LIVRE II
De la théorie et de l'histoire des maladies vénériennes.
Si guis curtosorum quwrat cur iianc dissei'tationetn de mnrbo qaHico, rili flerisque vidcùitur a'ùsurdani et farado.vani , concinnavcriin , judiicl quis quid velit; quai cnim atiis aùsurda , eadcm niihi vcra videnlur,
SliNAPIUS.
Jusqu'ici j'ai exposé simplement les phénomènes qui accompagnent les maladies vénériennes. J'ai rattaché, autant que possible, leurs symptômes caractéristiques aux lésions des divers tissus , organes ou appareils , qui peuvent en être le siège. J'ai fait voir que ces symptômes varient à l'infini, sous le point de vue de leur intensité , selon l'état particulier de chaque organe affecté, celui de quelques autres organes , ou de la constitution entière , et l'énergie plus ou moins grande des influences extérieures, atmosphériques, hygiéniques ou thérapeutiques. J'ai montré enfin qu'ils ne varient pas moins sous le rapport de leurs complications, suivant que l'irritation morbide agit, sinmllanément ou successivement, sur un nombre plus ou moins considérable d'organes ou d'appareils. Mais je me suis abstenu de toute explication, parce que, dans les sciences physiques, et par conséquent en méde-
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cine aussi, l'ordre que les phénomènes suivent dans leur manifestation et leur enchaînement, est la seule chose qu'il nous soit donné de connaître , et que nous sommes condamnés, probablement pour toujours, à ignorer leur essence, c'est-à-dire pourquoi et comment ils se développent. ': !!• ' Ce n'est point de celte manière qu'on a procédé jusqu'à présent. Jaloux d'expliquer la formation, la propagation, la ténacité et les répétitions ou réapparitions fréquentes des maladies vénériennes, les médecins ont ima^ giné diverses théories, dont quelques-unes sont tombées dans l'oubli, mais dont plusieurs subsistent encore aujourd'hui. On peut réduire ces dernières à trois principales. L'une, qui est la plus généralement reçue, établit l'existence d'un principe particulier et spécifique, appelé vi?'us vénérien ou syphilitique , dont l'action spéciale sur les liquides et les solides du corps, détermine tous les accidens qui signalent la présence de ces maladies. Les deux autres rapportent les phénomènes morbides à la seule irritation des tissus vivans, transmise de proche en proche, patr un effet purement sympathique. Mais, dans l'une, qui ap*partientà Hunter, on admet eu même tempsun virus , et l'on suppose que les sympathies mises en jeu par l'action purement locale de ce principe, sont de nature à provoquer, dans les parties irritées d'une manière secondaire, des mouvemens semblables à ceux que le virus avait produits dans les parties primitivement affectées, des imitations plus ou moins parfaites de l'excitation primordiale. Dans la seconde, au contraire, on repousse la notion de toute cause matérielle étrangère à l'économie, et l'on ne regarde les maladies vénériennes primitives que comme
des foyers d'une irritation locale, qui, dans certaines cir constances, provoquent sympalhiqucment celle d'autres organes t^Ioig;n(''s, dont chacun réagit h sa manière, c'esth-dirc en raison composée de sa texture propre et de ses relations plus ou moins étendues avec les autres parties. On pourrait encore admettre une quatrième hypothèse , celle de M. Broussais , qui considère les maladies vénériennes secondaires comme le résultat d'une irritation spécifique propagée par la voie des sympathies; mais il est évident que celte hypothèse rentre dans celle de Hunier, dont elle ne diffère que par le nom imposé à la cause excitatrice des mouvemens pathologiques.
Avant de discuter ces diverses théories , qui doivent nécessairement exercer, et qui exercent en effet une grande influence sur les méthodes ihérapeutiques, il est nécessaire d'approfondir l'histoire des maladies vénériennes, qui s'y trouve liée de la manière la plus intime. Les détails dans lesquels je vais enti"cr, prouveront que cette question n'est pas, comme on l'a prétendu , plus curieuse qu'utile, et que Bosquillon avait parfaitement raison de dire qu'il n'y a pas de maladie dont le traitement ait plus besoin d'être éclairé par l'érudition que celui des maladies vénériennes.
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