‹ Traite complet des maladies des femmesChapitre 58 sur 60 · DFS DIFFÉRENTES TUMEURS DE TA VULVE · texte numérisé non relu

DFS DIFFÉRENTES TUMEURS DE TA VULVE

On joindra à l’emploi de ces moyens l’abstinence du coït et la compression méthodique des parties, lorsqu’on pourra l’exercer sans causer trop de gêne. Les varices douloureuses et irritées seront traitées par le repos , le cérat opiacé , les saignées locales , enfin par l’emploi du chlorure d’oxyde de sodium en lotions , si les tumeurs variqueuses étaient devenues le siège d’ulcérations.

Les tumeurs enkystées des grandes lèvres sont assez fréquentes et se distinguent facilement de toutes les autres tumeurs qui pourraient avoir leur siège dans l’épaisseur de ces deux replis vulvaires , par leur forme arrondie et circonscrite; elles n’apportent aucun changement à la couleur delà peau ; leur consistance est plus ou moins fluctuante, et leur masse, qui n’est ni pâteuse, ni demi transparente, ni diffuse comme dans l’œdème, ne présente pas la durete et la résistance des tumeurs fibreuses avec lesquelles il est très facile de les confondre. Du reste, une erreur de diagnostic n’offre rien de fâcheux, puisque 1 extirpation convient dans les deux cas.

Les tumeurs enkystées de la vulve présentent une résistance variable selon la matière qu elles contiennent ; si le plus souvent le kyste dont les parois sont lisses et blanchâtres est distendu par un liquide séreux , quelquefois sa cavité se trouve remplie par un fluide épais et de couleur brune. On a vu dans quelques cas ces sortes de tumeurs s’ouvrir spontanément

et donner naissance à un suintement incommode et continuel, qui tarit rarement sans le secours de l’art.

Le traitement des tumeurs enkystées des grandes lèvres, comme celui des tumeurs fibreuses , consiste, ainsi que nous l’avons déjà dit, dans leur extirpation, qui se pratique de la manière suivante : après avoir fait placer convenablement la malade, on renverse la lèvre en dehors, puis, fixant la tumeur à l’aide d’un doigt placé derrière elle, afin de la faire saillir davantage, on l’attaque au moyen d'une incision légère du côté de la face interne, soit parce que le kyste ou la tumeur fibreuse , sont ordinairement plus superficiels de ce côté, soit aussi pour éviter une cicatrice difforme et apparente. Lorsque la tumeur sera mise à découvert, le chirurgien tâchera de la détacher de toutes ses adhérences par une dissection minutieuse , et en pressant de nouveau avec le doigt placé derrière elle pour la rendre plus saillante encore, il l’enlèvera le plus complètement possible à l’aide de ciseaux. Si le kyste s’était ouvert pendant l’opération, il faudrait en enlever le plus que l’on pourrait, puis cautériser toute la surface interne de la plaie , afin d’éviter la reproduction de la maladie. Si l'hémorrhagie était abondante, on lui opposerait la ligature, mais surtout l’application du fer incandescent.

La surface muqueuse des grandes lèvres peut aussi dans quelques cas, être le siège de petites tumeurs polypeuses pédiculées, que leur forme fait dis-

tinguer des végétations cancéreuses et syphilitiques , et dont le traitement consiste dans leur incision faite avec des ciseaux courbés sur leur plat. Il n est pas également très rare de voir des tumeurs lypomateuses se développer dans l’épaisseur des grandes lèvres ; elles présententle même caractèreque celles des autres parties du corps, et réclament les mêmes moyens curatifs, c’est-à-dire une ablation et une destruction aussi complètes que possible. L incision convient de même pour détruire certaines végétations ou hypertrophies partielles de quelques-uns des tissus qui composent la vulve, telles sont les verrues , les petites tumeurs cellulaires imbibées de sérosité, les poireaux vénériens , etc. Nous ajouterons que lorsque ces tumeurs acquièrent un certain volume, elles sont, quoique peu douloureuses par elles-mêmes, très incommodes, et causent des tiraillements continuels qui se prolongent jusque dans la région inguinale et lombaire.

Le cancer des mamelles , étant un des plus fréquents , un des plus faciles à observer et surtout le plus accessible aux moyens chirurgicaux, a été plus étudié et a excité un intérêt plus spécial que celui des autres organes. Cette affection, qui est sans contredit la plus grave de toutes celles auxquelles les mamelles sont exposées , est incomparablement plus fréquente

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chez la femme que chez l’homme, quoique dans les deux sexes les glandes mammaires soient primitivement organisées de la même manière. Il est facile

d’expliquer cet heureux privilège et cette différence en notre faveur , si l’on réfléchit que chez la femme, les mamelles jouent un rôle bien plus important , sont plus exposées au contact et à l’influence des causes extérieures, enfin éprouvent des irritations et des excitations sympathiques résultant de l’état de gestation des périodes menstruelles et de toutes les modifications normales ou pathologiques des fonctions de l’appareil reproducteur.

Cette maladie , qui est sans contredit la plus grave de toutes celles auxquelles les mamelles sont exposées, semble se développer de préférence dans 1 état de mariage, après l’allaitement, chez les personnes dont les seins sont volumineux et principalement dans la période de la vie qui correspond à la cessation des menstrues. On a également observé le cancer du sein entre 20 et 30 ans , mais bien plus souvent entre 30 et aiO ans.

Les causes occasionnelles du cancer des mamelles sont internes ou externes. Parmi ces dernières, on range les coups , les chutes , les contusions , la pression exercée sur les seins par des corsets trop forts ou trop serrés , dans le but de les relever , ou au contraire de les aplatir pour en diminuer le volume ; la mauvaise habitude qu’ont quelques femmes de ne pas

soutenir les seins trop volumineuxet de les abandonner à leur propre poids ; l’emploi inconsidéré des topiques répercussifs et irritants sur les mamelles enflammées ou affectées d’engorgements simples et chroniques , enfin l’impression subite de l’air froid surtout après l’accouchement, et les applications astringentes destinées à arrêter la sécrétion du lait , sont regardées avec raison , comme pouvant être des causes occasionnelles des indurations squirrheuses. Nous ajouterons encore qu’il est généralement admis que des inflammations chroniques du sein et des engorgements laiteux, dartreùx, scrophuleux , syphilitiques, etc., peuvent quelquefois dégénérer en cancer.

Les causes internes de l’affection qui nous occupe, sont les irrégularités, et la suppression accidentelle de la menstruation; la cessation d’une leucorrhée ancienne, des hémorrhoïdes, d’une sueur abondante et habituelle la suppression d’un exutoire ancien; la répercussion de quelques exanthèmes , des affections psoriques et herpétiques ; la métastase de la goutte , du rhumatisme, de l’érysipèle ambulant , comme Pouteau en rapporte des exemples, et une foule d’autres causes plus ou moins appréciables , qui comme celles que nous venons de mentionner, ne déterminent le plus souvent le cancer, qu’autant qu’elles coïncident avec une cause occulte et inconnue dans son essence, c’est-à-dire, une disposition intérieure et individuelle

S'jS LÉSIONS VITALES,

qu’on désigne sous le nom de diathèse cancéreuse. Selon quelques praticiens cette disposition au cancer suffit dans certains cas pour lui donner naissance, tandis que dans d’autres elle peut exister toute la vie, sans se manifester par aucuns symptômes extérieurs. Oiï a pensé également que la diathèse cancéreuse n’a pas toujours le même degré d’intensité, ce qui expliquerait pourquoi une légère irritation suffit quelquefois pour provoquer le développement du cancer , tandis que dans d’autres cas il faut le concours de plusieurs causes occasionnelles très-puissantes pour lui donner naissance.

