TRAITEMENT
Lorsque la stérilité tient aux vices de conformation et aux maladies de l'utérus, on pourra espérer de la combattre, en rémédiant à ses vices et à ses maladies, soit par diverses opérations que nous avons indiquées, soit par des médications appropriées au mal, et qui ont été signalées dans cet ouvrage. Il est inutile de dire que dans certains cas, la stérilité est toutà-fait incurable.
Si l’on suppose que la non-fécondation dépend d une inclinaison et surtout d’une antéversion de l’utérus, on pourra conseiller d'user du coït more ferarum quadrupedumque ritû , selon l'avis de Lucrèce. On conseillera également dans tous les cas les rapprochements sexuels à l’époque qui précède et qui suit l’écoulement des règles ; ce moment est celui où le col de l’utérus est ouvert, où cet organe a le plus d’action et où il est par conséquent mieux disposé à la conception. C'est en donnant à Henri IL «e conseil déjà proposé par Hippocrate , que Fernel
IMVUtSSA NCF. lîT ATtRlLlTlî. !
eut le bonheur de procurer un dauphin à la France, et de faire cesser la stérilité de Catherine de Médi eis.
Lorsqu’on suppose qu'une ardeur excessive dans l’acte génital est la cause de la stérilité, il sera utile de prescrire un régime adoucissant, des bains, des aliments doux et des boissons rafraîchissantes , et surtout l’usage du lait froid avec addition d’une cuillerée d’eau de chaux par tasse. Les promenades prolongées et les voyages, ne pourront qu’être avantageux. Dans des circonstances opposées , c’est-àdire lorsque la femme est d’un tempérament lymphatique et reste froide et indifférente aux caresses conjugales, on pourra conseiller l’air de la campagne, les bains toniques et stimulants , surtout les bains de mer; les eaux ferrugineuses et sulfureuses, entre autres celles de Forges, de Saint-Alban, de Vichy, d’Aix-la-Chapelle, de Baréges et d’ Aix en Savoie. La malade se trouvera bien aussi d’une nourriture substantielle , de l’usage de viandes noires, des œufs, d’un vin généreux, de chocolat, de salep, de sagou, de céleri, d’oronge, de truffes, de vanille et de toutes les substances analeptiques et excitantes. Enfin, s’il y avait anaphrodisie complète, on pourrait conseiller la fréquentation des bals, des théâtres, et même la lecture des romans et d’autres ouvrages plus ou moins érotiques.
Si la femme avait un excès d’embonpoint, on tâ-
cherait d’activer l 'énergie de toute la constitution et de ranimer l’action de l’utérus, en prescrivant l’usage interne de la menthe, de la mélisse, de la roquette, du safran, de l’aloës, de la noix muscade. On conseillerait également l’usage de ces substances en lavement et en injection , ainsi que l’emploi de frictions sur les lombes, les cuisses et l’hypogastre, ' faites avec une üanelie chaude et imprégnée d’huile de pétrolle, de safran, de rhue ou enfin de vapeurs d’ambre et de benjoin, ou de substances volatiles et spiritueuses. Chez les femmes d’une constitution trop forte, on aura recours à la saignée, aux bains tièdes, à la demi-diète et aux boissons lactées, acidulées et tempérantes. Nous ajouterons encore que si la stérilité avait pour cause des excès dans les jouissances conjugales, les époux devraient se séparer pendant quelque temps ou au moins apporter de la modération dans les plaisirs des sens ; l’on aurait ensuite recours aux toniques, aux calmants et à une alimentation analeptique. Il est inutile de dire qu’on ne devra jamais employer les cantharides et le phosphore qu’avec la plus grande réserve et la plus scrupuleuse attention.