ARTICLE XI
DU VJÎRITAIÎLE 5I0DK d'aCTION DU MERCURE SUR l'oRGAMSME.
Quelles que soient la partie du corps avec laquelle on met le mercure en contact , et celle des préparations niorcurielles dont on se sert, silo sujet est bien constitué, si tous ses organes sont dans l'état normal , si surtout l'appareil digestif n'est pas surexcité par avance , enfin si le médicament n'est employé qu'à des doses faibles, en rapport d'ailleurs avec la nature de chaque composé , on observe une exaltation bien manifesle de l'action vitale dans l'estomac, qui accomplit ses fonctions avec plus d'énergie et de rapidité. L'appétit devient plus vif, et l'on mange davantage; la digestion se fait mieux et plus vite. Mais cette excitation toujours croissante dépasse bientôt le mode physiologique, et Tonne tarde pas à voir survenir les mêmes phénomènes que si l'on avait donné le mercure h haute dose , ou si les organes digestifs étaient très- irritables. Il survient tantôt un sentiment de chaleur et de pincement dans l'estomac, avec perte de l'appétit, dosépigastralgles, des nausées, des vomissemens même, des coliques et des évacuations alvines, tantôt seulement un état fébrile caractérisé par la vivacité , la plénitude et la fréquence du pouls , l'accroissement de la chaleur animale, l'augmentation de la perspiration cutanée, et, chez certains sujets, de la sécrétion rénale, la soif, l'insomnie, l'agitation pendant la nuit, unegrande susceptibilité pour toutes les impressions, et la formation (Wme couenne inflammatoire sur Ic^sang tiré de la veine. Celle secousse générale dure pendant quelque temps. Elle s'ac
conipa"Tic parfois de congcslions sanguines dans le sys- Icmc nerveux cérébro-spinal , les organes de la poitrine et ceux de l'abdomen , qui ont souvent pour résultat l'apoplexie, le tremblement, la paralysie , le crachement de sang, l'éruption dos menstrues, ou l'établissement du flux hémnrrhoïdal. Si , malgré ces accidens, on persiste à administrer le mercure , il en survient d'autres encore , dont les plus remarquables sont la plilogosc du canal alimentaire, annoncée par le ténesme ou par des déjections glaireuses , quelquefois sanguinolentes , des éruptions à la peau et des lésions du tissu fibreux et du tissu osseux. Les phlegmasies internes pervertissent le travail de l'assimilation et par suite celui de la nutrition. Le sang perd une partie de sa consistance habituelle. Le sujet tombe dans l'amaigrissement, ou devient pâle et bouffi. Il perd en grande partie ses forces musculaires. En un mot , on voit éclater successivement tous les symptômes de la diathèse appelée scorbutique , ou ceux de l'état désigné vulgairement sous le nom de consomption, dont La mort peut être le dernier terme. Il arrive fréquemment alors , si le malade a été atteint autrefois , sur une partie quelconque du corps, d'ulcères, complètement guéris depuis long-temps, que les cicatrices se détruisent, sans aucune cause extérieure <le lésion, et que la nouvelle plaie prend rapidement un aspect sordide, ou même présente tous les caractères de la pourriture d'hôpital. C'est en raison de cet effet, qui n'appartient d'ailleurs pas au mercure seul, puisque tous les autres excîtans le produisent également , quand on en prolonge l'emploi , que les partisans de l'indélébilité du virus vénérien ont dit qîiti l<;s préparations mercurielles a\aieut la propriété
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d'arracher ce virus au sommeil léthargique dans lequel on prétend qu'il se plaît quelquefois ii rester plongé, pendant fort long-temps , et qu'après être parvenus ainsi ii faire naître une série plus ou moins compliquée d'accidens chez des personnes méticuleuses , qui doutaient de leur santé parce qu'elles avaient été atteintes autrefois de maladies vénériennes , pour lesquelles elles ne s'étaient pas soumises au trditement empirique, ils ont encore eu recours au mercure, afin de guérir ces aflections artilicielles , sans se rebuter do l'opinicureté avec laquelle elles s'exaspéraient , au lieu de s'amender , sous son influence. A l'ouverture des corps on trouve des traces évidentes de gastrite ou d'entérite chronique , souvent aussi d'hépatite , des lésions diverses dans les organes pulmonaires, des épanchemens sanguins dans la substance du cerveau bu de la moelle épinière, des congestions de sérosité dans les ventricules de l'encéphale.
M. Pearson, pour prouver que le mercure agit quelquefois comme poison , et non comme médicament , sur l'organisme , rapporte que , chaque année, il meurt , dans l'un des hôpitaux de l'Angleterre , un ou deux malades , qui succombent h ce qu'il ap}>elle Véréthisme niercuriet ^ état auquel il donne pour caractères une grande oppression des forces , une anxiété extrême à la région précordiale, des soupirs fréquens, des tremblemens, la petitesse, la vitesse et l'intermittence du pouU, des vomisse mens , la pâleur de. la face , et un sentiment général de iroid. La mort succède avec rapidité à cette série d'accidens.
