MODIFICATIONS DE L’AUTEUR
Pour éviter d’employer à la fois deux pinces de Muzeux, qu on est forcé de confier à des aides, dont les mains genent les manœuvres, et surtout pour saisir d’un seul coup dans tous les sens, d’une manière plus solide et sans difficulté , le col de la matiice qu on veut abaisser, nous avons imaginé en \ 828 une érigne à huit crochets qui se rapprochent et s ecartent au moyen d une tige centrale fixée sur un coulant disposé en croix. Avec cet instrument que nous appelons utéro-ceps des mots latins utérus matrice et capere prendre, un chirurgien peut opérer seul , exécuter par conséquent plus uniformément les tractions, enfin diriger plus méthodiquement les mouvements d’élévation, d’abaissement et de latéralité qu’exige la section des parties malades.
Le manche de notre quadruple-érigne , qui est rendu mobile au moyen d mie charnière, doit être
AMPUTATION DU COL DE LA MATRICE. 6gi
dirigé du côté de l’anus , de manière que les mains de l’opérateur ne masquent pas l’entrée de la vulve et l’intérieur du spéculum, comme cela arrive quand on se sert des pinces de Muzeux. Pour pratiquer l’amputation du col utérin avec Yutêro-ceps , on l’introduit dans notre spéculum ou dans tout autre multivalve , puis après en avoir fixé les crochets solidement sur la circonférence du col , on replie le manche dans le sens des tiges de 1 érigne , puis on retire l’instrument dilatateur comme le lait M. Lisfranc.
Après l’extraction du spéculum, on fait prendre au manche de 1 utéro-ceps la direction qu il avait piimitivement, c’est-à-dire qu’on le ramène du côté du périnée , pour opérer ensuite 1 abaissement de la matrice avec lenteur et ménagement, et d’après les principes que nous avons signalés plus haut.
L’opérateur, en se servant de notre pince, non seulement saisit le col avec un seul instrument, mais encore a beaucoup moins à craindre les déchirements qui résultent, soit des tractions inégales et laites plutôt dans un sens que dans un autre, soit de la fatigue et de la maladresse des aides qui ne pouvant assez longtemps maintenir rapprochées les branches des pinces de Muzeux , les lâchent suffisamment pour qu’elles abandonnent le col? comme nous pourrions en citer plusieurs exemples. Nous avons vu également qu après ce fâcheux accident, un professeur de 1 école
avait été obligé de renoncer à l’opération, et qu’il était résulté de sa malheureuse tentative des accidents nerveux très intenses et une métropéritonite qui causa la mort de la malade.
Si après avoir placé notre érigne il était impossible, comme cela arrive fréquemment, d’abaisser l’utérus jusqu au niveau de la vulve, on ne devrait pas pour cela abandonner l’opération ; mais il faudrait replacer le spéculum sans ôter l’utéro-ceps, puis faire la section du col , soit avec nos couteaux dont l’extrémité est montée en fer de faux , soit avec des ciseaux extrêmement recourbés dont nous donnons les dessins à la lin de ce volume. On pourrait également se servir de ces deux derniers instruments pour faire la section du col, lors même qu’on l’aurait saisi avec les pinces de Muzeux.
Nous terminerons en disant que, en opérant avec les modifications et les instruments que nous venons d indiquer, on n a pas besoin d’aides intelligents qui aient souvent vu faire l’opération et qu’on ne trouve que dans quelques grands hôpitaux de Paris.
de l hystérotomie sans déplacement de la