CHAPITRE V
DE l'origine, du DEVELOPPEMENT ET DES MODIFICATIONS SUCCESSIVES DE LA THÉOIUE DU VIIU S VÉNÉKIEN.
Il ivsiillc d«; ce qui précède, qu'on ne pourrait pas ciler une seule des aireclions dilcs ^(''né^iennes , un seul des (lérangeuKMis de l'économie animale allrihués communénienl au coïl exercé dans certaines circonstances, qui ne se trouve indique déjà dans les écrits des médecins ou chirurgiens grecs, romains, arabes ou arabisles. Ulcères simples et rongeans du prépuce et du gland, écoulemens de matière pnriforme par la verge ou le vagin , cancers et gangrènes du membre viril , gonflement des glandes inguinales, tuméfactions du testicule, abcès, pustules et gangrènes du vagin , fistules du périnée et du scrotum, coarctations de l'urètre, excroissances h l'anus, à la verge ou aux grandes lèvres, fissures îi la peau , et notamment h l'extrémilé anale du rectum, tons ces accideus leur étaient connus. Ils en ont donné des descriptions plus ou moins étendues, plus ou moins claires et lumineuses. Conmient se fait-il donc que des afTections qu'ils avaient fréquemment occasion d'observer, ainsi qu'on peut en juger par la prolixité que plusieurs d'entre eux mettent dans les détails qu'ils donnent h leur égard, ne leur aient pas suggéré l'idé? de la syphilis et du >irus syphilitique, ne les aient pas déterminés à ranger sous une même bannière, et cette multitude d'altérations pathologiques qui succèdent quelquefois plus ou moins im-
UES MALADIES VÉNÉRIEN. Mis. ÔÔj
in(''dialement au coït , et une foule d'autres maladies qui éclatent soit pendant la durée même de ces dernières , soit plus ou moins long-temps après leur guérison ? C'est évidemment dans les théories régnantes aux diverses époques de l'art qu'il faut chercher la cause d'un silence que l'histoire seule peut expliquer.
Les anciens considéraient la liqueur séminale comme le superflu de la digestion, comme un excédant des sucs destinés à l'alimentation du corps. Ils supposaient que cet excédant reflue de toutes les parties , qu'il descend le long de la moelle épinière jusqu'aux reins (i), que de là il se porte aux testicules, et que ceux-ci l'envoient enfin au membre viril , par lequel il s'écoule au dehors. Cette théorie est déjà indiquée dans un des ouvrages attribués à Hippocrate , le Traité de la semence. Pylhagorc l'avait adoptée. Platon l'admit. Alcméon , Démocritc , Epicure et la plupart des philosophes grecs la soutinrent aussi. Aristote s'attacha vainement à la combattre, et Galien , qui lui donna toute l'extension dont elle était susceptible , lui assura , par soa autorité,
(i) La plupart des théories physiologiques des anciens ont été établies sur des explications erronées de f;iits exacts et bien observés. Ainsi, ayant remarqué que les plaisirs de lamour émoussent les facultés intellectuelles, causent une lassitude qiu se fait sentir principalement dans les reins, et procurent même, quand on en abuse , une affection caractérisée par des douleurs le long de lépine du dos, ils conclurent de là que le sperme émane du ceiTeau, et qu'il suit la direction de la moelle épinière. D'autres prétendaient que cette liqueur est du sang élaboré et digéré eu quelque sorte par la chaleur des parties génitales : ils se fondaient sur ce qu'il n'est pas rare que du sang s'écoule par la verge lors(ju on se livre sans modération à l'acle vénérien.