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ttisionnée tout le corps dans une chute qu’elle fit étant chargée de linges; cet accident ne l’empêcha pas d’arriver au terme de sa grossesse. L’emploi, dans un but criminel, des purgatifs drastiques, des vomitifs, des emménagogues les plus énergiques, ainsi que les exercices les plus violents, ont souvent causé diverses affections aiguës et même la mort, sans provoquer l’expulsion du fœtus. On a vu également la grossesse continuer son cours , malgré la présence d’un polype dans l’utérus ou l’existence d’un cancer sur son col ou même d’une blessure sur cet organe. Puisque les causes de ce genre agissent si facilement dans certains cas et sont sans action chez quelques femmes, on doit donc admettre que chez les premières il existait des causes prédisposantes à l’avortement. Nous devons dire du reste qu’il est une prédisposition commune à toutes les femmes, c’est celle qui correspond aux périodes menstruelles , époque où il s’établit une fluxion sur la matrice qui dispose l’œuf à se détacher. C’est ce qui explique pourquoi, dans les premiers mois de la grossesse, les fausses couches ne sont jamais plus fréquentes que vers les époques qui coïncident avec celles de la menstruation.
L’avortement périodique , c’est-à-dire celui qui a lieu à peu prés vers le même temps de la grossesse, chez les mêmes femmes, est du nombre de ceux qui
paraissent dépendre le plus évidemment du molirnen spontané ou menstruel. Cette espèce d’avortement peut aussi être le résultat d’un état spécial de l’utérus, et principalement de ce que la cavité de cet organe ne peut s’agrandir au delà de certaines limites. Du reste, cet accident de la gestation est d’autant plus à craindre que la femme en a déjà eu un plus grand nombre. Quant aux causes mécaniques et aux manœuvres criminelles , le plus souvent ceux qui les emploient manquent leur but et ne réussissent qu’à blesser la matrice et à déterminer des accidents qui peuvent avoir les plus fâcheuses conséquences pour les femmes dénaturées qui les réclament.
Les symptômes de l’avortement varient suivant l’époque de la grossesse et la nature des causes qui l’ont provoqué. A la suite d’une maladie et dans les deux premiers mois de la gestation, il arrive souvent que l’œuf, qui est alors d’un petit volume, est expulsé brusquement presque sans douleurs et sans hémorrhagie. Cette fausse couche ne diffère guère d’une légère perte ou d’une menstruation un peu laborieuse. Plus tard, cette expulsion du fœtus peut produire la plupart des phénomènes d’un accouchement ordinaire, mais le plus souvent elle est précédée de malaises, de lassitudes, de frissons, d’abattement, de tristesse, de syncopes, de sensations de froid vers le pubis, de pâleur de la face, de palpitations, de féti-
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dité d’haleine, de tuméfaction et de lividité des paupières, d’inappétence, de nausées, [de soif, de douleurs dans les lombes , de pesanteur vers les organes génitaux externes et vers le siège. On doit joindre à ces phénomènes l'élévation du pouls , la flaccidité des mamelles, qui ne sécrètent plus qu’un liquide séreux, l’écoulement par la vulve d’une humeur d’abord sanieuse. puis sanguinolente, auquel succède un sang liquide ou grumeux ; la diminution ou l’absence des mouvements du fœtus, enfin l’affaissement du ventre, les douleurs utérines de plus en plus fortes et de plus en plus fréquentes; la dilatation progressive du museau de tanche et la proéminence des membranes, l’expulsion des eaux de l’amnios; puis, [après quelque temps, l’expulsion du produit de la conception, qui ordinairement met fin à l’hémorrhagie.
Lorsque l’avortement est le résultat d’une cause occasionnelle puissante, il arrive quelquefois que l’action de cette cause est immédiatement, suivie d’une hémorrhagie abondante qui ne cesse qu’après l'expulsion du fœtus et de ses enveloppes, cette expulsion est toujours accompagnée de douleurs lancinantes qui se font sentir surtout dans la direction de l’ombilic à la vulve. Nous devons dire qu’en général les symptômes de l’avortement se rapprochent d’autant plus de ceux de l'accouchement que la grossesse est plus avancée, et qu’il en est de même pour ses
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suites, c’est-à-dire pour l’écoulement des lochies et la fièvre de lait. Dans quelques cas cependant l’effusion du sang qui amène l’avortement résultant d’une cause occasionnelle est précédée de douleurs , de pesanteur dans les lombes, .de malaise, de frissons et d'un sentiment de poidf? insolite vers les organes sexuels.
