‹ Traite complet des maladies des femmesChapitre 37 sur 60 · INDURATION TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

INDURATION TUBERCULEUSE

de la menstruation ou d’un accouchement , sont généralement susceptibles de résolution. Ceux qui surviennent ou qui augmentent à l’époque critique, résistent ordinairement à tous les moyens qu on leur oppose; mais avec le secours d’un traitement bien dirigé , iis restent souvent stationnaires. Enfin , les engorgements durs dont le pronostic est le plus funeste , sont ceux qui se couvrent de bosselures molles, et qui font éprouver des douleurs lancinantes et profondes ; dans ce cas on a la certitude de leur transformation prochaine et inévitable en cancer ulcéré.

INDURATION TUBE HCU LBL §E .

L’induration tuberculeuse de la matrice est plus fréquente qu’on ne le pense généralement. Elle attaque principalement les femmes d’un tempérament lymphatique et d;une constitution faible et molle. La nature de cette affection et la cause immédiate qui la produit, ne sont pas connues; cependant nous nous rangeons du côté des médecins qui la regardent comme étant l’efîet d'une inflammation chronique qui ne peut se développer que chez les personnes qui y sont prédisposées. Les circonstances qu’il est raisonnablement permis de re garder comme pouvant faciliter la production de l’induration tuberculeuse qui nous occupe, sont l’usage intérieur du mercure , le défaut d’exercice,

le séjour dans un lieu obscur , une profession sédentaire., une alimentation peu nutritive et plusieurs autres causes , qui n’ont aucune action , sans une certaine prédisposition que nous ne pouvons apprécier.

Les signes qui font reconnaître l’induration tuberculeuse du col de la matrice, nous sont fournis par le toucher vaginal et l’exploration au moyen du spéculum. En portant le doigt sur le museau de tanche et en y exerçant une légère pression, on reconnaît que son tissu est le siège de points durs qui font une saillie plus ou moins considérable, et qui sont séparés les uns des autres, par des dépressions ayant la consistance normale du col de l’utérus à l’état sain. Il arrive cependant quelquefois que le tissu déprimé qui sépare chaque induration , se trouve hypertrophié par la matière tuberculeuse. Dans quelques cas, les points saillants convertis par degrés et par portions , en un liquide puriforme, ne tardent pas à s ouvrir, à donner naissance à de petites ulcérations scrophuleuses dont plus tard nous aurons à nous occuper. Lorsque les tubercules , quoique ramollis, ne sont pas ouverts, ils font éprouver au doigt explorateur la sensation d’une dégénérescence partielle, et dans ce cas le diagnostic ne peut ètreétabli d’une manière certaine, parce qu’alors on ne s appuie en quelque sorte que sur la constitution de la femme, l'exploration des parties avec le secours du

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spéculum, permet presque toujours d apprécier la nature de la lésion lorsque l’engorgement tuberculeux est ouvert , parce qu’en appuyant légèrement l’extrémité de l’instrument sur le col utérin, on voit jaillir du centre de l’ouverture un flot de matière puriforme de nature tuberculeuse.

La marche de cette affection est ordinairement lente, elle offre en général peu de dangers par elle-même, puisque par les seuls efforts de la nature, on a vu des cavernes tuberculeuses se cicatriser temporairement ou définitivement; cependant cette heureuse terminaison n’a lieu ordinairement qu’avec lenteur, parce que souvent , il survient de nouveaux foyers tuberculeux, à mesure que les anciens marchent vers la cicatrisation . Du reste, cette maladie exige le traitement local et général des ulcérations scropbuleuses; c’està-dire que dans le cas où elle sera récente , on aura recours aux antiphlogistiques , employés avec ménagements à cause de la constitution faible des malades, et on prescrira ensuite, surtoutsi le mal estchronique, les tisanes amères de houblon , de gentiane , les préparations ferrugineuses, la teinture d’iode à la dose de ] 0 à 30 gouttes par jour, l’usage des eaux sulfureuses, spécialement celles de Bonnes et de Barège, naturelles ou factices , les frictions mercurielles à la face interne des cuisses et sur la région hypogastrique , enfin les fondants, les toniques et tous les moyens thérapeutiques, hygiéniques, et diététiques qui conviennent aux affections tuberculeuses.

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1ÏE LA. LEUCORRHÉE OU FLLELRS BLANCHES.

De toutes les dénominations données à cette maladie , celle de catarrhe utérin paraît d’abord la plus exacte , parce qu’on est convenu de comprendre sous le nom générique de catarrhe toutes les inflammations des membranes muqueuses, et qu on regarde assez généralement la leucorrhée comme étant le résultat d'une phlegmasie de la membrane interne de la matrice. Cependant, si d’une part l’on considère que la dénomination de catarrhe utérin ne sépare pas dans 1 esprit la leucorrhée proprement dite de la blennorrhagie syphilitique, qu’il faut toujours distinguer, surtout dans la pratique; si d’un autre côté on se rappelle que le flux leucorrhéique, loin d’être toujours le résultat d’une inflammation de la muqueuse utérine, est le plus souvent déterminé par un relâchement et une atonie de la muqueuse utérovaginale , on conviendra que le mot de catarrhe utérin n est pas a 1 abri d’une critique méritée. Par exemple, est-il permis de regarder comme étant le produit d’une phlegmasie de la membrane interne de l’utérus , la leucorrhée qui succède à des bains tièdes, à un régime débilitant , et surtout celle qui, après une émotion vive de l’âme, survient subitement, coule sans prurit, sans douleur, et n’est accompagnée que de quelques symptômes nerveux , tels que des bâillements, de légers tiraillements d’estomac, un

DE LA LEUCORRHÉE OU FLUEURS BLANCHES. 58g malaise général cessant avec la cause morale qui leur a donné naissance. Cet état passager ne porte-t-il pas avec lui plutôt le cachet d’une débilité, ou d une affection spasmodique que celui d’une véritable inflammation. Peut-on mieux attribuer à un état inflammatoire périodique, le flux sëro-muqueux qui prépare , complète ou même remplace récoulement des règles ?

Quoique le mot leucorrhée n’offre pas lui-même une parfaite exactitude, et qu’il n’indique que le symptôme constant d’une affection utéro-vaginale caractérisée, surtout par un écoulement plus ou moins blanc, nous avons cru qu’il devait être préféré au mot catarrhe utérin , soit parce que, comme ce dernier, il ne fait rien préjuger sur les causes, la nature et le siège du mal, soit parce qu’il est d’ailleurs consacré par un usage plus général.

La leucorrhée dont le nom dérive des deux mots grecs, Xeuxoç, blanc , p£W, je coule , a été observée dès la plus haute antiquité et a reçu presque autant de dénominations qu’il y a d’auteurs qui s’en sont occupés. Hippocrate, Arétée, Galien, Avicène, en ont fait mention avec beaucoup de détails , mais, ainsi que la plupart de leurs successeurs, n’élant appuyés que sur les connaissances anatomiques et physiologiques de leur époque, ils ont émis des opinions plus ou moins fausses sur la nature et le siège de cette maladie. Si Avicène et F. Hoffmann se sont

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moins éloignés de la vérité en désignant les vaisseaux sécréteurs des menstrues , comme étant le point de départ de la leucorrhée, Degraff, Hernius, Severin, Pinault, et surtout Chureton, dforgagrii et Bonnet s en approchèrent bien plus encore , en considérant cet écoulement comme étant une sécrétion pathologique des glandes muqueuses dont ils avaient constaté 1 existence et les orifices dans l’intérieur des parties génitales. Mais il était réservé aux travaux des médecins modernes , surtout à ceux de Pinel et de Bichatj de faire connaître d’une manière invariable , les maladies , l’organisation et les fonctions des membranes muqueuses.

