DES ROUGEURS, UES ULCER. ETC. , DU COL, ETC
qu’a u*ant qu elle persisterait après 1 affection primitive encore devrait-on toujours avoir la précaution de prévenir autant que possible une repercussion au moyen d’une exutoire et de l’usage de quelques purgatifs salins renouvelé plusieurs fois.
Telle est l’esquisse des nombreuses ressources que la médecine peut opposer aux écoulements leucorrhéïques , dont 1 ^traitement serait sans doute moins souvent inefficace, si l’on recourait à une thérapeutique plus mâle et plus énergique, mais toujours basée sur la raison et sur la nature du mal.
DES ROUGEURS , DES ULCÉRATIONS SIMPLES ET DES ÉRUPTIONS DU MUSEAU DE TANCHE.
La métrite chronique accompagnée d’écoulements abondants est presque toujours suivie du ramollissement de la muqueuse utérine, et quelquefois du développement sur le museau de tanche, de rougeurs, d’escoriations, de granulations , de dévégétations et de différentes dégénérescences que nous allons successivement passer en revue.
Le contact permanent du fluide sécrété par la matrice détermine principalement sur la lèvre postérieure des rougeurs qui n’ont d autre importance par elles-mêmes qu’en ce sens qu elles peuvent être le noyau d’altérations plus redoutables. Ces sortes de taches rougeâtres qui s’étendent quelquefois jusque sur la muqueuse vaginale, sont disposées par
plaques ayant assez de ressemblance aux rougeurs dartreuses vivement enflammées, qu’on observe principalement sur la face. Chez quelques femmes, ces rougeurs consistent dans de petits points bien distincts analogues à des piqûres de puces, et donnent alors à la muqueuse, comme le fait observer M. Lisfranc , l’aspect delà peau d’une truite saumonée. Dans d’autres cas, le col utérin est le siège d’une ulcération superficielle qui ne détruit primitivement que la couche muqueuse du col utérin dans une plus ou moins grande étendue; M. Dupuytren disait dans ses leçons orales que cette affection peut être aisément méconnue si l’on se contente de l’exploration faite avec le doigt, et qu’on pourrait croire alors à l'existence d’un cancer profond de l’organe, si au moyen du spéculum le mal n’était mis à découvert. Le museau de tanche et le col étant introduits dans la partie supérieure de l’instrument, on aperçoit une ulcération superficielle sur l’une ou l’autre lèvre, ou sur la face externe du col, ulcération rougeâtre qu’on dirait faite avec un emporte-pièce, bornée à la menbrane muqueuse, et qu’on ne saurait mieux comparer qu à l’ozène des fosses nazales; ulcération qui cependant amène à sa suite la mort des malades si le chirurgien ne leur apporte un secours salutaire.
Lorsque la nafure de l’affection est bien constatée, la guérison est facilement obtenue, d’abord par une saignée locale, surtout sila femme estjeune, et si le col
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est très douloureux, puis par les bains, les injections émollientes, et la cautérisation avec le nitrate acide liquide de mercure, pratiquée comme nousl’indiquerons plus tard. Toutefois il est bon de dire que cette opéra tion doit être répétée jusqu’à ce qu’on ait obtenu une cicatrisation complète. Le docteur Jobert, dans un mémoire sur la cautérisation (1), dit avoir vu M. le professeur Mcirjolin y être revenu à vingt reprises. Dans des cas de ce genre nous n’avons jamais eu besoin de répéter l’opération plus de cinq fois, et même le plus souvent deux cautérisations nous ont suffi.
11 est une autre lésion superficielle du museau de tanche, qui a été surtout observée et signalée par Madame Boivin etM. Dugès. Cette affection, qui peut être facilement méconnue par le toucher, est accompagnée d’un écoulement blanchâtre par la vulve et quelquefois d’un prurit des organes sexuels qui peut être porté presque jusqu’à la nymphomanie. Cet état pathologique, désigné sous le nom d e granulation du museau de tanche , est caractérisé par la présence d’élevuresplus ou moins nombreuses sur le pourtour de l’orifice utérin. Ces élevures que le spéculum seul permet de constater parfaitement sont de forme et de dimension très variables : le plus souvent elles sont nombreuses, du volume d’un grain de millet, de couleur blanchâtre, de consistance molle, d’appa-
(1) Journal liebdomad. de médecine , tom. YI, page 137.
(>3o LÉSIONS VITALES,
rence vësiculeuse, et toujours sans pédicules ; d’autres fois elles sontcomme pédiculées, peu nombreuses, rouges, et offrent assez de ressemblance avec certaines végétations vénériennes ; enfin il en est qui se présentent comme un semis de petits grains durs qui n’occupent que l’extrême superficie de l’organe, et quelques autres qui sont assez larges, mais tellement aplaties, qu’elles sont à peine perceptibles au toucher.
Si ces sortes d’éruptions miliaires et phlycténoïdes peuvent se terminer sans laisser de solution de continuité, le plus souvent leur rupture donne naissance à de petites ulcérations superficielles qui par leur rapprochement finissent quelquefois par n’en former plus qu’une seule.
L’existence des granulations de la muqueuse du museau de tanche, ainsi que les rougeurs et les ulcérations superficielles de cet organe, s’annoncent ordinairement par les symptômes plus ou moins violents de la métrite chronique simple ; tels sont un sentiment de chaleur et cuisson au fond du vagin , un écoulement abondant , des douleurs vives pendant le coït , et quelquefois pendant la défécation , des pesanteurs sur le fondement , des tiraillements dans les aines et les lombes , des bouffées de chaleur au visage, des accès d’hystérie, etc. L’application du spéculum permet non seulement de constater les lésions locales que nous avons signalées , mais encore un gonflement mou et un état de congestion inflam-
UOUG. , ULC. ET ÉRUPT. DU COL DE l’utÉRUS. 63 I matoire , marquée par une teinte rouge foncée , une sorte d’ecchymose, enfin par une sensibilité extrême des parties et un suintement de sang qui est provoqué par le contact de l'instrument explorateur, l’opération du toucher, et l’acte génital.
Le traitement de l’inflammation granuleuse du col réclame, comme l’affection précédente, l’emploi des antiphlogistiques , les petites saignées révulsives, les narcotiques, les dérivatifs, le repos absolu des parties, enfin la cautérisation avec le protonitrate acide de mercure. Cependant si l’affection occupait toute la surface du museau de tanche, il faudrait se borner à en cautériser seulement une portion, de peur qu’en déterminant trop d’excitation , il ne survînt des accidents graves; six ou huit jours après on devrait recommencer la même opération , en portant seulement le caustique sur les points qu’on aurait ménagés la première fois.
Si l’on supposait que le mal dépendît d’un vice syphilitique, scrofuleux, etc., on l’attaquerait par les moyens locaux et généraux dont l’expérience a fait constater l’efficacité pour combattre ces diverses maladies.