DE L’HYDROPISIE DE L’OVAIRE ET DES TROMPES
L’inflammation chronique de l’ovaire peut devenir la cause de diverses altérations dont l’existence n est ordinairement constatée d’une manière positive que par l’autopsie. Ainsi, on a trouvé dans un de ces organes des amas de poils, des portions d’os ou de dents qui, selon quelques auteurs, sont les débris d’une conception avortée , mais qui, d’après plusieurs pathologistes, peuvent être aussi le résultat d’une grossesse par inclusion , ou d’un nisus formatwus anormal, puisque on a rencontré les mêmes débris non seulement dans toute autre partie du corps(l), mais
(1; Gordon a trouve dans la cavité thoracique une tumeur qui contenait des os et des dents plongés au milieu d’une malièie suifeuse. 2VI. le professeur Andral en a trouvé une autre entre les lames du mésentère d’une négresse ; cette tumeur , grosse comme la tête d’un fœtus, renfermait une matière grasse au milieu de laquelle étaient des poils dont les uns paraissaient isolés et les autres réunis en touffes. Nous devons faire observer cependant que les produits anormaux dont il est question se rencontrent le plus souvent dans l’ovaire , et que dans cet organe ils sont également, comme dans tous les autres, enveloppés d une matière steatomateuse , ainsi que le prouvent les faits rapportés par Portai, Meckel, Logger, Murat , Crumlhier ,
J aul Marshall, Andra/ et quelques autres auteurs.
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même chez des hommes et chez des filles vierges encore impubères, ainsi que MM. Baillie (1), Seymour (2), Cruveilhier (3) et Andral (4) en rapportent des exemples.
Les productions anormales et enkystées dont il vient d’être question , ont été très souvent observées ; comme elles n’acquièrent jamais un grand volume, on soupçonne rarement leur existence pendant la vie; il est probable d’ailleurs qu’elles sont beaucoup plus souvent la cause que l’effet de l’ovarite. Cette affection à l’état chronique se termine au contraire très fréquemment par des indurations squirrheuses, des amollissements encéphaloïdes, des tumeurs homogènes ou remplies d’hydatides et surtout par la formation d’une tumeur enkystée désignée sous le nom à' hyclropi, sie de V ovaire dont nous allons nous occuper.
Cette hydropisie est non seulement la plus commune des hydropisies enkystées, mais encore la maladie la plus fréquente des ovaires et une de celles auxquelles les femmes sont le plus exposées. Quoique la formation des kystes séreux qui constituent cette lésion vitale ait probablement toujours lieu de la même manière, on fa divisée en plusieurs variétés qui
(1) Anatomie pathologique , page 519.
(2) Illustrations , etc. of Diseases of lhe ovaria p. 83.
(5) Essai sur l’anatomie patliol. t. II. p. 188.
(4) Précis d’ Anatomie pathol . t. II.
DE L’HYDROPISIE DE L OVAIRE ET DES TROMPES. 83 1 présentent : 1° les kystes uniloculaires , c’est-à-dire lorsque l’ovaire est converti en une poche unique , ordinairement lisse à sa surface externe, de forme globuleuse, quelquefois multilobée ou piriforme, et pouvan t, dans certains cas, acquérir des dimensions si considérables qu’elle distend les parois abdominales, à la manière d une hydropisie ascite; 2° les kystes multiloculaires , qui sont formés par un plus ou moins grand nombre de cellules, communiquant toutes les unes avec les autres , ou par plusieurs groupes de loges distinctes quoique leurs parties constituantes communiquent entr’elles. Les kystes qui sont compris dans cette variété sont en généraJ bosselés à leur surface externe. 3° Les kystes multiples ou ceux qui étant distincts les uns des autres , entrent néanmoins dans la composition de la tumeur. Chacun de ces kystes peut être uniloculaire ou multiloculaire. Le plus souvent il y a un kyste principal qui efface en quelque sorte tous les autres; d’où il résulte dans ce cas que la surface externe de la tumeur est unie au lieu d’être mamelonée. 4 0 Les kystes aréolaires , dans lesquels le tissu de l’ovaire est divisé en aréoles ou cellules contenant un produit particulier gélatiniforme: selon M. Cruveilhier, cette variété de kystes multiloculaires représente assez bien le cancer aréolaire, surtout celui de 1 estomac dont elle ne diffère que par la capacité plus considérable de ses mailles.
5° Les kystes acephalocystes qui acquièrent rare-
ment un aussi grand volume que les autres kystes séreux dont nous venons de parler et qui se distinguent surtout par la présence d’hydatides sur lesquelles il est inutile de revenir.
Le tissu des kystes de l’ovaire, est ordinairement fibreux et parsemé de vaisseaux sanguins : quelquefois, il est très mince ; d’autres fois il est au contraire très épais (1), et à l’aspect stéatomateux sa surface interne qui peut être lisse est le plus souvent rugueuse et inégale. Selon HooperÇL ) et M. Cruveilhier ( loc.cit .) les parois de la poche présentent dans certains cas des nodosités et des plaques cartilagineuses et même osseuses.
Le liquide contenu dans le kyste estordinairement séreux ; il peut être limpide, filant comme de l’albumine, d’apparence gélatineuse, sanguinolent, purulent , de couleur chocolat ou de marc de café, etc.
Dans les hydropisies multiloculaires , il peut être de nature et de couleur diverses dans chaque cellule, et même subir une décomposition putride qui , ainsi que Dehaè'u (3) l’a obser vé, donne naissance à des gaz dont l'issue par la canule du trois-quarts peut faire supposer une communication delà tumeur avec l’intestin.
(1) Morand , (Mém. de l’acad. de Méd. t. II , p. 426) parle de deux kystes vides, dont l’un pesait quatorze livres et l’autre vingt-sept.