Sans regarder l’inflammation comme étant la cause unique de la leucorrhée, nous disons que quelle que soit 1 origine de cette affection , elle a pour caractère principal et constant, une sécrétion anormale d un fluide muqueux , plus ou moins blanc, et s échappant par la vulve en proportion indéterminée et avec des nuances et une consistance variables.

Voulant isoler cette maladie , comme elle doit 1 être dans son étude et dans son traitement , nous ne comprendrons sous le nom de leucorrhée que lasupersécrétiori essentielle et séro- muqueuse qui résulte soit d'une inflammation simple subaiguë ou chronique de la membrane interne utéro-vaginale, soit d'un état d’atonie générale ou locale. Il ne sera donc pas question dans ce chapitre des écoulements purulents symp-

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tômatiques qui dépendent de la blennorrhagie et des autres affections syphilitiques, du catarrhe utérin aigu proprement dit, qui a une marche rapide, enfin, ceux qui sont produits par la présence d’un pessaire ou d’autres corps étrangers , par diverses altérations de la matrice et du vagin, entr’autres les tumeurs squirrheuses, polypeuses, fibreuses, cancéreuses, les ulcérations du museau de tanche, l’hydropisie et la suppuration des ovaires et des trompes , et plusieurs autres lésions qu’il est inutile de rappeler.

Quoiqu'on soit généralement d’accord aujourd’hui que la leucorrhée a sa source immédiate dans les follicules et sur toute la surface de la membrane interne de la matrice et du vagin , diverses circonstances feraient croire que le flux leucorrhéique pourrait également être formé en partie par une exhalation séreuse des vaisseaux qui sécrètent le sang menstruel. En effet, n’observe-t-on pas qu’un fluide séreux regardé comme des flueurs blanches légères, précède ordinairement l’éruption des règles, et que lorsque cette dernière évacuation est irrégulière, elle alterne avec une leucorrhée qui s’augmente d’autant plus que l’écoulement sanguin est moins abondant , et vice versa. Ne voit-on pas également une suppression des règles être souvent remplacée par une leucorrhée salutaire, et ne sait-on pas, comme Friend l’a observé, que les femmes qui dans ce cas ont des flueurs blanches abondantes ressentent moins les effets fà-

cheux de leur suppression , et que ie même phénomène se présente souvent chez elles à la cessation définitive des menstrues. Si les liens in’inrrS de ces deux évacuations peuvent encore être rendus évidents par la remarque que l’apparition des règles suspend ordinairement la leucorrhée, on pei 1 démontrer d autre part que les flueurs blanches qui se manifestent pendant la grossesse, sont uniquement fournies par les cryptes muqueux du vagin, ce qui du reste tendrait à prouver que la leucorrhée peut avoir son origine dans chacune des sources que nous venons d’indiquer ou dans l’une ou l’autre isolément. Malheureusement les faits précis nous abandonnent, et sans eux il ne reste que des conjectures et des incertitudes.

Dans les cités populeuses, comme sur un sol de prédilection , la leucorrhée se développe sous l’influence d un si grand nombre de causes , qu'il v a très peu de femmes, surtout à Paris, qui en soient complètement exemptes. Quoique cette affection se manifeste plus spécialement depuis la première apparition des règles jusqu’à l'époque de leur cessation, il n’est pas d’âge qui en soit exempt. G. P. Neuter, Jean JJoIæus , Pocler ic a Castro , Fernel, Morgagni et d’autres auteurs ont vu des petites filles de six ou huit ans qui en étaient atteintes; nous avons eu nous-même l’occasion d’en constater plu-

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sieurs exemples , entr'autres sur une enfant nouvellement née.

Le catarrhe utéro-vaginal, que M. Alibert regarde ave : raison comme étant celui auquel la femme est le plus souvent assujétie par sa propre constitution organique, peut également s’allier avec tous les tempéraments; mais un tempérament lymphatique, une débilité générale, un état cachectique, une certaine susceptibilité inflammatoire des membranes muqueuses, propre à certains sujets, sont autant de circonstances qui prédisposent à cette affection.

Ainsi on la rencontre plus particulièrement chez les femmes grandes, blondes, nerveuses, vaporeuses, grêles, délicates, chez celles qui ont la chevelure rousse et la peau parsemée de taches. Si les femmes qui ont la peau brune et les cheveux noirs, n’en sont point exemptes, elle est plutôt l’apanage de celles qui sont dans des circonstances opposées.

Une température habituellement froide et humide, un séjour prolongé dans des régions basses , marécageuses , favorisent aussi d’une manière particulière la production de la leucorrhée; c’est principalement à la réunion de ces deux circonstances , que Sjlvins attribue la fréquence de cette maladie , chez les Hollandaises , qui pour la môme raison est commune dans une partie de la Belgique, dans la

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basse Normandie et dans certaines contrées de l’Angleterre.

Le genre de vie auquel l’état social condamne les femmes qui habitent les grandes villes , les livre pour ainsi dire sans défense, aux causes nombreuses des phlegmasies chroniques de la muqueuse utérovaginale.

Ainsi, dans les cités populeuses , l’oisiveté , la mollesse, la vie sédentaire, la promiscuité continuelle des sexes , et la fréquentation des lieux où tout respire le plaisir; les veilles prolongées, la danse, les occupations frivoles et l’étude des arts qui donnent une nouvelle activité à l’imagination; les lectures érotiques , l’établissement pernicieux d’une puberté hâtive et artificielle; l’éhranlement prématuré des organes génitaux ; les jouissances solitaires ; la con centration des sentiments et des pensées sur des objets qui tiennent les organes génitaux dans une sorte de turgescence et d’excitation permanente ; enfin une foule d’habitudes vicieuses et d’excès de tous genres qui, imprimant des modifications plus ou moins profondes sur la constitution générale, réagissent plus particuliérement sur la sensibilité de la matrice qui, chez la femme, est non-seulement l’organe le plus apte à' se prêter aux mouvements fluxionnaires, mais encore le centre vers lequel toutes les actions morbifiques semblent principalement aboutir.

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L’usage des chaufferettes, du caféau lait, du thé, peut aussi contribuer pour beaucoup dans la production de la leucorrhée ; il en est de même de l’usage trop fréquent des viandes et des poissons salés , des coquillages , des substances farineuses , indigestes ou trop succulentes , de la bière , des mets épicés, des ablutions trop souvent répétées, de l’abus des bains chauds, des purgatifs, des emménagogues, du laitage. Nota mihi sunt exernpla, dit Stahl, puellas interdum salis diù à flexû albo curato mansisse immunes ; ut primum vero lac sumpsere, continué recidivum fuisse passas.

Il faut encore ranger parmi les causes de la leucorrhée , la cessation brusque des excrétions soit naturelles soit artificielles, entr’autres celles de la transpiration générale ou partielle des pieds, des mains , des aisselles ; il y a des femmes à qui il suffit de se tenir les bras découverts, de se mouiller les pieds ou de s’asseoir sur un corps froid et humide, pour être presque aussitôt atteintes de flueurs blanches. La suppression d’un exutoire, tel qu’un cautère, un vésicatoire ou un séton; celle d'une diarrhée , d’un vomissement habituel , du flux liémorrhoïdal, de la suppuration d’un ulcère ancien; la rétrocession d’exanthèmes cutanés, d’une affection herpétique , psorique, artriiique, etc. Enfin , les dérangements de la menstruation , le défaut d allaitement , la débilité du système gastrique , la

disparition subite d’un coryza, d'un catarrhe pulmonaire ou de toute autre maladie des membranes muqueuses, sont encore autant de causes qui peuvent déterminer la leucorrhée.

