DE L’EIXTÉROCÈLE ET DE LA CYSTOCÈLE VULVAIRES
L’entérocèle et la cystocèle de la vulve (1) sont des tumeurs formées dans l’une des grandes lèvres par les intestins ou par la vessie. Dans ce genre de hernie , les parties qui se déplacent , descendent
(1) D’dprès la dissection d’une cystocèle vaginale, faite par M. Burns de Glascow, un côté de la vessie 8u les deux côtés à la fois qui bordent le vagin , peuvent descendre chacun séparément le iong de ce canal et se frayer une route jusque dans l’épaisseur de la grande lèvre où la hernie se montre sous la forme d’une tumeur ronde qui disparaît en partie quand la vessie cesse d’être distendue par l’urine ; la portion moyenne du bas fond de la poche urinaire peut en même temps franchir la paroi antérieure du vagin et former une tumeur qui fait saillie au milieu de la vulve.
ENTÉROCÈLÈ ET CYSTOCÈtE VULVAIRES. 3^g
le long du vagin sans distendre les parois de ce canal et s’avancent entre son extrémité inférieure et la branche de l’ischion jusqu’au milieu d’une des lèvres de la vulve où elles produisent une tumeur arrondie, renitente, plus ou moins volumineuse. Cette tumeur qui soulève la peau , fait saillie au dedans delà vulve en se prolongeant sur l’un ou l’autre côté du canal vulvo-utérin , devient plus apparente, plus dure et plus tendue, lorsque la femme tousse ou fait un effort d’expulsion étant debout. Elle est souvent le siège ou plutôt le point de départ de douleurs qui s’accroissent pendant un exercice violent et qui s’irradient vers les régions inférieures de l’abdomen.
Ce genre de déplacement a été signalé pour la première fois par sir A. Cooper qui lui donne le nom de pudendà hernia qu’on a traduit en français par hernie vulvaire. Depuis l’observation publiée parle célèbre chirurgien anglais, Scarpa (1), dont la science déplore la perte récente , a rencontré dans sa pratique deux cas de cette espèce de hernie, que M. le professeur J. Cloquet a eu l’occasion d’observer à l’hôpital Saint-Louis, et que M. Dügès (2) a également rencontré sur une jeune fille, qu’une sage-femme avait cru affectée d’un prolapsus utérin.
(1) Archives générales de médecine , tom I. année 1823.
(2) Traité des maladies de l’utérus, par Madame Boivin et M. Dugès. t. IT. pag, 599.
La cystocèle vulvaire s’est encore plus rarement présentée à l’observation ; M. Bornpard en a publié le premier exemple ; mais jusqu’à présent elle n’a été disséquée et reconnue sur le cadavre que par M. Hartmann.
Le traitement de cette affection, consiste à faire la réduction, et à maintenir la tumeur réduite; pour parvenir à ce résultat, la femme devra être couchée sur le dos, le bassin et la poitrine élevés par des coussins de manière à relâcher les parois abdominales, enfin les cuisses écartées et fléchies convenablement. Après avoir introduit dans le vagin le doigt indicateur de la main droite , si la hernie est à droite, et celui de la main gauche si la maladie est de ce côté, l’opérateur assis en face de la femme comprimera légèrement et soutiendra la tumeur du côté du canal vaginal tandis que les doigts de l’autre main en embrassant la portion qui fait saillie dans la grande lèvre , la refouleront en arrière vers la cavité pelvienne dans une direction parallèle à celle du vagin. On reconnaîtra que la tumeur est réduite par le vide qu’elle laisse dans la grande lèvre et dans la partie correspondante du canal vulvo-utérin.
Pour s’opposer à un nouveau déplacement, on aura recours à l’application d’un pessaire en bondon ou encore mieux à celle d’un pessaire conoïde dont lesommet tourné en bas, serait soutenu par un bandage en T.
La hernie vulvaire est comme les autres sujette à
CHUTE DE LA MEMBRANE INTERNE DU VAGIN. 38 1 s’étrangler, mais sir A. Cooper et Scarpa qui ont eu occasion de l’observer, sont l’un et l’autre parvenus à opérer la réduction seulement à l’aide du taxis. Cependant, comme il pourrait se présenter des cas moins heureux , où le débridement deviendrait indispensable , nous pensons qu’on devrait y procéder de la manière suivante : après avoir fait placer la femme comme nous l’avons indiqué plus haut , on fera une incision parallèle à la branche de l’ischion , c’est-à-dire qu’on débridera en arrière et un peu obliquement en dehors , ou bien en avant et un peu obliquement en dedans; de cette manière on évitera l’artère vaginale qui doit se trouver en dedans du sac, et l’artère honteuse qui est placée en dehors. Nous ajouterons avant de terminer , que le principal inconvénient qui résulte de la hernie vulvaire , consiste dans une diminution de l’ampleur du vagin , dont l’une des parois fait une saillie correspondante au trajet des viscères déplacés. C’est du reste ce qui a été constaté par le professeur Dugès sur la jeune fille dont nous avons parlé plus haut.