‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 3)Chapitre 34 sur 86 · DE L’AVORTEMENT · texte numérisé non relu

DE L’AVORTEMENT

mais dans le plus grand nombre des cas, après deux mois son volume ne lui permet plus d’être expulsé entier de la matrice.

Le pronostic de l’avortement se rapporte à la mère et à l’enfant ; pour la femme il est généralement plus dangereux que l’accouchemcnt, parce que ce dernier est l’accomplissement d’une fonction naturelle, tandis que la fausse-couche est une maladie. Du reste, son pronostic varie, selon les causes qui l’ont provoqué et les accidents qui l’accompagnent. Le moins dangereux est celui qui est déterminé par une maladie de l’œuf; le plus grave est celui qu’a produit une cause occasionnelle violente, sans cause prédisposante. Toutefois l’avortement spontané est moins redoutable que l’avortement forcé, et ses effets sont d’autant moins fâcheux qu’il s’est opéré avec plus de lenteur. Nous ajouterons encore que le danger est d’autant moins grand que la grossesse est moins avancée, que le col de l’utérus est plus souple, et que l’accident a lieu sous l’influënce d’un molimen bien prononcé. Du reste, l’avortement est toujours d un bien mauvais augure lorsqu’il est accompagné de convulsions, de diarrhée, de dysenterie, et lorsqu’il survient dans le cours d’une inflammation, d’une fièvre ou d’une maladie éruptive. Le pronostic relativement au fœtus est encore beaucoup plus grave; car presque toujours il succombe soit par les

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lenteurs du travail, soit surtout à cause de l'époque prématurée de son expulsion ; nous devons dire cependant qu'on trouve dans les auteurs quelques exemples d’avortons qui ont conservé la vie, quoique leur conception ne remontât que depuis quatre jusqu’à six mois. En général, on s’accorde à croire aujourd’hui qu’ils ont d’autant moins de chance de vie qu’ils s’éloignent davantage du terme de la gestation. C’est donc sans motif raisonnable qu’Hippocrate a dit qu’un enfant était plus assuré de vivre à sept mois qu’à huit. Il n’appuyait d’ailleurs cette opinion que sur la doctrine des nombres. Relativement à l’état individuel de la femme, l’avortement est plus dangereux pour les primipares, parce que les parties génitales sont moins souples et moins disposées à livrer passage au produit de la conception .

Le traitement de l’avortement présente deux indications : d’abord de le prévenir par tous les moyens possibles; puis, lorsqu’on ne peut s’y opposer, d’en hâter la terminaison, et de remédier aux accidents qui l’accompagnent. Pour remplir la première indication, il faut modifier les causes individuelles et prédisposantes, et éloigner les causes occasionnelles.

Si la personne est nerveuse, si surtout son système utérin est dans un état de spasme insolite, on devra recourir à l’usage des bains tièdes, secondé par un régime adoucissant. Dans le cas où la femme serait

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d’une constitution pléthorique, on pratiquerait avec avantage quelques saignées dans le cours de la gestation, surtout aux époques qui correspondent à celles où la menstruation avait lieu.

Il sera bon aussi de remédier autant que possible, aux toux fatigantes, aux vomissements et à la constipation qui accompagnent souvent la grossesse. On conseillera une alimentation réparatrice, le repos, le sommeil, et toujours un exercice modéré aux personnes délicates ; on défendra à toutes les mouvements violents, surtout ceux des bras^ les sauts, la marche prolongée, l’action de soulever un fardeau, d’aller eu voiture ou à cheval; on leur conseillera de ne point s’exposera l’intempérie des saisons, de rejeter les vêtements trop serrés , de ne point user d’aliments indigestes, et d’éviter autant que possible les vives émotions et les affections de l ame. S’il existe une affection de la matrice ou de tout autre organe, on la combattra par une médication convenable; de même qu’on aura recours à l’emploi de préparations mercurielles, si la grossesse était compliquée d’une maladie syphilitique.

Quoique la saignée soit en général un des plus puissants moyens pour prévenir l’avortement, on ne doit pas y avoir recours dans toutes les grossesses indistinctement : aussi ne saurions nous trop blâmer l’habitude qu’ont quelques médecins de saigner tou-

tes les femmes pendant le cours de la gestation, sans distinguer avant les circonstances qui réclament l’emploi de ce moyen, qui est aussi nuisible dans certains cas qu’il peut être avantageux dans beaucoup d’autres.

Quand une hémorrhagie se déclare, il faut aussitôt faire coucher la femme sur un lit dur et aussi frais que possible, et lui prescrire un repos absolu. On aura recours aux boissons froides acidulés et astringentes, au ratanhia surtout, aux révulsifs externes, aux applications, aux injections et aux lavements glacés, et s’il existait quelques symptômes d’agitation ou de convulsions, on ferait usage des préparations antispasmodiques et opiacées. Du reste, l’emploi de la saignée est un des meilleurs moyens auquel on puisse recourir, mais il ne faut le faire qu’avec réserve et précaution, car comme elle est souvent impuissante pour s’opposer à l’avortement, on pourrait rejeter sur elle l’accident qu’elle n’aurait pas prévenu. En général tantqu'on conservera l’espoir d’éviter l’avortement, on évitera d’employer les bains de pieds, les manuluves et les bains entiers ; dans le cas contraire, leur usage pourrait être avantageux.

Si l’hémorrhagie devenait assez forte pour compromettre la vie de la femme, on aurait recours au tamponnement, qui a l’avantage d’arrêter l'hémorrhagie, et souvent l’avortement, ou, dans Iccascon-

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