Marche et symptômes. La dégénérescence cancéreuse du sein débute le plus ordinairement par une petite tumeur plus ou moins régulièrement arrondie, dure, circonscrite, mobile sous le doigt, indolente, sans changement de couleur à la peau et pouvant occuper, soit un point du tissu graisseux de la mamelle , ce qui est le plus ordinaire , soit le corps de la glande mammaire proprement dit, dont le parenchyme devient dur, pesant, compact, et de plus en plus volumineux.

La tumeur squirrheuse qui s’est d’abord développée dans le tissu cellulo-adipeux du sein peut être facilement circonscrite par les doigts, parce qu’elle se trouve tout à fait isolée par des couches celluleuses qui l’entourent comme les parois d’un kyste. Dans les cas plus rares où l’induration morbide a commencé par affecter la glande mammaire elle-même,

la tumeur anormale ne peut être circonscrite et se confond dans tous les sens avec la partie saine. Lorsque la glande est entièrement envahie , elle se transforme en un corps irrégulier, bosselé, auquel adhère le mamelon et qu’enveloppe un tissu cellulaire et graisseux.

Pendant les premières périodes du cancer il arrive souvent que non-seulement la sanlé de la malade n est pas troublée, mais même il semble au contraire que sa fraîcheur et son embonpoint augmentent. Malheureusement après un temps dont la durée est variable , la marche de la maladie vient déjouer ces fausses espérances; le plus souvent à la suite d un coup , d'un froissement, de la suppression physiologique ou anormale des menstrues, et même sans cause appréciable , la tumeur isolée s’accroît rapidement, s’irradie en tous sens sur les parties voisines avec lesquelles elle contracte des adhérences, de telle sorte qu elle envahit insensiblement toute la mamelle. Le squirrhe, qui a débuté par la glande mammaire proprement dite, prend aussi dans les mêmes circonstances une nouvelle extension, c’est-à-dire qu'a près avoir envahi toute la substance de la glande, il se porte sur le tissu adipeux qui l’environne et continuant de marcher du centre à la circonférence, il étend ses ravages sur une portion plus ou moins grande des tissus extérieurs de la mamelle. La malade , qui a commencé par ne sentir dans le sein

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qu’une sorte de démangeaison désagréable, et une sensation de chaleur et de picotement , éprouve des douleurs sourdes et profondes qui deviennent ensuite lancinantes et qui se manifestant et se dissipant avec la rapidité de l’éclair, sont comparées à des coups d’aiguilles ou de canif qui traverseraient brusquement la mamelle. La peau qui recouvre l’induration squirrheuse devient rose , luisante , tendue; les veines sous-cutanées sont noueuses , gorgées de sang, et parfaitement distinctes ; le mamelon qui est attaché à la glande par les conduits galactophores et par un tissu résistant , ne pouvant suivre le développement de la tumeur vers l’extérieur , reste enfoui dans une sorte de bourrelet et finit souvent par s’effacer complètement à mesure que les parties qui l’entourent lont plus de saillie.

La maladie, qui ne cesse pas de faire des progrès , change bientôt de face et se présente avec son caractère de destruction , en minant avec plus ou moins de fureur la vie de la malheureuse victime qu’elle a attaquée. C’est alors que les douleurs devenant de plus en plus fréquentes et atroces , et se faisant sentir de préférence le soir ou dans la nuit, empêchent la malade de goûter du repos et jettent un trouble général dans l’économie. La tumeur présente quelques points plus élevés et se dessinant en relief sur sa surface ; la peau qui recouvre chacune de ses saillies et qui a pris une couleur rouge foncé ou livide, sam in-

cit, se gerce et se couvre de fissures qui donnent issue à une sérosité ichoreuse, dont la couleur et la fétidité varient et dont lâcreté enflamme et ulcère même les parties voisines. Ces fissures et ces ulcérations s’agrandissent, et se rapprochent au point de se confondre et de ne former bientôt qu’un horrible ulcère dont les bords se renversent, s’épaississent et se durcissent de plus en plus. Le cancer ulcéré du sein , parvenu à ce degré , présente une surface raboteuse, grisâtre et blafarde, qui dans quelques cas, se couvre de végétations rougeâtres et fongueuses, sécrétant un fluide sanieux le plus souvent très-fétide. Enfin des hémorrhagies fréquentes et résultant de la corrosion des vaisseaux diminuent quelquefois les douleurs , mais le plus souvent ces écoulements sanguins, au lieu d’être utiles, ne servent qu’à épuiser les forces de la malade.

Arrivée à ce point, la maladie n’est plus simplement locale, et l'on voit se manifester les phénomènes généraux dont l’ensemble constitue la cachexie cancéreuse. Ainsi la malade, qui perd son embonpoint et sa fraîcheur, et dont la peau prend une teinte jaune paille, est tourmentée par une toux sèche et fréquente, avec douleur et chaleur mordicante derrière le sternum : elle est agitée par des mouvements fébriles ; elle éprouve une anxiété extrême, une oppression pénible , un grand dégoût pour les aliments, une constipation opiniâtre alternant avec le dévoiement, enfin

la plupart des symptômes généraux qui dénotent la cachexie carcinomateuse dont il a été déjà question en parlant du cancer de l’utérus. Nous ajouterons que les glangiions sous-claviculaires s engorgent, et que les glandes de Faisselle et du cou , qui s étaient tuméfiées, deviennent quelquefois bosselées et squirrheuses. Le membre supérieur correspondant au côté malade, est dans quelque cas œdémateux, tendu, douloureux et inhabile aux mouvements. Nous avons vu la dégénérescence cancéreuse du sein envahir nonseulement les muscles pectoraux , mais meme dénuder les côtes et étendre ses ravages jusque sur la plèvre costale qui était elle-même mise à nu et devenue épaisse et fongueuse.

Le cancer de la mamelle ne se développe pas constamment en suivant la marche que nous venons d indiquer; au lieu de commencer toujours par une petite tumeur dure, arrondie et siégeant dans le parenchyme de la glande mammaire proprement dite, ou dans le tissu cellulo-adipeux qui entoure cette glande, il envahit quelquefois et presque tout d un coup une grande partie et même la totalité du sein ; cette forme du cancer a été observée surtout chez les femmes très-grasses parvenues à l’âge critique. La tumeur qui occupe tout le sein est un peu aplatie , dure , mobile avec le reste de la mamelle, mais non roulante. La peau qui la recouvre est toujours plus épaisse que dans l’état normal, et se trouve unie à elle par

un tissu cellulaire si dense , qu’il est tout à fait impossible de la faire glisser sur la surface de l'induration et de la soulever en la pinçant avec les doigts.

Comme ces changements dans la densité et le volume du sein s’opèrent le plus souvent dans le principe sans qu il en résulte aucune douleur , la femme ne s en aperçoit dans la plupart des cas, que lorsque la mamelle s’est considérablement accrue , ou quand il s’échappe du mamelon une sérosité claire et sanguinolente qui tache le linge. Bientôt la nature du mal ne laisse plus aucune incertitude; les téguments du sein induré, après avoir conservé pendant quelque temps leur couleur , deviennent ternes et présentent des saillies tortueuses produites par des veines variqueuses et noirâtres; la douleur qui a commencé par être tensive, ne tarde pas à devenir lancinante ; le globe mammaire dont le volume et la dureté ont encore augmenté, présente également à sa surface des bosselures qui, en s’ulcérant, donnent naissance à tous les symptômes de la dernière période du cancer.

