‹ Traite complet des maladies des femmes (volume 3)Chapitre 67 sur 86 · ACCIDENTS RELATIFS AUX LOCHIES · texte numérisé non relu

ACCIDENTS RELATIFS AUX LOCHIES

Quoiqu’on ait vu des femmes n’avoir pas de lochies sans en éprouver d’accidents, l’absence de cette sécrétion doit toujours inspirer des craintes aux accoucheurs, car elle doit être attribuée le plus souvent à quelque affection grave, déclarée ou imminente. En général, cet écoulement est plus abondant chez les femmes fortement réglées, chez celles qui ont eu déjà plusieurs enfants, ou qui font usage d’un régime trop nourrissant, enfin chez celles qui n’allaitent pas.

Si la suppression ou la diminution de cet écoulement est ordinairement le symptôme d’une maladie

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telle que la péritonite, la métrite, etc., il arrive aussi dans quelques cas qu’elle peut être primitive et non reflet sympathique d’une affection existante, comme cela peut avoir lieu à la suite d’une affection morale vive et subite, de l’impression du froid sur les organes génitaux ou sur les membres inférieurs, et des ablutions et des injections astringentes dans le canal vaginal ou l’utérus. Cette suppression primitive est le plus souvent suivie du développement d’afl’ectious très-graves, telles que la métrite, la péritonite , des congestions, des névroses ; toutes ces maladies sont d’autant plus dangereuses, et il est d’autant plus à craindre de les voir survenir, que les lochies étaient plus abondantes et que leur suppression est survenue à une époque plus rapprochée de l’accouchement,. Quelquefois aussi cette suppression n’est suivie d’aucun accident, et la santé des femmes n’en est nullement affectée, soit que les lochies se rétablissent d’clles-mêmes, soit qu’elles ne reparaissent pas, ou que leur écoulement soit moins abondant.

Le traitement de la suppression primitive des lochies consiste dans l’emploi des pédiluves chauds sinapisés , de vapeurs aqueuses dirigées vers les organes sexuels , de cataplasmes émollients sur le basventre et la vulve , d’injections et de lavements de même nature; enfin dans la saignée du pied, dans l’application de sangsues à la partie supérieure et interne des cuisses ou à l’intérieur des grandes lèvres,

et dans celle de ventouses et de vésicatoires aux

cuisses et de sinapismes aux pieds et aux jambes. Dans tous les cas, la constitution des malades fournira des indications qu’il ne faut pas négliger; ainsi, chez les femmes fortes on insistera principalement sur les saignées; chez les femmes nerveuses on associera les antispasmodiques aux moyens indiqués, et chez celles d'une faible constitution, et dont le pouls sera sans fréquence et la chaleur du corps peu élevée, on pourra avoir recours aux boissons stimulanteset toniques, préparées avec la pervenche, la saponaire, la racine de canne, et celle d’aristoloche ; mais on ne devra jamais perdre de vue que la suppression des lochies entraîne le plus souvent àsa suite « des maladies inflammatoires les plus graves.

La cessation symptomatique ou la diminution de l’écoulement lochial qui est la suite immédiate d’une maladie, et qui en est regardée avec raison comme une circonstance très-fâcheuse , n’exige en général d’autre traitement que celui qui est approprié à la maladie dont elle est un des symptômes.- — Il est bon d'ajouter que la suppression des lochies est beaucoup plus souvent symptomatique que primitive, c’est-à-dire qu elle est plus ordinairement l’effet que la cause des affections avec lesquelles elle coïncide.

Le flux immodéré des lochies qui peut mettre la femme dans un grand état de faiblesse et d’abattement, et qui peut se manifester aux diverses périodes de cette sécrétion , n’exige d’autre traitement que

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ceux de la métrorrhagie et de la leucorrhée , selon que l’écoulement est sanguinolent, séreux ou puriforme. On doit respecter celui de nature séreuse, qui coïncide avec la diminution rapide d’une hydropisie dont les femmes étaient affectées pendant la grossesse , car c’est une voie que la nature s’est choisie pour évacuer la sérosité surabondante qui produit l’ascite ou l’anasarque.

Les altérations des lochies dans leui couleur, dans leur odeur et dans leur consistance, qui sont le plus souvent l’effet d’une maladie qui doit plus spécialement fixer l’attention dir médecin , ne constituent pas un symptôme très-important ; dans quelques cas cependant, les lochies, déjà puriformes, prennent une couleur noirâtre et une odeur fétide, sans qu’il en résulte aucune lésion apparente des fonctions. Ces altérations, qui sont dues à la décomposition de quelque caillot ou de quelque portion du placenta restés dans la matrice, n’exigent d’autres soins que des injections émollientes et détersives.

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