ARTICLE X
DES DIVERSES TIlÉOhlES SUR l'aCTION DU MERCURE DANS LES MALADIES VÉNÉRIENNES.
Peu satisfaits d'avoir constaté que le mercure , administré SOUS diverses formes , soit h l'extérieur , soit à l'intérieur , fait souvent disparaître la plupart des maladies \énériennes, les médecins ont encore voulu savoir comment il eu procure la guérison. Mais, au lieu de s'en tenir à l'observation , et de se renfermer dans le domaine des faits , ils prirent pour point de départ la théorie d'après laquelle les affections vénériennes visibles ne sont que les symptômes éventuels d'une maladie générale, provoquée elle-même par un principe virulent occulte qui circule avec les humeurs. En combinant cette théorie pathologique, qui ouvre un champ si vasle aux spéculations arbitraires, avec les doctrines physiologiques des mécaniciens , des chimistes et des vitalistes , ils sont parvenus h créer des hypothèses assez nombreuses , qui se réduisent néanmoins, en dernière analyse, à deux principales , suivant qu'elles supposent le mercure agissant sur le virus , soit directement , par sa pesanteur et ses propriétés chimiques , soit indirectement , par l'intermédiaire de l'organisme.
Astruc et plusieurs autres , qui croyaient que la vérole consiste dans l'épaississement des humeurs , et que tout épaississement humoral entraîne à sa suite l'engouement, l'obstruction des vaisseaux , s'imaginaient que le mercure la guérit en vertu de sa divisibilité, de la mobilité de ses^ molécules , et de sa pesanteur spécifique , supérieure à
bh^ TUAiTj':
celle (Us fluides animaux , qu'il divise el allénuc le sang, (jti'il en rend la masse plus coulante et plus appropriée à toutes les sécrétions, en un mot qu'il fond, résout et dissipe les embarras de la circulation. Dans leur opinion, comme dit Bru, les globules mcrcuriels étaient de petits ramoneurs, qui parcouraient les cheminées de notre grande maison , les désobstruaient, et entraînaient avec eux la cause eflicienle des obstacles , par les selles , les urines, la salivation ou la diarrhée. Cette explication mécanique et grossière , totalement oubliée aujourd'hui , n'a jamais joui d'un grand crédit , et ne mérite pas d'èlre réfutée, quoiqu'il paraisse que c'est elle qui a suggéré, dans ces derniers temps , à M. Ghrestien , l'idée de reprendre l'usage des préparations d'or.
On ne peut pas en dire autant de celle suivant laquelle le mercure possède un certain pouvoir antidotal contre le virus vénérien, c'est-à-dire attaque ce principe occulte, le neutralise, le modifie, le décompose, le détruit, de manière à le rendre toul-à-fitit iuactif, ou du moins h changer tellement sa nature qu'il ne puisse plus ni produire la maladie , ni même en entretenir les symptômes, quand elle existe déjh. Cette hypothèse repose entièrement sur des principes de chimie. On allègue surtout en sa faveur :
i".- Une expérience de Harrison , qui, ayant mêlé du pus pris sur un chancre , avec du mercure gommeux de Plenk. , et inoculé ensuite ce mélange h une personne saine , ne vit se développer aucun symptôme vénérien ;
2°. La facilité av(;c laquelle les frictions mercurielles dissipent les bubons, ce qui dépend, dit-on, de ce que le métal pénètre dans la glande engorgée , et empêche le virus de
DES MALADIES VÉNÈ RTS-ÎNNES. 555
continuer à l'irriter jusqu'il ce qu'il soit enfin poussé au dehors parla suppuration;
3°. L'efficacité que le mercure déploie contre les ulcérations vénériennes, qu'il guérit par sa seule application à leur surface (i) ;
4°. Enfin , le soulagement qu'ii procure , en général , dans les ulcérations de la gorge, peu de temps après qu'on en a fait usage, et cela sans exciter aucune irritation, souvent même avant qu'il ait pu produire une évacuation quelconque.
Parmi les partisans de cette hypothèse , les uns attribuent l'efficacité du mercure à ce qu'il exerce sur le virus une sorte d'affinité ou d'attraction élective , en vertu de laquelle ces deux substances se convertissent en une troisième ayant des propriétés nouvelles tout-à-fait différentes , et privée par conséquent de toute énergie active sur le corps, de tout pouvoir d'être nuisible h l'économie.