La dégénérescence cancéreuse de la mamelle peut aussi présenter la forme désignée par quelques auteurs sous le nom de cancer mou, qui se développe, soit dans la glande mammaire, soit dans le tissu cellulo-adipeux qui l’environne. Cette variété offre dans le principe non-seulement moins de dureté que le squirrhe , mais encore s’accroît avec beaucoup plus

de rapidité que lui. IL s’en distingue aussi par des bosselures plus larges, plus molles, et présentant une espèce de fluctuation. C’est aussi cette forme du cancer de la mamelle qui conserve le plus d’indolence et qui oflre des vaisseaux les plus dilatés. Lorsque la tumeur a acquis un certain volume , elle adhère de plus en plus à la peau , qui devient rouge et violacée, et permet alors de sentir beaucoup plus facilement la fluctuation. Si l’on plonge un instrument tranchantau centre de la partie ramollie, il s’en échappe du sang noir et de la sérosité sanguinolente ; quand la tumeur s’ouvre d’elle-même , le plus souvent , il surgit de la plaie un champignon qui quelquefois s’étrangle et tombe , ce qui fait croire aux malades qu’elles sont guéries, jusqu a ce qu’une ou plusieurs végétations de même nature viennent détruire ces consolantes illusions. 11 arrive aussi dans quelques cas que la tumeur est formée par un grand kyste contenant de trois à six onces de sérosité sanguinolente; les parois de ce kyste, qui sont ordinairement lisses, ressemblent à une séreuse, et offrent, sur un de leuis points , un ou plusieurs fongus. Cette forme de dégénérescence enkystée est une des moins fâcheuses, et des moins sujettes à récidive, parce qu il suffit d’enlever le kyste pour détruire la maladie. Lorsque la tumeur cancéreuse n’est pas enkystée , ce qui est incomparablement plus fréquent , le tissu malade, dont quelques portions ressemblent à celui de la rate,

se confond avec le tissu sain , et souvent cette variété très fâcheuse du cancer mammaire, se termine par la gangrène.

Nous devons encore parler d’une variété décrite par Lassus ; cet auteur dit, (patliol. chirurg. T. 1.), qu’il est des femmes chez lesquelles à l'âge de 40 à 50 ans , les deux seins deviennent tout à coup volumineux et durs comme du marbre. La tuméfaction et la dureté s’étendent, sur les épaules et le devant de la poitrine , la peau est rougeâtre et comme vergetée, les douleurs sont excessives, la malade éprouve une gène considérable dans la respiration, et peut mourir avant l’ulcération de la tumeur. C’est cette variété que le professeur Aliberl. a désignée sous le nom de cancer éburnè.

Enfin chez quelques sujets , ce n’est pas le tissu cellulaire ou le corps glanduleux de la mamelle qui sont primitivement, affectés, mais bien la peau qui les recouvre; il se développe çà et là sur la surface des téguments du sein des tubercules durs, arrondis, de couleur violacée , augmentant graduellement en nombre et en volume et se confondant peu a peu en se rapprochant. La peau se durcit , se fronce, se retire sur la mamelle désséchée. Des douleurs lancinantes se font sentir , les glandes axillaires s’engorgent, elle mal ne tarde pas à faire ses ravages ordinaires. Cette variété se rattache à celle que Boyer dit

survenir à l’âge critique, et dans laquelle le sein au

lieu de s’engorger, se racornit et se ratatine en prenant une consistance dure et compacte dans un ou plusieurs points de sa circonférence. La mamelle indurée, est dans ce cas , tellement adhérente aux parties subjacentes , qu’elle ne jouit d’aucune mobilité, et qu’elle semble tenir au mamelon presque entièrement effacé par une corde très dure. Pouteau ( œuvres posthumes, T. I. ) qui parle également de cette variété des cancers du sein, la regardait comme la plus intraitable.

La marche et la durée du cancer des mamelles présentent des variétés nombreuses ; nous croyons devoir le distinguer en cancer aigu , chronique et stationnaire ; le premier suit une marche rapide dont les périodes s’accomplissent dans l’espace de trois à six mois; lorsque la récidive doit avoir lieu après l’opération , elle se manifeste ordinairement avant la cicatrisation de la plaie résultant de l'ablation de la tumeur. Fabrice de Iidden rapporte que dans l’espace de quatre mois , un cancer rongea toute la mamelle et les parties voisines. M. le professeur Roux ( Mélanges de chirurgie, p. 165 ), dit avoir vu le sein d’une dame parvenue à l’âge critique , se gonfler considérablement et se couvrir de larges ulcérations cancéreuses , qui déterminèrent la mort en moins de trois mois. Le cancer chronique a une marche lente qui peut durer plusieurs années ; il ne récidive en général qu’après la cicatrisation de la plaie. Enfin

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le cancer stationnaire, qui est plus rare que les précédents , parcourt ses périodes avec tant de lenteur , que les malades le conservent pendant un plus ou moins grand nombre d’années , et quelquefois même toute la vie \ car elles succombent souvent dans un âge avancé , à une autre affection indépendante du cancer. Nous ajouterons que la marche de cette dégénérescence du sein est d’autant plus rapide que la tumeur est plus volumineuse, plus molle , et plus douloureuse; et que ceux qui repullulent après l’opération ont toujours une marche très prompte. Enlin nous dirons que le cancer du sein , comme les divers engorgements de cet organe, semble quelquefois s’accroître d’une manière périodique, correspondant avec l’écoulement menstruel. Les douleurs et la tumeur qui augmentent à chaque retour des règles, diminuent sensiblement pendant leur intervalle. Il est bon de signaler que ce soulagement momentané est le plus souvent attribué à l’efficacité d’un nouveau traitement dont on s’empresse toujours trop vite de proclamer les heureux effets.

La terminaison du cancer des mamelles abandonné à lui-même est presque constamment la mort des malades, qui est le plus souvent déterminée par les symptômes généraux, constituant la cachexie cancéreuse. Les femmes peuvent succomber également avant que le mal ait parcouru toutes ses périodes, à la suite de quelques complications, telles

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qu’une pleurésie aiguë ou chronique , une hydrothorax ou une hydropisie générale, une affection grave du canal intestinal, enfin la gangrène qui s’empare souvent de la mamelle ; cette complication, qui ordinairement aggrave encore le pronostic, peut dans quelques cas très rares, devenir une voie de guérison en séparant les parties malades de celles qui sont saines; malheureusement ce mode de terminaison ne met pas à l’abri d’une rechute , et l’espoir de guérison radicale qu’il fait naître est souvent éphémère. La cicatrisation spontanée du cancer sans traitement chirurgical, dont MM. Nicod, Bayle et Gayol, citent des exemples, est une terminaison encore plus rare que la précédente.