(2) Tlie niorbid. anat. of the utérus. PI. XX. 1832.
(3) Ratio med. t. II. p. 239.
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La quantité du liquide résultant de l’hydropisie de l’ovaire offre également de grandes variations. Au début de la maladie , l’accumulation morbide de la sérosité est à peine perceptible, mais à une époque plus avancée elle peut être très considérable. Morand conservait un kyste ovarique qui renfermait dix pintes de liquide; le même auteur rapporte (i) que le docteur Dur et de Vitry-le-Français , fit connaître à 1 Académie en 1740, l’histoire d’une hydropisie de 1 ovaire, dont le kyste contenait cinquante pintes d’eau; il avait distendu le bas-ventre à un tel point que la malade était obligée de porter ses jupes à quatre doigts de l’aisselle ; enfin selon Monro (2), W epfer et d’autres auteurs , on aurait vu le fluide séreux présenter un poids de 100 à 120 livres.
Lorsque la maladie est déjà ancienne, il est rare que les deux ovaires ne soient pas affectés à la fois ; mais le mal , qui d’abord ne s’est manifesté que d’un seul côté, est toujours moins avancé et la tumeur moins considérable du côté où la lésion est survenue en dernier lieu ; dans ce cas , de même que lorsqu’il y a complication de squirrhe , ou quand le même ovaire est divisé en plusieurs kvstes, le ventre paraît inégal, bosselé et souvent séparé en différents
(1) Mémoires de l’acad. de chirurgie, t. II, p. 457.
(2) Monro. Essai sur l’hydropisie, p. 228 et J. J. Wepfer , observ. anat. on cadav., etc. 1658.
lobes distincts. Ces kystes multiples, qui sont peutêtre plus fréquents que l°s kystes uniques, présentent de nombreuses variétés. Tantôt la tumeur, qui est susceptible d’acquérir un volume considérable, est divisée en deux ou trois portions toujours développées à des degrés inégaux ; tantôt au contraire le volume de chaque loge est très petit ; mais ainsi que l’ont observé MM. Monro, Cruveilhier, Delpech (2), Strarnbio (2), Andral , etc., leur peu de développement est ordinairement remplacé par leur nombre, qui est quelquefois extrêmement considérable. Nous devons ajouter que dans ces cas de kystes multiples de 1 ovaire , l’antérieur est presque toujours le plus volumineux, c’est-à dire que le plus gros et par conséquent le plus lourd de la tumeur s’est trouvé entraîné en avant des autres par son propre poids.
Les causes et le mode de développement de 1 hydropisie des ovaires sont encore peu connus ; soit que cette affection dépende de la nouvelle formation d’un kyste, créé de toute pièce dans l’ovaire sous l'influence d’un état morbide inappréciable, ou d’un état cancéreux, comme le pensent plusieurs auteurs, entr’autres, Ledran , Delpech , (loc. cit . , p. 214) ainsi que M. Cruveilhier, quia comparé le kyste multiloculaire au cancer aréolaire; soit que la tumeur en-
(1) Clinique chirurgicale, tom. II. p. 193.
(2) Nouvelle Bibliothèque médicale, t. III, p. 287.
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kystée se trouve être le résultat de l’accumulation plus ou moins considérable d’un liquide séreux dans une ou plusieurs vésicules ovariques, la première origine du mal doit, selon nous, être toujours rapportée à une inflammation chronique. Ce qu’il y a de plus positif sur 1 étiologiede l’hydropisie desovaires, c’est qu’elle ne se manifeste que pendant la période de la vie où les organes génitaux jouissent de toute leur activité, c’est-àdire depuis 20 ans jusqu’à45. Nous devons dire cependant que si l’on a observé cette affection chez de jeunes filles impubères et des femmes qui ont passé leur époque critique , celles qui ont usé du coït, surtout celles qui ont eu des enfants , y sont beaucoup plus sujettes que les vierges et les femmes qui n’ont jamais
concu.
Parmi les causes déterminantes de l’hydropisie ovaiique, on a rangé toutes celles que nous avons indiquées comme pouvant déterminer l’ovarite, telles qu’une violence extérieure, un coup , une chute sur la région hypogastrique, enfin les diverses causes d'irritations et d’excitations abusives des organes génitaux , parmi lesquelles on doit placer en première ligne, la masturbation, et d’autres manœuvres honteuses que les femmes avouent rarement à leur médecin. Cependant nous devons convenir que le mal s’est souvent développé sans avoir été provoqué par aucune cause appréciable.
Les symptômes de cette affection sont d’abord fort obscurs ; comme dans le principe de son existence , elle cause peu d’incommodité, et que d’ailleurs elle se développe ordinairement avec ‘lenteur, les femmes qui en sont atteintes y font peu d’attention, et souvent attribuent d’autant plus facilement leur mal à une grossesse commençante , que les signes rationcls sont quelquefois les mêmes. Ainsi, le gonflement progressif du ventre, celui des seins, la suppression des règles , les vomissements , les dégoûts , les appétits bizarres , etc. , pouvant se rencontrer dans l’hydropisie des ovaires , comme dans la vraie grossesse , contribuent à tromper les femmes et à faire partager leur sécurité et leur erreur à leur médecin.