La sympathie étroite du cerveau avec les organes de la génération, rend compte jusqu’à un certain point du développement ou de l’augmentation de l’afTection qui nous occupe , à la suite d’une affection morale ; quoi qu’il en soit, on la voit souvent naître instantanément ou s’accroitie , lorsqu’elle existe déjà sous l’influence d’une émotion vive, d’un chagrin cuisant, d’une contrariété profonde , d’un accès de colère , d’une frayeur subite , etc. Une dame voyant sa fille unique sur le point de lui être ravie par une fièvre cérébrale, fut tout à coup inondée d'un écoulement leucorrhëique. Une jeune fille de 23 ans qui se trouvait au n° 1 2 de la rue Transnonain pendant la nuit du \ 3 au 1 4 avril 1 834, ayant vu immoler son amant par des soldats , et n’ayant du elle-même son salut qu’au hasard, fut immédiatement atteinte de flueurs blanches trèsabondantes.

Enfin nous terminerons ce que nous avions à dire sur les causes de cette affection , en ajoutant qu’on l’a vue régner épidémiquement sous l’influence de principes inappréciables et fugitifs et d'une constitution atmosphérique qui s’est trouvée souvent dans des conditions entièrement opposées.

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Morgagm , Raulin, Brous sonnet, ont en occasion d’observer des épidémies de cette nature. La dernière dont Raulin fut témoin, eut lieu à Paris en 1765 , pendant une chaleur brûlante et une sécheresse excessive. On a observé également la leucorrhée épidémique pendant un temps humide et froid. Du reste cette dernière cause est u ne des plus fréquentes de ce tte maladie. TB eikard , traducteur de Brown, rapporte que dans un couvent de Saint-Petershourg toutes les éleves étaient affeclees de flueurs blanches parce qu on les élevait a la rigueur du froid sous prétexte de leur donner une constitution plus robuste.

Comme 1 inflammation aiguë de la muqueuse utéro-vaginale n’existe réellement que dans les écoulements blennorrhagiques récents, ou dans ceux qui dépendent d une cause locale, par exemple de la présence d’un pessaire, ou d’un autre corps étranger dans les cavités génitales, de l’abus momentané du coït, d une copulation criminelle, de la disproportion relative ou absolue des organes, de la masturbation, d une injection irritante, etc. Nous avons cru devoir ne pas pailer ici du catarrhe utérin aigu, dépendant des causes que nous venons de signaler, pour ne présenter la leucorrhée essentielle proprement dite que sous la forme subaiguë , et sous la forme chronique, qui sont les véritables types de cette affection. Cette dhision, qui du reste n a aucun inconvénient dans la pratique, a l’avantage de faciliter l’étude de la ma-

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ladie, et surtout de la distinguer des écoulements symptomatiques et des inflammations aiguës de la muqueuse utéro-vaginale , avec lesquels on la confond toujours.

La leucorrhée sub-aiguë qui débute avec des symptômes vraiment inflammatoires et quelquefois même avec un léger -mouvement fébrile, s’annonce par un léger prurit, qui d'abord fixé à la vulve , se propage bientôt dans le vagin et dans l’utérus. Les malades éprouvent une douleur sourde à l’hypogastre, une sensation de chaleur et de pesanteur au centre de la cavité pelvienne, des tiraillements dans les lombes, les aines, les cuisses ; elles sont tourmentées par de fréquents besoins d’uriner et quelquefois par des désirs vénériens. L’expulsion de l’urine est souvent accompagnée de quelques difficultés et d’un sentiment d’ardeur pénible ou douloureux. Enfin il vient se joindre assez fréquemment a ces divers phénomènes une sensation de strangulation hystérique et d’oppression spasmodique à la partie supérieure de la poitrine.

L’écoulement qui d’abord est peu abondant, clair, séreux ou sanguinolent, surtout s il succède à une hémorrhagie utérine, augmente bientôt, prend plus de consistance, et offre une couleur qui est. variable, et qui peut être blanche, lactescente, jaune ou verdâtre. La sécrétion est quelquefois si abondante, que les femmes sont obligées de se garnir connue pendant

DJi LA LEUCORRHEE OU ELU H U R S BLANCHES. 5ÿC) l’évacuation menstruelle: les taches de leur linge sont jaunes ou verdâtres, et lui donnent une roideur empesée ; l’exploration au moyen du toucher et du spéculum , permet de reconnaître que toutes les parties génitales sont plus rouges, plus enflammées et plus sensibles, que le col utérin est plus dilaté qu’à l’état normal, enfin que la muqueuse du museau de tanche et du vagin est boursouflée, empâtée et quelquefois même excoriée ou légèremen t ulcérée.

Dans les cas de leucorrhées recrudescentes , c’està-dire celles qui diminuent, augmentent ou disparaissent alternativement, il est souvent difficile de bien distinguer à quelle forme on a affaire, et ce nJest que par tâtonnement qu’on arrive dans certains cas équivoques à reconnaître le vrai caractère de 1 affection, et à préciser le traitement qui lui convient. Cependant on devra considérer comme subaiguë ou active la leucorrhée qui alterne avec les règles, au moins pendant les jours qui précèdent ou qui suivent immédiatement leur évacuation ; celle qui survient à la suite d’un mouvement fébrile universel chez les femmes jeunes et sanguines ; enfih, celle qui est déterminée par l’abus momentané du coït, par une fatigue extrême, ou par d autres causes d’excitations générales, entr autres les veilles prolongées, 1 usage immodéré des mets épicés, salés, acres, des liqueurs alcooliques, etc.

La leucorrhée chronique passive, quoique suecé-

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dant souvent à la leucorrhée sub-aiguë,peut non seulement exister sans présenter aucun caractère d’inflammation, mais même dépendre primitivement d’un état de relâchement général, ou d une débilité locale. Le flux leucorrhoïque chronique résultant de cette cause, s’observe principalement chez les femmes lymphatiques et à fibres lâches ; c’est pour cette raison que cette incommodité est beaucoup plus commune dans les régions froides et humides. Elle est également fréquente chez les femmes dont les organes génitaux sont relâchés par les couches nombreuses, par des excès du coït ; elle coexiste ordinairement avec la chlorose, l’aménorrhée, et elle peut être la cause, l’effet ou l’indice d’un état d’atonie et de relâchement général.

Les femmes qui sont atteintes de la leucorrhée chronique dépendant d’une débilité des organes génitaux ou de la constitution générale , quoiqu’ayant quelquefois le teint vermeil et semblant jouir d’une bonne santé, ont généralement un faciès particulier qui peut aider à éclairer le médecin, et à faire reconnaître la maladie ; leur visage et leurs lèvres sont pâles, leurs yeux sont entourés d’une auréole noirâtre, leurs paupières sont souvent gonflées, enfin tout dans leurs traits annonce un air de langueur, et porte le cachet de l’abattement. Quando autern in matrice hum, ores multisuntyOculi dolent caput calidum habentvel languidum et vesliginem patiuntur, dit Hippocrate.

DE LA LEUCORRHEE OU FLUEURS BLANCHES. 6oi La leucorrhée chronique essentielle n’est jamais accompagnée de symptômes d irritation des organes génitaux ; quelle que soit sa cause , le moment de son invasion est presque toujours inconnu, sa marche est fort irrégulière et sa durée illimitée. Comme à l’état aigu , la couleur , la consistance et l'abondance de l’écoulement présentent des variations; souvent le fluxleucorrhoïque est peu abondant, et ne constitue qu’une légère incommodité que des soins de propreté empêchent de devenir trop désagréable; d’autres fois il s’échappe de la vulve en assez grande quantité pour baigner continuellement les organes génitaux externes et le haut des cuisses, et déterminer sur ces parties de légères excoriations et des inflammations superficielles que des lotions et des bains locaux préviennent et font facilement disparaître.