Ainsi le mercure, surtout quand on en prolonge l'usage, produit absolument les mêmes résultats que tous les exci-
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lans conmis, Piioii , dans les suites de son action sur l'organisme, n'annonce qu'il ])ossède aucune vciiu spéciale, et, comme l'a très-bien dit M. Barbier, d'Amiens, on ne voit pas qu'il lasse naître de phénomènes particuliers assez imporlans pour qu'on ne puisse pas jilacer les médicamens qu'il fournit au nombre des agens réunis sous le litre commun d'excitant. M. Lagneau partage la même opinion , tout en se prononçant néanmoins pour la vertu spécilique du mercure-, car il avoue ne pas répugner à croire qu'un joiu' peut-être on parviendra ti démontrer (jue la propriété stimulante dqnt ce métal est doué ne dilFère de celle qu'on reconnaît h beaucoup d'autres agens pharmaceutiques que par la répartition plus uniforme de son influence sur tous les organes , et par la faculté qu'a cette influence de se prolonger d'une manière plus soutenue qu'on ne pourrait l'attendre d'aucune autre substance. Je cite celte phrase d'un écrivain dont les opinions sont bien connues , parce qu'elle prouve que les partisans de l'ancien système sur les maladies vénérienhes n'hésitent point eux-mêmes h faire dériver les vertus curatives du mercure de sa propriété excitante. Du reste, elle renferme des erreurs, car aucun fait n'établit que rinflucnce du mercure se répartisse avec plus d'uniformité que celle d'aucun autre stimulant. Cette répartition uniforme est une chimère, puisque tous les organes ne jouissent pas delà vie au même degré; elle ne serait même que nuisible s'il était possible qu'elle s'établît j et enfin rinlluencc de la propriété stimulante du mercure est si peu soutenue, h moins qu'on n'ait administré ce mêlai sans méthode, au hasard des accidcns qui pourraient survenir , que tous les praticiens prescrivent de
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continuer l'usage des uiercuriaux après la guérison des symptômes, et qu'on a reproché au sublimé, par exemple, la facilité avec laquelle il laissait reparaître ces (îcrnier*. lorsqu'on le discontinuait Irop lot.
Parmi les accidcns que peut déterminer le mercure, et qui ont engagé quelques médecins à admettre uno ■maladie mcrcurielle, dont M. Malliias a donné une trèsbonne description, il en est quelques-uns que je dois examiner ici d'une manière plus particulière , parce qu'ils viennent assez souvent compliquer les maladies vénérien nés, et qu'ils ajoutent parfois à leur gravité, ou leur en communiquent une qu'elles n'avaient pas primitivement. Ce sont les lésions du système nerveux, les ailec lions des tissus fibreux et osseux, celles de la peau, et enfin les phlegmasies du canal alimentaire, surtout de son extrémité céphalique.
Les hommes qui, par profession , manient le mercure, sont, comme on sait, sujets aux tremblemens involontait res dans les membres, aux convulsions, h des paralysies du sentiment ou du mouvement, et à la manie. Ces affeo tiens du système nerveux, la dernière exceptée, surviennent très-rarement à la suite des traitemens mercuriels méthodiques, même lorsqu'ils se prolongent beaucoup, ou qu'ils sont répétés plusieurs fois de suite. .Mais on observe, dans certains cas, une exaltation considérable, et véritablement morbide, de la sensibilité. JM. Lagneau rapporte un exemple frappant de ce phénomène. Un jeune homme, soumis au traitement mercuriel, était devenu irritable à tel point que le moindre bruit et le plus léger attouchement le fatiguaient autant qu'iuie forte commotion électrique, à laquelle il les comparait. Cette disposi-
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tion avait pris un tel rccroissemcnt, sur la fin de la cure, que le malade redoutait jusqu'à l'approche des personnes dont il était entouré, et que si on le heurtait par hasard, même légcrcment, il éprouvait, pendant plusieurs secondes, un bouleversement dans ses facultés intellectuelles, avec un sentiment général d'anxiété et de malaise inexprimable. Cet état maladif, provoqué par l'usage des remèdes, n'eut même pas l'avantage de guérir la maladie vénérienne contre laquelle ceux-ci avaient été administrés. D'autres, tels que Swcdiaur , Degner et M. Larrey , ont observé un état inverse, c'cst-ù-dite l'affaiblissement des fiîcullés inlellecluelles. L'aliénation mentale a élé miso aussi au nombre des effets qjii peuvent résulter de l'usage abusif du mercure; j'en ai vu un exemple très-remar^ quable.
Il n'est pas rare, comme le fait remarquer Hunter, que le mercure détermine, dans les articulations, ou dans les membres, des douleurs qui simulent celles du rhumatisme. Autrefois, lorsqu'on admettait que le métal s'accumulait dans les os (i), il était souvent question de ces douleurs, improprement appelées alors mercurielles, qu'on faisait dépendre de sa mobilité et surtout de son poids. On n'eu parle presque plus, depuis qu'on a cessé de croire à la cir-
(i) Peu de questions ont été plus controversées que celle de savoir si le nxircure est susceptible de s'accumuler en globules dans les os, les articulations, les gaines des tendons, les viscères ou les grandes cavités du corps. Cependant il s'en faut de beaucoup qu'elle soit encore décidée. Hunter nio positivement cette accumulation, et dit que les auteurs qui on parlent se sont copiés récijiroqucment, ce qui a donné lieu de multiplier les observations supposées. D'un autre côté M. Lol)st(in el autres l'admettent d'une manière positive. Ce qu'il y
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culalion du mercure dans le tissu osseux, et, quand il survient des sensations de ce genre, durant le cours du traitement, on les met sur le comple de la syphilis. Trèsprobablement elles ne tiennent pas h la présence matérielle du mercure, mais elles sont la suite des irradiations sympathiques de l'irritation qu'il fait naître dans les voies alimentaires , de même que celles qu'on observe si souvent dans les gastro-entérites, et, sous ce rapport, on doit évidemment les considérer comme un effet indirect du médicament. Il en est de même de certaines périostoses, dont Hunter avait remarqué également que la cause doit être quelquefois rapportée au mercure, puisqu'il dit que ce dernier fait souvent développer des nodus de nature scrofuleuse. Enfin les exemples sont assez communs aussi d'affections du tissu osseux lui-même qui se développent dans le cours d'un traitement mercuriel. Je citerai seidement, h cet égard, un cas remarquable de nécrose des os du crâne, qui a été rapporté par M. Busuet.
