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DE L'ENGORGEMENT PRIMITIF AVEC INDURATION

Cette espèce d’engorgement avec induration, offre plus d un point de similitude avec l’engorgement simple sans induration. Il est produit par les mêmes causes, s annonce par les mêmes symptômes et détermine les mêmes accidents généraux, mais la dureté

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dont le toucher signale l’existence dans le tissu de la matrice, est un signe tellement caractéristique de l'engorgement avec induration, qu’il est impossible de le confondre avec l’hypertrophie morbide sans induration dont nous avons parlé précédemment.

L’engorgement blanc simple avec induration, remonte ordinairement à une époque peu reculée, et la plupart des malades disent que leurs souffrances se sont manifestées à la suite d’une suppression brusque de leurs règles, d’un avortement recent ou d’un accouchement qui, ainsi que les deux autres accidents s’étaient effectués depuis deux ou trois mois, La date recente de l’induration rend la cure ordinairement prompte et facile, mais il est important de distinguer cette espèce d’engorgement, avec l’engorgement squirrheux.

Dans l’un et l’autre cas, les douleurs peuvent être nulles ou également lancinantes, et en pratiquant le toucher, on reconnaît que la matrice présente un poids et un volume plus considérables qu’à l’état normal. Dans l’engorgement avec induration simple, le tissu est un peu moins dur, et présente une surface unie et de couleur rosée ; tandis que l’engorgement squirrheux offre des bosselures, et des inégalités et de plus la muqueuse du col utérin qui parait d’un blanc mât, est beaucoup plus sensible au toucher. Enfin, le traitement étant le même en tous points, l’hypertrophie avec induration simple, n’exige en

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général qu’un traitement d’un à trois mois; il faut au contraire un temps beaucoup plus long pour obtenir la résolution d’un engorgement squirrheux, ce qui est extrêmement dilïicile et même impossible quand la maladie est ancienne. M. Duparcque dit avec raison que la transition des engorgements durs de l’état curable à l’état incurable n’est pas facile à saisir; ce n’est guère que sur des circonstances éventuelles que l’on peut, sous ce rapport, établir un diagnostic. Selon le même auteur, la guérison est possible tant que l’induration reste formée par une substance fibro-albumineuse, déposée dans les mailles du tissu cellulaire de l’organe malade ; mais la résolution ne peut plus avoir lieu, lorsque la même substance passe à l’état cartilagineux, et à plus forte rai son a 1 état d ossification. Du reste, le diagnostic est moins important qu’on pourrait le croire, parce que le traitement est le même dans les deux cas, seulement les chances de guérison sont bien différentes. Les moyens curatifs des engorgements durs primitifs sont également indiqués dans les indurations squirrheuses; mais alors ils ne sont que des palliatifs qui arrêtent quelquefois les progrès du mal et rendent les douleurs beaucoup plus supportables.

Le traitement de l’engorgement simple avec induration diffère très peu de celui de l’engorgement simple sans induration; c’est-à-dire qu’il faut recourir d abord aux antiphlogistiques,, puis aux ré-

solutifs et aux fondants administrés soit à l’intérieur soit à l’extérieur sous la forme de frictions. Les bains sulfureux , les douches ascendantes vers le col et autour du bassin sont également prescrits avec avantage. Enfin, si la maladie était réfractaire, on joindrait à ces moyens les révulsifs puissants, tels que les moxas, les sétons, les cautères, etc. En général l’affection cède facilement aux moyens qu’on lui oppose, quelquefois même la guérison s’opère par les seuls efforts de la nature, mais ordinairement lorsque le mal est abandonné à lui-même, il dégénère en squirrhe et se trouve bientôt au-dessus des ressources de l’art.

DE L’ENGORGEMENT SQUIRRHEUX.

L’engorgement squirrheux est produit par les mêmes causes et présente les mêmes symptômes que les engorgements simples avec ou sans indurations : quoique les douleurs lancinantes qu’il détermine soient en général plus vives , plus fréquentes on ne doit pas , ainsi que le prétendent la plupart des auteurs, les regarder comme étant un caractère essentiel , puisqu’elles peuvent exister dans les engorgements sans dégénérescence squirrheuse.

Les signes qui distinguent particulièrement le squirrhe du col de la matrice sont, comme nous l’avons déjà dit , la lenteur avec laquelle la tumeur s’est développée, la dureté comparable à celle d’une

de l’engorgement squikrueux. 583 pétrification, et les inégalités et les bosselures que le doigt perçoit lorsqu’on pratique le loucher; enfin, la couleur blanc mat ou quelquefois jaune éburné que présente le col utérin lorsqu’on explore les parties au moyen du spéculum.

Le traitement ne diffère pas de celui de l'engorgement avec induration simple ; on ne devra jamais perdre de vue que le traitement étant ordinairement très long, il faut pour cette raison ménager davantage»' les forces de la malade , et ne recourir aux émissions sanguines qu’avec prudence et ménagements; d’ailleurs , on modérera l’activité de la circulation avec des boissons tempérantes , les bains , le repos, la diète , l’usage interne du nitrate de potasse , de la digitale pourprée; et dans le but de modifier les éléments organiques du sang qui paraissent plus particulièrement concourir à la formamation des engorgements squirrheux, on insistera davantage sur les pilules savoneuses , les minora tifs salins, les exutoires, les diaphoniques, etc. Enfin, pour diriger, autant que possible, l’afflux sanguin vers des régions plus ou moins éloignées, on renouvellera fréquemment l’emploi des ventouses sèches , des frictions excitantes sur la peau , des sinapismes volants, des bains sulfureux , des douches, etc. En parlant du traitement général des engorgements de l’utérus, nous ferons connaître la manière d’employer ies différents moyens dont il vient d’êtrequestion, elles

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diverses modifications qu’exige leur application suivant les circonstances.

Quoique la plupart des auteurs aient regardé les engorgements durs comme étant à peu près incurables , nous pensons avec MM. Lisfranc , Récamier, Duparcque et quelques autres praticiens distingués de notre époque, que les tumeurs squirrheuses de la matrice peuvent, comme il arrive souvent pour celles du sein , céder à un traitement persévérant et bien dirigé. Les trois praticiens que nous venons de citer ont publié des observations nombreuses qui confirment cette opinion ; d’ailleurs, si Hippocrate, Galien, Féaron, Hufeland, Ledran, F a cher, P outeau Marc Antoine Petit de Lyon, MM. Récamier et Lisfranc , et quelques autres sont parvenus à faire résoudre des tumeurs indurées des mamelles, pourquoi se refuser à admettre un semblable résultat pour les engorgements durs et chroniques de l’utérus. Ce qui prouve encore la possibilité de la résolution des tumeurs squirrheuses, c’est qu’on l’a vu s’effectuer par les seuls efforts de la nature. M. Pauly rapporte que deux femmes condamnées par M. Lisfranc pour un engorgement de la matrice, se sont parfaitement rétablies sans s’être soumises à aucun traitement. (Maladies de l’utérus, page 31 5)

Nous terminerons en disant que tous les engorgements durs simples ou présumés de nature squiri lieuse, qui se sont développés à la suite d’un trouble

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