Il arrive assez fréquemment que cette affection est compliquée d’un relâchement du vagin et d’une abaissement ou d’une inclinaison vicieuse de la matrice; mais ces lésions de situation de l’organe gestateur , qui ajoutent aux inconvénients de la leucorrhée , et qui s’annoncent par un sentiment de pesanteur sur le rectum et la vessie , sont plutôt les effets que les causes des flueurs blanches proprement dites.

Lorsque l’écoulement est peu considérable , il est ordinairement muqueux et tache à peine le linge ;

IJÉsStOTYS VITALES.

son odeur est presque nulle, sa couleur est blanchâtre comme celle du petit lait troublé. Si au contraire la leucorrhée est abondante , le flux muqueux est généralement lactescent, et quelquefois par sa consistance et sa couleur il présente assez de ressemblance avec le lait pour avoir fait croire aux prétendues maladies laiteuses et avoir servi d’explication aux fausses théories des humoristes. Dans ce cas la matière de 1 écoulement raidit le linge en se desséchant et laisse une tache grisâtre plus foncée vers ses bords et ressemblant assez à celle qui est produite par la muqueuse nazale. Quelquefois la sécrétion est plus consistante, floconneuse et même easéiforme; lorsqu’elle est abondante et surtout lorsqu’elle est ancienne, quelle que soit sa couleur et sa consistance , il en résulte toujours des lésions variées dans les fonctions et une foule de phénomènes sympa' tliiques. En effet, les femmes se plaignent de pesanteur dans les régions lombaires et hypogastriques, de lassitudes vagues , de tiraillements douloureux dans l’estomac, et de coliques intestinales. Elles sont en proie à des appétits bizarres, des aigreurs, des renvois nidoreux, des migraines, des bâillements et des hoquets fréquents ; leur peau est froide et très sensible aux moindres variations atmosphériques ; elles transpirent peu; elles accusent une chaleur insolite à la tête, des vertiges, des syncopes, des palpitations de cœur, un froid glacial aux pieds, des douleurs

DE U LEUCORRHÉE OU FLUEURS BLANCHES. 6o3 vagues sous le sein gauche; leur teint se fane, leurs yeux se creusent, elles pleurent sans motifs; elles éprouvent un dégoût général , des impatiences fréquentes et une sorte de langueur et d’accablement, un sentiment de strangulation et d’étouffement, une tristesse involontaire ; elles sont apathiques, mélancoliques, hypocondriaques, enfin elles n’offrent jamais la physionomie heureuse qui caractérise leur sexe, et souvent elles sont tourmentées par des désirs érotiques qui les portent à des habitudes vicieuses et augmentent en même temps leur état de langueur et d’épuisement. Lorsque la menstruation s’établit dans les cas d’aménorrhée et de chlorose , l’écoulement leucorrhoïque diminue ou cesse tout-â-fait; l’on voit disparaître avec lui tous les accidents nerveux ; bientôt la pâleur s’efface, la gaieté revient, les fonctions de b estomac se rétablissent, ainsi que la santé.

Lorsque l’écoulement leucorrhoïque est continu, abondant, et ancien, l’épuisement total des forces et la dégradation de toute la constitution sont bientôt les conséquences fâcheuses et inévitables de ce flux sans cesse renaissant qui semble attirer à lui la source de toutes les autres excrétions et faire contribuer ainsi 1 économie toute entière. Alors la peau se décolore de plus en plus, la maigreur augmente , les chairs sont flasques, les seins sont mous, le pouls est petit et fréquent, 1 haleine est fétide; les paupières se boufis-

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sent, les jambes sont toujours froides et quelquefois même toute l’habitude du corps s’œdématise. Les malades se plaignent de coliques presque continuelles et de douleurs le long de la colonne vertébrale, dans les reins , les hanches et la région hypogastrique. Elles sont tourmentées par une soif continuelle , leur appétit s’éteint ; elles éprouvent des tiraillements d’estomac habituels et une constipation opiniâtre; elles sont sujettes à des nausées , des éructations et même à des vomissements acides ; leurs urines sont troubles, floconneuses, et peu abondantes. Lorsque la leucorrhée est parvenue à ce degré de gravité , tout est dégoût et indifférence pour les malades; leurs facultés faiblissent sensiblement, elles sont impropres à la reproduction autant par leur indifférence que parle dégoût qu’elles inspirent : enfin une inervation morale et un découragement, profond, accompagné de la fièvre hectique , usent le reste des forces, après avoir détruit tous les charmes de la vie.

Parmi les écoulements qui peuvent être confondus avec la leucorrhée essentielle, se trouvent naturellement ceux qui dépendent d’une cause syphilitique et ceux qui sont symptomatiques d’une autre affection plus ou moins grave de la’matrice ou du vagin ; Gualt, Charleton , T an Swieten, de Graff et quelques autres pensaient que la leucorrhée avait sa source dans le vagin et l’utérus, tandis que les écoulements blennorrliagiques, avaient leur point de départ à l’entrée du

DE LA LEUCORRHÉE OU FLUEURS BLANCHES. 6o5 vagin et spécialement dans les environs du méat urinaire et dans les lacunes situées entre les nymphes. A s truc, Baillou, Pitcarn, Raymond , sans regarder comme infaillible l’examen des parties, pensent avec raison qu’il peut être utile pour éclairer le diagnostic. Benjamin Bell mettait le siège des écoulements syphilitiques dans le canal de l’urètre, et conseillait comme le fait M. Ricord de presser ce conduit d’arrière en avant avec l’extrémité du doigt : « on exprimera toujours, dit cet auteur, la matière de l’infection syphilitique. «Mais des faits nombreux etbien observés prouven t que les inductions tirées de cette diflérence présumée du siège, ne mérite qu’une bien faible confiance, il en est de même de la persistance de 1 écoulement blennorrhagique pendant les règles, et de la suspension du flux leucorrhoïque par l’apparition du flux menstruel. En effet ces signes indiqués par Jean Fernel (1) médecin du roi Henri II, Jean Liebauli (2) Louis Mercatus (3) Roderic à Castro (4) Lazare Pé (5) Primerose (6) Mauriceau (7) Charietun (8) Pierre Frésart (9) et que Baglivi (1 0) regardait comme infail-

(1) La Pathologie de J. Fernel, lib. VI, cap. 16.

(2) De la santé, fécondité et maladies des femme;, hv. V.

(3) De affect, mulierum , lib. I, cap. 15.

(4) De morbis mulierum, lib. I, cap. 4.

( 5 ) Maladies des femmes , liv. II, ch. 36.

(6) De morbis mulierum et symptom. libhV.

(7) Maladies des femmes , anat. des part. énit. cliap. 6.

(8) De catam. et uteri rheumatiso , cap. 8.

(9) Emmenolog.cap.X.

(1q) De praxi medica , lib. II , cap. 8.

LÉSIONS V1TALFS.

libles, sont tout aussi illusoires que ceux déjà signalés; car, ainsi qUe Baill&u,Jtstruc et plusieurs autres médecins, nous avons vu ces deux sortes d’écoulements s’effectuer en même temps.