MM. Alley, Moriarty, Mullin , Pearson , Jos. Frank, Heckor , Horn et Kahleis ont décrit , sous le nom d'éryihème ou eczème mercuriel, ou hijdrargjric , une affection exanlhéœatique, qui fut pendant long-lemps considérée comme une forme anomale de la vérole , mais dont
a tic certain, c'est que, quoi qu'ait pu dire Cmiksliank, le mercure s'insinue clans nos organes. i\ni. Orfila et Pickel en ont retiré, par la distillation, du cerveau d'individus qui avaient pris pendant longtemps des préparations mercnricJles. La même observation avait déjà était faite, sur le sang et la Lile de ces individus, par Zellcr, et elle vient d être répétée par M. Cantu sur leur urine. Elle n'a rien qui puisse nous surprendre depuis les expériences de MM. ïiedemaun, Gmcliu, Fodcré et Woehler, suf l'absorption.
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on reconnut la véritable source lorqu'on la vit survenir chez clos sujcls auxquels on avait administré le mercure pour d'autres causes. Celte maladie cutanée , qu'il ne faut pas confondre avec l'éruption pustuleuse que provoquent assez souvent les frictions mercurielles , éclate ai.ssi bien pendant l'emploi du mercure h l'intérieur, (jue dtirant son usage à l'exlérieur. M. Pearson assure ne l'avoir jamais rencontrée chez des personnes âgées de ])lusde cinquante ans, et dit qu'en général elle se déclare h'iit ou dix jours après qu'on a commencé le traitement. 31. Mullin , qui l'a décrite avec beaucoup de soin , la partage en trois périodes.
Le premier période débute par de l'abattement, de la lassitude , des frissons. A ces symptômes succèdent la chaleur, la vitesse du pouls, la céphalalgie, le dégoût et la soif. Le malade est tourmenté par une toux sèche. Il y a gène de la respiration , anxiété , sentiment de tension h la région épigaslriquc. La langue est ordinairement humide, couverte d'un enduit blanc et visqueux. La peau est chaude et pruriteuse. En général il y a constipation, mais la moindre cause sulïlt pour faire naître la diarrhée. Le premier ou le second jour, il s'établit une éruption érythémateuse , d'un rouge plus ou moins foncé. Les vésicules sont d'abord isolées. Quelquefois, mais rarement, l'exanthème ressemble h celui de l'urticaire, et alors il est très-bénin. Le plus souvent les vésicules deviennent conlluentes, h. tel ])oint qu'elles forment une rougeur étendue , qui disparaît par la pression. Dans la phi|)arl des cas , l'éruption commence au scrotum, au côté interne des cuisses, à l'avant-bras , ou dans l'endroit sur lequel on a ûiit les frictions. La peau des pa»"^
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tics affectées se tuméfie beaucoup. On a vu quelquefois l'éruption pourprée , sans vésicules , se répandre rapidement sur tout le corps. Mais ce cas est fort rare , et le plus souvent l'exanthème se manifeste à la fois par plusieurs plaques, qui prennent peu à peu de l'exlension , jusqu'à ce qu'elles soient réunies ensemble. La fièvre est très-intense pendant le cours de l'éruption , et augmente même encore après que celle-ci est terminée; ordinairement le pouls bat entre cent vingt et cent trente fois par minute. La soif est vive, l'agitation extrême, et le malade dort rarement d'un sommeil calme. Au bout de quelques jours , l'épidémie se détache , et tombe sous la forme d'écaillés minces et blanchâtres. La desquamation suit le même ordre que l'exanthème avait observé dans son apparition. A celte époque la gorge s'excorie , la langue se tuméfie, et les yeux paraissent un peu gonflés.
L'étendue de ce premier période varie beaucoup. Il dure , dans certain cas , dix h quatorze jours , et dans d'autres moitié moins. Quand l'affection a été légère, le malade se trouve guéri immédiatement après la desquamation. Mais, assez souvent, la peau prend un nouvel aspect , qui signale l'invasion du second période. Elle se couvre d'une infinité de petites vésicules remplies d'un fluide transparent, dont l'apparition est annoncée par un prurit de plus en plus vif, et par le sentiment d'une chaleur brûlante dans les parties sur lesquelles la desquamation avait eu lieu. Ces vésicules restent parfois stationnaires pendant un jour ou deux; mais, en général, elles s'ouvrent immédiatement après leur formation, parce que le malade ne peut s'empêcher de se gratter pour apai-
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scr SCS démangeaisons. Il s'en échappe un liquide séreux, dont l'odeur , assez désagréable pour inspirer du dégoût aux «ssistans et au ntalade lui-même, est si parliculière, disent les médecins anglais, qu'il suffit de l'avoir sentie une fois pour la reconnaître toujours. Le fluide coule en plus grande quantité du scrotum, des aines, du côté interne des cuisses, de toutes les parties où la peau forme (les plis et oflVc des glandes sébacées abondantes. En se desséchant ^ avec l'épidcrme, il donne naissance h des croûtes , dont on considère la formation comme constituant un troisième période.