Quoique l’écoulement du sang, et surtout celui des eaux soit toujours le symptôme d’un avortement imminent, on a vu souvent le premier de ces phénomènes et même le second se manifester, et cependant l’avortement n’avoir pas lieu. Nous avons donné des soins pendant le mois de septembre 1839 à madame la baronne de Chah***, enceinte de sept mois, chez qui, à la suite d’une chute, survinrent des douleurs se dirigeant de l’ombilic vers la vulve et une hémorrhagie assez considérable suivie de l’écoulement des eaux; malgré tous ces symptômes précurseurs, cette dame arriva au terme de son accouchement et mit au monde un enfant bien portant. Une saignée au bras, le repos, des boissons froides, tempérantes, une potion antispasmodique et astringente, firent tout rentrer dans l’ordre et dissipèrent les symptômes d’avortement imminent.
Morlane cite l’exemple d’une femme qui n’accoucha que six semaines après que les eaux se furent échappées. M. Velpeau rapporte, d’après un autre
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médecin, l’observation d’une personne enceinte de six mois, chez laquelle la poche s’est formée, puis rompue, si bien que le bras de l’enfant s’est engagé dans le vagin ; après cela, le travail s’est arrêté, le fœtus a repris sa position, et la grossesse a suivi som cours naturel. M. Velpeau ajoute que l’auteur a vu et a louché, et qu’on doit le croire. Il est bon de savoir aussi que le liquide séreux qui s’échappe du col utérin peut venir d’un kyste hydatique ou de l'intervalle des membranes ; il peut aussi venir d’une grossesse double et de l’un des œufs qui s’est rompu, tandis que l’autre est resté intact. Quoi qu’il en soit, la rupture des membranes et l’écoulement des eaux indiquent, presque toujours un avortement imminent ou au moins la mort du fœtus.
Il faut également savoir bien distinguer l’hémorrliagie qui annonce la fausse-couche d’avec celle qui est le résultat du retour des règles ; dans ce cas le sang est rarement aussi abondant et aussi apte à se réduire en caillots, et surtout à s’échapper sous cette
forme des organes génitaux, que lorsqu’il est le produit d’un utérus occupé par un fœtus qui doit bienùt s’en détacher.
Il est aussi très important de distinguer les douleurs utérines des coliques qui résultent d’une menstruation pénible. Dans l’avortement, les douleurs succèdent à l’écoulement du sang, tandis qu’au contraire elles le précèdent dans la menstruation. Nous devons dire du
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reste que le toucher aidera fort souvent à établir le diagnostic, et surtout à faire reconnaître l’existence de la grossesse.
Lorsque l’enfant a cessé de vivre, il est en général bientôt expulsé de l’utérus ; cependant dans certain cas son expulsion n’a lieu quJaprès un temps plus ou moins considérable. Si les membranes ne se sont point rompues, et surtout si l’air n’a pas pénétré dans la matrice, le fœtus peut se conserver intact pendant plusieurs mois et même plusieurs années ; quelquefois il se décompose, passe à l’état de gras de cadavre, comme cela a lieu dans la grossesse extrautérine. Dans les premiers mois, il s’atrophie souvent et n’offre que les dimensions d’un embryon de un mois à six semaines, quoique la femme soit enceinte de plusieurs mois. Dans quelques cas il se dissout dans les eaux, et l’on a vu les parties dures et les parties molles de l’embryon disparaître complètement, et l’œuf se transformer en une véritable môle.
Quand le fœtus a été expulsé de la matrice, il peut se faire que ses enveloppes y tiennent encore par quelques adhérences et continuent d’y vivre et de s’y développer. C’est précisément dans les cas de ce genre que se forment les môles charnues. Le plus souvent, surtout dans les premiers mois, l’œuf sort toujours entier 5 on l’a cependant vu être expulsé intact au cinquième, et même au sixième mois ;