Les douleurs qui précèdent l’écoulement blennor- 1 hagique et qui d après Pinel manquent tou jours dans la leucorrhée, le sentiment d’ardeur et de cuisson pendant 1 émission de 1 urine qui a été indiqué par plusieurs auteurs et surtout par Charleton (Joc. cit.), comme étant un signe caractéristique des écoulements syphilitiques, la coexistence de T urétrite avec la vaginite signalée par M. Picard, enfin la teinte rouge pâle et les taches blanchâtre et cuivreuse, que M. Richerand regarde comme des indices de la blennorrhagie proprement dite, ne sont pas des signes vraiment pathognomoniques d’après lesquels on puisse porter un jugement positif sur la nature de la maladie.

La consistance, les différentes altérations et les nuances diverses des sécrétions utéro-vaginales sont tout aussi trompeuses; car comme l’a dit M. Lngneau

la couleur verte, jaune, de l’écoulement, son plus ou moins d abondance, sa durée toujours variable, les différences d intensité d’inflammation, ne sont pas des raisons suffisantes pour faire qu’un médecin prudent ose se prononcer; car la blennorrhagie syphilitique est souvent tout-a-fait ind lente, de courte duree, et fournit peu de matière, dont la couleur est

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presque toujours d’un blanc de lait; tandis qu’on rencontre tous les jours des écoulements qu’on se sent porté à regarder comme non virulens, offrir ces différents phénomènes à leur plus haut degré. »

La propriété contagieuse de l’écoulement et sa transmission par le coït, ne sont pas des signes plus propres à résoudre le problème; car l’expérience nous prouve tous les jours, qu’on peut cohabiter avec une femme infectée d’une blennorrhagie syphilitique sans contracter la meme maladie, tandis que la leucorrhée peut devenir assez irritante pour communiquer une blennorrhagie aiguë. L’âge, les présomptions morales, le§ antécédents, peuvent également exposer à des erreurs. Mauriceau rapporte que trois petites filles, dont la plus âgée n’avait pas neuf ans , lui furent présentées comme atteintes de flueurs blanches. Ce praticien les ayant interrogées, se convainquit bientôt par leurs réponses , que malgré l’absence de toute violence aux parties génitales , elles avaient été infectées par d infâmes domestiques.

D’après ce que nous venons de dire, on voit que les signes propres à distinguer le flux leucorrhoïque essentiel, d’un écoulement dépendant d’une blennorrhagie syphilitique , ont toujours présenté la plus grande incertitude aux praticiens les plus exercés. Cullêrier, dont les opinions sur cettematièredevraient être dune si grande valeur, laisse la question in-

décise ; M. Ricorcl qu’un excellent jugement et de nombreuses observations ont mis, plus que personne , à même de prononcer sur ce sujet, ne dissimule pas son embarras à cet égard , car il dit dans un de ses mémoires « qu’à moins de l’existence actuelle de symptômes consécutifs, qu’il faudrait encore bien déterminer, on reste, sous le rapport du diagnostic, dans la plus grande incertitude, ne pouvant de bonne foi reconnaître que l’altération matérielle des parties et de leurs sécrétions sans pouvoir rien déterminer de la nature intime de la maladie ou de son essence, si l’on peut s’exprimer ainsi, et se trouvant réduit à constater l’urétrite, la vaginite ou le catarrhe utérin , sans pouvoir rien dire déplus, car au-dela toutn est que probabilité et souvent erreur. » Sauvages, dans sa nosologie méthodique ( classe 1 0 ) avait également conclu que la médecine ne fournissait pas des signes certains pour distinguer les écoulements gonorrhoïques de la sécrétion leucorrhoïque proprement dite : nec danhu limites qui genus gonorrhece m mulievibus à leucorrheâ discernant.

Le voile qui a si long-temps recouvert le diagnostic des écoulements des organes génitaux chez la femme, vient d être en grande partie soulevé par les recherches aussi nouvelles qu’ingénieuses auxquelles s’est livré depuis peu le D1'. Donné, ex-chef de clinique de la faculté de médecine de Paris. Comme il est

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de la plus haute importance pour la thérapeutique et souvent même pour des intérêts moraux encore plus chers que ceux de la santé, de lever toute incertitude sur la nature des sécrétions utéro-vaginales, nous allons indiquer en peu de mots les signes différentiels, signalés dans l’excellent mémoire (1) qu’a publié le jeune médecin que nous venons de citer.

Dans la blennorrhagie vénérienne, l’écoulement est toujours purulent, c’est-à-dire qu’une certaine quantité de pus est mêlée au mucus propre du vagin. Dans ce cas la matière sécrétée contient une multitude d animalcules que M. Donné appelle trico-monas vaginales et que l’on découvre en mettant une goutte du fluide mucoso-p liraient entre deux verres minces et en l’examinant avec un microscope grossissant 250 à 300 fois. Ces animaux infusoires dont le corps est transparent , de forme ronde ou ovale et présentant un diamètrede 1/120 à 1/50 de millimètre, sont le plus souvent réunis en groupe de deux à six individus. Lorsqu’on les examine à la lumière d’une lampe, on les voit quelquefois se mouvoir et surtout agiter en tous sens un long appendice filiforme extrêmement tenu qui sert à les distinguer des globules sphériques et inanimés du pus phlegmoneux propre-

( I) Recherches microscopiques sur la nature du mucus et la matière des divers écoulements des organes génitaux -urinaires chez l’homme et chez la fename. Paris, 1837.

bl° LÉSIONS VlïALKS.

ment dit, dans lequel ou ne rencontre jamais d’animalcules.

L écoulement résultant d’une leucorrhée essentielle

est épais, crémeux, non filant entre les doigts; il rougit le papier de tournesol, et semble être composé de petits corps ovalaires présentant l'aspect de pellicules ou de petites écaillés de la membrane muqueuse ; enfin il ne contient jamais d animalcules infusoires, fournis seulement par les écoulements syphilitiques , et en outre 1 ammoniaque lui donne une consistance glaireuse et filante, lorsqu’il est mêlé avçc du pus, ce qui n a pas lieu dans le cas contraire. Si la sécrétion mucoso-pu rulente est déterminée, soit par la présence d un corps étranger dans les cavités génitales, soit par une injection irritante ou par toute autre cause locale de phlegmasie indépendante du virus vénérien, il ne se développe jamais de tnco-monas, quoique la matière sécrétée se comporte alors comme celle de la blennorrhagie syphilitique , c’est-à-dire que traitée par 1 ammoniaque , elle se prend en une masse visqueuse, tenace et filante.

Pour distinguer le mucus vaginal du mucus utérin, il suffit de savoir que le premier est non seulement épais, crémeux et jamais filant, mais encore qu il est acide et rougit le papier de tournesol, tandis que le mucus sécrété par la matrice est constamment alcalin, ramène au bleu le papier de tournesol,

DE LA LEUCORRHÉE OU FLUEURS BLANCHES. 6l I

verdit le sirop de violette, et enfin présente une consistance glaireuse, filante et tellement tenace, que ce n’est qu'avec beaucoup de peine qu’on peut le détacher du pourtour de l orifice de la matrice. Tels sont en peu de. mots les moyens dediagnostic, indiqués par M. Donné , dont nous conseillons de consulter le mémoire où se trouvent consignés, avec autant de détails que de clarté, le résultat des intéressantes recherches qu’il a faites sur ce sujet.

Si l’écoulement était le produit d’un cancer, d’un abcès , d’une tumeur polypeuse, ou de toute autre lésion organique de la matrice ou du vagin , on établirait facilement le diagnostic différentiel au moyen des symptômes propres à ces affections, et surtout par l’exploration des parties avec l’aide du toucher et du spéculum.

