‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnel (volume 2)Chapitre 18 sur 29 · DES COMPLICATIONS DES MALADIES VÉNÉRIENNES · texte numérisé non relu

DES COMPLICATIONS DES MALADIES VÉNÉRIENNES

Les maladies vénériennes se présentent très-souvent compliquées, soit les unes avec les autres, soit avec diverses autres affections aiguës ou chroniques.

Il n'est pas rare de trouver h la fois des phlegmasies simples ou compliquées d'ulcérations et d'excroissances sur plusieurs des membranes muqueuses extérieures qui ont pu être mises en contact avec une surface malade, ou avec le produit de ses exhalations. Cet élat des choses ajoute toujours à la gravité du mal, parce qu'il multiplie les foyers d'irritation, et par conséquent les sources d'irradiations sympathiques vers les organes avec lesquels chaque extrémité de membrane muqueuse communique d'une manière plus particulière. C'est dans les cas de ce genre qu'il est surtout commun de voir survenir des affections dites secondaires, et la maladie prendre un caractère remarquable d'opiniâtreté, principalement lorsque des vues théoriques adoptées par imitation déterminent le médecin 5 négliger les symptômes locaux pour ne s'occuper que de la destruction d'une cause générale dont on est dans l'usage de les faire dépendre, et même à les exaspérer par un traitement excitant, dont l'influence s'étend presque toujours à eux, quoiqu'on ne l'applique guère que sur des régions plus ou moins éloignées du corps.

Quant aux autres aflcctlons (jui peuvent coexister avec des symptômes primitifs quelconques, leur diagnostic ne présente ni plus ni moins de dillicullés que si elles se trouvaient seules , et il ne devient nécessaire d'y avoir égard que sous le point de vue du traitement, auquel elles apportent quelquefois d'importantes modifications, c'està-dire que , dans ce cas, comme dans tous ceux de complication, il faut s'occuper d'abord de l'organe le plus menacé, surtout s'il est le plus important. Cependant leur étiologie présente quelquefois beaucoup d'obscurité, et il n'est pas toujours aisé de distinguer les cas où elles dépendent immédiatement des accidcns vénériens euxmêmes, de ceux où leur apparition se rattache à l'influence, soit d'une prédisposition originelle ou acquise, soit d'une cause purement accidentelle. De là vient le vague qui règne dans l'histoire des maladies vénériennes secondaires, parce que, toutes les fois qu'une affection n'a pu être rapportée sur-le-champ à une cause évidente, on s'est empressé de la mcllre sur le compte de la syphilis, d'après l'hypothèse généralement reçue qui fait considérer cette dernière comme le résultat de l'action, sur l'organisme, d'un principe matériel dont leseffets varient et se modifient presqu'à l'infini.

Les maladies concomitantes des affections vénériennes peuvent exercer de l'influence sur ces dernières, ou être, au contraire, influencées par elles.

En général, pendant le cours de celles qui ont un caractère très-aigu , les symptômes vénériens acquièrent plus de gravité, ou même se terminent d'une manière funeste. Ainsi, le rhumatisme aigu constitue presque lou-

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jours une complication fâcheuse, qui exaspère les accidens locaux. Il en est de uicuie, et h un bien jilus haut degré encore, des irritations du canal alimentaire, car on a oLservé, dans tous les temps, même au siècle d'Hip' pocrate, que les sujels atteints de symptômes vénériens aux parties génitales ou h l'arrière-gorge sont très-exposés h la gangrène partielle ou totale de ces organes dans les fièvres qu'on appelait naguère encore adynamiques et ataxiques. Il s'en faut de beaucoup cependant que celte règle soit générale, comme l'a prétendu Plenk, car on voit fréquemment aussi ces symptômes, abandonnés à eux-mêmes, disparaître pendant la durée d'une maladie aiguë quelconque, sans laisser aucune trace de leur existence, et, malgré les assertions de M. Schmidt, les ■chances de mortalité ne sont pas, dans le typhus, infinie ment plus nombreuses pour lés individus attaqués de la vérole que pour ceux qui sont exempts de cette maladie, car la gangrène elle-même des organes génitaux, lorsqu'elle survient, n'entraîne pas nécessairement la mort. Tout dépend ici d'une multitude de circonstances, parfois très-difficiles à apprécier, mais parmi lesquelles on doit placer au premier rang les diflercnces presque in^ nombrables qui ont lieu dans les constitutions individuelles.

Les maladies chroniques influent moins que celles qui ont un type aigu, sur les symptômes vénériens primitifs ou secondaires. Cependant elles ne sont pas non plus toujours indifierentes , parce que deux organes ne peuvent être irrités, h des degrés et sous des types identiques ou difléreus, sans réagir plus ou moins l'un sur l'autre, mê-

me lorsqu'ils n'ont ensemble que des connexions sympathiques fort obscures dans l'état normal, et aussi parce que les altérations organiques portent souvent atteinte h la constitution. Sous ce rapport, les complications les plus graves sont celles avec les scrofules , et surtout avec le scorbut, maladies sur la nature desquelles on n'est point d'accord, et qui paraissent consister, la première en une phlcgmasie chronique des glandes lymphatiques , survenue à la suite d'une irritation lente et continuée des membranes muqueuses , particulièrement de celles de la tête , la seconde en une irritation chronique de toutes les membranes muqueuses , compliquée des accidens sympathiques qui accompagnent généralement ces affections, et peut-être aussi d'une altération du sang , due à la manière incomplète dont s'accomplit la nutrition. Les phlegmasies vénériennes font toujours de grands et rapides progrès chez les scorbutiques, tandis que chez les scrofuleux elles ont plus particulièrement de la tendance à prendre le type chronique , et surtout h se compliquer de tuméfaction des glandes lymphatiques voisines.

Il est très-rare que les affections vénériennes exercent une influence salutaire sur d'autres maladies; et quand elles le font , c'est à la faveur de l'irritation dérivative qu'elles établissent, comme on le voit quelquefois lorsque l'urétrite survient chez un homme atteint d'ophthalmic, d'un coryza habituel , ou d'un catarrhe pulmonaire chronique. Mais en général ces complications sont fâcheuses, tant par elles-mêmes que par la prédisposition aux irritations qu'elles font naître dans des parties éloignées , qui deviennent alors plus accessibles h l'action directe

des causes morbifiqiies. Elles le deviennent souvent aussi d'une manière secondaire , en raison du mode de traitement qu'on leur oppose, car le mercure, à l'aide duquel on les combat presque généralement, est, dans l'immense majorité des cas, la source d'accidens sans nombre, dont l'exposition sera faite ailleurs.

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