Ces croûtes sont ordinairement très-grandes. Elles conservent , après leur chute , la forme des parties de la surface desquelles elles se sont détachées. Leur couleur est jaunâlrc , quelquefois aussi plus foncée. Celles de la face et d'autres parties du corps se fendillent quelquefois avant de tomber, ce qui, joint h leur teinte sale, leur donne un aspect dégoûtant. La gorge est plus affectée que jamais; les yeux ne peuvent plus supporter la lumière; les paupières s'enflamment et se renversent , ou bien demeurent fermées , à cause du gonflement général de là face. Le col et le cuir chevelu , parties toujours le plus épargnées , sont quelquefois parfaitement sains , même lorsque la maladie a atteint un très-haut degré. Le malade est obligé de s'interdire tout mouveiiicnt quelconque , parce que le moindre effort lui cause des douleurs aussi vives que si on le déchirait. Les croûtes se dessèchent on si grande quantité, qu'on dirait que le lit a été couvert do cônes de houblon. A cette époque tous les symptômes vont en croissant , et la maladie prend le caractère d'un véritable typhus. Le pouls est faible et irrégulier, la lan-
DES MAL.VDtES VÉNÉRIENNES. 55Ô
guc noire cL renfîillée. Enfin surviennent la diarrhée , le délire , les convulsions, la gangrène h la surface du corps et la mort.
Telle est l'hisloire de l'eczème appelé mercuriel , dont j'ai donné la description d'après les écrivains anglais , ne l'ayant jamais observé moi-même (i). Il est fort à regretter que nous ne possédions pas d'ouvertures cadavériques qui nous fassent connaître les lésions des organes splanchniques. Dansl'étatactuel de nos connaissances, on ne peut déterminer si l'afTeclion cutanée est primitive, ou si elle n'est que symptomalique d'une violente phlegmasie interne, qui, dans tous les cas au moins, l'accompagne constamment , comme une complication redoutable. Cette maladie, parvenue à son plus haut degré d'intensité, dure souvent plus de deux mois , et il n'est pas rare alors que , tandis que l'éruption se montre sur une partie du corps , elle soit déjà ti maturité sur une autre , de manière que le même individu l'offre à ses différons périodes.
De tous les accidens qui peuvent être provoqués par le
(i) J'ai vu plusieurs fois lorysipèle simple, ou rérjtLiènie mercuriel, que Bell indique déjà, et qui, dans uu cas rapporté par M. Ansiaux. a été provoqué par le précipité rouge. Mais cette inflammation de la peau s'est toujours offerte à moi très-légère, et fort éloignée de revêtir le degré de gravité qu'elle paraît avoir fréquemment en Angleterre. Au reste, on ne peut pas douter que l'action du mercure, et non celle du prélenJ:; virus vénérien, sur l'économie, soit la cause de son développement, car il a été observé, comme dans plusieurs cas décrits par M-, Kahleis, chez des sujets non vénériens, auxquels on avait administré le mercure pour les guérir d'autres maladies.
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mercure , l'inflammation de la menibrono muqueuse du canal alimentaire est la plus importante. Que les préparations mercuriclles irritent cette membrane, y excitent même assez souvent une phlegmasie , soit ai2;uë , soit surtout chronique , c'est ce dont on ne peut douter d'après les nausées, les cardialgies, la dyspepsie , la constipation, les coliques, la diarrhée et la dysenterie, qui résultent souvent de leur emploi. Mais elles ont, en outre, la propriété de déterminer une phlegmasie de son extrémité céphalique , que l'on désigne fort improprement sous le nom do salivation mcrcurielle, puisque celte dénomination tendrait h faire croire que l'action morbide s'exerce principalement dans les glandes salivaires.
Cette phlegmasie de la partie supérieure du conduit alimentaire, c'est-à-dire de la cavité buccale, du pharynx et des fosses nasales , s'annonce par une sensation de chaleur et de sécheresse, ainsi que par une légère tuméfaction de la bouche et de la gorge. Les gencives sont blafardes , h l'exception de la partie qui entoure le collet des dents , et qui est rougeâlre. La langue se couvre d'un enduit blanchâtre , et l'haleine acquiert une odeur désagréable. Peu h peu la tuméfaction augmente; elle gagne les joues , le voile du palais , et la langue acquiert parfois un volume assez considérable pour qu'elle ne puisse plus être contenue dans la bouche et dépasse les bords alvéolaires. Alors la sécrétion de la membrane muqueuse devient plus active, et fournit un mucus abondant, épais , visqueux, filant et fétide. L'irritation gagne les glandes salivaires, qui se tuméfient, deviennent douloureuses, et versent une quantité souvent énorme de salive. L'enduit muqucux de la langue acquiert plus d'ék-
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paisseur , et se propage îi la surface des dents. Le gonflement de toutes les parties de la houcheet deTarrière-gorge s'accroît souveut au point que le malade ne peut ni avaler, ni parler, et qu'il perd même la faculté d'entendre. La membrane des fosses nasales s'enflamme aussi, et il en découle un produit muqueux abondant, qui tombe en grande partie dans le pharynx. Celle de la bouche se couvre d'idcérations douloureuses et blanchâtres , semblables à des aphlhcs , principalement sur les joues et sur les côtés de la langue. Les gencives , qui ne faisaient d'abord que saigner au moindre contact , finissent par s'ulcérer autour des dents , dont elles se détachent avec facilité. Enfm les dénis elles-mêmes s'ébranlent (i)et tombent, et une partie plus ou moins considérable du rebord alvéolaire des deux mâchoire» se trouve frappée de nécrose. On a vu aussi la gangrène s'emparer des joues et de la langue. ■
La fièvre, qui existe toujours à un certain degré pendant l'usage du mercure, acquiert plus d'intensité;, le pouls devient fréquent , la tête est douloureuse , l'appétit se perd , les forces s'anéantissent , le sommeil disparaît , l'exhalation cutanée diminue beaucoup, la soif est très vive , et la constipation habituelle; quelquefois il survient des crachemens de sang , un délire frénétique , un flux dysentérique , et enfin la mort.