Le diagnostic de l’affection qui nous occupe est quelquefois difficile à établir, surtout dès le principe du mal; ainsi on a pris une tumeur enkystée à base dure pour un squirrhe , mais cette méprise n’est d’aucune conséquence fâcheuse pour les malades ; car dans l’une et l’autre de ces deux espèces de tumeurs du sein , Fextirpation est indiquée. On a également confondu avec le squirrhe du sein, non-seulement les tumeurs fibreuses cartilagineuses qui s y développent quelquefois , mais encore les engorgements chroniques , vénériens, scrophuleux , laiteux, dartreux , etc. , qui dans quelques cas subissent la dégénérescence cancéreuse. On évitera presque toujours ces méprises en remontant aux circonstances

commémoratives, en suivant la marche de la maladie, et surtout en se rappelant les signes diagnostiques que nous allons faire connaître comme étant propres aux indurations cancéreuses du sein.

On pourra affirmer, sans craindre de se tromper une fois sur mille , qu’on a affaire à une induration squirrheuse de la mamelle, lorsqu une tumeur siégeant sur un des points de cet organe sera dure , inégale, indolente , insensible à la pression , existera depuis plus d’un an, aura résisté au traitement des phlegmasies chroniques et à celui des engorgements scrophuleux , laiteux , dartreux , etc. , sera devenue le siège d’élancements douloureux , instantanés , enfin sera tout à fait indolente et insensible pendant les intervalles des douleurs lancinantes comparables a des coups d’aiguilles.

Le pronostic varie selon l’étendue du mal , les périodes qu’il a parcourues, les complications, l’âge, le tempérament de la malade, en un mot toutes les circonstances qui peuvent exercer une influence avantageuse ou nuisible. Lorsque la femme est d une forte constitution , jeune , bien réglée , affectée d’un squirrhe commençant et développé sous 1 influence d’une cause externe, le pronostic est le moins grave possible. La maladie résiste avec beaucoup d’opiniâtreté à tous les moyens curatifs, lorsque les personnes sont irritables, nerveuses, .mélancoliques, hypocondriaques, Quand la tumeur est volumineuse, adhé-

renie, étendue, inégale, lancinante, ramollie dans quelques points , surtout quand elle s’est développée spontanément et vers l’àge critique, le pronostic devient plus f. cheux ; mais il est encore plus grave lorsqu’à ces symptômes viennent se joindre l’engorgement considérable des ganglions axillaires, la dyspnée, la toux ; enfin il ne reste aucun espoir, quand les symptômes généraux sont très prononcés , quand la maladie, ayant parcouru rapidement ses périodes, a encore une influence fâcheuse sur la constitution , enfin quand la tumeur ulcérée dans une grande étendue, fournit une suppuration abondante, sanieuse et fétide.

Le traitement du cancer de la mamelle , n’ayant pas seulement pour objet de combattre cette affection après son développement, doit être divisé en préservatif, curatif et palliatif. Le traitement préservatif consiste à prévenir et à combattre par les moyens les plus convenables certaines maladies et certains dérangements des fonctions qui, d’après l’opinion des plus grands praticiens, peuvent être l’origine du cancer, entr’aulres la suppression des menstrues, les engorgements scrophuleux, laiteux, dartreux , vénériens, et toutes les phlegmasies aiguës et chroniques du sein. Le traitement préservatif du cancer du sein n est donc le plus souvent que le traitement curatif d’une maladie préexistante. C’est ainsi que des praticiens des plus distingués, ayant fait disparaître

par les antiphlogistiques généraux et locaux , et h s fondants , etc. , des engorgements chroniques de la mamelle , ont affirmé posément avoir guéri des tumeurs de nature cancéreuse, tandis que dans presque tous les cas , ils n’avaient fait que les prévenir.

Si , selon nous , le cancer confirmé est une affection incurable par les seules ressources de la médecine proprement dite, nous pensons . en nous appuyant sur notre propre expérience , et sur les observations d'un grand nombre de médecins , enlr autres Hippocrate , Galien , Fearon , Ledran , Vacher , Pouteau , Hufeland , Marc- A ntoine P etit, de Lyon , Lisfranc , Récamier , Lallemand , de Montpellier, etc. , nous pensons, disons nous, qu on peut, lorsque le mal n’est pas ancien , espérer obtenir la résolution de certains engorgements durs du sein , qui , s3ns qu’on puisse affirmer qu'ils soient véritablement squirrheux, puisqu’on n’en a pas fait la dissection , offrent du moins la plus grande analogie avec les tumeurs de cette nature , et présentent souvent des caractères parfaitement identiques.

Le traitement des tumeurs squirrheuses des mamelles consiste à éloigner les causes qui ont pu lui donner lieu , si l’on est parvenu à les découvrir , puis à recourir à l’emploi méthodique des differents moyens que nous allons faire connaître. Si la femme est jeune et pléthorique , on devra d’abord pratiquer

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mie saignée générale, que l’on renouvellera plusieurs fois , si le mal est à l’état aigu , puis on fera des applications de sangsues am&ur de la tumeur, qui sera ensuite recouverte d’un cataplasme émollient , arrosé de laudanum. Les fumigations d’eau de sureau, les bains généraux, les boissons délayantes, un régime doux, les frictions sur la peau, les infusions diaphoniques , l’habitation d’un lieu sec et bien aéré, la gaieté, les distractions douces et agréables , l’exercice modéré, en ayant la précaution d’éviter les mouvements violents du’ membre supérieur correspondant à la mamelle affectée , enfin l’exécution parfaite de toutes les fonctions de l’économie contribueront aussi pour beaucoup à larésolution de l’induration.

Si , après avoir employé pendant quelque temps tous ces moyens, on s’aperçoit que la tumeur a cessé de diminuer, et n’est le siège d’aucune douleur, il sera bon de recourir aux résolutifs et aux fondants , mais avec la précaution de les associer d’abord aux émollients , dans la crainte de déterminer une trop vive irritation. Ainsi on emploiera des cataplasmes de farine de graines de lin et de fèves de marais, faits avec de l’eau simple, puis successivement avec de l’eau de sureau , de camomille , de savon , enfin avec un mélange d’eau végéto-minérale ou d’une décoction de roses de Provins dans du vin rouge. A l’emploi de ces topiques résolutifs , on fera succéder celui d’autres agents plus actifs, tels que le Uniment ammo-

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niacal, les emplâtres de savon camphré, de ciguë, de Vigo cum mercurio,les frictions avec la pommade mercurielle ou d’hydriodate de potasse, les fumigations de vinaigre, d’ammoniaque, de cinabre et de baies de genièvre, enfin les sachets de toile fine, contenant de l’hydrochlorate d’ammoniaque bien desséché et réduit en poudre. On prescrira en même temps l’usage interne des apéritifs et des amers, entr’autres les sucs de chicorée sauvage , de funieterre, de buglosse, les tisanes de patience, de saponnaire , de scabieuse, auxquelles on joindra de temps en temps quelques doses convenables de sulfate de soude , de magnésie , l’usage des eaux de Sedlitz , ou de quelques autres laxatifs doux, qui, produisant une excitation passagère du tube digestif, aideront la résolution et concourront à augmenter l’ellicacité des autres moyens. L’application d’une peau de cygne ou de lapin est également avantageuse pour entretenir le sein dans une température uniforme et dans un état de moiteur ordinairement très favorable. Nous ajouterons encore que dans la plupart des cas, on pourra , comme le pratique M. Lisfranc (1 ) , faire succéder aux antiphlogistiques, et combiner avec les résolutifs et les fondants, les excitants locaux , entre autres les applications souvent répétées des sangsues

(1) Dans la dissertation inaugurale (n° 68,1*'' mai 1826) le docteur Corbin a publié plusieurs observations, constatant l’eflicacité delà méthode de M. Lisfranc , dont nous avons pu par nous-mêmc apprécier les heureux résultats.

