‹ Traité complet de métallurgieChapitre 73 sur 150 · MODIFICATIONS DE LA MÉTHODE GALLOISE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE LA MÉTHODE GALLOISE

Décrivons actuellement aussi brièvement que possible certaines modifications du procédé en usage dans différentes usines. Nous parierons de ces méthodes sans nommer les usines.

Première modification pratiquée en 1859.

1. Grillage déminerai. — Le minerai brut est grillé pendant 12 heures en le brassant toutes les 2 heures.

2. Fours à mattes. — La charge se compose de 1,066 kilo, de minerai grillé du n"" I et de 100 & 250 kilo, de scories de la seconde fusion. La fonte dure 4 heures, puis on enlève la porte et on brasse bien le tout; on remet alors la porte pour Ten lever un quart d'heure après ; on écume la scorie et on fait couler le métal dans Teau ou dans le sable. Suivant le praticien auquel sont dues ces indications, la houille consommée dans les fours de fusion ne doit pas être trop pure, afin qu'il puisse se former une bonne couche de mâchefer. Le même fondeur pense qu'un mélange de minerais contenant 7 à 8 pour 100 de cuivre est le mieux adapté à la fonte.

3. Grillage de la matte. — La matte brute ou granulée du n* II est grillée pendant 24 ou 30 heures, en remuant toutes les 2 heures.

4. Fonte de la matte grillée ou métal brut. — La charge se compose de 1,04 5 kilo, de la matte grillée du n"" III, de 200 kilo, de métal fin (ou matte granulée), de scories de rôtissage et de 150 kilo, de carbonates. Elle est fondue en six heures, et après avoir écume les scories, on coule le métal dans le sable.

5. Fonte du métal fin (2* matte grillée). — La charge se compose de 1,218 kilo, de la matte bronze (métal brut) du n"" IV et de i 00 kilo, de scories d'affinage. Elle e$t fondue en si3f heures et poulée dans le sable.

METHODE galloise; PONTE 183

6. Rôtissage. — La charge de métal fin du n* V est suffisante pour rendre deux tonnes de cuivre. On élève la température ju&qu^au point de fusion du métal, ce qui a lieu en 6 ou 8 heures; on ouvre alors les bouches d'air ; Tétat de fusion est maintenu pendant environ i 2 heures, puis on Técume. Si le métal fm, appelé pour la première fois matte-regule est entièrement réduit, on élève la température, et quand le métal est bien fondu, on le coule dans le sable à'Tétat de cuivre vésiculeux {pimple copper) ou de cuivre à ampoules {blister copper). L^opération du rôtissage exige 24 heures.

7. Raffinage. — La charge se compose de 5 à 7 tonnes de cuivre brut (c*estnà-dire de cuivre métallique impur). Quand elle est fondue, on ouvre alors la porte de côté. Des bulles noires s'élèvent et éclatent à la surface du bain, qu'on brasse constamment. Si la charge se compose de cuivre brut, on introduit dans le bain une perche pour l'agiter et l'exposer à l'action oxydante de l'air; quand le cuivre cesse de bouillonner, on le laisse reposer, puis on le fait fondre de nouveau et on l'écume. L'affineur reprend alors le travail et brasse encore le bain avec la perche. Lorsque cela est nécessaire, ce qu'il juge à l'essai, il y jette 7 à 9 kilo, de plomb, qu'il mélange bien avec le cuivre, il ferme la porte, ensuite il écume le bain et il le couvre de charbon de bois ou d'anthracite. On prend alors un peu de cuivre, ou un échantillon que l'on martèle, et si le résultat est satisfaisant, on commence la coulée pendant laquelle l'affineur prend continuellement des essais, pour régler la fluidité du cuivre, en introduisant la perche ou une certaine quantité d'air, jusqu'à ce que la charge soit complètement enlevée. L*opération entière dure de 70 à 96 heures.

Dans ces usines, une tonne de cuivre exige de 1 6 à 1 8 tonnes de houille (qui coûtait en 1859, 6 fr. 25 la tonne) ; on consomme à peu près la moitié de cette quantité .dans les deux premières opérations du grillage et de la fonte. On emploie un mélange de trois parties en poids de houille flambante et une partie de houille sèche.

Seconde modification pratiquée en 1859.

Le lit de fusion adopté contient, en moyenne, 9 pour 400 de cuivre, déterminé par la méthode d'essai des Comouailles.

\ . Grillage. — On emploie le grand four du grillage (voir les gravures, p. 1 65) ; il tient 7 tonnes de minerai ; Topération dure de 12 à 24 heures.