A tous ces caractères on ne peut méconnaître une
(i) On a remarqué que les dcnls gâtées ne manquaient jamais d'exciter des douleurs très vives, dès que lemereurc portail h la bouche, de sorte que divers auteurs ont fait un précepte de les arracher avant de commencer le traitement mcrcuriei.
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phîograasio aiguii, et niêmc très-intonsc , qui , semblable ù celles <lo toutes les autres meuibranos muqueuses , s'accompagne d'une exhalation plus abondante de mucosité , se propage aux glandes du voisinage, dont elle active la sécrélion par l'irrilalion permanente qu'elle y détermine, et se complique parfois du sphacèle des parties voisines, molles ou osseuses. Mais, quoique cette nuance aiiiue soit la seule que les aul(!iu's décrivent sous le nom de saiivalion inercuricUc , l'inilammation dont il s'agit peut preiidre aussi la forme chronique. Elle ressemble alors tellement h l'inflammation vénérienne simple ou compliquée d'ulcérations, qu'il est absolument impossible de i'én distinguer. Cette similitude parfaite (i), qui me dispense de la décrire ici , la fait mettre généralement au nombre des symplomes de la syphilis, et c'est à elle que doivent être rapportées , dans l'immense majorité des cas , l'inflammation et les ulcérations de l'arrière-
(i) C'est celte sitnililudc qui a di'termînc M. Hahnemann à ranger le nierciire parmi les remèdes qui guérissent homœopathiquement, ou en excitant des effets spécifiques semblables à ceux de la maladie. La siuiililude absolue de ses effets spécifiques avec les symptômes véroliques, fait, suivant lui, qu'il agit précisément sur les organes déjà affectés, et qu'il lutte avec la maladie naturelle ; mais comme les maladies médicinales sont, de leur nature, plus énergi- (jucs que les naturelles, ces dernières cèdent, pourvu que les symp' tônics artificiels les surpassent un peu en force, car deux maladies sendjlahles ne sauraient exister ensemble dans les mêmes parties. Celte théorie, d'ailleurs ingénieuse, est, comme toutes les autres idées de M. Ilahncmann, fondée sur la considération d'une partie seulemeul d(,s jibénomène» que présente l'action du mercure, et repose sur une application, moitié vraie, moitié fausse, des lois de la révulsion et de la dérivation.
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gorge, que tous les écrivains rniîgcnt p'jrmi les affections vénériennes secondaires. Cette phlogmasie , comme toutes celles qui affectent le mode chronique, prend moins d'extension que la précédente, et se concentre plus particulièrement vers les parties postérieures de la cavité orale, le voilo du palais et les amygdales. J\lais il est assez rare qu'elle demeure renfermée dans ces limites, et , en général , elle se communique à la membrane pituitaire , de telle sorte qu'elle devient , dans les fosses nasales, la source d'accidens analogues, d'écoulemens habituels et odorans, d'ulcérations, de nécroses, qui ont également élé compris dans le cadre des symptômes de la syphilis , parce qu'ils peuvent, en effet , se déclarerlorsque l'application du pus vénérien sur la membrane muqueuse du nez y provoque une inflammation que le défaut de soin, des écarts de régime , une prédisposition individuelle, ou d'autres causes semblables > font passer plus ou moins rapidement à l'élat chronique. C'est pour avoir négligé ces considérations importantes, et pôu# n'avoir pas songé que les phlegmâsies de T'extrémité céphalique du canal alimentaire ne soilt pas , i>lus que les autres, exemptes depix^ndre parfois un caractère de chronicité, qu'après les avoir fait naître par l'emploi du lïîfcrcure , sans se douter qu'elles dépondaient de là, on les n continuellement exaspérées en voulant les guérir ,pa(r)es préparations de ce mêlai, c'est-à-dire parjaf persistatiét! de la cause même qui les avait provoquées^'^V*' ^'
La dénomination vicieuse de salivation fliercuriellc donnant à penser que l'essence de la maladie consistait dans l'aecroissement de la sécrétion salivaire , qui n'a lieu toutefois que dans la nuance aiguë, on a créé di-
verses théories pour se rendre raison do la manière dont ce flux s'établit. Sanchez et quelques autres l'ont attribué, non pas au mercure, mais h l'air froid que le malade respire en le prenant. Cette explication , appuyée sur des raisonnemens peu intelligibles, ne mérite pas qu'on la réfuie. Il en est de même à l'éj^ard de celle qu'a proposée Mitié, qui prétendait que le mercure fait saliver parce qu'en «'unissant, dans le corps , avec l'acide animal, il fait dégager l'alcali volatil auparavant uni h. cet acide, qui excite l'action des glandes salivaires en se portant sur elles. On peut en dire autant de celle d'un assez grand nombre d'écrivains qui attribuaient la salivation à une teinte scorbutique préexistante chez le malade, de celle de Hunter qui supposait tout aussi gratuitement que les sujets scrofulcux, faibles et délicats, y sont plus sujets que les autres, enfin de celle de Plenk, qui admettait entre la salive et le mercure une affinité chimique particulière, en vertu de laquelle le métal reflue de toutes les parties du corps vers les glandes salivaires. II a été supposé de tous temps, en eilet, que le mercure sortait alors du corps,, mêlé avec la salive, h tel point même que Huntpr regardait cptte dernière, contre toutes les données de l'observation , comme un excellent gargarisme naturel, daiis lequel le métal, plus intimement combiné h. son véliitufe'Pftçj.'açtio.n. vitale, acquiert des qualités plus elïicf^cGS. Einfin; quelques écrivains, Owen entre autres, désespérant d'expliquer ce phénomène d'une manière satisfaisante, l'ont fait dépondre d'une prétendue propriété spécifique qu'aurait le mercure d'agir sur les organes salivaires. Toutes ces fausses théories, mécaniques ou chimiques, ne sont plus rocevables aujourd'hui. La saliva-
