêne — le bois vert est préférable, — et on l'y maintient en fixant un étai qui sort de l'autre extrémité du fourneau. Cette partie de l'opération s'84>pelle polinffj travail de la perche. Le bois en contact avec le cuivre est rapidement décomposé; beaucoup de gaz et de vapeur se dégagent, ce qui fait jaillir le métal de façon que chaque partie est exposée à l'action réductrice du charbon répandu à la surface du bain. L*affineur fait de temps en temps des prises d'essais et examine la cassure et la malléabilité du cuivre. Dès qu'il a reconnu les caractères du métal malléable [tough pitch), il retire la perche etrepousse la houille loin de l'ouverture placée au bas du four; le métal est alors enlevé avec la cuiller, aussi promptement que possible, et coulé dans des moules de sable appropriés. Si le métal devient plus ou moins sec, c est-à-dire perd de sa malléabilité, pendant qu'on le retire, on remei ae nouveau la perche dans le bain durant quelques minutes; SI le bouillonnement a irop duré et que le cuivre devienne plus ou moins grenu, on découvre le bain qui reste exposé un instant h, l'oxydation. Le cuivre est puisé avec des cuillères en fer à

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longs manches, garnies d'argile, pouvant contenir environ 4 3 à i 4 kil. de métal. Le brassage avec la perche dure environ une heure et demie, en comptant le temps que la houille reste sur la surface du métal. La coulée exige à peu près la même durée ; mais le temps pris par la manœuvre de la perche dépend jusqu'à un certain point de Tétat du fourneau.

Le cuivre se granule quelquefois en le versant dans Teau froide, et il est alors appelé fecUhered shoty qualité que les fabricants de laiton consommaient autrefois en grande quantité. Dans ce but, le cm vre est suraflBné pour la coulée; les morceaux sont rugueux et ressemblent à de la grenaille de zinc. On le prépare aussi en noyaux plus ou moins ronds, ressemblant pour la forme et la dimension à de gros pois nommés beanshot^ ce qui se produit en versant simplement le cuivre dans de Teau chaude. Il y a lieu de supposer que cette préparation dépend beaucoup de la hauteur à laquelle on laisse tomber le cuivre avant d'atteindre Teau, de la température et de la quantité que Ton verse. Le cuivre fondu suraffiné a une surface très-brillante où se reflète, comme dans un miroir,' chaque brique de la voûte du four. \\ est bon d'ajouter, avant la coulée, du plomb, au cuivre destiné au laminage. La quantité nécessaire pour produire une bonne coulée à surface plane varie et dépend nécessairement du degré de pureté du cuivre. Quand l'antimoine s*y trouve en plus grande proportion qu'à l'ordinaire, on assure qu'il faut beaucoup plus de plomb : ici la proportion est de 36 Icilogr. de plomb pour 6 tonnes de cuivre ; là on n'ajoute à la même quantité de cuivre que de 6 à 13 kilo. L'addition du ploDy> au cuivre pour le rendre malléable et ductile est une vieille habitude.

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