‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 2)Chapitre 36 sur 102 · DU SPECULUM UTERI ET DE LA MANIÈRE DE L’APPLIQUER · texte numérisé non relu

DU SPECULUM UTERI ET DE LA MANIÈRE DE L’APPLIQUER

Si c’est avec beaucoup de peine qu’on parvient à décider les malades à se soumettre au toucher, on comprendra facilement tous les ménagements qu’il faut apporter pour rendre moins pénible le sacrifice qu’une femme honnête fait à sa pudeur, en exposant au regard d’un médecin des parties qu’elle cache toujours avec le plus grand soin.

Lorsqu’on voudra explorer les organes génitaux externes, la femme devra se coucher en travers sur un lit, ou s’asseoir sur un fauteuil ou un canapé, ayant le soin de tenir les cuisses écartées et relevées, dans le premier cas par deux chaises, et dans le se-

condpardes coussins. Le chirurgien placé en face, un genou en terre, passera d’abord en revue le périnée et les grandes lèvres, puis après les avoir écartées, il examinera leur surface muqueuse, le clitoris, le vestibule, les nymphes, l’orifice du canal de l’urètre, la partie antérieure et inférieure du vagin, enfin tous les replis de la vulve qui cachent souvent de petites ulcérations qu’il est important de découvrir.

Si l’on désirait soumettre à la même investigation, non seulement le canal vulvo-* utérin dans toute son étendue, mais même le col de la matrice, il sera, comme nous l’avons déjà dit, indispensable d’avoir recours au spéculum uteri qui permet d’écarter les parois vaginales et laisse apercevoir le museau de tanche.

Ce dilatateur vaginal à qui on a donné un nom si impropre, et que nous appellerions volontiers hysLèroscope, si nous n’avions pas la crainte d’être accusé de néologisme, a subi depuis son origine, une foule de modifications, dont nous allons tracer une courte esquisse historique, avant d’indiquer la manière de rappliquer.

L’invention du spéculum uteri remonte à la plus haute antiquité, et il serait difficile de dire le nom de son inventeur et l’époque où il a été employé pour la première fois. D’après Ætius(\), Archigène d’A-

(1) Lib. IV. cap. 86.

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