Le pronostic de la leucorrhée varie selon la cause, l’ancienneté de l’écoulement, son abondance, ses complications , les forces de la femme, son âge, son tempérament , enfin les conditions hygiéniques où elle se trouve. Lorsque la cause est un agent permanent tel que la présence d’un corps étranger dans le vagin ., l’usage des chaufferettes, du café au lait, des aliments malsains , une affection morale etc. , la destruction de cette cause est bientôt suivie de la guérison , à moins que la maladie ne persiste par l’habitude du mouvement fluxionnaire, ce qui alors rend la cure plus incertaine et plus difficile. La leu-

6l2 LESIONS VIT AXES.

corrhée qui se manifeste sous le type sub-aigu est également plus facile à guérir; en général plus l’écoulement est ancien, moins il promet de chances de guérison ; chez les femmes avancées en âge, il est presque toujours incurable; ce qui justifie d’ailleura le pronostic fâcheux déjà porté par Hippocrate, lorsqu’il a dit : (de morb. mulier.) hic fluor senioribus propè incurabilis est , et eas usque ad mortem comitatur. Si le flux leucorrhoïque est abondant et accompagné de phénomènes sympathiques nombreux, s’il date de plusieurs années, s’il semble être héréditaire et constitutionnel, ou enfin s’il se complique de cachexie, de scrophules, d’affections dartreuses, la marche de la maladie est difficile à arrêter et souvent même elle est rebelle à tous les moyens qu’on lui oppose.

Chez les femmes qui succombent, on trouve ordinairement la muqueuse vagino-utérine [(ramollie et boursouflée ; le museau de tanche est dilaté , rougeâtre , mou , hypertrophié ; la muqueuse qui revêt le vagin et la vulve , offre une teinte ardoisée ou bleuâtre; si on la comprime, on voit sourdre de toutes parts un liquide analogue à celui qui était sécrété pendant la vie. La surface de la cavité utérine est parsemée par de petites vésicules remplies d’un fluide séro-muqueux ; la membrane qui la tapisse, ordinairement molle, lâche et infiltrée, est quelquefois sillonnée par des vaisseaux dilatés,

de la leucorrhée ou flueurs blanches. 6l3 et présente des ulcérations, des érosions, ou dans des cas plus rares, elle a l’aspect d’un cartilage et se trouve dans divers points couverte de taches gangreneuses.

Avant de nous occuper du traitement de la leucorrhée, nous ajouterons quelques mots sur sa suppression plus ou moins rapide et sur les accidents qui peuvent en être le résultat.

La suppression de l’écoulement leucorrhëique peut avoir lieu subitement sous l’influence de différentes causes physiques telles que l’usage des astringents pris intérieurement ou portés localement sur les organes génitaux , celui de l’émétique , des purgatifs, des bains froids; l’application de la glace, l’invasion d’une autre maladie , enfin l’emploi intempestif d’une foule d’arcanes dont les titres grotesques souillent impunément les colonnes des journaux et les murs de toutes les maisons.

Les dangers de la suppression des écoulements vagino-utérinssont d’autant plus graves que la sécrétion était plus abondante et surtout plus ancienne. Quoique nous aurions besoin de dresser un tableau nosographique presque complet pour signaler tous les accidents qui selon la plupart des auteurs peuvent être la conséquence du flux leucorrhoïque, nous pensons que ces accidents sont de beaucoup exagérés, et qu’on a tort de persuader aux femmes que leur infirmité

dégoûtante est un émonctoire salutaire et la source

LESIONS VITALES.

de leur santé. Qu on ne suppose pas cependant que nous pensions qu’on puisse sans inconvénient supprimer brusquement une sécrétion ancienne et abondante, car nous sommes aussi éloigné de l’audace de l’empirisme, que de la timidité de l’ignorance. Notre intention est seulement de réduire à leur juste valeur les craintes exagérées des praticiens, et de leur prouver que si nous croyons qu’on doit entreprendre la cure de la leucorrhée, nous sommes plus que personne convaincu qu’on ne peut obtenir une vraie guérison qu’en agissant d’une manière graduée et en ramenant insensiblement l’économie à son état normal. Il est selon nous d’autant plus important de ne pas abandonner la maladie à ellemême, que non-seulement elle compromet la reproduction de l’espèce, mais encore qu’elle peut avoir des conséquences morales fâcheuses , et devenir souvent la source d’altérations très-graves.

D’ailleurs, si, en agissant avec prudence et d’une manière rationnelle , il survenait des accidents , on serait toujours à même de les combattre et d’en arrêter les progrès aussitôt qu’ils se seraient manifestés.

Le traitement de la leucorrhée doit nécessairement varier selon qu’elle se présente à l’état sub-aigu ou actif, ou à l’état chronique ou passif.

Lorsqu’elle se présente à l'état, sub-aigu, on devra, surtout si la maladie est récente et si la femme est

DE LA LEUCORRHÉE OU ELl/EURS BLANCHES. 6 1 5

jeune et pléthorique, on devra, disons-nous, recourir à la saignée générale qui agit alors, soit comme moyen dérivatif, soit en affaiblissant le mouvement fluxionnaire qui tend à se localiser sur la muqueuse génitale ; il faudra d ailleurs n’employer les évacuations sanguines qu'avec prudence et ménagement; car souvent au lieu de diminuer la susceptibilité générale, on ne produirait que de la faiblesse, et l’on s’exposerait à faire prendre un type chronique et passif, à une leucorrhée sub-aiguë et voisine du terme de sa résolution.

Parmi les moyens qui favorisent l’heureux effet des petites saignées générales et qui dans le plus grand nombre de cas suffisent seuls pour modérer et diminuer tout-à-fait l’inflammation, nous rangeons l'abstinence plus ou moins complète, les boissons délayantes. mucilagineuses, acidulés, les émulsions, et surtout les décoctions nitrées de graines de chenevis, les injections émollientes et opiacées, les lavements et cataplasmes de même nature, les bains, et les irrigations continues faites au moyen d’une large canule recourbée et introduite dans le vagin. Pour éviter l’action irritantedu jet du liquide médicamenteux, nous employons une canule d’étain ou de gomme élastique dont l’extrémité percée d’un grand nombre de trous contient une petite éponge à laquelle est attachée un ruban pour la retirer et la renouveler aussi souvent qu’on le veut.

Si les symptômes phlegmasiques locaux semblaient résister aux moyens que nous venons d indiquer, on devrait avoir recours aux applications de sangsues sur le pourtour de hanus, surtout s’il y’ avait des hémorrhoïdes, et à la vulve dans le cas d'aménorrhée; enfin si le mal se montrait tout-à-fait réfractaire, on devrait chercher à établir une révulsion sur les muqueuses intestinales à l’aide des purgatifs, entr’autres de la rhubarbe qui a la précieuse propriété d’être tout à la fois purgative, tonique et astringente. Goliken, Rrnere, en ont obtenu de grands avantages ; de même qu Hippocrate, Forestus, Sydenham , Ettmuler et beaucoup d’autres médecins en ont retiré de l’emploi des purgatifs drastiques. C’est à l’application de cette méthode dérivative que Galien(\ ) dut l’éclatant succès qui porta sa renommée jusqu’au palais de Marc Aurèle. Ce célèbre médecin de l’antiquité guérit en peu de temps, au moyen des purgatifs, des diurétiques, etdes frictions sur toute la surface du corps, la femme de Boètlms atteinte d’une leucorrhée abondante contre laquelleavait

(1) De præcognit. ad Postkum. cap. 8. ) Le père de la médecine , qui connaissait déjà les rapports sympathiques qui existent entre l’estomac et la matrice , prescrivait également l’emploi des vomitifs dans le traitement des flueurs blanches , pourvu que les femmes fussent encore jeunes et conservassent assez de forces. Ettmuler, Fonseca , Hoffmann et quelques autres médecins les ont aussi recommandés ; le docteur Rasl de Lyon combattait toutes les leucorrhées par l’emploi de l’ipécacuanha , administré à dose fractionnée , et Barthez suivait

DR LA LEUCORRHÉE OU FLUF.URS BLANCHES. Cl 7 échoué la science des premiers médecins de Rome.