Avant que le développement de la tumeur soit assez considérable, pour qu’on puisse la sen tir extérieurement au moyen du toucher, les malades éprouvent vers l’une des régions iliaques, une douleur sourde, profonde et permanente, avec un sentiment de pesanteur dans la hanche et la cuisse du côté qui correspond au mal. Les progrès de la tumeur sont ordinairement très lents ; quelquefois même, iljfaut plusieurs années pour qu’on puisse la sentir au dehors, et, ce n’est que lorsqu’elle est déjà assez volumineuse que la profondeur de l’ovaire et l’épaisseur des parois abdominales permettent d’en constater la présenee par la palpation suspubienne. On sent alors vers l’une des aines, une tumeur, qui, tant quelle n’a pas con-
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tracté des adhérences avec les parties voisines, fait une saillie ordinairement plus apparente du côté sur lequel la femme se couche. Comme cette tumeur peut être arrondie, circonscrite, lisse ou bosselée, indolente ou douloureuse, il est souvent fort difficile de distinguer si elle est le résultat d’un squirrhe , d’une grossesse extra-utérine, ou d’un kyste ovarique. Si la présence de la fluctuation peut lever toutes les incertitudes, l’absence de ce signe n’est pas toujours une preuve négative , lorsque la matière du kyste est épaisse ou gélatineuse: l’erreur est d’autant plus facile que souvent l’hydropisie de l’ovaire coexiste avec le squirrhe du même organe. C’est même la fréquence de la réunion de ces deux affections qui a porté plusieurs auteurs à penser que les kystes ovariques étaient toujours un résultat et une complication du squirrhe. Quelquefois la marche de la maladie est si lente, qu’il s’écoule plusieurs années avant que la tumeur ait acquis un grand développement. Dans ce cas , les femmes conservent long-temps leur fraîcheur et leur embonpoint, et semblent jouir de tous les attributs d’une bonne santé; on en a vu même qui n’ayant qu’un seul ovaire affecté, avaient pu devenir enceintes et étaient accouchées heureusement. En général, tant que le kyste n’a pas acquis un volume considérable, surtout quand il n’y a qu’un ovaire malade , les fonctions des organes contenus dans le bassin, entr'autres la sécrétion des urines et des ma-
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tières fécales , l’écoulement périodique des règles , continuent à s’effectuer avec régularité. Quand au contraire, la tumeur enkystée commence à présenter un certain volume , les viscères qui 1 avoisinent se trouvant déplacés et plus ou moins enflammés par la pression qu ils éprouvent , ne tardent pas à contracter des adhérences. Les tiraillements douloureux que ressentent les malades toutes les fois qu’elles changent de place ou qu’elles se couchent du côté opposé au mal, sont les indices des liens pathologiques qui fixent les viscères abdominaux avec le kyste ovarique. L’organe gestateur peut également éprouver divers déplacements ; tantôt on le trouve refoulé sur l’un des côtés , tantôt il est déprimé dans le petit bassin, par la pression que la tumeur exerce sur son fond; le ventre, qui est beaucoup plus saillant du côté primitivement malade, permet le plus souvent de constatei la fluctuation hydropique , quoique le liquide n’occupe encore qu’une partie de son étendue.
Lorsque le kyste est devenu assez considérable pour refouler les intestins et l’estomac contre le diaphragme et ce dernier dans la poitrine , la digestion se fait difficilement, la respiration est pénible; il survient une constipation opiniâtre ; la fluctuation abdominale devient de plus en plus appréciable, et le liquide, qui semble alors occuper toute l’étendue du ventre , a souvent fait croire que la sécrétion séreuse était le résultat d’une hydropisie ascite. On a
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vu dans quelques cas, la tumeur rester stationnaire après être parvenue à ce haut degré de développement ; Sabatier a fait l’autopsie de plusieurs femmes qui avaient porté pendant 45 et même 50 ans, des tumeurs de cette espèce, sans que leur santé ait paru en avoir éprouvé des dérangements bien sensibles. Quoique leur ventre fût énorme, leurs forces s’étaient soutenues parce que les fonctions des viscères abdominaux avaient toujours pu s’exécuter sans éprouver trop de gêne. Nous devons dire;cependant que lorsque le kyste a pris un grand développement , le plus souvent les malades ne peuvent pas se mouvoir , et que la pression exercée sur les viscères est quelquefois si forte , que leurs fonctions en sont tout-à-fait troublées, ou plus ou moins interrompues. Enfin, nous ajouterons encore qu’une dyspnée très pénible, une suffocation imminente , la non-sécrétion des urines , une Constipation douloureuse et prolongée, enfin, une fièvre hectique sont ordinairement les tristes avantcoureurs de la fin prochaine des malades.
Le diagnostic de l hydropisie de V ovaire n’est pas toujours facile à établir, parce que cette affection présente des phénomènes généraux et des signes locaux qui ont plus ou moins de rapports avec ceux de la grossesse simple, de la grossesse extra-utérine, dont Merclkin l’a vu être une complication, de l’hydropisie ascite , de l’hydrométrie , etc.
On reconnaîtra que le développement du ventre
est dû à l’hydropisie de l’ovaire , et non à la grossesse en se rappelant que dans les kystes ovariques , la tumeur se développe lentement et d’abord d’un seul côté, qu’elle est circonscrite, souvent inégale, bosselée et présentant des duretés, surtout vers sa base; que l’auscultation, qui alors est toujours négative , c’est-à-dire sans pulsations fœtales, ou placentaires, fait le plus souvent percevoir des gargouillements en divers points de la saillie dont l’un des côtés du ventre est le siège; enfin, que la fluctuation qui peut être constatée dans le plus grand nombre de cas, est bornée aux limites de la tumeur. En pratiquant le toucher vaginal on reconnaît que le col de l’utérus est petit et mince, que le musau de tanche présente une ouverture transversale étroite et régulière et qu’une pression sur l’hypogastre ne lui communique aucun mouvement. On devra également tenir compte de toutes les circonstances qui ont accompagné la tuméfaction abdominale , et ne pas perdre de vue que la menstruation se supprime le plus souvent dans l’hydropisie de l’ovaire comme dans la grossesse , et que les femmes peuvent éprouver dans l’un et l’autre cas, des phénomènes généraux et sympathiques qui ont la plus grande analogie. L âge des malades , une stérilité prolongée depuis plusieurs années de mariage, l’état de célibat de la femme et sa position sociale , peuvent aussi avec les autres signes, contribuera taire reieter l’idée d’une grossesse. Nous devons dire
DE L’iTYDROPlSIE DE L’OVA tnE ET DES TROMPES. 8/j 1 aussi que l’absence des mouvements de l’enfant, et que la persistance de la tuméfaction du ventre au-delà du terme de la gestation achèveront de lever tous les doutes sur l’existence d’une conception normale ou extra-utérine.
