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avoir tous les soins de propreté qu’exige leur position , voient souvent se déclarer des accidents fâcheux ; parce que par un séjour trop prolongé , la surface de l’instrument s’altère, se corrode ou se recouvre d’incrustations calcaires (1); en devenant ainsi une cause d'irritation permanente , ils déterminent l’inflammation , et l’altération des tissus qui donnent naissance à des végétations purulentes qui exhalent une odeur repoussante. La sécrétion muqueuse étant augmentée , éprouve une vitalité exa-
(1) Le 25 mars 1832, nous avons été appelé auprès de madame la baronne de Cari***, âgée alors de 75 ans, qui croyait, ainsi que toute sa famille, être affectée d’un cancer de la matrice-ce qui semblait justifier d’abord ce fâcheux diagnostic, c’est que madame de Cari*** éprouvait des douleurs intolérables et accompagnées d’un écoulement vaginal aussi fétide qu’abondant. Au lieu de trouver une tumeur cancéreuse, ainsi que le docteur B*** l’avait déclaré, nous constatâmes par le toucher, la présence d’un pessaii e rond, à ouverture centrale qui était recouvert d’une épaisse couche d’incrustations calcaires et qui avait été appliqué à Yienne, en Autriche, lors du dernier accouchement de madame Cari***, c’est-à-dire depuis au moins trente ans. Cet instrument, à peine déformé, n’ayant pendant très long-temps causé aucune douleur, avait été si bien oublié, que madame la baronne de Cari*** ne voulût croire à sa présence, que lorsque nous le lui eûmes montré, après en avoir fait l’extraction en introduisant un doigt dans son ouverture centrale. Pour combattre la douleur et l’inflammation, nous prescrivîmes des bains, des injections émollientes et chlorurées , des lavements adoucissants et narcotiques ; depuis cette époque la santé de madame de Cari*** ne s’est pas démentie, et son prolapsus ne s’est plus manifesté, quoique nous ayons fait suspendre l’usage d’un pessaire.
gérée qui développe et produit ces sortes de végétations dont le nombre et la quantité remplissent non seulement le vagin, mais recouvrent le pessaire et le dérobent quelquefois complètement au toucher. Désormeaux , le père du professeur dont la science déplore la perte récente, fut obligé d’exciser un grand nombre de végétations avant d’enlever un pessaire qui avait perforé la vessie et le rectum. M. le professeur J. Cloquet , appelé en consultation auprès d’une femme que l’on traitait pour un cancer du vagin, trouva ce canal rempli de végétations fongueuses. S’étant décidé à faire l’excision de ces productions morbides, il reconnut la présence d’un pessaire et en lit l’extraction. Cet instrument, qui avait été oublié depuis dix ans, était complètement recouvert par les fongosités et revêtu d’une couche d’incrustations calcaires.(Acad.deméd.,29 juinl 826.)
Lorsque l’ouverture centrale des pessaires principalement les ronds, les ovales, ceux qui sont à cuvettes et à anneaux, présente un trop grand diamètre, le col de la matrice est exposé, comme on l’a déjà vu, à s’y engager peu à peu et s’y étrangler au point de donner naissance à des accidents très graves.
Les Annales de Médecine d'Oltembourg du mois d’octobre 1 806 et la Bibliothèque Médicale (tome 1 7 . p. 269, parle d’une jeune Hollandaise non mariée, qui, étant atteinte d’un prolapsus utérin, lit usage d’un pessaire annulaire en ivoire dont l’ouverture trop
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grande donna lieu à un étranglement de la matrice présentant au dehors une tumeur presque aussi considérable que la tête d’un fœtus à terme. Comme la malade éprouvait des douleurs atroces, on tenta vainement la réduction qui ne put être opérée que lorsqu’on eut scié le pessaire. Augustin Houx ( Joùrh . de méd. et de chirurg., janvier 1775) rapporte qu’on fut obligé d’employer le forceps pour extraire un pessaire de cette espèce.
Un autre accident extrêmement fâcheux qui peut résulter de l’emploi de ces instruments , c'est qu’on les a vus, surtout ceux à bilboquet, user en quelque sorte les parois vaginales et déterminer une perforation du rectum ou de la vessie, ou de ces deux organes à la fois, en donnant lieu à des fistules recto et vésico-vaginales dont les suites sont d’autant plus malheureuses qu’elles se trouvent très souvent au-dessus des ressources de l’art. Ces sortes de perforations peuvent avoir lieu rapidement quand l’inflammation est très-vive ; la compression mortifie bientôt les parties qui se gangrènent et laissent se détacher des escarrhes par où l’instrument passe.
