CHUTE HE LA MEMBRANE INTERNE DU VAGIN
l’abus des bains chauds et des boissons relâchantes , une mauvaise nourriture habituelle, enfin les causes qui peuvent déterminer un état de faiblesse et de cachexie.
Parmi les causes efficientes de la chute du vagin, ou doit ranger l’abus du coït, la masturbation ; le frottement et la pression exercés sur les parois vaginales , par la tête du fœtus, la main de l'accoucheur ou les instruments employés pour terminer l’accouchement ; cette affection peut être également déterminée par ies causes communes de toutes les hernies , telles que les violences extérieures , les efforts pour soulever un fardeau , ou expulser les matières fécales , enfin les secousses résultant d’une chute , d’un saut , de l'action de rire , éternuer , tousser et surtout de vomir. On l'a vue produite par un coup de corne de vache, qui avait porté dans le vagin ; le professeur Désormoux qui rapporte ce fait , dit qu’il a observé que surtout chez les femmes arrivées à l’âge critique , la chute partielle de la paroi antérieure du vagin était le résultat d’une inflammation chronique dont l’origine qui était souvent un vice dartreux , avait quelquefois une autre cause qu’il était impossible de déterminer.
Les symptômes de la chute du vagin varient selon l’étendue du déplacement et selon l’état inflammatoire des parties. Dans le prolapsus partiel mais simple, la tumeur est arrondie, de même quelle
est double , ou forme un bourrelet circulaire selon que la chute occupe les parois antérieures et postérieures , ou qu’elle s’étend sur toute la surface du vagin. La femme éprouve, quand elle est debout ou assise , un sentiment de pesanteur et de gêne , vers l’orifice du vagin et sur le fondement, des tiraillements dans la région lombaire , et diverses incommodités qui disparaissent en partie dès qu’elle reste pendant quelques instants dans une position horizontale. Dans la chute complète on doit joindre au symptôme que nous venons de signaler , un écoulement de mucosités puriformes, une constipation opiniâtre, une sorte de ténesme vésical et quelquefois même la strangurie. Souvent l’action de l’urine sur la surface de la tumeur , qui fait saillie hors de la vulve , et le frottement qu’elle éprouve pendant la marche, déterminent une inflammation plusTorte , des excoriations douloureuses, une tension qui se prolonge vers la région des reins, et quelquefois même la gangrène produite par le gonflement considérable et surtout par l’étranglement de la tumeur qui a lieu au point où elle franchit l’orifice du vagin. Iieister rapporte une observation qui prouve que la gangrène peut survenir à la suite de manœuvres inefficaces pour obtenir la réduction du prolapsus vaginal, et Loder cite dans son journal un fait d’après Sloeller qui démontre qu’il peut se former des concrétions calculeuses dans le tissu infiltré d’urine
CULTE DE LA. IUEA1 BRAN E IJN TERNE DL' VAGIN. 385 de la membrane interne du canal vulvo-utérin en état de prolapsus complet.
Cette affection, non seulement gêne beaucoup pendant l'accoucheuient , mais même expose la femme à quelque danger. Piesch (1), rapporte que dans un cas de ce genre où la tumeur faisait une saillie de cinq pouces, la position de l’enfant ayant nécessité qu’on fit la version , il s’en suivit une déchirure qui cependant n’empêcha pas que la malade recouvrât la santé en peu de temps. Loder (2) dit que dans un autre cas, le vagin tombait chaque fois que la femme accouchait et faisait une saillie dont le volume égalait la tête d’un homme. L’accoucheur réussissait toujours à opérer l’extraction du fœtus au m-oyen du forceps, en ayant la précaution de faire soutenir les parties herniées. Lorsque cette manœuvre est impossible, liichler (5) conseille de faire une incision sur la partie latérale de la tumeur procidente, et il ajoute que cette opération est d’autant moins à craindre qu’on a vu dans des circonstances semblables, le vagin dilacéré sans qu’il en soit résulté des conséquences fâcheuses.
Lorsque le renversement est complet, la forme et le volume de la tumeur varient quelquefois au point
(1) Journal de médecine, loin. III.
(2) Locler , Journal, t. I. paye 490.
(3) Bibliolli and anfangsgr. der wundarzn. cap. IV. h. VU.
de rendre le diagnostic très difficile; JJartholin (i), Hagendorn (2) , Schacher (3) , rapportent des faits curieux à cet égard; ce dernier auteur entre autres, cite d’après JVidman, l’observation d’un prolapsus du vagin qui,. à cause de son aspect pyriforme , fut pris pour un prolapsus de la matrice, jusqu’à ce que la dissection ait prouvé que la tumeur était produite par la membrane interne des parois vaginales. Pour éviter des méprises de ce genre , il suffit de se rappeler que lorsque l’inversion est complète , la tumeur, de couleur rougeâtre qui se présente hors de la vulve , a une forme ovale ou cylindroïde , une consistance molle , et offre une surface sillonnée par des rides circulaires , et une épaisseur plus considérable vers sa partie inférieure que dans tout le reste de son étendue. Il faut également ne pas oublier qu’à son centre se trouve une ouverture assez large pôur permettre l’introduction plus ou moins facile du doigt , qui, après l'avoir franchi , pénètre dans le vagin au fond duquel on distingue le museau de tanche.
Le pronostic de l’affection qui nous occupe est en général peu fâcheux, quoiqu'on parvienne rarement à obtenir une guérison parfaite ; quand la
(1) Casus pudendi mulieb. monstrose confomx. cent. V
hist. 9. %
(2) Procidenlia uteri instante partû. cent. III. observ. 3.
(3) Progr. de prolapsu vaginæ uteri.