Pour distinguer l’hydropisie ovarique de l’hydropisie ascite , il faudra ne pas oublier que dans cette dernière affection la constitution des malades présente ordinairement les caractères de la langueur et de l’atonie de tout l’organisme, tels qu’une pâleur excessive, la bouffisure de la face, l’infiltration des membres , et souvent celle des organes génitaux externes; dans l’ascite, l’écoulement des urines est ordinairement diminuée , tandis que dans le kyste ovarique, l’émission de ce liquide paraît au contraire plus abondante, surtout lorsque la tumeur, comprimant la vessie, y détermine un sentiment de gêne qui excite les malades à uriner plus fréquemment. Cependant il arrive qu’une trop forte compression de la poche vésicale peut dans l’hydropisie de l’ovaire , produire une incontinence complète, ce qui constitue une des plus fâcheuses complications de la maladie. Dans l’ascite, la tuméfaction du ventre a lieu plus rapidement et d’une manière uniforme, la fluctuation se manifeste dans toute son étendue. Dans l’hydropisie de l’ovaire , la fluctuation est au contraire sourde et circonscrite, la forme de l'abdomen est toujours moins régulière , son accroissement ne s’o-
8/|,2 lésions vitales.
père jamais dans toutes ses dimensions à la fois, enfin, la tumeur qui semble sortir du bassin est toujours plus apparente du côté où elle s’est d’abord manifestée. Nous ajouterons que l'hydropisie de l’ovaire se lormant plus lentement que l’hydropisie ascite, les malades en sont d’abord moins incommodées , et conservent souvent pendant long -temps leur embonpoint et leur fraîcheur , ce qui n’a pas lieu dans l’ascite qui est ordinairement accompagnée de tous les indices d’un état cachectique et d’une diathèse liydropique générale , surtout de l’œdème des membres inférieurs. L’infiltration qui se manifeste quelquefois à la suite de l’hydropisie de l’ovaire, se borne ordinairement à la cuisse correspondante au côté malade, qui souvent est également le siège d’un engourdissement résultant de la pression de la tumeur sur les nerfs et les vaisseaux cruraux. La principale différence qui distingue l’ascite de l’hydropisie ovarique, c’est que cette dernière est, comme l’hydrocèle, une affection tout-à-fait locale.
Lorsque l’hydropisie péritonéale existe en même . temps que celle de l’ovaire, on sent par la palpation une couche de liquide qui sépare les parois abdominale? d’une tumeur libre dans la cavité du Déritoine. Si au moyen d’une pression modérée , on écarté la sérosité avec la main, on peut presque toujours parvenir facilement jusqu’au kyste ovarique , dont la résistance est assez sensible et dont le volume et la forme deviennent alors appréciables.
DE LHYDR0PIS1E DE l’oVAIHE ET DES TROMPES. 8/,3 Quand les parois abdominales distendues par une hydropisie enkystée de l’ovaire et en même temps par une hydropisie ascite ont cédé autant que le permet leur élasticité naturelle , il arrive quelquefois qu une portion de la tumeur ovarique forme hernie au dehors. Le docteur Huguier ayant fait, en 1830 à 1 hôpital Saint-Louis , l’autopsie d’une femme qui avait succombé aux progrès d’une hydropisie ovarique compliquée d’ascite, trouva un kyste de l’ovaire plus volumineux que la tête d’un homme adulte, et présentant les dispositions suivantes : la tumeur était multi lobée et divisée en quatre portions; la première interne et inférieure , remplissait l’excavation pelvienne ; la seconde antérieure et interne occupait la partie correspondante de l’abdomen ; la troisième supérieure et externe, dont le sommet atteignait la partie inférieure du lobe droit du foie , avait décolé tout le péritoine de la région costo-illaque droite et avait refoulé le cæcum et le rein du même côté en haut et en avant; enfin, la quatrième portion de la tumeur ovarique, après avoir détaché le péritoine de la fosse illiaque droite et de la partie inférieure de la paroi antérieure de l’abdomen , s était engagée dans le canal crural , non seulement, dans la partie interne ou passent les vaisseaux lymphatiques et par où se font les hernies, mais encore dans toute la longueur de ce conduit en suivant l’expansion aponévrotique quele fascia-illiaca fournit à la cuisse. Cette partie de la
tumeur qui ne renfermait que de la sérosité, offrait trois pouces de longueur sur deux de largeur, et se trouvait située en arrière et en dehors des vaisseaux cruraux. Il suffit de connaître la possibilité d’une hernie crurale du kyste ovarique, pour éviter les erreurs de diagnostic que ce genre de déplacement pourrait faire naître. Enfin nous ajouterons que les symptômes généraux et les phénomènes sympathiques et hystériques qui accompagnent le plus souvent les affections de l’utérus et des ovaires doivent également aider à distinguer l’hydropisie ovarique des autres collections séreuses de la cavité abdominale.
