DE LA CONSTIPATION
La constipation est très fréquente chezles femmes enceintes, surtout vers la fin de la grossesse; elle a, le plus souvent, pour cause la compression qu’exerce la
Dïï LA CONSTIPATION.
matrice plus volumineuse sur le colon et le rectum, d’où il résulte une gêne pour le passage des excréments. La constipation peut aussi dépendre d’une lésion vitale ou d’une névrose intestinale, qui tient à l’irritation spasmodique du système utérin. Quelleque soit la cause de cet accident, lorsqu’il est porté très loin, il entretient l’anorexie, rend les digestions pénibles,causesde l’agitation, del’insomnie, delà céphalalgie, de la tristesse, de l’inégalité du caractère. Les efforts que font les femmes pour expulser les matières fécales abondantes et endurcies , peuvent devenir une cause d’hémorrhagie de l’utérus et même d’avortement; de même que la pression continuelle des excréments sur l’extrémité de l’intestin peut y déterminer de la phlogose et des tumeurs hémorrhoïdales.
Du reste, laconstipation présente différents dégrés; lorsqu’elle ne se prolonge pas au delà de trois jours, la plupart des femmes en sont peu incommodées, mais quand les selles n’ont lieu qu’à des intervalles plus longs, il peut en résulter tous les inconvénients que nous avons signalés.
11 est donc de la plus haute importance de prévenir, de dissiper ou au moins de diminuer les fâcheux effets de la constipation chez les femmes enceintes. 11 faut la combattre par tous les moyens, excepté par les purgatifs drastiques, dont l’usage peut déterminer de graves accidents. C’est surtout sur un régime doux et relâchant que l’on doit compter : ainsi l’on
J *12 LÉSIONS RELATIVES A LA REPRODUCTION, prescrit avec avantage les viandes blanches , les herbages cuits, surtout l’oseille, la laitue, les épinards ; les fruits cuits ou bien murs, tels que la cerise, le melon, le raisin, la prune, la framboise, l’orange; il est bon de joindre à ces moyens diététiques l’emploi des bains tièdes, l’usage du bouillon aux herbes ou du bouillon de veau, de la limonade, de crème de tartre, du lait coupé avec de l’eau, d’une décoction de tamarin, de casse, de pruneaux, de Teau d’orge édulcorée avec du miel, selon le goût des malades et surtout selon l’effet produit.
Si ces moyens ne suffisent pas, on conseillera les lavements émollients et laxatifs préparés avec de la cassonnade jaune, le miel, le séné, la mercuriale, l’huile ou le beurre. On aura recours aussi aux purgatifs doux, tels que la manne, l’huile de ricin, l’eau de Sedlitz, le phosphate de soude. Nous avons combattu avec avantage des constipations opiniâtres chez des femmes enceintes, au moyen de suppositoires de beurre de cacao, employés trois fois par jour, et un grain de calomélas, pris le soir en se couchant, dans un demi verre d’eau sucrée. Enfin, dans quelques cas graves, où les matières se sont tellement durcies dans les intestins, qu’elles n’ont pu être expulsées par les lavements et les purgatifs, il devient indispensable d’extraire une grande partie de cette masse, avec le secours du doigt ou d'une curette. L'impossibilité d’introduire une canule ou d’injecter un li-
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quide dans le rectum, indiquant cette occlusion accidentelle de l’intestin, doit décider le médecin d’y remédier le plus tôt possible en y portant le doigt. Il est bon de dire aussi que, chez quelques sujets, des frictions sur l’abdomen, l’application d’un corps froid, de la glace entr’autres, sous la plante des pieds, de même que l’usage de la bière et du café au lait, surtout si l’on boit après un verre d’eau, donnent presque immédiatement lieu à une évacuation de matières fécales.