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en petit nombre, de trois à six, et employées alternativement avec de petits moxas de trois à quatre lignes de diamètre , ou de très-petits vésicatoires placés autour de la mamelle.

La compression , importée en France par M. Biett, après avoir été mise en usage en Angleterre d’abord par M. Yung , et plus tard par M. Pearson, et le docteur Ch. Bell, qui la rejeta et la signala comme toujours nuisible, dans un rapport qu’il fit au nom du comité médical de Middlesex, la compression , disons-nous, est encore un moyen qui, combiné avec quelques-uns de ceux que nous avons indiqués, constitue une nouvelle méthode de traitement qui mérite de fi xer l’attention des médecins. Si ce moyen, dont M. Récamier a obtenu d’heureux résuliats , n’a pas été efficace et même n’a pu être supporté par la plupart des malades, dans plusieurs cas , il a procuré des guérisons désespérées , ou au moins il a rendu plus facile l’extirpation du mal, soit en réduisant la tumeur à un plus petit volume, soit en la rendant mobile et en l’isolant des parties avec lesquelles elle avait contracté des adhérences.

L’application de ce traitement consiste dans une compression permanente, exercée pendant un certain temps sur les mamelles atteintes de cancer à différents degrés , même à l’état d’ulcération, qu’il faut, dans ce cas, préalablement cautériser de manière à produire l’escharre de toutes les parties affectées et à

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pouvoir ensuite rapprocher les bords de la plaie avec des bandelettes agglutinative*. Comme il serait trop long de décrire avec détail le bandage de M. Récamie?', nous nous contenterons de dire qu ilse compose d’une longue bande et de plusieurs disques d agaric interposés entre chaque circulaire, de manière à emboiler mollement et également la tumeur et à former un cône tronqué , dont la base recouvre tout le sein, et dont le sommet correspond autant que possible au centre de l’induration.

Pour comprimer d une manière moins générale et moins forte toute la circonférence des parois thoraciques, et dans le but de pouvoir agir plus localement et plus graduellement sur la tumeur sans presser en aucune manière le sein non malade , nous avons imaginé, il y a déjà dix ans, un bandage mécanique cjui se place et se déplace en quelques minutes.Ce compresseur, établissantune pression locale que le médecin et la malade peuvent augmenter ou diminuer à volonté au moyen d’une clef, rend ce moyen curatif beaucoup plus supportable, et n’exige pas , comme le bandage avec de longues bandes, d’être enlevé complètement lorsque la compression est trop douloureuse ou quand elle gêne la dilatation de la poitrine et par conséquent la respiration. Nous ajouterons que notre compresseur mammaire qui, au moyen de bretelles, peut rester appliqué au lit , et lorsque la malade est levée, réclame, comme le ban-

dage deM. Réccimier, des disques d’agaric très-mou et de grandeur inégal#. L’ensemble de l’appareil se compose : 1° d’une pelotte concave et élastique, destinée à recouvrir et à maintenir l’agaric sur la tumeur ; 2° d’une ceinture de deux pouces et demi de largeur et d’une aune de longueur, et présentant une ouverture que l’on peut agrandir à volonté, et qui est destinée à loger le sein non affecté , et à éviter toute espèce de compression sur cet organe ; 3° une plaque en acier , présentant sur la face externe et antérieure une vis de pression sur un de ses bords, dans le sens vertical , une boucle armée de six points , et sur 1 autre un cylindre mobile, terminé par des crans et susceptible d’ètre tournée ainsi que la vis pour augmenter la pression ou racourcir la ceinture. Comme nous donnons à la fin de l’ouvrage un dessin et une explication détaillée de cet appareil , nous bornons là ce que nous avions à en dire actuellement.

M, Récamier n’emploie pas toujours la compression isolément et d’une manière exclusive; ainsi il fait précéder ce moyen de l’application de sangsues , de la cautérisation, de l’énucléation, de la ligature , selon que la tumeur est douloureuse et enflammée , ou se trouve être le siège de masses squirrheuses ulcérées , et de végétations fongueuses. Si nous pensons, avec l’habile praticien que nous venons de citer , qu’en général la compression rend la tumeur plus mobile et plus favorable au succès de

l’opération , nous sommes d'avis qu'on ne doit recourir à ce moyen que lorsque l’induration est peu douloureuse à la pression et ne présente aucune solution de continuité. Nous devons dire aussi qu il est des femmes qui ne peuvent supporter la compression de quelque manière qu’elle soit exercée, et que d’ailleurs les soins assidus qu elle exige pendant plusieurs mois sont assez fatigants pour qu’on se soit fdemandé si l’extirpation ne serait pas préférable , lors même que la compression serait toujours supportable, avantageuse, et offrirait des exemples de guérison plus nombreux que ceux que la science possède. Quant à nous, nous pensons que lorsque les malades pourront supporter la compression, il sera bon d’y recourir , ainsi qu’à tous les autres moyens , avant de se décider à l’ablation des parties cancéreuses.

Lorsque l’emploi méthodique des moyens internes et externes que nous venons d’indiquer auront procuré une diminution sensible de la tumeur, on devra en continuer l’usage tant qu'ils paraîtront agir favorablement ; mais si l’induration conservait sa consistance et son volume, et à plus forte raison, si elle augmentait d’étendue , devenait douloureuse et irrégulière; enfin si elle s’ulcérait, se ramollissait, et présentait tous les caractères du cancer confirmé, on devrait renoncer à l’espoir d’en obtenir la résolution, et s’abstenir désormais de fatiguer la ma-

lade par lin traitement dont l’inutilité est évidente, et qui , continué plus long-temps, deviendrait trèsnuisible en hâtant les progrès de la dégénérescence cancéreuse.

Nous n’entreprendrons pas de dérouler l’immense tableau des substances qui tour à tour ont été préconisées dans le traitement du cancer ulcéré des mamelles; leur inutilité, généralement reconnue, est pour nous une excuse assez légitime. Nous nous contenterons de rappeler en peu de mots les moyens thérapeutiques qui ont plus particulièrement fixé l’attention des médecins ; mais nous devons prévenir nos lecteurs que nous passerons sous silence les médicaments internes dont il a déjà été question en parlant du cancer de la matrice. Parmi les remèdes externes qui ont eu une vogue plus ou moins méritée, nous citerons d'abord l’arsenic employé seul ou uni à d’autres substances par Jean GadJesden, V alescus de Tharare , Fuclis , Paracelse , Beusner , Jérôme Cap wacci > Pierre A Mot , Deidier , Roosselot, le frère Corne , Justamont , le célèbre Dubois, MM. Zanc , Bugrdard de Lyon, Grandpré de Givors (1) et une foule d'autres qu’il serait trop long de citer.

(1) C’est surtout dans le traitement des ulcères carcinomateux superficiels que M. Grandpiu; a constaté les heureux effets de l’arsenic combinée avec le soufre et surtout avec le sulfure de mercure (cinabre), employé principalement en fumigations dirigées sur la surface affectée qui est isolée au moyen d’un appareil pour

DU CANCER DES MAMELES. 8q()

Le plomb a été aussi employé à l’état d’oxyde sous forme d’emplâtre, par Balthazur Timée ; à l’état d’acétate en dissolution par Goulard, Imbert , Fearon Boyer et Pissier (1); enfin à l’état métallique au moyen d’une plaque couverte d’onguent diapompholigos, par Jean Schmidt. Le mercure à l’état de proto et de deutochlorure a eu également ses partisans, entr’autres Dowman , Norjord. Il en est de même du carbonate , du phosphate et de l'arseniate de fer recommandé par M. Carmichaël , du sulfate de cuivre et du muriate de baryte; enfin des acides étendus, surtout l’acide hydrochlorique, et de divers corps à l'état de gaz, entr’autres l’acide carbonique (Peyrilhe,Evrart, Fourcroy ), le chlore gazeux, les vapeurs sulfureuses, mercurielles et arsénicales ( Grandpré ).