Le pronostic de la maladie qui nous occupe, est toujours fâcheux, surtout quand elle se trouve compliquée avec un squirrhe de l’ovaire, une hydropisie ascite, uneanasarque universelle, l’hydrothorax. Si l’on a vu quelques femmes parvenir à un âge avancé quoique étant affectées depuis long-temps d’une hydropisie de l’ovaire , presque toutes succombent aux progrès de leur mal, soit à la suite d’une rupture du kyste, dont le liquide épanché dans l’abdomen , détermine une péritonite mortelle ; soit à cause des désordres et du trouble que la compression de la tumeur produit dans les viscères abdominaux , soit enfin aux accidents qui résultent le plus souvent des opérations qu’on a été obligé de faire pour évacuer le liquide ou extirper l’organe affecté. 11 est arrivé quelquefois que la rupture de la tumeur a été favorable aux ma-
de l’hydropisie del’ovaire et des trompes. 8/t5 lades, parce que l’écoulement du fluide séreux avait pu se faire dans la cavité d’un viscère voisin qui s’était perforé en même temps que le kyste ; Denrnan (1 ) l’a vu avoir lieu par le rectum; madame Boivin (2) deux fois par le vagin ; Monro (3) une fois par la même voie et une autre par l’aine ; Méad et LocockÇJt) par l’ombilic (5). La malade de Denman, une de celles de madame Boivin et la femme dont parle Méad, se sont complètement guéries; chez les autres, il y a eu récidive et mort plus tard. Ii est bon de dire aussi qu’après la rupture du kyste , on a vu l’épanchement dans la cavité abdominale être résorbé et suivi d’une guérison complète. Le docteur Seymour ( loc. cit. p. 55. ) rapporte d’après Blundell, un cas d’épanchement dans l’abdomen , dont l’absorption se fit, quoique la rupture du kyste ovarique eut été occasionnée par une chute. Nous terminerons ce que noos avions à dire sur le pronostic de l’hydropisie de l’ovaire, en ajoutant que cette maladie doit être rangée parmi celles dont on peut quelquefois
(1) Med. Physic journal , t. II. p. 20.
(2) Recherches sur l’avortement, etc., p. 103 et 131.
(3) Essais d’Edimbourg , t. VI, p. 387.
(4) Illustrations , etc. of the principal Diseases of the ovaria, p. 53.
(5) Le docteur Grcnuille (med. physic. journ. 1822) , a rapporté une observation de tumeurs enkystées de l’ovaire droitdont quelques-unes, aussi grosses que la tête d’un fœtus, s ouvrirent et laissèrent couler des matières purulentes par une ulcération développée aux parois de l’abdomen.
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retarder les progrès , mais dont on obtient rarement la guérison complète. On ne devra pas cependant trop se hâter de porter un pronostic fâcheux ; car Portai Çj), Petit liadel (2), M. Nauche (3) Seymour (loc. cit. p. 93, 116, 119, ) et quelques autres praticiens citent plusieurs exemples de guérisons obtenues par différents moyens que nous ferons connaître.
Le traitement de l’hydropisie de l’ovaire est loin d’offrir quelque chose de positif; car quelles que soient les méthodes thérapeutiques qui aient été employées, les insuccès sont infiniment plus nombreux que les succès. Ainsi les purgatifs, les vomitifs, les sudorifiques, les diurétiques , les'- sialagogues , les bains, simples , salés , sulfureux , la percussion et la compression du ventre , les révulsifs et les fondants tant à l intérieur qu’à l’extérieur , la ponction , l’incision et l’extirpation de la tumeur , et une foule de méthodes empiriques, ont tour-à-tour été employées et ont toutes été suivies de quelques cas rares et isolés de guérison.
Quoiqu’on ne doive pas avoir une grande confiance dans les moyens qui sont du ressort de la médecine proprement dite , nous pensons qu’il faudra toujours les employer avant de recourir à ceux que nous
(1) Observ. sur la nat. et le traitement de l’hydropisie, 1. 1. p. 15.
(2) Encyclopédie méthodique, chirurgie, t. II. 154.
(3) Maladies des femmes, t. l.p. 174.
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fournit la chirurgie. En conséquence , on pourra d’abord prescrire les sudorifiques tels que le gavac, la salsepareille, les bains de vapeurs; les résolutifs, entr’autres les frictions mercurielles, employées avec succès par Clarck et M. IXauche, celles d hvdriodate de potasse et l'usage interne de l’iode à petites doses, les bains de mer, et d’eau salée dont M. haennec de Nantes, dit avoir obtenu d’heureux résultats, les bains thermaux d’Aix en Savoie ou de Barêge , les frictions avec la pommade stibiée , les cautères , les moxas, les vésicatoires appliqués sur le ventre. Les diurétiques tels que la scille, le nitre, etc., qui d’après Haller, (1 ) ont été employés avec avantage par Faillis; la décoction de cendres à la dose d’une poignée par litre d’eau dont Petit- Radel loc. cit) fil, usage et obtint une guérison , après avoir pratiqué d’abord la ponction du kyste ovarique; enfin les purgatifs employés à doses fractionnées, tels que l’aloès, la rhubarbe, le croton tiglium, le mercure doux combiné avec le savon médicinal, le sulfate de potasse etc., sont encore des moyens qui, conjointement avec l’abstinence et la compression du ventre pourront être prescrits à l’origine du mal, dans le but de faciliter l’absorption des liquides primitivement peu abondants.
Dans le cas où la cause de la maladie pourra être reconnue , on tâchera de la faire cesser le plus tôt possible. Si elle était survenue à la suite, d’un coup,
(1) Disputationes morborum, t. IV.
d’une chute ou d’un engorgement résultant d’une inflammation, on aurait recours à l’emploi des bains et aux saignées générales et locales , si surtout la femme est d’une forte constitution. Si le mal avait succédé à une suppression des régies ou du flux hémorrhoïdal , on devrait faire en sorte de rappeler ces écoulements par les moyens appropriés. Enfin, si l’hydropisie ovarique s’était manifestée après la disparition d’une dartre, de la goutte, d’un rhumatisme, etc. , il faudrait se hâter de rétablir l’irritation dans le lieu qui en était le siège principaj, puis on aurait recours aux moyens propres à combattre ces différentes maladies.
