‹ Traite complet des maladies des femmesChapitre 57 sur 60 · DE L 'OEDÈME , DES VARICES , ET DES DIFFERENTES TUMEURS DE LA VULVE · texte numérisé non relu

DE L 'OEDÈME , DES VARICES , ET DES DIFFERENTES TUMEURS DE LA VULVE

L’œdème des grandes lèvres est le plus ordinairement une extension de l’anasarque résultant de 1 hydropisie ascite , ou de l’état de grossesse. Quelquefois cette lésion accompagne une inflammation locale, surtout l’érysipèle; mais dans ce cas elle est plus grave que l’engorgement œdémateux dépendant des autres causes que nous avons signalées.

On reconnaît l’œdème vulvaire à une tuméfaction plus ou moins considérable des grandes lèvres qui sont tendues , luisantes , de couleur rosée , transpa-

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rentes , peu sensibles à la pression et conservant l’impression du doigt appuyé sur leur surface.

Cet engorgement œdémateux des grandes lèvres se présente comme un bourrelet épais et saillant, qui peut devenir si volumineux qu’il gêne les mouvements de la progression , devient un obstacle à la parturition et empêche même de pratiquer convenablement le toucher vaginal , parce que le doigt explorateur ne peut pénétrer jusque sur le museau de tanche.

Le traitement chirurgical de l’oedème des grandes lèvres consiste dans la compression méthodique des parties; mais lorsque la tuméfaction est très considérable , on doit chercher à en opérer le dégorgement au moyen de mouchetures faites avec la pointe d'une lancette enfoncée à très peu de prolondeur. L’œdème inflammatoire accompagné de fièvre exige l’emploi des antiphlogistiques , tels que les saignées générales, les applications de sangsues à la face interne des cuisses et non sur les parties malades, les boissons tempérantes, les applications émollientes narcotiques et légèrement résolutives , enfin la diète et la position horizontale.

Les varices des grandes lèvres constituent une affection assez rare qui se distingue de toute autre tumeur vulvaire par les caractères suivants : les veines dilatées forment sous la peau d’un côté, et la membrane muqueuse de l’autre . des nodosités ou bosselures qui sont, d’autant plus saillantes que leur exis-

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tence remonte à une époque plus reculée. Ces petites tumeurs sont indolentes à la pression , de couleur bleuâtre, de consistance si molle qu’elles disparaissent aussitôt qu’on les comprime pour se reproduire de nouveau. Dans certains cas , ces tumeurs irritées s’enflamment et deviennent quelquefois le siège d’ulcérations fongueuses difficiles à guérir. Nous devons encore ajouter que ce qui rend cette affection souvent assez pénible, c’est la démangeaison des parties sexuelles dont elle est quelquefois accompagnée.

Les causes principales des varices sont : la fréquence du coït et surtout les froissements violents qui peuvent enrésulter, les grossesses trop multipliées, les accouchements laborieux et les irritations répétées et long-temps prolongées qu’ils déterminent. Ces circonstances sont surtout favorables au développement de la maladie, chez les femmes dont les vaisseaux du système veineux sont naturellement amples, dilatables et offrant des parois peu résistantes.

Le traitement des varices vulvaires est très simple; souvent elles disparaissent spontanément, lorsque la cause qui les avait produites cesse d’agir . Quand les grandes lèvres sont indolentes , on a recours le plus souvent avec avantage , aux topiques froids et astringents, tels que des compresses imbibées d eau végélo-minérale , d’une décoction de lan ou de roses de Provins, ou enfin d’une solution légère de sullate d’alumine dans un mélange d’eau et de vin rouge.

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