Le règne végétal a également fourni un grand nombre de remèdes externes prétendus anti-cancéreux, tels sont l’opium , la ciguë ( Stock, Kapp ), la morelle ( Fèsale ), la belladone (Lambergeri), le quinquina ( Dieterich ), la carotte râpée ( Sultzer ), et une foule d’autres substances végétales. Dans le règne animal, on trouve le suc gastrique des animaux , le

éviter de respirer les vapeurs vénéneuses. Le remède de PIunket contre le cancer des mamelles était aussi une combinaison de l’arsenic et du soufre, mais ce médecin y joignait une certaine quantitéde poudre de renoncule et n’employait ce mélange que comme topique.

(lj) M. Pissiek unissait l’opium à l’oxyde de plomb, et le professeur Boyer, à l’acétate du même métal.

sang et la chair de bœuf, l’eau de colimaçons, cl surtout celle de frai de grenouille, dont l’eilicacilé merveilleuse a été vantée par O. P. Braun. La cautérisation au moyen du fer rouge ou des rayons solaires réunis par une lentille, ou enfin avec divers escharotiques, tels que la poudre arsenicale, les acides nitrique et liydrochlorique, le chlorure d'antimoine, le nitrate d’argent, le nitrate acide de mercure ont été aussi rangés dans le cadre immense des moyens thérapeutiques externes (1).

Si l’on pouvait localiser le mal et borner son action à la partie dégénérée, rien ne serait plus facile que de guérir le cancer du sein, puisqu’il est presque toujours possible de l’enlever complètement; malheureusement , lorsque les malades se décident à l’opération, il n’en est pas ainsi, et le plus souvent toute l’économie participe alors à l’affection cancé-

(1) De tous les caustiques employés dans le traitement des affections cancéreuses, il n’en est pas dont l’usage soit plus général que celui de Roosselot modifié par le célèbre Dobois. Celte pâte se compose de sang dragon une once, sulfure de mercure, demi-once, acide arsenieux, demi gros qu’il faut pulvériser et mêler exactement. Pour employer ces substances, il faut les humecter jusqu’à consistance de pâte. Dupüytken employait avec avantage le nitrate de mercure préparé dans les proposions suivantes : mercure cristallisé, quatre gros, acide nitrite, une once. M. Recamier fait souvent usage de ce moyen, ou d’une solution concentrée de potasse caustique. Nous ajouterons qu’il faut cautériser profondément de manière à atteindre de la totalité du cancer qui, n étant pas détruit complètement, repullule avec beaucoup de promptitude et avec une nouvelle fureur.

reuse. C’est pour cette raison que dans beaucoup de cas, la tumeur qu’on a enlevée est bientôt remplacée par une autre, avant même que la cicatrisation soit achevée, et il semble que dans ce cas le mal ait pris une nouvelle force, car il marche alors avec une rapidité désespérante. Il est donc important d’opérer plus tôt que trop tard, parce que lorsque le mal se bornera à une induration peu étendue et non ulcérée, on aura non seulement moins à craindre les récidives, mais encore la tumeur à enlever étant petite et mobile, exigera une opération de peu d'importance, tandis que, en différant, la dégénérescence ayant pris de l'accroissement; constitue une maladie grave, très disposée à se reproduire, et nécessitant une opération laborieuse, et à l’aide de divisions étendues et profondes.

Quoique Celse (1), Archigènes (2), Albucasis (3), Pierre. Cerlaia (4), Léonard de Bertapaglia (5), Jean. Tagauit (6), Triller (T), Monro (8), Re~ neaulme (9), Boyer (10), Rouzet (11), et quelques

(1) Celse, Liv. Y. cap. 18.

(2 ) Ætius , Tetrab. IV serm. 4. cap. 43.

(3) Albucasis, chirurg. lib. I sect. 50.

(4) P. Cerlaia, Philos, lib. YII. cap. 33.

(5) Leonliard, chirurg. Tr. I cap. 25.

(6) Tagauit, inslit. chirurg. lib. 1 cap. 15.

(7) Triller, Haller. Diss. chirurg. T. il. p. 475.

(8) Monro, acta Edimbourg, suppléni. 1752.

(9) Reneaulme, non ergo mammæ sect. curand. Paris, 1732.

(10) Boyer, traité des malad. chirurg. t. Vit, p. 297. 1821

(11) Rouzet, recherches et observ. sur le trait, du cancer, Paris, 1818,1 vol. in-8\

chirurgiens modernes, soient plus ou moins des antagonistes de l’extirpation du sein cancéreux, nous pensons avec Galien (1), Lèonidas (2), À et lus (3), Paul d’Égine (4), Avic'ene (5), Rhazes (6), Lanfranc (7), Scultet (8), de la P auguy an (9), Heister (40), C keselden (44), Perdue (42), Ledran (4 3), Lecat (44), Gaiengeot (4 5), Dionis (4 6), J.-L. Petit (47), Pacher{ 4 8), Siebold (4 9), Sabatier (20), Camper (24), Desault (22), Bell (23), J ame^ Hill ( 24 ) , enfin Scarpa , Dupuytren , MM. Roux, Richerand, Zang , Cloquet, Lisfranc,

(1) Galien, méthode méd. lib. XYI.

(2) Lèonidas, Ætius. tetrab. IV, serm. I\ , cap. 43.

(3) Ætius, loc.cil. cap. 42.

(4) PaulÆgin. lib. VI, cap. 45.

(5) Avicenne , canon, lib. IV. fen. III, cap. II.

(6) Rhazes, continens lib. XIII, cap. 2.

(7) Lanfranc, chirurgia parva. tr. I. Doct. 3, cap. 13-

(8) Scultet, armamentarium chirurg. Pars I, p. 22, Lib. Xl\, et tab. XXXVI.

(9) De la Hauguyon , traité compl. des opér. de chirurg. cbap. 17, p. 163.

(10) Heister, chirurg. t. II. cap. 107.

(11) Choselden , observ. and felt of iortman. 1749 et biblioth. chir. de Haller, t. II, p. 24.

(12) Ferduc, opérât, de chirurg. et pathol . t. I, cliap. 15.

(13) Ledran, traité de opérât, de ebirur. p. 575.

(14) Lecat , biblioth. chirurg. de Haller, t. II, p. 176.

(15) Garengeot, traité des opérât. chirurg.t.ll,chap.A II, art. I.

(16) Dionis , cours d’opérat. chirurg. Dern. 5, p. 381.

(1 7) Petit, traité des malad. chirurg. t. I, chap. 4.

(18) Fâcher, dissert, sur le cancer des mamelles. l740.

(19) Huermann, chirurg. opér. t. II. cap. 20.

(20) Sabatier, méd. opérât.

(21) P. Camper , Gences natur. etc., p. 194.

(22) Desault, œuvres chirurg. par Bichat, t. II.

(23) Bell, treatise on llietheorj and-manag, of ulcers. pari. 1], secl. 8, Edimbourg, 1778.

