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vésicule contenant un fœtus de trois lignes et demie de grosseur, sur trois de longueur ; il ajoute que ce fœtus était attaché à la partie intérieure des membranes de la vésicule, où il était tenu par un cordon gros d’un tiers de ligne et long d’une ligne et demie.
Enfin la quatrième observation est due à Varoquier , démonstrateur d’anatomie à Lille (1 ), qui la communiqua à l’Académie des sciences en 1756 ; en faisant l’ouverture d’une fille âgée de 30 ans, morte d’une douleur fixe à la région iliaque gauche, il trouva l’ovaire de ce coté de la grosseur et de la figure d’un œuf de poule; ayant ouvert cette tumeur, il en sortit environ une once d’une liqueur lymphatique semblable à du petit lait, au milieu de laquelle se trouvait un fœtus un peu flétri avec son placenta et son cordon ombilical. Le placenta était attaché au haut de la substance de l’ovaire, avec laquelle il était confondu. Le fœtus avait deux pouces de long depuis le sommet de la tête jusqu’au genoux. Quelques observations ayant été publiées depuis celles que nous venons de rapporter, il en résulte qu’ilya très peu de praticiens aujourd’hui qui révoquent en doute l'existence des grossesses ovariques.
La troisième espèce de grossesse extra-utérine est la grossesse péritonéale ou abdominale , qui a lieu lorsque l'ovule fécondé tombe dans le ventre, au lieu de s engager dans la trompe. Il est probable que cet
(1) Histoire de l’Acad. des sciences. Année 1756, p. 48.
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accident ne doit pas être très-rare, et que, si la grossesse abdominale n'est pas plus fréquente, c’est, d’api ès la remarque de Blanchi, parce que la très-grande majorité des germes qui s’échappent ainsi meurent avant d’avoir pu se greflèr sur la membrane séreuse qui est destinée à les recevoir.
L’une des observations les plus connues de grossesse de ce genre a été rapportée par Courlial, professeur de médecine à Toulouse (1). Le fœtus dont il parle, qui avait neuf mois, fut trouvé dans le coté gauche du bas ventre, la tête en bas et les pieds en haut, tenant par le cordon au placenta qui était luimême attaché à l’épiploon ei à l’estomac. On s’assura par un examen que la matrice, l’ovaire et la trompe n’offraient aucune déchirure, de sorte qu’on ne pouvait pas douter que la grossesse ne fut abdominale.
L’observation de Jouy, chirurgien de l’Hôtel-Dieu de Paris, rapportée par Dionis (2), est à peu près semblable à la précédente : le fœtus avait aussi neuf mois, il était également dans le côté gauche du basventre, dans une cavité pleine d’eau sanguinolente ; son cordon, auquel il tenait, était attaché au placenta, collé contre le mésentère et le colon ; on n appreut aucune déchirure ni cicatrice à la matrice, aux trompes et aux ovaires.
En 1748, deux médecins de Joigny communiquè-
(1) Nouvelles observ. sur les os. Observ. x.
(2) Anatomie de l’hoinme, cbap. vi. pag. 223.
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rent à l’Académie des sciences (1) un fait à peu près semblable. Il s'agissait d'un fœtus porté pendant 30 ans dans lesein desa mère. Unie trouva dans le côté droit du bas-ventre, couvert de ses enveloppes qui tenaient au péritoine et au mésentère, en dehors de la matrice. Ce fœtus était bien conformé, et avait des cheveux et deux dents incisives prèles à percer. Du reste, comme dans les cas précédents, la matrice, les trompes et les ovaires n’oiïixiient aucune ti’ace de lésion.
Quelques faits antérieurs à ceux que nous venons de faire connaître avaient déjà été publiés, entre autres par Egide Herlog (2) et Achille Pirnnnius Gassarus (3), médecin d’Augsbourg, Étienne Manialdus (4). D’autres observations de grossesse abdominale ont été également insérées dans divers re-
cueils ou traités généraux de médecine, par Abraham Cypriaan (5), Solingen (6), Jacques Brodie Birbeck (7), Copping (8), Ch. Delaunaj (9) et une foule d’autres qu’il serait trop long de citer.
Quoique souvent constatées, les grossesses abdo-
(1) Mémoir. de l’Acad. des sciences, pag. 10S. Année 1748-
(2) Dodon, Exemplar. mcd. observ., 1520, pag. 321-328.
(3) Gassarus est mort en 1577.
(4) Comment in Hipp., in-8, 1619.
(5) Epist .ad Thomas. Millipgton, 1700.
(6) Manuale, mecL oper.,pag. 234
(7) Transactions philosoph. t. i, pag 22t.