(i) L'exemple suivant, que je choisis entre mille, suffira i)our démontrer à quel point on abuse do cet axiome, qu'on regarde comme infaillible, quoique les exceptions remportent de beaucoup en nombre sur les cas qui le conGrment. « TJn homme portait à la jandjc un ulcère de nature suspecte, ci qu'il souteuait n'être pas véuérieu. M. Boyer conTÎnt avec lui d'en panser la moitié avec l'ongueut napolitain, et l'autre avec du cérat. La ditTérencc qu'olTrircut le lendemain les deux moitiés de l'ulcère, juslilia le diagnostic rjui avait été porté sur le caractère de ce dernier. «J'ai rapporté d'après M. Ratier ce fait que je n'hésiterais pas à qualifier, s'il s'agissait d'un praticien moins recommandable. Oui ne conçoit qu'un ulcère pansé avec deux substances, l'une iriilanle, l'autre émollienle, a pu présenter le lendemain deux nuances différentes dans l'aspect de sa surface, sans qu'il soit nécessaire de recourir à une prétendue spécificité de l'un des métlicainens ?
Suivant ccux-lh le mercure se comporte envers le virus , comme une Lase salifiablc Itiil h l'égard d'un acide, c'està-dire qu'il le salure et le neutralise. D'autres , à la tête desquels se placent Fourcroy et Girtanner, supposent qu'il le dénature en lui abandonnant de l'oxigène.
.Relativement ù la manière dont s'exerce cette action réciproque, quelques spéculateurs, considérant que, dans beaucoup de cas, il faut une très-petite quantité de mercure pour opérer la guérison, qu'on ne saurait admettre que cette faible dose puisse agir sur la masse générale du sang, en comparaison de laquelle elle se réduit presqu'à. rien, et que d'ailleurs les eiTets du virus paraissent spécialement bornés à certaines parties, ont supposé que tout le principe morbifique contenu dans le corps était attiré ou poussé vers ces organes , et que probablement le mercure employé pour la guérison épuisait toute sa vertu sur les parties malades seules. Tel est le sens des paroles de Ilunlcr, quand il dit que ce métal agit, dans la constitution, sur toutes les parties de la machine, et qu'il guérit celles qui sont malades, n'affectant que très -peu celles qui sont saines, assertion étrange, qu'on s'étonne de trouver dans la bouche d'un homme qui avait si bien entrevu les lois de l'organisation. D'autres ont prétendu, au contraire, que le mercure doit agir sur chaque partie, et poursuivre le virus dans tous les recoins de l'économie, parce que la masse du sang étant infectée partout au même degré, et la plus petite parcelle du principe morbifique suflisant pour produire la maladie, cette dernière peut être guérie de même par une dose très-médiocre de l'antidote. De Ih cet autre précepte de llunter que, pour guérir les effets locaux et visibles de la vérole , il faut
DES MAXADIKS VÉ^iRIE^NES. 55;
l'attaquer par l'endroit même par où l'infection s'est communiquée, c'est-à-dire par le sang, sans cependant le considérer en lui-même comme une partie malade , ou comme le siège du virus, mais comme le véhicule qui distribuera le médicament dans toutes les parties du corps que le virus a infectées , et qui par conséquent agira sur les solides devenus malades.
Quoique celte hypothèse chimique ait compté beaucoup de partisans, et qu'elle en ait même encore quelques-uns aujourd'hui , les argumens suivans s'élèvent avec trop de force contre elle , pour qu'on puisse l'admettre.
1°. L'expérience de Harrison ne prouve rien, puisque, comme je l'ai déjà dit ailleurs, le pus vénérien paraît perdre entièrement ses propriétés contagieuses dès qu'il est refroidi. D'ailleurs les onctions avec le mercure sur les parties génitales ne mettent pas h l'abri des maladies vénériennes. On n'est pas non plus garanti d'une nouvelle infection par cela seul qu'on se trouve dans le cours d'un traitement mercuriel, ce qui devrait cependant avoir lieu si le métal possédait la vertu de neutraliser, de modifier, de détruire un virus.