Sabatier (1) rapporte que Camper communiqua à l’académie de chirurgie une observation où il est dit que la surface d’un pessaire en bilboquet fut trouvée toute diminuée et sa tige contournée. Le môme auteur ajoute que les pessaires en ivoire, non
(1) Mémoires de l'académie de chirurgie, tom. III, page 33,
seulement peuvent s’altérer et se déformer à la longue, mais peuvent comme tous les autres se couvrir d’incrustations calcaires. Le célèbre auteur de la médecine opératoire ( loc . cit .) dit aussi , en parlant d’un pessaire qu’il ne put extraire qu’en le divisant avec de fortes pinces : « Il était tellement » recouvert d’incrustations salines, qu’il était comme j’ une râpe et que les aspérités le blessaient. » Jh. Nollet (1) et Pouieau (2) rapportent des observations du même genre et s’expriment à peu près dans les mêmes termes que Sabatier.
Le professeuri?<?rarr/(3) éprouva aussi les plus grandes difficultés pour extraire un pessaire à bilboquet qui était privé de sa tige et qui avait perforé le rectum et la vessie. M. Lisfanc, dans un cas semblable, fut obligé de se frayer une voie dans le rectum en incisant le périnée et la partie antérieure de l’anus. 11 ût ensuite assez facilement l’extraction du pessaire avec des pinces; mais la malade succomba à une péritonite. (Journ. univ. hebd. de méd. T. I, page 263.)
Dans le Dictionnaire des Sciences Médicales (t. VIL, page 47.), se trouve l’observation suivante : une paysanne portait depuis plusieurs années un pessaire en bilboquet , qu’elle n’avait jamais retiré parce qu’elle ne se sentait nullement incommodée
(1) Observât, chirurg., 53.
(2) OE uvres posthumes, tom. III,
(3) Revue méd. Tom. I. page 371 1831.
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par sa présence. Mais plus tard, ayant éprouvé de vives douleurs, elle essaya de retirer cet instrument par sa tige, qui se détacha en laissant dans le vagin, le cerceau auquel elle était adaptée. Les souffrances s’étant augmentées graduellement, cette femme s’aperçut bientôt qu’une partie de ses excréments ainsi que ses urines sortaient par le vagin. Étant entrée à l’Hôtel-Dieu dans l’espoir de se faire traiter de sa dégoûtante et pénible maladie, elle fut confiée aux soins du professeur Dupuytren qui constata par le toucher rectal que le cercle du pessaire était à nu dans l’intestin et qu’il avait également perforé la vessie , ce qui fut constaté en sondant la malade. Toutes les tentatives qui furent faites pour extraire le pessaire avec les doigts ayant été inutiles, M. Dupuytren fut plus heureux en se servant d’une forte tenette garnie de dents qui avait été confectionnée pour remplir cette indication. Le repos et une sonde maintenue dans la vessie pendant trois semaines guérirent cette femme de sa double fistule. Mauriceau » dit qu’il fit en 1696 sur une femme de 67 ans, » l’extraction d’un grand pessaire d’ivoire , en ma- » niére de simple cercle qu’un faiseur de brayer lui » avait placé pour une descente de matrice. Cette )) femme avait porté pendant vingt ans ce même » pessaire sans en recevoir aucune incommodité ; » mais depuis deux ans , il lui était arrivé une si l> grande fluxion d’humeur sur cette partie, qu'il
» y était survenu une disposition ulcéreuse, avec » un grand écoulement de matières purulentes, mê- » lées de sang , depuis six mois , de sorte que cette » femme était extraordinairement affaiblie ».
En parlant des pessaires sans tige , Sabatier dit (Loco citato) , « que si l’instrument est assez grand pour porter sur le sacrum et pour résister à l’effort qui tend à le chasser, il produit une rétention d’urine , difficulté d’aller à la selle , douleur très vive, tension considérable du ventre ; si au contraire le pessaire n’est que proportionné à la dilatation du vagin , le poids de la matrice et des viscères qu’il soutient, le pousse en bas au moindre effort d’uriner ou d’aller à la garde robe, ou bien, malgré sa présence la malade éprouve une pesanteur continuelle, dans la région hypogastrique, des tiraillements dans les reins et des douleurs dans les cuisses qui la mettent quelquefois dans l’impuissance de marcher. » Les éponges , si elles ne sont pas ôtées et lavées tous les jours , ont également de grands inconvénients : les liquides utérins et vaginaux retenus dans leurs cellules, s’altèrent rapidement. Les éponges ellesmêmes ne tardent pas à entrer en putréfaction; et l’élévation de la température du vagin, déterminée par l’inflammation , en hâte encore les progrès ; il y a alors sécrétion d’un fluide sanieux et fétide, une fièvre intense survient et souvent tous les symptômes de l’absorption purulente se déclarent. Le docteur