DU PRURIGO DE LA VULVE
à peine apparents qui s’élèvent légèrement en pointe. Lorsqu'ils sont peu enflammés, ils ne contiennent aucune matière ; mais lorsqu’ils sont déchirés par les ongles, ils sécrètent une petite goutelette de sérosité sanguinolente qui par son dessèchement forme une croûte brune de la grosseur d’un grain de millet.
Lorsque la maladie est peu intense, ce qui est le plus ordinaire, elle cède facilement à l’emploi de quelques topiques que nous ferons connaître ; dans le cas contraire , surtout quand l’affection se prolonge long-temps , l’épiderme devient dur et s’exfolie , les malades, continuellement tourmentées , maigrissent bientôt et tombent souvent dans le découragement et le désespoir.
Quand le prurigo s’est déclaré pendant la grossesse, ou l’ écoulement des règles, il suffit de modérer la démangeaison au moyen de quelques lotions émollienteg et narcotiques; nous avons employé dans ces cas, et toujours avec avantage, des lotions d’eau tiède, avec addition d’une cuillerée à bouche d’eau de Cologne par verrée du premier liquide. Cependant il est bon de dire que les démangeaisons ne cessent tout-à-fait dans le premier cas que lorsque les femmes sont accouchées et dans le second , après l’évacuation menstruelle. Quand l’affection coïncide avec l’aménorrhée ou une inflammation de la matrice, elle disparait ordinairement après le rétablissement du flux supprimé , et la cessation de la phlcgmasie, qui doi-
vent alors seules occuper l’attention du médecin.
Dans tous les autres cas, on devra joindre aux moyens que nous venons de signaler l’usage des bains simples et sulfureux ; et si l’inflammation est vive , l’application des sangsues. Dans son ouvrage sur les maladies de la peau, le docteur Wilson conseille des lotions fréquemment renouvelées et faites dans la proportion de douze grains de deuto -chlorure de mercure, pour huit onces d’eau de'chaux, M. Trousseau a également prescrit avec avantage des lotions faites avec une solution de trois gros de souscarbonate de potasse pour quatre onces d’eau distillée , dont il fallait mettre une cuillerée à bouche . dans un vase à toilette contenant à peu près deux livres d’eau tiède ; la dose de la solution était tous les jours graduellement augmentée , jusqu’à ce que les solutions aient déterminé une légère cuisson. Le même praticien prescrit aussi des lotions faites ayec un mélange de deux gros de deuto-chlorure de mercure dissous dans une quantité suffisante d’alcool et dix onces d’eau distillée. Il employait d’abord cette solution à la dose d’une cuillerée à café dans une livre d’eau chaude et successivement jusqu’à trois ou quatre cuillerées à bouche pour se laver deux ou trois fois par jour. Pendant qu’on faisait usage de ces lotions, qui devaient être continuées quelques jours après la cessation de tous les symptômes, M. Trousseau prescrivait l’usage des boissons délayantes et