‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 2)Chapitre 59 sur 102 · VICES DE CONFORMATION DU VAGIN · texte numérisé non relu

VICES DE CONFORMATION DU VAGIN

Les vices de conformation congéniaux ou accidentels du vagin , auxquels on peut remédier par des moyens chirurgicaux , sont : l’imperforation de ce canal, son oblitération, son obturation, son étroitesse congéniale et son rétrécissement.

Imperforation au vagin.

L’imperForation du vagin a été observée par plusieurs médecins de l’antiquité ; Hippocrate en parle dans son premier livre des maladies des femmes, mais il n’indique aucun moyen pour y remédier.

IM PERFORATION DU VAGIN. l5l

Aristoie , qui fut le précepteur d’ Alexandre- le- Grand , el qui vivait par conséquent trois siècles avant Jésus-Christ, nous apprend que quelques filles ont le vagin bouché depuis leur naissance jusqu’au temps où leurs règles commencent à paraître, et que pour lors le sang qui se sécrète peu à peu, leur cause des douleurs violentes qui ne cessent qu’après qu’il s’est frayé de lui-même un passage, ou qu’on le lui a procuré par le secours de l’art. Cet état n’a même quelquefois cessé que par la mort de la malade, soit à cause de la violence avec laquelle ce passage s'est lait, soit par l’impossibilité qu’on a trouvée à l’ouvrir.

L'imperforation du vagin a été également signalée par un grand nombre d’autres auteurs , parmi lesquels nous rangeons Celse(\), Sovanus, d’Éphèse(2), Moschion (3), Roonhuysen (4), Bènévênius (5), Cabrol (6), J. Fabricius d' A quapendente (T), Fabrice de Hilden (8), Schenck (9), Solingen ( 1 0 ),

(1) Corn. Celsi de med., lib. VII , cap. 28.

(2) De Utero etinuliebri pudpndo libel,et Ætius, lib. XVI cap. 95.

(3) Gynœciorum de mulier. affect, etmorb., part. I, cap. 3.

(4) Lib. II, de Clausura uteri.

(5) De Abdit. morb. caus., cap. 28.

(6) Observât, anatom., 23.

(7) In opérât, chirurg. de hymene imperforato.

(8) Cent. III, observ. 60.

(9) Lib. IV, de Part, génital.

(10) In observ. V.

I r)2 LÉSIONS DK FORVIF. RT DR DÉVELOPPEMENT.

Meeckren (1), Maurice au (2), Ruysch. (3) , Saviard (4) , et une foule d’autres qu’il serait trop long de citer.

L’imperforation du vagin qui consiste dans l’occlusion de l’ouverture antérieure de ce canal , peut être complète ou incomplète , accidentelle ou congénitale; elle est due, soit à la membrane de l’hymen ou à tout autre repli membraneux , soit à la présence de brides celluleuses ou cullulo-fibreuses, présentant diverses directions et pouvant être situées à une hauteur variable.

L’imperforation complète du vagin ne se reconnaît ordinairement qu’à l’époque de la puberté, c’està-dire lorsque l’appareil génital entrant en action, commence à exhaler le liquide menstruel. Les jeunes filles éprouvent d’abord tous les phénomènes qui précèdent et accompagnent la menstruation, excepté l’écoulement sanguin propre à cette fonction. La santé, qui avait toujours été bonne, se dérange tout à coup sans qu’on puisse en connaître la cause; l’abdomen devient le siège d’un certain embarras, jusque-là inconnu ; l’hypogastre , de plus en plus douloureux, acquiert un développement gradué et uniforme ; les malades éprouvent des douleurs de reins,

(1) Observ. cliirurg. 55.

(2) Observât, sur les maladies des femmes.

(3) Observât, cliirurg., 32.

(4) Observât, cliirurg. 4.

Page 1