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lion, dite mercurielle, se compose du produit augmenté delà sécrétion fournie par la membrane muqueuse de la bouche, et de la véritable salive que donnent en plus grande abondance toutes les glandes salivaires stimulées aussi par suile de l'irritation buccale qui se propage jusqu'à elles, le long de leurs conduits excréteurs. Elle n'appartient d'ailleurs pas d'une manière exclusive aux irritations ou phlegmasies buccales déterminées par le mercure, car toutes celles qui dépendent d'une autre cause la provoquent aussi. C'est ainsi que l'usage des préparations d'or, du gayac, de l'acide nitrique, de la gratiole, la font naître également, moins prononcée seulement, parce que la phlogose est alors moins considérable. Bosquillon a vu la soude produire le même effet sur les ouvriers occupés habituellement h la piler chéries épiciers; ces hommes sont assez souvent atteints d'une inflammation chronique de la bouche , ou plutôt d'une espèce de phthisie accompagnée d'une fièvre lente, et d'une salivation qui, après avoir quelquefois subsisté pendant un an ou deux, finit par enlever les malades. La salivation s'observe encore durant le travail de la dentition, ou dans le cours de la petite - vérole , et il en survient souvent une trèsabondante chez les personnes qui se sont exposées au froid et h l'humidité. L'odeur fétide que la bouche du malade exhale pendant sa durée, n'a rien non plus qui appartienne d'une manière spéciale à celle que suscite le mercure. Elle tient uniquement h l'intensité de l'inflammation, car on la rencontre également dans cette nuance gangreneuse de la phlegmasie buccale à laquelle les enfaus sont sujets, et dont nous devons la description à M. Baron, Isnard et N. Dubois. Bosquillon l'a observée de ms-
Tjlk TBAITÈ
me dans des cas de salivation provoquée par le froid humide.
J'ai indiqué précédemment l'époque à laquelle la salivation commence en général à se montrer, surtout dans le traitement par les frictions , c'est-à-dire celle à laquelle on commence à remarquer l'état irritalif ou phlegmasique d'où elle dépend, et dont elle est le symptôme le plus sensible dans l'origine. Mais il s'en faut de beaucoup qu'elle attende constamment plusieurs jours pour se déclarer, et Huntcr dit avec beaucoup de raison que, dès les premières doses, le mercure porte à la bouche chez les personnes très-susceptibles, quels que soient et le mode delraitementqu'onemploieetlaquantilé du remède qu'on administre. En effet Schmidt l'a vue souvent survenir après quatre jours de traiteriient , pendant lesquels le malade avait pris en tout sept grains de calomelas; Lombard, le surlendemain d'une seule friction d'un demi-gros; Murray, après l'administration de trois grains de sublimé, et Owen, après celle même d'un seul grain; Graincer, après l'emploi d'un gros d'onguent mercuriel chez un scorbutique qui fut pris d'une flux de bouche sanguinolent, avec crachement de lambeaux putréfiés des gencives, et une excessive débilité. Il me serait facile de multiplier les exemples de ce genre, familiers surtout h ceux qui ont pratiqué dans les hôpitaux, où les vapeurs mercurielles répandues dans l'atmosphère suffisent souvent pour provoquer la salivation chez certaines personnes, comme elles ont fait en i8io,surlevaisscarranglais /c 7V/(?yn/j/ie, dans la baie de Cadix, et comme elles font encore journellement chez les doreurs, les ouvriers employés dans les mines de mercure, tous ceux, en un mot, qui manient ce
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métal sous une forme quelconque. On a dît que toutes les préparations mcrcurielles n'étaient pas également propres h la faire naître, que l'onguent employé h l'extérieur la suscitait plus facilement que les autres, qu'elle était rare pendant l'emploi du sublimé, enfin que le protochlorure et l'acétate en excitaient toujours une fort orageuse. Ces propositions ne sont vraies que d'une manière relative. En les établissant on n'a considéré que les agens mercuriels en eux-mêmes, sans avoir égard ni aux doses diverses sous lesquelles on les employait, ni ti la constitution individuelle. Si l'on fait entrer ces deux données importantes dans le problème, à la solution duquel on ne peut arriver sans leur secours, on est conduit à cette conclusion, que, toutes circonstances égales d'ailleurs, les diverses préparations mcrcurielles possèdent au même degré la propriété de faire naître, non seulement l'état aigu d'irritation ou de phlogosc de l'extrémité céphalique de la membrane gastro-pulmonaire, dont la salivation n'est qu'un des phénomènes , mais encore l'état chronique de cette même irritation , de cette même phlegmasie , avec toutes les conséquences qu'il est susceptible d'entraîner. Que la salivation survienne à toutes les époques de l'administration du mercure , il n'y a en cela rien qui puisse surprendre, et qui soit contraire aux lois connues de l'économie animale. Mais on a admis encore qu'elle pouvait se manifester plusieurs mois après la (Cessation des remèdes, et que le mercure continuait quelquefois son action quoique le malade n'en prît plus , et que la guérison fût achevée. Ainsi M. Cullcrier a vu la salivalion éclater trois mois après la fin du traitement, et M. Louyer-Yillermay rapporte qu'un homme qui avait
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passé par les frictions , fut pris , un an après , h la suite d'iui bain flo rivière, un pou froid , d'un ptyalisme Lien caractérisé , qui céda aux moyens ordinaires. Il est parlé aussi, dans le journal de M. Hufeland, d'une vieille femme qui , ayant été soumise à un traitement mercuriel assez prolongé , éprouvait une salivation considérable chaque fois qu'elle faisait usage de l'opium , quoique tous les symptômes qui caractérisent l'action générale du mercure, eussent complètement disparu depuis long -temps; d'où l'auteur de cette observation conclut que l'opium exerce une action très-remarquable sur l'action du métal , dont , suivant lui , il fait reparaître les effets généraux, après qu'ils ont cessé tout-hlait de se manifester.
