‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnel (volume 2)Chapitre 13 sur 29 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DES MALADIES VÉNÉRIENNES PRIMITIVES CARACTÉRISÉES PAR DES PHLEGMASIES OU DES ULCÉRATIONS DE LA PEAU.

Les maladies vénériennes primitives fixent bien moins souvent leur siège sur la peau cjue sur les membranes muqueuses, parce qu'un épidermc épais la garantit contre l'imprcssioiide la matière irritante. ]\lais cette barrière se trouve parfois insuffisante, et le liquide qui suinte des surfaces enflammées ou ulcérées , pénétrant la cuticule , porte son action sur le tissu très-irritable qu'elle protège. Il est probable néanmoins qu'en général cet effet n'a lieu que dans les points où une phlegmasie légère et circonscrite avait déjà préalablement exalté l'activité vitale du derme , et provoqué soit une petite tumeur plilegmoneuse , soit une éruption papulcuse, phlycténeuse, ou pustuleuse. Ce qui semble venir à l'appui de cette idée, c'est que les alfeclionsdont il s'agit ne se rencontrent guères que parmi, les classes indigentes de la société, qui négligent les soins, de la propreté. Dans certaines circonstances cependant, la matière irritante est mise en contact avec une portion de peau accidentellement dépouillée de son épiderme. C'est ce qui arrive pm' exemple cliez ceux qui assistent une femme infectée, au terme de son accouchement, ou qui pansent des ulcères vénériens. On prétend même qu'il peut s'en manifester après une saignée pratiquée avec

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nne lancctlc qui a servi h ouvrir un bubon. Les résultais ne sont pas identiques dans les deux cas; dans le premier il se forme tantôt de simples pustules et tantôt des ulcérations; dans le second, c'est toujours une ulcération qui s'établit.

On observe communément ces pustules et ces ulcérations primitives sur le prépuce, le corps de la verge, la partie antérieure du scrotum, les grandes lèvres, le périnée, et la région inférieure de l'abdomen, immédiatement au dessus des pubis. lî peut encore s'en développer autour des narines et sur le pavillon de l'oreille. On en voit aussi à l'ombilic, surtout lorsque cette cicatrice est enfoncée, mais bien plus souvent chez les femmes que chez les hommes, à cause des précautions qu'elles prennent fréquemment pour prévenir l'imprégnation. Celles qui naissent accidentellement à la suite d'une excoriation, ont presque toujours leur siège aux doigts ou h la main.

Six, huit, quinze jours, ou davantage, après le coït, il se développe, sur les parties que je viens d'indiquer, des pustules isolées, en général peu nombreuses, largos, arrondies , humides , plates ou légèrement tuberculeuses , d'un rose plus ou moins foncé, et dont la surface fournit un fluide muqueux assez abondant. Si ces pustules viennent à élre excoriées, ou si l'inflammation qui les a provoquées augmente d'intensité, elles se convertissent en ulcères. 11 n'est pas rare d'en voir aussi sur les membranes muqueuses, où l'on a seulement besoin d'une attention plus grande pour les apercevoir, car leur teinte rosée se dessine à peine sur le fond rouge de la membrane.

Mais les ulcérations vénériennes de la peau ne succè-

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«lent pas toujours à des puslulcs semblables aux précédentes. Quelquefois elles sont préeédées d'une éruplion populeuse, ou d'une l(';i|;ère dcmanjj[;caison qui se prolonge plusieurs jours , ou enfin d'une faible altérallon dans la couleur et la sensibilité de l'organe cutané, qui paraît rouge et irrité pendant un jour ou deux, après lesquels l'ulcère se dessine tout-h-coup.

Dès que ces ulcérations sont établies, elles présentent absolument les mêmes variétés que celles des membranes muqueuses, tantôt stalionnaires , tantôt ambulantes et serpigineuses , quelquefois exfoliatives ou gangreneuses, là superlicielles, d'un aspect blafard ou vermeil, ici pha gédéniques, détruisant le derme, avec le tissu cellulaire, et disséquant même tout h-fait les muscles, ou attaquant les cartilages et les os, comme il arrive surtout assez souvent à celles du nez et du pavillon de l'oreille. Les unes sont indolentes, et les autres très-douloureuses; mais, en général, la peau qui les borde offre, jusqu'à une certaine distance, une teinte rouge et comme érysipélateuse. La plupart rendent un pus visqueux, vert et fétide; quelquesunes néanmoins en donnent un de bonne qualité. Toutes ces nuances dépendent du degré de l'inflammation locale, de la constitution, de la santé générale et du régime, tant hygiénique que thérapeutique, du malade. D'ailleurs, coumie le fait Irès-bien observer Bell, l'aspect d'un ulcère borné au tissu cellulaire doit différer essentiellement de celui d'un ulcère qui affecte les gaines des muscles et les os , et il est difficile, sinon même impossible, d'offrir un tableau exact des variétés qui résultent uniquenwnt de la situation de ces ulcérations.

