‹ Traité complet de physiologie de l'hommeChapitre 15 sur 32 · TI · texte numérisé non relu

TI

férens: C'est chez les animaux et végétaux de l'espèce la plus simple qu’elle a le plus d'intensité, puisque là les parties-d’un individu qu'en a coupé en morceaux produisent toutes celles qui sont nécessaires pour faire unstoub:complet: Ainsi nous voyons des portions detachées d’un lichen continuer de croître ‘et acquérir la forme propre à l'espèce. Un grand nombre de plantes vivaces peuvent être multipliées par le moyen de boutures qui poussent des racines et deviennent des individus. I est des végétaux aussi qui se multiplient par leurs feuilles. On doit rapporter ici, quant aux animaux , la multiplication despolypes par division. D’après les expériences bien connues de Trembley, de Rœsel et de plusieurs autres, les polypes à bras peuvent être coupés en plusieurs morceaux, qui continuent de croître, et dont chacan devient un polype parfait. Des phénomènes semblables ont été observés sur des segmens détachés de naïades et de quelques autres annélides.

Des parties ou des membres qui ont été perdus ou détruits par accident, se reproduisent chez beaucoup d'animaux. Ainsi les actinies, les méduses, les étoiles de mer régénèrent leurs rayons ; les ténias reproduisent les anneaux arrachés de leur partie postérieure; les limacons, leurs cornes; les écrevisses, leurs pinces et leurs pattes. Les salamandres aquatiques reproduisent plusieurs fois de suite leurs pattes et leur queue , avec tous les os, muscles, vaisseaux et nerfs qui en font partie; l'œil lui-même se reproduit, après avoir été détruit. La queue se régénère chez les lézards. Quant aux animaux à sang. chaud, les mammifères et les oiseaux, la régénération se borne, chez eux, aux parties épidermoïdes et cornées, poils , ongles et plumes.

parvenu à y transplanter la queue d’un jeune chat et l'aile d’un serin des Canaries.

Enfin on remarque , chez tous les corps vivans, que, quand des troubles éclatent dans leurs fonctions , c’està-dire, lorsqu'ils sont atteints de maladies , il se manifeste en eux une tendance à faire cesser cet état de gêne et à ramener l'ordre et la régularité dans les manifestations d'activité.

Les corps inorganiques n’offrent absolument aucun phénomène que lon puisse considérer comme effet de régénération et de guérison. Nul cristal ne reproduit les parties qu'il a perdues, nul ne répare les solutions survenues dans sa continuité, nul ne revient de luimême à son état d’integrite. |

$ 82. Ces manifestations d'activité, qui ne sont ici que dessinées à grands traits, la conservation par soimême des individus et des espèces, au milieu d’une série non interrompue de changemens, appartiennent à tous les corps organiques sans exception. Î Nous en désignons l’ensemble sous le nom de vie, et nous appelons »ivans les corps dans lesquels nous les apercevons. Comme nous ne remarquons point de phénomènes semblables dans les corps inorganiques, nous sommes obligés de les considérer comme des effets de causes qui n’agissent point dans ces corps et qui n'existent que dans les êtres vivans. Ces causés elles-mêmes ont leur fondement dans des qualités qui n’appartiennent qu'aux corps organiques, et que nous appelons forces organiques. Pour bien connaître ces qualités, 1l faut entrer dans quelques détails sur la composition chimique , Vorganisation, les manifestations d'activité et les changemens des plantes et des animaux, et comparer ensemble ces deux ordres de corps sous tous ces rapports, ce qui nous permettra de juger quelles sont celles qui leur appartiennent en commun, et celles qui sont propres exclusivement à chaque série.

Page 1