(24) Hill. Cases in surgery, Edimbourg, 1772.

DU CANCKil DIÏS MAAIELLUS. (Jül

S. Cooper, Breschet, Fclpe.au, Sanson, Bégin, Amusscit et un grand nombre d'autres chirurgiens distingués de notre époque, nous pensons, disonsnous, que l’opération doit être toujours tentée lors qu’il n’existe pas les contre-indications que nous faisons connaître.

Si l’on nous oppose que sur 60 femmes que Monro (loc. cit.) a vu opérer, h seulement n’avaient point eu de rechute au bout de deux ans ; si l’on nous dit aussi que le célèbre Boyer (loc. cit.) porte un pronostic aussi défavorable, puisque sur 100 cas d’extirpation de parties cancéreuses, il n’a eu que 5 sujets guéris radicalement , nous opposerons le témoignage de James Ffill , qui, sur 98 cas de cancer, n’a vu que 12 récidives; et nous pourrions citer aussi le docteur North, qui n’a remarqué qu’un petit nombre d’insuccès sur plus de 100 exemples. Enfin à un grand nombre d’autres faits authentiques, constatant des guérisons radicales, nous pourrions ajouter l’observation de Zeller de Zellemberg (1 ) qui, en 1810, amputa avec succès complet un sein cancéreux présentant plus de deux pieds de diamètre, et celle non moins curieuse de F. -T. Oefnner (2), qui enleva aussi heureusement une mamelle cancéreuse pesant dix livres, sur une femme enceinte qui accoucha sans accident, et se rétablit

(1) Zeller abhatidluug, neber etc. VVien, 1810 [>. 194.

(2) Oc/imer , observ. einer. scirrlieusen etc. 1774.

f)04 LÉSIONS VITALES.

parfaitement. Enfin, nous rappellerions l’ablation des deux mamelles faite avec succès sur la même femme par Foubcrt (1) et la meme opération pratiquée il y a quelques années par MM. Thuillier et Thibault (2) à l’hôpital de Limoges, sur une fille de vingt-deux ans, dont les deux mamelles étaient atteintes d’une dégénérescence squirreuse. Ces deux organes étaient tellement tuméliës, qu ils pesaient 20 livres environ, et n’avaient mis que quatre ans pour parvenir à cette grosseur extraordinaire. La mamelle enlevée à la première opération pesait quatorze livres et demie , et la cicatrisation de la plaie n eut lieu que dans l’espace de 75 jours. La seconde mamelle, dont le poids équivalait à celui de la première, fut opérée trois mois après, et la cicatrice fut obtenue dans les

quinze jours qui suivirent.

Sans vouloir décrire ou seulement indiquer tous

les procédés proposés ou employés par les auteurs pour l’extirpation du cancer des mamelles, nous allons nous borner à décrire l’opération telle qu elle est pratiquée par la plupart des chirurgiens de notie époque ; mais nous aurons le soin de faire connaître les diverses modifications que nécessitent la mobilité, le peu de volume, le grand développement, les adhérences de la tumeur, ou enfin la dégénérescence totale de la mamelle, et les diverses complications qui peuvent se rencontrer.

(1) Mcm. de l’acad. de chirurg. t. III. p. jlS, Par Leclran.

(2) Dissert. sur le cancer, etc. par M. Gaudeix Labordcrit , Paris, 9 juillet 1827.

DU CANCER DES MAMELLES. Qo5

Manuel opératoire. Afin d’avoir moins à craindre les syncopes, et pour que le chirurgien soit plus commodément pendant l’opération, nous pensons qu’au lieu de faire asseoir la malade sur une chaise, il vaut mieux qu’elle reste couchjée sur un lit ou sur une table, disposée de manière que la tête et la poitrine soient assez élévées pour rendre le sein aussi saillant que possible.

Lorsque la tumeur est circonscrite, mobile, et peu volumineuse, il suffit défaire à la mamelle une incision longitudinale proportionnée au volume de l’induration , puis avec une érigne double ou encore mieux avec la pince beaucoup plus commode que nous avons imaginée pour cette opération, on saisit, après avoir fait écarter les bords de la division, la production morbide, et on l’attire au dehors avec la main gauche, pendant que la droite, armée d’un bistouri convexe , achève de l’isoler et de détacher les liens celluleux et vasculaires auxquels elle adhère. Quand on s’est rendu maître du sang par la ligature ou la torsion, on réunit les lèvres de la plaie avec des bandelettes agglutinatives. ('Voyez PI. IV. fig. 8.)

Si la mamelle était très développée, surtout si la tumeur était volumineuse, quoique circonscrite et mobile, il serait avantageux, d’après le conseil donné d’abord par Paul d' Egine (1), de ne pas ménager la peau, et d’en exciser un ellipse plus ou moins large.

(1) De re med. lib. lib. VII, cap. 46.

()f)G LÉSIONS VITALES.

Dé code manière, l’opération deviendrait non seulement plus facile et plus prompte, mais même aurait un succès plus probable, parce que les lèvres de la plaie se trouveraient dans de meilleures conditions pour être réunies exactement, que si tous les téguments avaient été conservés. Dans le cas où la, peau serait elle-même altérée, amincie et adhérente à la tumeur, on devrait, à plus forte raison, se conduire d’après le même précepte, c’est-à-dire cerner toutes les parties affectées par deux incisions semi-elliptiques, qui doivent toujours comprendre une certaine portion des tissus sains. Si la mamelle entière était envahie, il faudrait alors, d après le precepte de Punpernellé, de erduc , et de la plupart des chirurgiens

modernes , circonscrire l'organe par deux incisions demi circulaires, de manière à ce que le grand diamètre de la plaie soit dirigé obliquement de haut en bas et de dehors en dedans dans le sens des fibres charnues du grand pectoral, dont on augmenterait la saillie et la tension en faisant maintenir par un aide le bras en haut et en dehors.

Pour procéder à l’opération , le chirurgien , après avoir fait placer la malade comme nous 1 avons indiqué , devra tirer la peau de la mamelle en sens contraire de la première incision semi-lunaire, c està-dire { inférieure , puis lorsqu’elle sera achevée , il abaissera lui-même avec la main gauche les parties à extirper , et faisant tendre supérieurement les te-

DU CANCF.R DES MA.MELr.FS. 907

guments par un aide, il portera l’instrument tranchant dans l'angle externe de la première division , et pratiquera l'incision supérieure qu’il terminera à l’angle inférieure de la plaie dont il achèvera l’ellipse. Lorsque la masse cancéreuse aura été ainsi circonscrite, il saisira la masse à enlever avec notre érigne ou une pince de Muzeux , puis il disséquera la tumeur d’abord de bas en haut, puis de haut en bas , en ayant la précaution de laisser une portion de tissu sain autour de la glande affectée ; si la profondeur du mal l’exigeait, il faudrait ne pas craindre d'aller jusqu’aux fibres charnues, et même jusqu’aux os.

