IMPUISSANCE ET STERILITE. I
sont : l’absence de la matrice , ses inclinaisons, son incurvation , et l’occlusion de son orifice ; l’inflammation chronique de son tissu propre et de sa membrane interne ; ses spasmes, son atonie et ses hémorrhagies; enfin l’absence de toute cavité utérine j l’absence des ovaires , leurs maladies spécifiques et la dégénérescence simultanée de ces organes, l’oblitération et l’inflammation chronique des trompes et toutes les aflections des organes génitaux qui ne sont marquées par aucun signe qui puisse en faire soupçonner l’existence pendant la vie.
11 y a deux espèces de stérilité qu’on peut appeler physiologiques, puisqu’elles sont naturelles à toutes les femmes ; la première est celle qui existe chez les jeunes filles avant la puberté, et la seconde a lieu chez les femmes qui sont parvenues à l’époque de la cessation des règles. Les nourrices sont également très souvent stériles , surtout pendant les premiers mois qui suivent l’accouchement, parce qu’alors les forces vitales se concentrent sur les organes de la lactation.
La stérilité semble aussi être plus fréquente dans les climats chauds que dans les pays tempérés et ies régions septentrionales ; l’abus des bains et des jouissances vénériennes, en sont peut-être la principale cause. Il n’y a aucun doute que les femmes qui abusent de ces plaisirs sont, comme les filles publiques, très sujettes à la stérilité , qui du reste est infini-
1 1 a8 LESIONS RELATIVES A LA REPRODUCTION', ment plus fréquente chez les femmes en général que chez les hommes. Cen’estdonc pas sansjquelque fondement que, lorsque deux époux danslâge de procréer sont privés d’enfants, c’est presque toujours la femme qu’on accuse d’être stérile.
Le plus souvent la stérilité résulte d’une affection congénitale ; et dans une foule de cas on a cru en découvrir les causes. Parmi ces dernières, la plus certaine et l’une des plus ordinaires est sans contredit l’absence et l’irrégularité de la menstruation. Quoique nous ayons rapporté quelques exemples de femmes qui ont conçu lors même qu’elles n’avaient jamais été réglées, et de quelques autres qui ne l’avaient été que pendant leur grossesse, il n’en résulte pas moins, malgré ces faits extrêmement rares, que l’écoulement menstruel ne soit l’indice le plus sûr de l’inaptitude à la conception.
On a également regardé comme étant des causes de la non-fécondation l’écoulement excessif des règles, l’existence d’une leucorrhée abondante et habituelle; une sensation douloureuse pendant le coït; l’absence des attributs extérieurs qui caractérisent le sexe féminin et celle des désirs et de sensations voluptueuses lors des approches conjugales; un embonpoint considérable ou un défaut de convenance dans le tempérament des époux ; enfin la trop grande fougue et le trop de fréquence des transports amoureux, ainsi que l'existence d’une constitution qui se
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rapproche de celle des hommes, telle qu’on l'observe chez les femmes qui ont la taille élevée, les mamelles peu ou point développées, la voix forte et grave, la peau brune et couverte de poils sur les parties qui chez elles en sont ordinairement dépourvues.
Si nous devons admettre, que dans certains cas, quelques-unes des circonstances que nous venons de signaler, constituent des conditions défavorables à la fécondation, ne devons-nous pas convenir aussi que presque toutes les théories, et les observations sur lesquelles elles sont basées, se trouvent infirmées par d’autres faits qui diminuent de beaucoup la valeur que la plupart des auteurs leur ont accordée ; en effet : ne voit-on pas tous les jours devenir mères des femmes très fortement réglées ou affectées de .(leurs blanches abondantes, mais qui à la vérité, sont plus que les autres exposées aux avortements et aux accouchements prématurés? N’en est-il pas de même des prétendus contrastes entre époux, soutenus avec force par Lucrèce et surtout par Bernardin de Saint- Pierre, avec toutes les ressources de son style poétique et de sa brillante imagination. Si certaines femmes n’ont pas conçu avec un époux et ont eu des enfants avec un autre, ne doit-on compter pour rien la plus grande puissance génératrice du dernier mari, et d’ailleurs n'a-t-on pas souvent constaté que quelques femmes ne sont stériles que pendant un certain temps, et que plusieurs ne sont devenues enceintes
ll3o LÉSIONS RELATIVES A LA REPRODUCTION, qu’après plusieurs années de mariage, sans cependant avoir changé de mari. Anne d'Autriche ne mit au monde Louis XIV , qu’après vingt-deux ans de stérilité, et Catherine de Médicis ne devint mère du premier de ses dix enfants que dix ans après son mariage avec Henri II. Ne sait-on pas aussi, que certaines femmes, même de celles qui montraient la plus grande froideur pour les embrassements de leurs époux, ou qui souvent étaient d’un embonpoint excessif, avaient été fécondées après avoir eu des rapports avec des hommes de caractères, d'âge et de tempéraments très variés. D’ailleurs, n’en a-t-on pas vu souvent qui étaient devenues mères sans avoir pris aucune part volontaire à l’acte génital , puisqu’elles avaient été surprises par violence ou au milieu d’un état léthargique ou du narcotisme le plus complet?
On doit conclure d’après ce qui précède qu’il reste beaucoup de doutes sur les causes de la stérilité, et que par conséquent il faut faire de nombreuses restrictions sur toutes les circonstances qui sont regardées comme lui donnant naissance, et qui seront toujours très obscures par le défaut d’un examen rigoureux et l’impossibilité où l'on est le plus souvent de constater parfaitement l’état des organes génitaux internes chez la femme. 11 n’existe donc pas de signes certains pour faire distinguer une femme stérile d’une autre qui ne l’est pas. Hippo -