(8) Leske Auszuge, t. u, pag. 321.
(9) Nouveau système sur la génération, pag. 270. 1726.
minales ont été niées par quelques médecins qui prétendaient que le péritoine n’était pas assez vasculaire pour fournir au développement de l’œuf, et qu’on avait sans doute confondu les grossesses péritonéales avec les grossesses tubaires. Nous répondrons à ces arguments que l’œuf humain, pourvu d’un simple épichorion , adhère le plus souvent au péritoine par des filaments vasculaires nombreux et constituant une sorte de placenta formé de vaisseaux rassemblés et unis à des amas de substance
spongieuse, en tout semblable à celle qui caractérise
le placenta humain. Nous ajouterons que cette espèce de placenta a été trouvée insérée sur l’ovaire et le ligament large, par Kelin et Lalleman i; au mésentère et au péritoine, par Weinliard et W einhiecht\ sur presque tous les viscères abdominaux, par Tumbull ; sur l’estomac, par Courtial; sur le colon, par Fera ; sur les fosses iliaques, par Ro?nieux ; sur le sacrum, par Baude loque ; sur le devant du rachis, par M. Arnault ; enfin aux reins et aux intestins, par M. Briclieteau. Nous ajouterons que la différence qu’il y a entre l'organisation du péritoine et celle de la matrice n’est pas une raison pour soutenir que la séreuse péritonéale ne peut pas servir de greffe au placenta. L’œuf contracte des adhérences avec tous les viscères avec lesquelles il est en rapport ; c’est une partie qui est pourvue de vitalité et qui se joint à une autre par une action ayant quelque simi-
DK LA GROSSESSE EXTRA-UTÉRINE. II 55 litude avec l’inflammation adhésive. Il se passe quelque chose de semblable à ce qui a lieu dans l’utérus après la conception; car, par l’intermédiaire du placenla, il s’établit une communication entre ces vaisseaux et ceux des parties voisines qui se dilatent d’une manière très-sensible.
La quatrième espèce de grossesse, que M. Mayer a nommée interstitielle, n’avait point été mentionnée par les anciens. Dans celle-ci, le produit de la conception se développe dans les fibres mêmes de la matrice. Quoiqu’elle ait été observée par MM. Schmidt , Albers , Hêderich , Carus , Cl ici, Bellemain , Lartet, Dance et Moulin, Menière et Dujardin , elle n’a été étudiée avec quelque soin que par MM. Mayer et Meckel, et surtout par M. Breschet, quia rassemblé tous les exemples connus dans un excellent mémoire qu’il a publié dans le Répertoire d’anatomie et de physiologie pathologiques, 1826,1. Ier. Le mécanisme de la formation de la grossesse interstitielle ne reposant que sur des suppositions tout à fait hypothétiques, est encore complètement inconnu : aussi croyons-nous devoir passer outre sur toutes les explications anatomiques et physiologiques qui ont été données à cet égard. Enfin, d’après quelques auteurs modernes, il y aurait une cinquième espèce de grossesse extra-utérine, appelée utero*- tubaire, parce que, dans ce cas, une partie de l'œuf s’est développée dans la cavité utérine et l’autre dans la trompe. Quelques
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exemples de ce genre ont été rapportés par Patuna , May, Herbin, Haffmeister, Laugier et Mondot.
Les causes qui déterminent ces différentes espèces de grossesses extra-utérines sont très difficiles à saisir; cependant, quoiqu’elles ne reposent que sur des hypothèses qui, par conséquent, n’offrent rien d’utile dans la pratique, soit sous le rapport de la pophylaxie, soit sous celui du diagnostic, nous allons les rappeler ici en quelques mots : on a regardé comme pouvant produire la grossesse intra-utérine tous les vices de conformation des trompes, leur oblitération, leur spasme, leur mauvaise direction, leur défaut ou leur excès de longueur, leur mouve-
ment antipéristaltique, et toutes les anomalies qu’elles peuvent présenter dans leur situation et leur conformation. On a rangé encore parmi les causes de cette affection, l'épaisseur et la densité anormales de la coque de l’ovule et des enveloppes de l’ovaire, l’adhérence trop forte du germe et la situation trop profonde ou trop rapprochée du ligament ovarien. Mstruc pensait que les femmes non mariées, surtout celles qui ont la prétention de passer pour sages, étaient plus exposées que les autres aux grossesses de ce genre; Kruger, qui est du même avis, soutient que l’ovule reste dans l'ovaire, s’arrête dans la trompe ou glisse dans le péritoine, parce qu’une émotion vive, une frayeur subite, une surprise, en saisissant les femmes pendant le coït ou immédiatement après,