Dans le but d’achever plus vite l’ablation de la tumeur cancéreuse , on pourra souvent se dispenser de lier les artères à mesure qu’elles seront ouvertes, en faisant boucher leur orifice avec les doigts d’un aide. Si quelques parties affectées ou soupçonnées de l’être avaient d’abord échappé à l’instrument, il faudrait sur-le-champ les extirper ; enfin , après avoir lié les vaisseaux et nétoyé la plaie , l’opérateur en rapprochera les bords et les maintiendra en contact avec le pouce et 1 indicateur de chaque main, pendant qu’un aide appliquera de longues bandelettes agglutinatives , en commençant par celles du milieu. Le nombre de ces bandelettes doit varier selon l’étendue de la plaie , et on doit laisser un peu d’intervalle entre chacune d’elles , pour donner issue au pus et autres liquides sécrétés. Un plumasseau enduit de

LESIONS VITALES.

cérat, un ou deux gâteaux de charpie, des compresses longuettes soutenues par un bandage de corps, complètent l’appareil de pansement que nécessite celte opération.

Si la perte de substance était considérable au point de rendre impossible ou au moins très-difficile le rapprochement des bords de la division, il serait bon, d’après le précepte de M. Lisfrcinc , d’isoler chaque côté de la plaie, des parties sous-jacentes, dans l’étendue d’un ou de plusieurs pouces : à l’aide de ce moyen , on trouve assez de téguments pour réunir immédiatement la solution de continuité. Dans le cas où on ne voudrait pas recourir à la réunion immédiate, les bandelettes agglutinatives deviendraient inutiles, et il suffirait de recouvrir la plaie d’un linge fenêtré, enduit de cérat, de quelques plumasseaux de charpie et de plusieurs compresses. S’il existait un engorgement des ganglions axillaires qui inspira quelques craintes, on devrait prolonger l’angle supérieure de la plaie jusque sur ces indurations glandulaires, mais si elles étaient trop éloignées, il vaudrait mieux, pour en faire l’extirpation, les mettre à découvert, à l’aide d’incisions indépendantes ; enfin, si l'on craignait la lésion de quelques vaisseaux un peu volumineux, il faudrait, après les avoir convenablement isolés, lier le pédicule des ganglions engorgés, et le diviser ensuite au-devant du fil, comme le conseillent J-.-L. Petit, Desctult, Diipuytren, Z an g.

MM. Lisfranc, Velpeau , et plusieurs autres chirurgiens distingués.

Dans le cas où la plaie prendrait un mauvais aspect peu de jours après l’opération , on en ferait justice avec des applications de chlorure d’oxide de sodium à trois degrés ou du vin miellé et quelques cautérisations successives avec le nitrate d’argent. S’ils se déclarait tout à coup des symptômes de résorption purulentes, tels que des maux de cœur, des frissons, la fièvre, etc. ; il faudrait se hâter de détruire les adhérences sous lesquelles le pus s’accumule , et placer ensuite une mèche pour s’opposer au rapprochement trop prompt des bords de la plaie. On ne devra jamais perdiede vue que c’est â l’oubli de ce point important de thérapeutique chirurgicale, qu’il faut rapporter la plupart des insuccès de l’ablation des mamelles, et d’une foule d’autres opérations.

Nous terminerons en disant que, si dans la suite il se manifestait quelques végétations ou quelques petits tubercules de nature douteuse, il faudrait, à l’exemple de Lapoierie, du frère -Corne, de Zang, et de quelques chirurgiens modernes , les détruire au plus tôt , soit avec l’instrument tranchant, soit avec le feu ou quelques substances caustiques , telles que la pâte arsénicale, le nitrate acide liquide de mercure ou la pierre infernale.

Circonstances qui contr indiquent l opération. Deux choses selon M. Riclierand peuvent contr’ indiquer

QIO LÉSIONS VITALES.

l’opérâlion; l’étendue trop considérable de la dégénérescence locale, et l’infection cancéreuse générale. L’opération doit aussi être rejetée dans les cas où la mamelle est immobile , adhérente aux côtes , et comme cimentée sur la poitrine, quand la marche du mal a été rapide , quand la peau est tuberculeuse au loin , et enfin lorsque les glandes de l’aisselle sont profondément engorgées et jusqu’au voisinage des gros vaisseaux. Nous devons dire cependant que cette dernière circonstance peut , suivant la remarque de Dupuytren , dépendre d’une irritation sympathique , qui cesse lorsqu’on en a détruit la cause (1 ). Nous ajouterons que le cancer largement ulcéré , le cancer encéphaloïdè, mélanique , de même que le cancer squirrheux ayant envahi subitement la totalité de la mamelle, sont les plus exposés à une récidive pi’ompte. Au contraire , ies tumeurs squirrheuses mobiles, récentes et peu volumineuses, les cancers hydatiformes , enkystés, tuberculeux, offrent des chances les plus favorables à la réussite de l’opération et à la guérison radicale de la maladie.

Malgré l’exemple de Foubert, rapporté par Le dran (2) , qui fit avec succès à la même femme et

(1) C’est sans doute dans des cas de ce genre, que Louis , Desault,Assalini, S œtnmering et quelques autres, ont extirpé avec succès , des mamelles cancéreuses , sans enlever les glandes axillaires engorgées.

(2) Mémoires de l’Acad. de chirurg. t. III , p. 18.

dans le meme jour, l’amputation des deux mamelles dont l’une était profondément ulcérée et 1 autre squirrheuse; Malgré la réussite de MM. T huilier a Thihauld de Limoges (voyez page 904), nous regardons l’existence simultanée de plusieurs tumeurs cancéreuses dans différents organes comme étant presque toujours une contr’ indication de 1 opération. U y a également peu à espérer, lorsque l’affection est héréditaire, lorsqu’il existe des symptômes généraux de cachexie cancéreuse, ou quand la femme éprouve depuis long-temps des dérangements notables dans la menstruation.

Quoique plusieurs auteurs disent que la récidive est une. circonstance qui doit éloigner toujours l’idée d une nouvelle opération , nous pensons qu on ne saurait trop peser les chances de guérison , avant d’abandonner les malades à leur malheureux sort ; car , Morgagni , Sabatier , Lacombe , L. - M. Pousse , etc. , sont parvenus à obtenir une guérison complète après une seconde et même une quatrième opération.

Traitement palliatif. Lorsque le cancer du sein n’est pas ou n’est plus de nature à être opéré , ou lorsque, la malade se refusant à l’opération, il n’est pas permis d’espérer une cure radicale , le médecin doit tâcher de rendre le mal plus supportable, et d en arrêter les progrès par un traitement palliatif. Ce

traitement consiste dans le régime et dans l’emploi interne et externe de divers médicaments. On prescrit dans ce but une diète lactée, des substances végétales , quelques viandes blanches , des boissons tempérantes. Comme c’est la médecine des symptômes qu’on aura à faire, tantôt on cherchera à relever les forces parles toniques et les amers, tantôt on calmera les douleurs et on combattra les accidents nerveux par les narcotiques et les antispasmodiques, administrés sous la forme de potions , de pilules ou de lavements , etc. On prescrira aussi des fomentations et des applications calmantes , surtout l’extrait d’opium dissous dans l’acétate de plomb liquide ou incorporé à un liniment ou au cérat employé comme topique ; enfin l’usage des bains, les petites saignées générales , les applications de sangsues autour de la mamelle , et une foule d’autres moyens qui devront] varier selon les symptômes, aideront à conduire les malades à la tombe le plus doucement possible. Heureuses, dit M. Bicherand , si elles peuvent joindre à l’oubli de leurs maux les douces illusions de l’espérance.

DES TUMEURS ENKYSTÉES, ET DES DIVERS ESPÈCES D’ENCOllGEMENTS CHRONIQUES DES MAMELLES.

Il y a deux espèces de tumeurs enkystées des mamelles, les unes contiennent un fluide séreux dans les cellules qui les composent, les autres ren-

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