FISTULES VAGINALES
MÉTHODE PALLIATIVE TEMPOIVAIHE.
Dans quelques cas, la méthode palliative doit n’ètre employée que temporairement; ainsi on doit y avoir recours dans les fistules transversales et obliques dont les bords restent encore très écartés , malgré la compression abdominale, les positions variées données à la malade et la formation du tissu modulaire sur les lèvres de la perforation : on devra donc alors avant de commencer un traitement curatif, insister plus ou moins long-temps sur les bains et les injections tiédes, les fumigations émollientes dirigées vers les parties sexuelles , enfin , recourir à l’emploi de tous les moyens capables de faciliter l’abaissement de la matrice, et surtout le relâchement de la portion du vagin qui est située au-dessus de l'ouverture fistuleuse.
Dans le temps peu reculé où l’on croyait que la cure des fistules vèsico-vaginales était toujours audessus des ressources de l’art, et qu’il était surtout impossible d en tenter la cure radicale au moyen d’une opération de chirurgie , la méthode palliative employée le plus souvent dans le seul but de diminuer les incommodités d’une infirmité dégoûtante, a été quelquefois suivie de la guérison de la malade. Fabrice cle Hilden (1) mort à Berne en 1634, rap-
(1) Opéra omnia ; centurie III, observation 69.
porte une cure complète obtenue de celte manière chez une dame affectée d’une fistule vagino-vésicale, survenue à la suite d’un accouchement laborieux. D’après cet auteur célèbre, la guérison fut obtenue après un traitement de huit mois, qui consista simplement dans l’usage de quelques purgatifs et de frictions sur les lombes , mais surtout dans l’emploi fréquent d injections composées d’une décoction d’orge , de pépins de coings et de semences de fenu grec, à laquelle il faisait ajouter de Fhuile d’amandes douces et du miel rosat. Voici du reste, le passage le plus important de cette curieuse observation : (( llla autem continué usa medicamentis ( ut dixi ) « conglutiriaritibus, et per inter v alla etiam purgan- « tibus, intra menses octo, non sine admiratione « omnium eorum quibus res cognita plane cura ta « fuit, adeo ut nunc Dei optimi maximâ gratiâ ne « guttula quidem urinœ inçoluntariœ ajfluat, sed à « vesicâ colligatur , retineatur et excernatur non cr aliter ac si antea nunquam male affecta fuis set. »