Lorsque ces divers agents thérapeutiques auront été sans effet , ce qui malheureusement est le plus ordinaire, on pourra recourir à la ponction de la tumeur dans le but de fournir une issue au liquide contenu dans le kyste. Cette opération, qui est plutôt un moyen palliatif que curatif, a été conseillée par Theden, Ledran, Monro , Richard Brown- Cheston , Camper , Howschip , S. Cooper, et plusieurs autres chirurgiens; elle est au contraire regardée comme étant plus nuisible qu’utile et comme pouvant hâter souvent la mort des malades, par CaUisen , Denrnan , Garengeot, Burns, G. Hanter , Rie h ter , Sabatier , Delpech, etc., si quelques-uns de ces auteurs ne proscrivent pas la ponction d’une manière absolue, ils pensent avec raison , qu’on ne doit y
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avoir recours que comme à un moyen extrême et seulement lorsque la vie des femmes exposées à un danger immédiat, leur est devenue tout-à-fait insupportable à cause des incommodités et des douleurs qui résultent de l’énorme distension du kyste ovarique.
Ce moyen chirurgical dont Ledran , Monro , Dehaèn, Portai , le docteur Key , ont publié des cas de succès ou à l'aide duquel on a quelquefois prolongé pendant long-temps la vie des malades (1) a déterminé le plus souvent des accidents promptement mortels, ainsi que le prouvent les observations dues à Johnson, Clerghorn, Denman, Scudamore, Ford, Lizars , Dupuytren , Delpech , Seymour, madame
(1) l)ans une hydropisie dont Jean Lathan, pensait que l’ovaire était le sie'ge, on fit la ponction 155 fois et on évacua 5720 pintes de liquide et l’on prolongea ainsi de quelques années la vie de la femme. ( Philosoph. Iransacl. t. 69 , part, I. p. 54, 1779). Dans le même recueil, t. 74, part. II. p. 471 ; année 1784 , on trouve l’histoire d’une hydropisie de l’ovaire qui nous a été transmise par Ph. Mcadon , Martineau et Jean Hunier, et qui est remarquable à cause du grand nombre de fois qu’on pratiqua la ponction, et surtout de la grande quantité de sérosité qu’on évacua. La malade subit 80 ponctions dans l’espace de 26 ans et rendit 6631 pintes de liquide. On voit aussi dans le tome II des medical communications , que Ford pratiqua 41 fois la ponction de l’ovaire, à des intervalles très rapprochées, parce que la collection reparaissait avec une vitesse toujours croissante; ces ponctions fournirent 2686 pintes de fluide séreux.
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Boivin, et plusieurs autres praticiens qu’il est inutile de citer.
Quoique la ponction ait été suivie de quelques cas de guérison , ou du moins ait contribué à rendre la vie plus supportable , on ne doit pas s’y décider légèrement ; soit, comme nous pourrions en citer plusieurs exemples, parce qu’on peut blesser la matrice et les intestins, etc., déterminer des inflammations et des hémorrhagies promptement mortelles; soit, parce qu’il en résulte souvent une faiblesse qui s’accroît si rapidement, qu’elle enlève les malades en peu de jours ; soit enfin , par la raison qu’elle ne peut diminuer le volume du ventre quand l’hydropisie est composée de plusieurs petits kystes , ou lorsque la matière de la tumeur est gélatineuse et trop épaisse pour s’écouler au dehors. Il est encore une raison qui doit porter les praticiens à ne pratiquer la paracenthèse ovarique qu’à la dernière extrémité, c’est quepresque toujours, le calme qui peut en résulter est éphémère, et que la collection reparaît après chaque ponction , avec une vitesse toujours croissante.
Quand on sera forcé de recourir à la ponction, on devra y procéder de la manière suivante : d’abord, après avoir fait placer la femme de telle sorte que la tumeur fasse le plus de saillie possible, ou cherchera le point où la fluctuation est plus évidente et où le kyste parait être plus mince, puison enfoncera le troisquarts en le dirigeant un peu obliquement du côté
DE l’iIYDROPISIE Dli L OVA1RE ET DES TROMPES. 85 I de l’ovaire malade, afin d’éviter de blesser la matrice.
Pour obtenir une guérison définitive, en déterminant une inflammation rapide du kyste, on a conseillé des injections, comme dans la cure de l'hydrocèle; mais ce moyen n'a pas été couronné du succès qu’on en attendait ; la malade de Scudamore , dont parle Li~ sars { 1), qui avait été traitée par des injections de vin de Porto, succomba quelques semaines après l’opération. M. Ramsden (2), chirurgien de l'hôpital de Saint-Barthelemy de Londres, qui dans deux cas semblables, avait également injecté le même vin mêlé avec de l eau , a vu succomber ses deux malades des suites de l’inflammation; la femme citée par Denmcin, mourut au bout de six jours ; enfin, les injections vineuses employées une fois , dans les mômes circonstances, par le docteur Martini (3) de Lubeck, ne furent suivies d’aucun résultat appréciable.
Dans le but d’enflammer d’une manière lente et graduée les parois du kyste réduit à un petit volume, on a essayé de transformer la plaie en fistule au moyen d’une sonde ou d’une mèche placée en permanence ; cette méthode a réussi à Dehaen , ( Ratio médendi, T. IL p. 255,) dans un cas où l’état de gestation et le volume de plus en plus considérable de la matrice, tenaient constamment comprimée la
(1) Edimbourg, med. surg. journal, n° 81.
(2) S amucl-Cooper , dict. de chirurg. prat. t. II. p.j255.
(3) Journ. hebdom. de méd., t. II., 1820.
poche vidée par la ponction. Portai rapporte [aussi ( loc. cit. ) un cas de succès par ce moyen; enfin , M. Seymours ( loc. cit. p. 103,) dit que surg trois malades traitées de cette manière par le docteur Key, une seule s’est rétablie , et que les deux autres ne tardèrent pas à succomber d’une inflammation vive et d’une suppuration abondante.