2°. La prompte disparition des bubons, que l'on observe quelquefois, mais non toujours, h beaucoup près, ne prouve pas que le mercure s'insinue dans les glandes engorgées et y dénature le virus, puisque le même effet peut avoir lieu lorsqu'cn frictionne la jambe du côté opposé à l'aine malade, ou qu'on applique le mercure sur les bras, ou enfin qu'on le donne h l'intérieur.
5°. Les applications mercurielles ne guérissent pas toujours les ulcères vénériens, et bien loin de là elles les
^iôS TRAITÉ
exaR|KTonl Ir^s-gonvont au point d'y faire natlrc l'état que M. Oppri t a (lési<;;né sous le nom d'empoisonnement inercuricl exte/'ne, et qui n'est que le résultat d'une phlo^nuKsie chronicjue entretenue par une irritation habituelle.
4°. Le mercure soulage, il est vrai, quelquefois, dans les ulcérations de la gorge, mais il le fait toujours en irritant, soit que l'irritation porte sur l'estomac, soit qu'elle s'exerce sur la membrane muqueuse de l'arrièrc-bouche, ce qui arrive lo plus souvent quand on a recours aux friclions, et explique pourquoi le mercure , aj)rès avoir été utile, ainsi qu'aurait pu l'èlre tout autre irritant appliqué avec prudence à la surface d'un ulcère atonique, devient toujours nuisible lorsqu'on prolonge son emploi et que la routine seule préside h son administration.
5°. Enlin l'admission d'un virus vénérien étant une hypothèse gratuite, non susceptible de démonstration, et contradictoire avec les faits, comme je l'ai montré précédemment, on ne peut supposer que le mercure soit doué d'une action chimique particulière sur un principe qui n'existe point, sans déclarer, par cela même, que son action doit être expliquée par des suppositions surannées plutôt que par les lois irrécusables de l'organisme.
Une des plus anciennes théories, relativement à la manière dont le mercure guérit les maladies vénériennes , et celle h laquelle on donna d'abord la préférence, consiste à faire dépendre ses vertus curatives de la propriété qu'il a d'exciler toutes les sécrétions, et d'entraîner ainsi, par les émonctoires, le virus avec lequel il s'est uni d'une manière intime. C'est cette hypothèse qui a donné naissance h la cruelle méthode de la salivation, et qui a
DtS MAL.VDIIi^ VjiN^RIli;.\?(ES. ê5()
fait j>enser pendant long-temps aux médecins que le meilleur moyen était d'exciter avec toute la promptitude possible la plus forte salivation que le malade fut en état de supporter, quoique, par une de ces conlradictions qu'on rencontre h chaque pas dans l'histoire de la syphilis', ils regardassent la diarrhée comme désavantageuse , sous prétexte qu'elle entraîne le mercure au dehors, sans profit pour l'économie. C'est aussi cette hypothèse qui a enfanté le préjugé d'après lequel on attache tant d'importance à la quantité de mercure qui a pu pénétrer dans le corps, sans avoir d'ailleurs aucun égard h l'action qu'il exerce sur l'organisme, ou tout au moins en le regardant comme nuisible, puisque Bell donne comme une des plus beiles découvertes qui restent à faire, celle de trouver le moyen d'introduire dans le système une quantité sullisante de mercure, à l'état d'activité, sans produire des effets stimulans, ce qui ne sera en effet guère moins diiTicile à rencontrer que la pierre philosophalé. Les évacuations que le mercure provoque , par les sueurs, les urines, les selles ou le ptyalisme, ne sont par elles-mêmes, ni utiles, ni nuisibles, car elles ont tantôt l'un et tantôt l'autre de ces deux caractères; elles ne le sont qu'en raison du rapport existant entre l'irritation qui les détermine et celle que le contact du pus vénérien a fait naUre sur une autre partie. Leur utilité est un problème insoluble dans l'hypothèse de l'existence d'un virus syphilitique; car, comme le fait observer Bell, en parlant des diaphorétiques, les médicamens évacuatifs diminuent bien la quantité des fluides, mais ils ne changent pas la nature de ceux qui restent, lesquels étant viciés continuent à l'être , et à infecter ceux qui viennent s'y joindre, puisqu'on attribue
Si^O TBAITi
à la conta£;ion la propriété de se propager et de se multiplier d'elle-même.