L’utilité des dérivatifs sur la peau est peut-être encore mieux établie que celle des dérivatifs sur les muqueuses intestinales, et c’est sans doute pour cette raison que les praticiens modernes ont plus souvent recours à la dernière méthode qu’à la première. Les

diaphorétiques surtout, dontl’indication ressort de plusieurs causes delà maladie, doivent être employés conjointement avec les frictions stimulantes et aïomati— ques, et l’usage des vêtements chauds et de la flanelle sur la peau. Si l’on sentait d’ailleurs la nécessité de déterminer une irritation cutanée, révulsive de 1 irritation utéro-vaginale, et assez puissante pour rappeler au dehors des exanthèmes à la suppression desquels on attribuerait l’existence et la ténacité de 1 écoulement, il faudrait recourir aux cataplasmes sinapisés, aux moxas autour du bassin et aux vésicatoires volants ou permanents. Les exutoires à demeure ont dans ce cas le double but d’être révulsifs de la phlegmasie de la muqueuse génitale, et d’être en même temps sup-

souvent cette méthode avec la même confiance. Si nous pensons qu’on ne doit pas recourir sans réserve à des moyens aussi énergiques, el souvent aussi dangereux, nous sommes d avis que les médecins de notre époque ont tort de les rejeter toutà-fait, et nous croyons, à en juger d’après notre propre observation et un grand nombre de laits recueillis par heaucoup d’auteurs, que les légers vomissements ménages avec art et répétés à des intervalles convenables, sont réellement utiles dans certains cas rebelles aux moyens antiphlogistiques.

plémentaire du flux leuchorreïque. En résumé, le traitement de la leuchorrée sub-aiguë présente deux périodes tranchées : la première comprend l’emploi des antiphlogistiques tant qu’il y a des symptômes inflammatoires, et la seconde l’usage des dérivatifs conjointement avec les irritations révulsives. C’est dans cette deuxième période qu’on doit non seulement permettre une alimentation un peu plus nourrissante, mais même prescrire quelques légers toniques, tels que le quinquina, la gentiane, l’extrait de chardon béni, et la rhubarbe à petites doses, les infusions de petite centaurée, de sauge, de mélisse, etc. On doit également essayer les injections légèrement astringentes, telles que celles faites avec un mélange d’eau et de vin rouge sucré, avec de l’eau alumineuse, de l’acétate de plomb, du sulfate de zinc, etc., rendues de plus en plus actives. Il sera bon de recourir aussi aux substances balsamiques, telles que le baume de tolu, le

cubèbe, la thérébentine cuite, l’infusion de bourgeons

de sapin. Le baume de copahu nous a paru toujours être le plus constamment avantageux, soit que nous l’ayons administré sous la forme de dragées (1) et

(1) En parlant de ta l’aménorrhée compliquée de leucorrhée chronique, page 94.7 de ce volume, nous donnerons une formule de dragées de copahu sans odeur ni saveur désagréables, de sorte que ce médicament ne dégoûte pas les malades et agit pres que toujours d’une manière plus efficace que sous tout autre forme.

DF. LA LEUCORRHÉE OU FLUEUR5 BLANCHES. 619

de pilules, soit qu’il ait été employé par le rectum dans un quart de lavement ou sous la forme de suppositoires préparés comme nous l’indiquerons bientôt.

A l’aide de ces moyens méthodiquement mis en usage, la maladie cède presque toujours, et la cure radicale est ordinairement obtenue en peu de temps. Mais pour obtenir un aussi heureux résultat, on devra toujours seconder l’action des agents thérapeutiques parle repos absolu des organes génitaux, par des soins hygiéniques, et surtout par la précaution indispensable d’éviter toute espèce d’excès et d écarts de régime, qui non-seulement seraient une source continuelle d’irritation, mais encore renouvelleraient la phlegmasie, dans le cas où l’on serait déjà parvenu à la dissiper.

On doit suivre une tout autre marche et une autre méthode de traitement, lorsque la leucorrhée se présente sous le type hyposténique, soit quelle ait

succédé à la forme précédente, soit qu’elle soit primitive, comme cela arrive quand elle coïncide avec une aménorrhée ancienne, la chlorose ou enfin le relâchement des organes sexuels déterminé par une constitution essentiellement lymphatique, par des couches nombreuses, par des excès du coït et de la masturbation, surtout, chez les femmes qui commencent à avancer en âge.

Comme dans la leucorrhée chronique passive, les cavités génitales sont très peu sensibles, on devra tou-

jours s’assurer au moyen du loucher et du spéculum, si 1 écoulement est véritablement essentiel ou s’il est symplômatique de quelques altérations des tissus ou de quelques lésions ayant leur siège dans le vagin ou sur le col de la matrice. Si l’on découvrait des ulcérations ou des érosions, on les cautériserait avec le nitrate acide de mercure, d’après les règles et les précautions que nous ferons bientôt connaître. On se conduirait de la même manière si l’on trouvait de petites végétations, mais dans le cas où elles seraient un peu considérables, on devrait en faire l’excision d’après l’un des procédés qui seront plus tard indiqués. Lorsque la muqueuse est indurée ou infiltrée, on doit recourir aux frictions résolutives, faites avec la pommade d’hydriodate de potasse ou l’onguent napolitain, sur la région hypogastrique et à la partie interne des cuisses ; et si la malade peut le supporter, on introduira dans le vagin une forte mèche de charpie recouverte d’une couche d’onguent mercuriel.

Quand la leucorrhée est devenue tout-à-fait chronique et passive , ce n’est pas seulement une altération locale qu’il faut combattre, c’est l’économie toute entière qu’il faut modifier et ramener à son état normal. Le but qu’on doit se proposer est donc de tarir un écoulement morbide , qui est à la fois la cause et l’effet de la débilité générale et locale , en reconstituant pour ainsi dire et en tonifiant les organes fonctionnels plus ou moins altérés.

de la leucorrhée ou fltteurs blanches. G31 Pour parvenir à ce but, 1 expérience a prouvé l efficacité de la gentiane, de la rhubarbe à petites doses, et surtout du quinquina , qui agit comme tonique , et peut-être aussi en interrompant l’habitude de l’écoulement. Nous avons également constaté les heureux effets des infusions d’absinthe recommandées par le professeur Alibert , de l’extrait de chardon béni , qui forme la base des pilules anti-leucorrliéïques dont Stahl fait un si pompeux éloge ; de la limaille d’acier mélangée avec de la myrrhe dont Halle a retiré de grands avantages , enfin des eaux minérales acidulés ferrugineuses , de Forges , de Spa , de Vichy , de Pougue , de Passy , et diverses préparations martiales , entre autres le sous-carbonate et l’hvdriodate de fer, mais principalement l’oxide noir du même métal , à la dose de trois à six grains par jour. De toutes les préparations administrées par la voie gastrique , il n’en est aucune que nous ayons trouvé plus constamment elhcace , que les dragées anti-leucorrhéïques de copahu , qui ont fait le sujet d’un mémoire que nous avons présenté, en \ 832 , à l’Académie royale de Médecine. La dose de nos dragées balsamiques est de dix-huit par jour, six le matin à jeun , quatre dans la journée et huit le soir avant de se coucher. Le nombre peut être porté jusqu’à trente , et même quarante , prises en trois fois ; mais il faut que tous les symptômes inflammatoires aient disparu ; c’est surtout pour cette

raison que les malades ne doivent jamais en faire usage, sans avoir les avis préliminaires d’un médecin éclairé , qui puisse décider de l’opportunité de leur emploi.