Pour admettre une connexité entre ce phénomène paihologique et la prétendue cause h laquelle on le rapporte , il faudrait qu'aucune autre cause n'eût pu détcrminep la phlogose de la bouche dans l'intervalle, par exemple que l'individu cité par M. Louyer-Villermay ne se iùt point exposé à un refroidissement; il faudrait, en outre, que la salivation dite mercurielle eût des caractères suflisans pour la distinguer de celle qui peut dépendre de toute autre cause irritante ou phlegmasique , ce qui n'est pas. Ces ptyalismes h long terme rappellent les maladies vénériennes consécutives , que l'on prétend éclater parfois long-temps après les accidens primitifs. Il semble qu'en les admettant on ait vcfulu rendre tout merveilleux, et dans l'histoire de la maladie , et dans celle du médicament avec lequel on se plaît h la combattre de préférence h tous les autres. Ne pourrait-on pas quelquefois
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les attribuer à ce que lo mercure a laissé la bouche plus irritable qu'elle ne l'était avant qu'il agît sur elle?
D'après tous les détails dans lesquels je viens d'entrer, il est facile de juger la méthode de traitement des maladies vénériennes qui consiste à exciter la salivation. Depuis long-temps l'expérience a prouvé que cette méthode entraînait les plus grands inconvéniens , et que, sans compter les douleurs inexprimables qu'elle cause aux malades pendant trois semaines ou un mois , et qui jadis la leur rendaient , avec juste raison , si redoutable , elle les expose h. des accidens graves , à l'altération de la couleur des dents, à leur déchaussement ou à leur'perte totale, à l'hémoptysie , à l'asthme , à des gastrites ou entérites chroniques , à des congestions cérébrales , h l'aliénation mentale , à la mort. Cependant quelques médecins cherchent h la faire revivre , et appliquent aux maladies vénériennes le mode de traitement recommandé par MM. \andenzande et Laennec contre l'hydrocéphale et la péritonite puerpérale , qui consiste à exciter le plus tôt possible une légère salivation. Ainsi M. Brachet pense que la puissante révulsion qu'elle opère est utile en déplaçant l'irritation et la fixant sur d'autres organes, qu'il convient de la provoquer toutes les fois que la vérole consiste dans une inflammation quelconque , mais qu'elle est plutôt nuisible qu'utile dans les aflections chroniques, et que l'on doit ensuite attaquer directement le virus , qu'elle a seulement délogé sans le détruire. M. Lagneau pense à peu près de même , car il se demande s'il ne serait pas convenable d'y avoir recours quand les accidens, étant très -inflammatoires , ne cèdent pas aux auliphlogistiques ordinaires , ou qu'étant indolen»,ils résistent à l'u-
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sage du Irailement et des applications mercurielles comme topiques. Je ne puis pas discuter ici les particularités de ces deux opinions, qui seront examinées dans le dernier article de ce chapitre , où je traiterai de la manière dont il me semble ([ue la méthode révulsive doit être employée contre les maladies vénériennes. Je me contenterai doncde les juger d'une manière générale, et, sous ce point de vue, je ne crains pas de commettre une erreur en établissant pour règle de conduite que , loin d'exciter la salivation , on doit tout faire , au contraire , pour l'éviter , d'un côté parce qu'il n'est jamais en la puissance du médecin de la maîtriser et de l'entretenir au degré que l'on se plaît h. regarder comme indispensable ou du moins utile h la guérison; de l'autre, parce que ce n'est jamais sans de graves inconvéniens que l'on détermine une phlcgmasie dans des parties où elle se montre si souvent rebelle quand elle pase au mode chronique , et où elle n'a déjh naturellement que trop de tendance à se jeter par suite de la connexion sympathique incontestable qui existe entre l'arrière-gorge et les parties génitales. Telle est l'opinion de M. Cullerier, dont je ne puis me dispenser de rapporter le passage suivant, qui a été écrit sous la dictée d'un sage esprit d'observation et de réserve : « Une syphilis a résisté h plusieurs traitemens contrariés par le défaut de régime , par la nécessité de se livrer à ses affaires , par la négligence de quelques auxiliaires. On administre les frictions mercurielles , et on pousse jusqu'à la salivation : on guérit, et l'on conclut que l'on n'a guéri que par la salivation. Mais on oublie que le malade s'est séquestré de la société , s'est condamné à garder la chambre , ou même
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s'est réfugié dans une maison do santé. J'ai soigné beaucoup de malades dont le traitement avait échoué plusieurs fois , par les causes que je viens d'indiquer , soil sous ma direction, soit sous celle d'autres médecins, et qui ont été très-bien guéris, sans avoir éprouvé la plus légère atteinte au système salivaire, mais en se conformant aux prescriptions diététiques Quand la salivation a été utile , dit le même écrivain dans un autre endroit , elle l'a été par l'excitation portée sur la bouche, et non par une plus grande sécrétion de salive. Une irritation portée sur une autre partie aurait également diminué celle du symptôme. C'est ainsi qu'un vésicatoire ou un cautère établi à une cuisse détermine la guérison d'un chancre rebelle de la verge , ou d'un ulcère opiniâtre de l'aine. C'est ainsi qu'un sinapisme au cou , qu'un vésicatoire derrière les oreilles, qu'un selon h la nuque, favorisent la guérison d'ulcères aux yeux, au nez ou h la bouche. »
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AaricLE XII.