Cependant, il est si difTicile de secouer tout-h-fait le joug d'opinions long-temps accréditées, que M. Lagneau, qui adopte la théorie des vitalistes, sur laquelle je reviendrai plus loin, cherche h la concilier avec celle qui vient d'être examinée. En effet, il prétend que l'excitation occasionée par le mercure, dans chaque organe en particulier et dans tout l'organisme en général, a pour résultat une lebricule dont la crise, presqu'insensible le plus souvent, est caractérisée par la sortie de la matière contagieuse, et que si le mouvement critique n'est pas toujours assez considérahle pour être remarqué , cela tient à la nature même de la vérole, qui, étant une affection chronique , ne peut se terminer par des crises aussi sensibles que les maladies aiguës. Cette phrase, que je copio textuellement, est hérissée de propositions hasardées; je ne l'ai citée que pour donner une idée de l'éclectisme complaisant auquel la plupart des écrivains sur les maladies vénériennes sont enclins.
Je ne ferai qu'indiquer l'hypothèse, depuis long-temps oubliée, dont les partisans supposaient que le mercure produit, dans les humeurs, un état de dissolution ou de putridité favorable à l'expulsion du virus. Ils se fondaient sur l'odeur forte qu'exhale l'haleine , le changement qui sinnienl dans toutes les sécrétions, la langueur et la débilité qui s'emparent des malades, et les symptômes plus ou moins marqués de diathèse putride ou scorbutique qu'on finit par voir éclater. Ces effets n'ont lieu que quand le mercure est adu)inislré par des mains imprudentes, et toute autre excitation prolongée outre mesure produirait
les mêmes résultats. Loin de dissoudre le sang , l'usage ménagé du mercure accroît , au contraire , sa plasticité.
La dernière théorie, enfin, qui se rapproche plus qu'aucune autre de la vérité, parce qu'on a du moins consulté les lois physiologiques pour l'établir, est celle des vitalisles. Elle consiste à faire dépendre l'action curative du mercure de l'excitation qu'il produit, et qui provoque les solides à une réaction dont le résultat est de détruire l'impression que le virus a pu faire sur eux, ou de modifier la composition des liquides viciés qu'ils contiennent, ou enfin d'expulser ces derniers par les émonctoires que la nature choisit. Cette excitation a été supposée par les uns générale, parles autres purement locale, et alors bornée tantôt aux nerfs, tantôt au système lymphatique. Cependant, pour concilier le système qui en découlait avec celui du virus vénérien , auquel on n'avait même pas la pensée de renoncer, on imagina de doubler en quelque sorte la propriété excitante du mercure. Je sais que je ne m'exprime pas clairement en me servant de ce terme, mais je n'en trouve pas d'autre pour rendre une théorie itaintelligible, dont le passage suivant de Hunter donnera une idée , sinon plus lumineuse , du moins plus détaillée. «Le mercure produit deux efiets : l'un sur la constitution, et sur des organes particuliers, lequel est conforme à son mode d'irritation, et indépendant d'aucune maladie quelconque; l'autre consiste dans ses opérations spécifiques sur une action morbifique de tout le corps, ou seulement de quelques parties, quelle que soit la maladie , dont la disparition graduelle fait seule connaître ces effets. » Nous retrouvons donc ici les mêmes subtilités que nous avons
549 TRAiric
déjà rencontrées au sujet de l'association d'une prétendue inflammation vénérienne spécifique avec l'inflammation ordinaire, c'esl-h-diie que nous voyons adiuellre h la fois une irritation ordinaire , semblable h celle que pourrait produire tout autre stimulant, et une irritation mercuri(;lle spéciale, sans que personne ait pris la peine d'expliquer le mystère de deux propriétés qui n'en i'onl qu'une, quoiqu'élant des modillcalions l'une de l'autre. L'un des plus forts argumens dont on se soit servi pour instituer cvAlo liypolhèse, c'est celui de Hunier, qui dit que la propriété stimulante du mercure n'est pas la seule par laquelle il agisse dans la vérole , ou que sa manière de stimuler est particulière et h lui propre , parce que, dans le cas contraire , il serait facile de le remplacer par d'autres substoinces plus actives , tandis que la chose est impossible. Mais une pareille proposition , qui n'était soutenable au temps de Hunier que parce qu'on ne tenait pas comple de l'expérience des siècles passés , et parce que personne ne concevait même la possibilité de traiter les maladies vénériennes autrement que par le mercure , l'est encore bien moins depuis que les partisans de l'ancien système sont obligés eux-mêmes d'avouer qu'on peut guérir ces afl'eclions par d'autres excitans que par le mercure , depuis surtout qu'on a reconnu, dans le trailement antiphlogislique ou débilitant, un moyen tout aussi sûr, et plus eiïicace mémo, d'en triompher. A la vérité, on objecte que les irritans non niercuriels. échouent souvent, et que le mercure conserve toujours une grande supériorité sur eux; mais on les juge d'après quc^lques expériences seulement , faites môme avec un esprit prévenu , et l'on oublie que si l'on calculait Ions les cas dans lesquels
DF.S M.VLADIES vàNÉRIEJ(?(ES. 543
le mercure (Icmeurosnns effet, exaspère les accidens, ou en provoque de plus redoutables que ceux qui existaient auparavant , l'avantage ne serait pas pour lui , suivant toutes les probabilités. Si ce métal jouissait d'une propriété spécifique , il devrait l'exercer toujours et au même degré. Aucune exception n'est admissible si l'on considère cette propriété comme un elFet chimique; et si l'on prétend voir en elle un effet purement organique , alors tout doit être rapporté aux phénomènes généraux de l'action vitale , qui ne nous offre nulle part ailleurs rien de comparable aux anomalies qu'on semble prendre plaisir h accumuler. Souvent le mercure ne donne .aucune trace de sa prétendue action anlisyphilitique, quelquefois pième il en manifeste une contraire (i) ; et ses idiverses préparations varient tellement , sous ce rapport , qu'on a été obligé de dire qu'il existait plutûeurs degrés de perfection
(i) Pour expliquer comment il se init que le mercure ne guérit parfois pas les maladies vénériennes, on a dit que cet effet dépendait du développement dune nouvelle disposition, dilïéreute de la naturelle, qui provient de la vénérienne et de la mereurielle, mais sans Être ni l'une ni laulre. Je dotite" que cette bizarre doctrine ait jamais été comprise par personne, même par ses inventeurs; mais elle nous montre jusqu'où l'on peut ailor quand on quitte la ligne des faits pour se jeter dans le champ des spéculations. Quant à l'action parfois morbificpie du mercure, je crois devoir rapporter à ce sujet le passage suivant de Bru : « Les gens qui ne voient pas au-delà de leur routine, ne sauraient comprendre que le mercure, qui guérit la vérole, puisse occasioncr des maux beaucoup plus graves que ceux contre lesquels ou l'emploie. Il y a des esprits pour qui le mot remède porte avec lui l'exclusicMi de tout ce qui est défavorable et dangereux, ce qui fait que tous les accidens qui surviennent pendant le cours d'une maladie, sont toujours attiibués par eux n la cause du ma!, et jamais aux remèdes qu'ils emploient. »
dans sa spécificité, OU, en d'autres termes, que les composés dans lesquels il entre avaient tous la vertu antivénérienne , mais h un degré plus ou moins eflicace, assertion qui ne présente évidemment aucunsensh l'esprit. Toutes ces considérations, jointes à celle que l'hypothèse de la spécificité du mercure a été imaginée pour satisfaire aux exigences de la théorie du virus vénérien , dont j'ai démontré l'inadmissibilité, mènent naturellement à conclure , d'abord , que ce métal n'a été considéré comme moyen principal de guérison que parce qu'on a négligé tous les autres depuis qu'il est devenu en quelque sorte obligatoire de l'employer , et en second lieu que ses propriétés, soit curativcs , soit morbifiques, car il déploie tantôt les unes et tantôt les autres , sont l'unique résultat de la réaction à laquelle donne lieu son action stimulante sur l'organisme. C'est ce que je chercherai à établir dans l'article suivant.
DES MALADIIiS VÉNKHir.r^Nr.S. 545