Le copahu peut encore être administré par le rectum , d après la méthode du professeur Velpeau { 1), qui le prescrit par quarts de lavement, préparés avec six onces d’eau mucilagineuse de guimauve ou de graines de lin, et quatre à six gros de copahu délayé dans un jaune d’œuf, avec addition d’un grain d’extrait gommeux d’opium. Ces lavements balsamiques doivent être gardés , et on pourra porter graduellement la dose du copahu jusqu’à une once et même une once et demie , selon le degré de sensibilité qui varie chez tous les individus. On pourra également, comme nous le pratiquons depuis long-temps , administrer cette substance balsamique sous la forme de suppositoires , que nous prescrivons d’après la formule suivante :

Baume de copahu liquide , 1 gros.

Beurre de cacao, \ gros.

Résine solide de copahu , 1 demi gros.

Extrait gommeux d’opium , \ demi grain

pour un suppositoire.

(i) Recliei clies et observations sur i emploi du copahu etc. ; administié pai anus contre la blennorrhagie (Archives gén. de méd. Tome XIII, p. 55. 1827.

I)E LA LEUCORRHÉE OH FLUEURS BLANCHES. 6?.3

Ces suppositoires anti-blennorrhagiqües et antileucorrhéïques , doivent être administrés à la dose de deux par jour, un le matin en se réveillant, et l’autre en se mettant au lit (1).

On devra joindre à l’emploi decemoyendes injections vaginales toniques et légèrement astringentes, faites soitavecun mélanged’eau et devin sucré, soitavec une décoction de bistorte , d’écorce de grenade , ou avec une dissolution très étendue d acétate de plomb ou de sulfate de zinc; ces dernières injections surtout seront employées avec ménagement , pour éviter une vive répercussion , et avec les précautions que nous avons indiquées en parlant de la leucorrhée subaiguë, à l’exemple du docteur Flect wood Churchill , professeur à Dublin , on pourra également recourir aux injections vaginales , faites avec une solution de nitrate d’argent , dans la proportion d un grain par once d’eau distillée ; mais en augmentant progressi-

vement la dose du sel, nous pensons qu il serait dangereux de la porter aussi haut que le conseille le médecin irlandais (2).

(1) Le docteur Donné a également administre le copaliu sous la forme de suppositoires ; quoique sa formule diffère peu de la nôtre , nous avons la conviction que cet honorable contrère ne connaissait pas nos deux mémoires sur le copahu.

(2) Le docteur Ricord employé également le nitrate d’argent solide, qu’il fixe entre les mois effdés d’une pince à réaction élastique, disposés de manière à presser uniformément le caustique , à mesure qu’il fond , sans empêcher son application di-

Pour agir d’une manière plus continue, le docteur Ricord fait usage de tampons de charpie douillette ou d’éponge fine , imprégnée de vin aromatique , d’une décoction astringente , ou d’eau végéto-minérale , et introduits avec précaution jusqu’au fond du vagin , soit avec le doigt indicateur , soit au moyen

recte sur la muqueuse vaginale ou utérine , par les fenêtres latérales de l’instrument. Six ou huit heures après la cautérisation, les malades doivent se faire des injections d’eau froide, qui sont continuées jusqu’à une nouvelle application du niliate d argent, dans le cas ou elle est jugee nécessaire. Lorsque 1 examen des surfaces malades et l’etat de la sécrétion montrent que la modification apportée est suffisante , un tampon de charpie sèche est introduit dans le vagin, afin d’isoler les parois de ce canal , qui sont alors promptement ramenées à l’état normal. Nous devons ajouter que M. Ricord met à découvert les organes de la génération à l’aide du spéculum , et qu’il cautérise d’abord la muqueuse utérine, puis revenant sur le col , il promène rapidement le caustique du sommet à la base, circulairement, ainsi que sur toute la muqueuse vaginale, en retirant à soi l’instrument explorateur jusqu’à la vulve.Enfin, pour obtenir une application immédiate, il a soin de laver d’abordles surfaces par des injections convenables. Lorsque l’orifice de la matrice n’offre pas une ouverture suffisante à l’introduction du nitrate d’argent, M. Ricord a recours aux injections caustiques à l’aide de la seringue à double corps de pompe, décrite dans le mémoire sur la blennorrhagie, qu’il a présenté à 1 Academie de Médecine. Cette méthode a été employée un grand nombre de fois sur des écoulements qui avaient résisté aux médications générales et aux agents locaux; pour cautériser la muqueuse vaginale, nous préférons employer une petite éponge imprégnée d’une solution concentrée de nitrate d’argent, et fixée à l’extrémité d’une petite tige de bois ou sur notre porte-caustique.

DE LA LEUCORRHÉE OU FLUEURS BLANCHES. 625

du spéculum ; il fait ensuite une nouvelle injection, afin de bien humecter les tampons vaginaux qui sont laissés à demeure , et qui doivent remplir le canal vulvo-utérin sans le comprimer.

Dans l’emploi de cette médication tonique et astringente , il faut prendre garde de dépasser les bornes dune stimulation convenable , et être toujours prêt à en arrêter les effets par les calmants, les bains, et tous les antiphlogistiques.

Comme il serait inutile de citer ici toutes les substances qui ont été employées avec avantage dans le traitement de la leucorrhée, nous nous contenterons de rappeler celles qui ont joui ou qui jouissent encore de plus de crédit , parmi lesquelles on doit ran- . ger la myrrhe, lencens, le mastic, 1 uva ursi , la gomme ammoniaque, le safran , les baumes de copahu , de lolu , le poivre cubèbe , les bourgeons de sapin du nord , la^térébenthine , le seigle ergoté employé récemment par MM. Bazoni , Negri , Jules Hatin, Dufrenois , Bocquet ; enfin 1 eau distillée de laurier cerise, mise à l’épreuve tant à 1 intérieur qu en injections , par le docteur Caron du Billards ; la ciguë recommandée par Storck et Quann , et 1 opium dont plusieurs praticiens se sont bien trouvés , entre autres M. Alibert , surtout lorsqu il s était declaié des accidents nerveux et des spasmes hystériques.

Malgré l’emploi méthodique des moyens curatils

Ûs6 LÉSIONS VITALES.

que nous venons de faire connaître , la leucorrhée résiste souvent aux efforts des médecins, s’ils ne sont secondés par la malade et par les saines lois de l’hygiène. Le régime devra être dirigé dans le même sens que les médicaments, c’est-à-dire qu’il sera fortifiant sans être irritant ; les vêtements seront chauds et la flanelle sera prescrite sur la peau ; on conseillera l’habitation à la campagne dans un air doux et sain, surtout en été , car on a vu ces moyens faire disparaître promptement une leucorrhée chronique qui se manifestait de nouveau au retour de l’hiver , ou dès le moment de la rentrée en ville. La malade devra faire tous ses efforts , maîtriser certains penchants et certaines habitudes illicites, qui sont si fréquemment la cause principale et ignorée de sa iriste et dégoûtante maladie. Elle s’armera de courage pour se livrer à des exercices musculaires sans fatigue , qui la disposeront à une alimentation d’abord légère et de facile digestion , puis plus abondante et plus substantielle.

Nous terminerons en disant que l’approche de la première menstruation, l’état de grossesse, l’âge de retour, sont autant de causes qu’il ne faut point heurter de front. La prudence veut qu’on attetide que leur influence ne se fasse plus sentir, et qu’on respecte également les écoulements critiques, dans la crainte de rappeler la maladie qu’ils remplacent. II ne sera permis de chercher à guérir la leucorrhée

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