‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnel (volume 2)Chapitre 15 sur 29 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

Tant que les effets, immédiats ou médiats, d'un commerce impur demeurent bornés à la partie dans laquelle ils se développent, et notamment aux organes de la génération, on désigne chacun d'eux sous un nom particulier. Il n'en est plus de même quand , ce qui arrive chez certains sujets, des phénomènes pathologiques plus ou moins nombreux se développent dans des parties éloignées de celles qui sont le siège des maladies vénériennes primitives. Les nosologistes admettent alors que ces accidens sont liés, non-seulement avec ces dernières, mais encore entre eux, par un rapport intime de causalité, et qu'ils constituent une maladie distincte de toutes les autres comme espèce. En conséquence, ils les embrassent tous, quels qu'ils soient, sous la dénomination collective de sjphilts (i) ou de vérole. A ce nom ils substituent quelque-

(i) Fracastor s'est scitI le premier du mot SYpItHis ;'m3Lh comme il u'en a pas donné l'étymologie , chacun l'a expliqué à sa manière. P'allope, dont Sauvages adopte Topinion, le déri\e de avv, avec, et de î2À/o!, amitié, parce que la maladie est le fruit d'un commerce intime. Beverwyck le fait provenir de <7UÇ, cochon, et de i.'A/at. amitié, de sorte qu'il signifie, suivant lui, amour sale ou honteux. Bosquillon lui donne pour racine ffi'i^^'.oi, difforme, parce que les maladies vénériennes, quand elles envahissent le visage, rendent le malade hideux à voir. Dans cette dernière hvpothèse, il faudrait écrire

1 80 ÏRAiTi

l'ois celui do maladie %éndrienne , et plus fréqucmmenl celui de maladie vénérienne confirmée, ou conslitulionndle, parce qu'ils supposent, contre l'opinion «leHunter, à qui l'on doit l'introduction de ce dernier mot en nosologie, que leur cause est répandue et disséminée sur tous les points de l'économie. Ils ajoutent ensuite, tantôt avec Peyrilhe , qu'on a beaucoup de peine h déterminer ce qu'il faut entendre par vérole, puisque, dans un cas donné, tel praticien assure qu'elle existe, et tel autre qu'elle n'existe pas; tantôt, avec Aslruc, qu'elle est d'une si grande étendue , et renferme un si grand nombre de symptômes divers, qu'elle paraît moins un mal unique, qu'un assemblage de toutes les maladies, qu'il est jvresque impossible d'en donner imc définition philosophique, et qu'au lieu de se tourmenter inutilement pour la définir, il vaut mieux, par une description exacte et par un dénombrement de ses principaux symptômes , faire connaître sa nature, son génie et son caractère , avec l'ordre et la liaison des effets qu'elle produit (i).

sipkUis. Mais il est évident qu'on doit consener rorlhogi;i|)he de l'racastor, qui suppose que la maladie prit le nom du berger S3 pliilus, à qui le diea du soleil l'envoya en punition de ce qu'il avait renversé ses autels pour eu élever d'autres au roi Alcilhoiis. Celte allégorie, imitée d'Homère, fait allusion sans doute à l'opinion, alors d<jminanle, d'après laquelle l'épidémie du quinziîime sièele dépendait de l influence de la conslikition almosp]iéri([ue.

.... Primas régi qui sanguine fuso Inslitutt divina, sacrasquc in montibus aras, Syphilus, ostendti turpes pcr corpus achores. Insomncs priiuus noclcs, couvalsarjuc metnbra Sensit, et a primo traxit coguomina tnorbus, Sfpliilideiu/iic ab co labcm duvcrc cotoni. (\) Slrulliius a exprimé celle pensée de la manière suivaiili' :

DI'S MALAUIKS VÉNiRIENNliS. 1 87

Si l'on voulait ne pas s'écarter des données fournies par l'expérience, ni des règles tracées par la logique, il faudrait appeler maladies vcnérîcnncs secondaires , et par conséquent vérole ou syphilis, tous les accidens morbides qui se montrent après des irritations vénériennes primitives, pourvu que les liens d'une causalité évidente existassent entre eux et ces dernières , quelles que fussent d'ailleurs et la région du corps où ils se manifestent , et l'époque l\ laquelle ils se déclarent. Mais ce n'est pas ainsi qu'on a procédé. En général , on n'appelle secondaires , que les symptômes qui éclatent au bout d'un certain laps de temps, de plusieurs semaines, de quelques mois, même d'un plus ou moins grand nombre d'années, comme dix, vingt, trente, quarante et davantage. Ceux qui surviennent au bout de quelques jours seulement ne reçoivent pas cette épithète, ou, si on la leur donne quelquefois, c'est quand ils se manifestent dans un organe fort éloigné do la partie primitivement affectée. Dans tout autre cas, on les nomme sympathiques , ou bien on les considère comme des complications, et on associe leur histoire à celle des accidens primitifs, sans réfléchir que, par cette conduite, on isole, en quelque sorte, de ces derniers, des affections qui s'y rattachent évidemment d'une manière immédiate, tandis qu'on y rallie d'autres maladies qui surviennent après des semaines, des mois, des années, ou qui ne se déclarent que chez les enfans de ceux qui ont été atteints.

Quum enim hic morbiis non sit uiius simplex, scd ex pluribus snupltcibus , unum illi gcnim suballcriiiim dari non potcst , nec dcfinitio una , scd descriptio potius.

Page 1