Que doit-on penser d'après cela des caractères à l'aide

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«lesquels lu plu})arl des auleuis prélendcntqu'on pcul disiiiigiier une ulcérai ion véncrienue do la peau deloul^aulre, Icisquola profondeur, les bords coupés en biseau, surtout lorsqu'elle se développe aux jambes, le fond iné:;al , tuberculeux, et toujoius rempli d'un pus verdàtre? Ces caractères n'ont rien de constant; ils existent aussi bien dans des ulcères non vénériens que dans ceux qui le sont. Les ulcérations vénériennes de la face exlerne du prépuce, en particulier, sont au moins aussi souvent élevées au dessi!s du niveau de la p<>au qu'abaissées au dessous, ce qui a même détenuiné M. Carmichael à en faire un genre à part. On a désigné sous le nom de dartre préputiale {hcrjxs pra'putlalis) une maladie fort commune, qui, par son siège et sa marche , ressemble parfaitement aux ulcéralions vénériennes du prépuce, mais à laquelle divers écrivains refusent néanmoins celle dernière épilhète, quoi- (ju'elle se manifeste souvent quelques jours après que le sujet s'est livré h une femme suspecte. Celte maladie, que MM. Royston, Bateman et Sainte-Marie ont décrite, débute par une démangeaison avec chaleur, bientôt suivie <le taches rouges sur lesquelles s'élèvent de petites vésicules , que leur transparence fait paraître aussi rouges que le fond sur lequel elles reposent. Au bout de vinglquatreon trente-six heures, ces vésicules s'agrandissent , deviennent opaques, acquièrent une couleur laiteuse, ne lardent pas h se confondre ensemble, et prennent ainsi l'aspect pustuleux. Si l'exanthème occupe la face du préptice tournée vers le gland, de manière que les vésicules demeurent habituellement couvertes et humectées, cellesci crèvent vers le quatrième ou cinquième jour, et chaqu<* lâche primitive se trouve remplacée par un petit ideère

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à base blanche, à bords un peu élevés, d'où suinte uti peu desérosilé lroiil)leou roussàlrc. Abandon nées à oîlesmônics, CCS ulcérations ne lardent pas h se cicatriser, et la croûte qui se forme à leur surface, tombe au bout d'une quinzaine de jours. Si, au contraire, les taches ont paru sur la face externe du prépuce, il survient rarement des ulcérations , mais le liquide contenu dans les vésicules commence à se dessécher vers le sixième jour, d'où résulte une croûte dure et acuminée,Ji la chute de laquelle on trouve la partie parfaitement guérie.

Comment distinguer celte affection , qu'on a qualifiée Ae pseudo-vcnérienne , des véritables pustules et ulcérations vénériennes du prépuce , surtout lorsqu'elle survient chez un homme qui a mené une conduite peu régulière, d'autant plus même qu'elle est sujfîtte h de fréquentes récidives, cl que quand on applique des irritans sur la partie phlogosée , l'action de ces substances fait naître aussitôt une dureté circonscrite dans les parties adjacentes ?

Concluons donc ici, comme nous l'avons déjh fait en parlant des membranes muqueuses, qu'il n'existe , dans la forme, l'aspect et la couleur des ulcérations cutanées , aucun caractère d'après lequel on soit autorisé à penser qu'elles dérivent du coït plutôt que d'une source différente, ou, en d'autres termes, que toutes les causes irritantes, quelles qu'elles soient, lorsqu'elles agissent sur la peau ou sur les membranes muqueuses , y déterminent des phénomènes pathologiques absolument semblables dî'S qu'il y a identité dans les circonstances inhérentes au malade lui-mêm(\

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