Lorsque des ponctions réitérées, ou la présence permanente d’une sonde dans la plaie , font craindre le développement d’une trop vive inflammation, de même que dans le cas où la tumeur contient une matière d’une consistance gélatineuse, Ledrari (1), comme l’avait pratiqué Delaporte (2), conseille d’attaquer le mal par incision. Ce dernier chirurgien , au moyen d’une incision de quatre à cinq pouces , parvint à extraire d’une tumeur ovarique soixantesept livres d’une humeur épaisse et gélatiniforme; la malade ayant succombé treize jours après , on put constater qu’il existait d'autres kystes pleins de la même matière , dont une partie avait pénétré dans l’abdomen par des ulcérations du kyste principal. Les deux observations données par Ledran sont plus capables d’encourager une pareille tentative , car chez l’une des femmes opérées , la plaie resta fistuleuse , et malgré une seconde incision , nécessitée par un abcès à l’hypogastre et une affection squirrheuse
(1) Mémoires de l’acad. de chirurgie, t. II. p. 431 et 442.
(2) Idem. (loc. citato) page 452.
DE l’hYDROPISIE DE LOVAIRE ET DES TROMPES. 853 de l’ovaire qui augmentait tous les jours et compliquait l’hydropisie de cet organe, la mort fut différée quelques années pendant lesquelles l’état de santé fut tolérable. Chez la seconde malade , opérée par le même chirurgien, la cure fut radicale, quoiqu’il survint une foule d’accidents, entr’autres , une suppuration d’abord abondante et fétide , mais qui, après avoir diminué, continua de couler pendant deux ans, par une ouverture fistuleuse. Malgré les faits que nous venons de faire connaître et les succès complets obtenus dans des cas semblables à celui de Delaporte, parle docteur Houston cité par Movro (loe. cit. p. 225), et par Portai , Denman , MM. hey , Bansden, nous pensons avec Richter (1) que 1 incision du kyste de l’ovaire peut le plus souvent hâter la mort des malades en donnant naissance à une inflammation très étendue, et que si les suites ne sont pas immédiatement funestes , presque toutes les femmes ne tardent pas à succomber à une péritonite subaiguë ou à une fièvre hectique.
La ponction simple ou multiple, de même que l'incision n’offrant aucun avantage, quand l’hydropisie der1 ovaire estcompliquée d’unedégénérescence squirrheuse, ou lorsque la tumeur est multiloculaire et divisée en un plus ou moins grand nombre de kystes, plusieurs praticiens , entre autres Félix Plates' (2) ,
(1) Anfrangs gruende tler wundarzneykunst. th. Y. p. 128.
(2) De millier, part, générât, dicatis, 1597.
Diémçrbroeck (1) Power et Darwinf{ 2) V anderhaar , cité par Logger {cle ovariorum rnorbis , p.76), Delaporte et Morand (loc. cit.), Siebold, Lizars (loc. cit), etc., ont conseillé de recourir à l’extirpation de tout l’organe malade, comme on le fait presque impunément à l’égard des femelles de plusieurs animaux , dans le but de les rendre stériles.
Malgré ces faits , et quoique la perte des deux ovaires ou d’un seul de ces organes ait pu avoir lieu chez la femme , sans accidents mortels , soit à la suite d'une opération faite dans un but non médical, (3) soit à la suite d’une plaie comme Franck de Francknau Pool, Las sus, M. Deneux en -citent des exemples, j l’extirpation méthodique du kyste ovarique a été reetée dans tous les cas par Dehaen (loc. cit., t. II, p. 88), Morgagni (epist., 38), Sabatier, Gardien, M. Murat et quelques autres chirurgiens distingués. Cette méthode, qui, suivant les auteurs, devrait être effacée de la liste des opérations utiles, se
(1) Anat. corpovis huinani. 1679.
(?.) Zoonomie (uebers. vors. etc.) 1791th. II- abth. 1 p. 190.
(3) Isirand , cle Dicmerbroéck , (Opéra omnia anat. loc. cit.) rapporte d’après Athénée , e^\ Adromeles, et d après Suidas, que Gyges, roi de Lydie, faisaient très souvent pratiquer l’extirpation des ovaires , sur des femmes de leur royaume , dans le but de les rendre infécondes. Selon quelques auteurs, cette coutume aussi barbare qu’immorale , a également existé chez les Égyptiens et chez quelques autres peuples d’Orient.
Jean mer, mort en 1588 , dit ( Med. obs. rarior. ) qu’un cliâtreur soupçonnant la vertu de sa fille , lui ouvrit le ventre, attira la matrice au dehors , et en excisa les ovaires ; le même auteur ajoute que cette cruelle opération lut suivie d un plein succès.
DE L’iïYDROPrSlE DE l’ûVAIRE ET DES TROMPES. 855 trouve , jusqu’à un certain point, justifiée par plusieurs exemples de guérison obtenue par Lernciunier (1), Paroisse , le docteur Smith (2), ainsi que par les trois observations du docteur Macdowel, rapportées par Lizars (loc. cit.), par l’extirpation de l’ovaire faite avec succès par ce dernier chirurgien, et une autre fois par le docteur Chrysmer ( Archives de Méd., t. XX). Enfin par les faits communiqués par Delaporte , Lie uiaud , Kapser , et les tentatives plus ou moins heureuses de Lemrnan, Delpech , Nathan , MM. Lafflize, de Nantes, Ischier, Dzondi, de Halles et quelques autres.