2. Fonte du minerai grillé. — La charge se compose de 1,117 kilo, de minerai grillé du n^ 1 et de 300 kilo, de métal ou me-nues scories. Il en résulte une matte bronze granulée et des scories que l'on rejette.

3. La matte bronze granulée, du n"" II, est grillée pendant 1 5 ou 18 heures.

4. Fonte de la 1" matte. — La charge se compose de 2,285 kilo, de la matte bronze granulée et grillée du n"" III, avec 300, 460 ou 610 kilo, de scories du n* VI, et des scories de rôtissage ou des carbonates de cuivre, suivant les circonstances. On retire du métal fin granulé et des scories.

5. Grillage. — Le métal fin granulé du n* IV, est grillé pendant 18 heures.

6. Fonte de la 2* matte. — La charge se compose de 2,540 kilo, de métal fin granulé et grillé du n* V et seulement de 150 à 300 kilo, de scories d'affinage. On a pour produit du métal fin (cuivre brut^ appelé encore seulement métal fin) et des scories. Le métal obtenu dans cette opération peut se présenter à l'état de matte bleue [blue métal) ou de cuivre vésiculeux {pimple métal). Ce dernier métal s'appelle, dans le dialecte gallois, crych, qui signifie rude; la surface de ce métal est rugueuse par suite de vésicules qui ressemblent à des boutons {pimple) sur la peau. Quand le métal dépasse le point de pimple métal, on l'appelle matte serrée (close régule), qui contient presque toujours du cuivre métallique.

7. Rôtissage. — La charge se compose de 8 tonnes de métal fin (2* matte grillée) du n* VI. On la chauffe d'abord rapide-

METHODE galloise; FONTE 185

ment, puis on la laisse fondre, de façon à ce que la fusion complète s'opère en 4 heures; ensuite on écume les scories par la porte de face» Touverture près de la cheminée étant généralement regai*dée comme la face du fourneau. On ouvre alors la porte de côté pour laisser entrer Tair librement. Cette porte est sur le côté près de Tautel. On laisse pendant 18 heures le métal en fusion; on Técume pendant le rôtissage deux fois ou plus souvent, suivant les circonstances. A la fin de Popération, la température du fourneau demeurant la même, le métal devient ce qu'on appelle « mort, > c'est-à-dire qu'il s'est plus ou moins solidifié à la surface. A mesure que les impuretés sont retirées, on élève la température pour maintenir l'état de fusion. Finalement, on augmente la chaleur en fermant la porte de côté, de façon à fondre parfaitement la charge du four. Le produit se compose de cuivre brut à ampoules {bluter copper), qui est coulé en saumons.

8. Raffinage. — La charge se compose de 6 à 7 tonnes de cuivre brut ou à ampoules. Le cuivre est maintenu liquide pendant 18 heures, et dans cet intervalle écume à trois reprises; dès qu'il est complètement fondu, on l'écume une bonne fois, et une autre fois avant d'y introduire la houille qui doit précéder le bouillonnement. On emploie pour cette opération de la houille flambante qui reste tout le temps sur la surface du bain métallique, y compris le temps de la coulée. Le combustible généralement consommé dans ces usines, se compose de deux parties en poids de houille flambante et une partie de houille maigre. Avec certaines espèces de houille

on prend des quantités égales.

Troisième modification.

\ • Fânte. — Les lits de fusion renferment en moyenne, 9 p. 100 de cuivre, ils sont fondus sans passer par le grillage préalable. La charge se compose de 1,117 kilo, de minerais mélangés et de 200 Idlo. de scories menues. On obtient des scories qu'on rejette et du métal qui est d'abord granulé et ensuite écrasé

entre des cylindres. Il ne contient pas moins, assure-on, (Je 38 p. 100 de cuivre.

2. Grillage. — La charge est de 5 tonnes de nnatte bronze granulée et grillée du n^ I, le grillage dure 24 heures.

3. Deuxième^ fonte. — La charge se compose de 1,820 kilo, du produit du n^ II, et de 1 50 kilo, de scories de rôtissage et cTa/ji' nage^ et de carbonates de cuivre. On a des mattes bleues et des scories.

4. — La matte bleue du n* III est grillée jusqu'à l'étal de cuivre brut, la charge est de 4 tonnes. On a pour produit ce métal et des scories grossières de rôtissage.

5. Le cuivre brut du n^'IV {pimple métal) est rôti jusqu'à Tétat de cuivre à ampoules, la charge est de 6 tonnes. On a pour produit ce cuivre et des scories de rôtissage.

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