DES PESSA.IRES ET DE LEURS VARIETES
ployés que par les chirurgiens anglais ou pour confectionner les pessaires en bilboquet à cuvette. Haller a publié l’observation d’une dame, chez laquelle un pessaire de bois en forme de boule , qu’on avait appliqué pour remédier à une incontinence d’urine, par paralysie du sphincter de la vessie , avait transpercé la cloison recto-vaginale , de telle sorte qu’après l’extraction du pessaire qui fut faite au moyen de tenettes , les matières fécales sortaient en partie par le vagin. ( Collect. discuss. méd. chirurg. t. III, p. 595.) De incontinentiâ urince globules ligneis curandâ.
La cire et la résine ont été rejetées, parce qu'elles sont trop cassantes, et les mélaux , parce qu’ils ont tous l’inconvénient d’être trop durs , trop pesants et quelques-uns trop chers ; d’ailleurs ils se corrodent et s’oxident plus ou moins, surtout vers les soudures; ce qui peut occasionner des accidents fâcheux. Morand (Opuscules de chirurg., t. II) rapporte qu’ayant lui-même introduit chez une femme un pessaire d’argent , recouvert d’une feuille d’or, il fut peu de temps après rappelé par cette dame qui éprouvait de graves incommodités, de vives douleurs dans le bassin et un écoulement extrêmement fétide : elle attribuait son mal à son pessaire. Morand , l’ayant retiré, le trouva corrodé, percé de plusieurs trous, et de plus, recouvert de concrétions pierreuses.
Il nous reste à parler des pessaires qui sont actuel-
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lement le plus souvent mis en usage, c’est-à-dire , ceux qu’on appelle si improprement pessaires de gomme élastique , quoiqu’ils ne soient réellement composés que d’un tissu de lin , de soie , de coton , quelquefois d’un feutre serré , que l’on recouvre de plusieurs couches d’huile siccative de lin. Cette dernière espèce de pessaire est préférable à ceux que nous venons de citer, quoiqu’ils ne soient pas exempts d’altération ; ils ont du reste l’inconvénient d’être peu élastiques et de se couvrir souvent et facilement d’une incrustation calcaire, capable de déterminer une vive inflammation de la matrice et du vagin , qui, comme nous l’avons déjà dit, deviennent le siège d’ulcérations et d’écoulements très fétides.
Dans son excellent mémoire sur la Cystocèle vaginale , publié en \ 832 dans la Revue médicale , le docteur Rognetta rapporte l’observation suivante prise à la Charité dans le service de M. le professeur Roux. Une femme de la campagne étant entrée dans cet hôpital , pour se faire traiter d’un mal qu’elle accusait dans la matrice , fut soumise au toucher par l’habile chirurgien que nous venons de citer, qui constata l’existence d’un corps étranger dans le vagin. D’après l’aveu de la malade , ce corps était un pessaire auquel elle n’avait jamais touché depuis plusieurs années. Pour effectuer l’extraction de cet instrument sustentateur , qui fut très douloureuse pour la malade, M. jRoi/Æ’fut obligé de se servir de grosses
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tenettes. Lorsque cette opération fut achevée , on reconnut que le pessaire, dur comme une pierre, était encroûté de matières calcaires à sa surface , et qu’il était de l’espèce de ceux qui sont appelés en gomme élastique , et employés le plus généralement , malgré leur inconvénient.
En parlant des accidents qui peuvent résulter de l’emploi des pessaires en général , nous ferons connaître une autre observation qui sous quelques rapports est encore plus curieuse que celle de M. Roux.
Enfin nous arrivons aux pessaires de vraie gomme élastique, caoutchouc pur, à l’état natif. Cette substance , par sa légèreté , son imperméabilité et son élasticité , nous paraît réunir au plus haut degré toutes les conditions désirables pour confectionner de bons pessaires.
C’est surtout à madame Ronde t , sage-femme de Paris, que nous devons l’emploi du caoutchouc pour la confection des pessaires. Ceux qu’elle fabrique avec cette substance sont soutenus intérieurement par un ressort très mince d’acier, entouré de crins. Elle nous en a montré qui sont dépourvus de ressorts et de crins, et dont la cavité est tendue seulement avec de lair insufflé.
Notre collègue et ami , le docteur Rognelta , qui a publié des travaux importants sur différentes parties de la science, notammentsur les déplacements des organes génitaux urinaires de la femme, a également
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fait des pessaires de caoutchouc pur, mais tout simplement avec les bouteilles de cette substance , telle qu on la trouve dans le commerce. La seule préparation qu’il fasse subir à ces bouteilles consiste à les renverser sur elles - mêmes , et à pratiquer avec un emporte-pièce une ouverture à leur bas-fond, de manière à en faire une cuvette à doubles parois, dont le goulot qui forme le manche comme dans les pessaires à bilboquet, présente un écrou métallique pour recevoir une vis à laquelle sont fixées trois courroies destinées à maintenir l’instrument en place, au moyen d’une ceinture qui est elle-même soutenue par des bretelles. Ce pessaire doit être ôté tous les soirs, après quoi la femme doit se faire une injection d’eau froide, et avoir la précaution de laver l’instrument tous les matins avant de le replacer. M. Hervez de Chégoin , praticien distingué et membre de l’académie de médecine , a , comme M. Rognetta , employé le caoutchouc natif pour la confection des pessaires; mais il coupe les bouteilles de manière à donner à la cuvette des hauteurs différentes.
Les formes qu’on a données aux pessaires varient autant que les substances employées pour leur confection : ainsi la science possède des pessaires ronds , cylindriques , ovales, élytroïdes, en 8 de chiffre, en bondon , en bilboquet, en croissant, en anneau, à tige , à ressorts , à cuvette , et plusieurs autres que