Si cette opération a été quelquefois couronnée de succès , nous devons dire aussi quelle a eu le plus souvent des résultats fâcheux. Une des quatre femmes opérées par Lizars n’a survécu que cinquantequatre heures. Une malade du docteur Martini (Arch. de Méd.,t. XX) et deux autres femmes soumises à la même opération par le docteur Chrysmer ont succombé aussi après quelques heures. Nous ajouterons également que dans différents cas , l’opération commencée a dû être abandonnée après l’incision des parois abdominales par un chirurgien dont parle sir A. Cooper (8), ainsi que par MM. Lizars, Grenville (loc. cit.), Dieffenbach (Archives de
(0 Méin. de la société royale de méd. 1782, p. 296.
(2) Edimb- med. surg. journal, n° 72, 1822.
(3) Dict. de chirurgie pratique de S. Cooper , t. II. , p. 266.
Méd., loin. XX). el Gcilenzowski de Wilna. Lorsque le kyste fut mis à découvert, ces habiles praticiens pensèrent qu il était plus prudent de ne pas 1 extirper, soit à cause des nombreuses adhérences qu il avait contractées, soit a cause du grand nombre des vaisseaux volumineux qu il aurait lallu diviser.
D’après les faits que nous venons de rappeler, nous concluons que l’extirpation des ovaires affectés d’hydropisie est une opér ation qui peut offrir de grandes difficultés et toujours les plus grands dangers. Sans vouloir la proscrire d’une manière absolue, nous pensons qu’on doit y avoir recours comme à une ressource extrême etseulement lorsque la mobilité de latumeui donne en quelque sorte la certitude qu’elle n’a pas contracté d’adhérences ou du moins qu’elles sont peu étendues. Le volume considérable du kyste, la moindre incertitude dans le diagnostic (1 ), une complication avec l’ascite et diverses indurations sont des circonstances qui contr’indiquent 1 extirpation. Nous ajouler on que même dans les conditions les plus favorables, on ne doit la tenter que lorsque les malades la désirent avec ardeur.
Dans le cas où l’on regarderait l’opération comme
(l)Le diagnostic est quelquefois si incertain que M. Lizars, (Edimb. med. journal , n° 81) convient, avec une franchise dont on ne saurait trop le louer, qu’il prit un gonflement du ventre résultant de l’obésité pour une liydropisie de 1 ovaire, et qu’il ne s’aperçut de sa méprise qu’après avoir fait une grande incision sur les parois abdominales.
de l’hYDROPISIE DE l’ovaire ET DES TROMPES. 857 la seule planche de salut, on devrait, sur le point le plus convenable de l'abdomen, mettre la tumeur à découvert par une incision parallèle à l’axe du corps et aussi peu étendue cjue possible , c est-à-dire de trois à cinq ou six pouces; puis, si le kyste était adhérent, il faudrait à l’exemple du docteur JS. Smith, tacher de le vider avec un trois quarts et 1 enlever ensuite, en ayant la précaution de détruire ses adhérences , soit avec les doigts et le manche d un scalpel , soit a l’aide d'une dissection soignée , si ces moyens étaient insuffisants. On devrait également faire la ligature ou la torsion des vaisseaux, aussitôt qu’on les aurait divisés. Si le kyste était libre, mobile, isolé et offrant un pédicule étroit, on se bornerait à lier solidement la racine et à l’exciser en deçà du fil avec un bistouri ou de longs ciseaux courbés sur leur plat. Dans le cas où la tumeur serait fongueuse, pourvue d’une large base, de vaisseaux nombreux et d’un gros calibre, il vaudrait mieux ne pas y toucher et refermer la plaie, comme l’ont fait MM. Lizars , QrenviUe et Dieffenbach. Il est bon d’ajouter aussi qu’orr devra maintenir rapprochés les bords delà plaie avec des bandelettes agglulinatives ou avec la suture lorsque la division sera très étendue.
Nous terminerons en disant : que puisque les tumeurs ovariques sont rarement composées d’un seul kyste ; puisque au contraire elles sont souvent multi-
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lobées, et adhérentes sur plusieurs points; enfin , comme dans le plus grand nombre des cas, elles contiennent autre chose que de la sérosité, et que d’ailleurs, l’hydropisie qui finit presque toujours par envahir les deux ovaires , se complique assez fréquemment avec d’autres lésions qui rendent plus obscur le diagnostic et le pronostic plus grave, nous sommes tenté de dire avec le célèbre Hunier (Medical observ., and inquiries, T. II. ) que les malades seraient souvent plus assurées de prolonger leur existence, si l’on ne cherchait pas à les délivrer de leur mal.
L’hydropisie des trompes dépendant des mêmes causeset offrant les mêmes signes que celle des ovaires avec laquelle elle est presque toujours unie et dont on ne peut la distinguer qu’après la mort, nous croyons devoir nous borner à dire que le traitement médical est le même , et que si dans quelques cas, la ponction a pu pallier le mal et prolonger la vie des malades , le plus souvent la mort a suivi de près l'opération. Nous ajouterons aussi que souvent la matière qu’elles contiennent est épaisse et gélatineuse, etqu’ainsi que les ovaires et la matrice, elles sont quelquefois distendues par des hydatides , et peuvent acquérir des dimensions énormes. Dehaèii ( loc. cit. T. III. p. 29). parled’une trompe hypertrophiée qui pesait septlivres et qui contenait vingt-trois livres de liquide; Frank (de eue. ret., lib. VI, p. 130.) en a vu une qui renfermait trente-deux livres de matière séreuse et gé-
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latineuse; enfin Blàncard ( anat. prat. rat. ) a trouvé une trompe qui était distendue par cent douze livres de sérosité : il est vrai que l’ovaire et le ligament large étaient également confondus dans le même kyste. Chez les femmesqui succombentà cette affectionnes trompes sont tantôt tortueuses, épaisses, alongées, ayant l’aspect des gros intestins et étant d’autant plus larges qu’elles approchent plus de l’ovaire; tantôt elles s’élargissent brusquement et sont piriformes ou sphéroïdales.