W TRAÏtEMENT DE QUELQUES-UNS DES ACCIDENS CAUSÉS PAR LE MERCURE.
Dans le nombre des accidens qui peuvent être cccasionés par lë merdure., plusieurs, quoique graves, et sus* cepttLles d'cnlraîaor des conséquences fâcheuses , ne doivent point être examinés ici sous le point de vue ihérapculique, parce qu'ils rentrent dans la catégorie de tous ceux qui sont susceptibles do succéder à l'emploi abusif ou mal calculé de tout excitant quelconque, et c^uo leur traitement ne présente par conséquent rien de particulier. Telles sont les gastrites, entérites, hépatites , pneumonies aiguës ou chroniques , qu'il est si fréquent de rencontrer, quoique très-peu d'écrivains en aient fait meulion jusqu'à ce jour. D'autres, notamment les phlegmasies simples de l'extrémité céphalique du canal alimentaire, c'est-à-dire du pharynx, de l'arrière-gorge et des fosses nasales , ressemblent tellement aux affections du même genre qui proviennent d'une cause vénérienne, qu'il est impossible de les en distinguer. Le mode de traitement devant être absolument le même, je le ferai connaître quand je m'occuperai de ces dernières. Il ne me reste donc à parler ici que des moyens réclamés par l'état auquel on donne le nom de salivation , et par l'cczème mercuriel. J'ajouterai cependant un mot, à l'égard de ceux auxquels on doit avoir recours dans le cas fortuit d'empoisonnement par le sublimé corrosif.
De même que celui des maladies vénériennes et de toutes les autres affections morbides , le traitement de la
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salivalion tend h la prévenir, ou h la <5uérir quand elle est déclarée.
Un grand nombre de moyens ont été conseillés pour prévenir le développement de la salivalion. On peut les réduire à trois méthodes principales.
La première consiste h unir le mercure avec des substances réputées capables de lui enlever sa vertu sialagoçue, h peu près comme les anciens, Mattioli , Brassavola, Mercuriali et autres, avaient recommandé des mélanges analogues , dans l'espoir de corriger les propriétés vénéneuses qu'ils attribuaient, non sans fondement, au mercure. Raulin imagina d'ajouter vingt-cinq grains de camphre à chaque once d'onguent mercuriel. Mais , quoique ce mélange ait été vanté beaucoup , tant par lui que par IMissa et Dcspatureaux, les expériences d'Astruc, Heuermann, Vogel, Colombier, Swediaur et Bloch, ont démontré qu'il ne jouit d'aucune efficacité. On peut en dire autant de l'addition du soufre , qui n*a pas eu davantage de succès , et dont on ne se sert jamais aujourd'hui , non plus que des cloportes , préconisés par Kramer, Feuerlin et Trevv^. J'ai dit ailleurs ce qu'on doit penser de l'addition du sulfure de chaux ammoniacé, que proi>osc M. Pihorel.
La seconde méthode se fonde sur l'observation rigoureuse des préparations auxquelles un usage consacré prescrit de soumettre les malades avant de leur administrer le mercure. En effet, ce traitement préliminaire, qui , à l'exception des purgatifs , rentre dans la méthode antiphlogistique , ne manque pas d'éteindre ou du moins d'apaiser les irritations qui pourraient exister antérieurement dans le canal alimentaire, et de disposer en
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même temps la peau h s'emparer d'une partie de l'excitation nouvelle que l'action du métal va Lientôt y faire naître. Tel est sans contredit l'eflet du ré2;ime, des saignées , des bains lièdes et des boissons délayantes. Dans un pareil état de choses , on a tout lieu d'espérer que l'irritation provoquée par le mercure ne se jettera point sur l'arrière-gorge , mais se portera de préférence sur les voies gastro-intestinales, et se partagera tout au plus entre elles et la peau ou les voies urinaires , surtout si l'on administre de temps en temps un léger laxatif. Mais il faut -encore que le malade ne commette aucune imprudence , «t la plus dangereuse est celle de s'exposer à des cliangemens brusques de température , h l'impression du froid, principalenjcnt humide, même h celle de la chaleur artificielle qui s'exhale des poêles , parce que, n'étant pas répartie d'une manière uniforme , surtout lorsqu'on s'approche des fourneaux, celte chaleur rend la gorge plus sensible à l'impression directe du moindre refroidissement, ou à celle du froid sur quelque autrepartie du corps. Il est toujours prudent h ceux qui se trouvent danslecjours d'un traitement mercuricl d'habiter des appartemens modérément échaufles , de s'éloigner du feu , de ne sortir que quand le temps est beau et sec , de se vêtir chaudement , de porter de la flanelle sur la peau , et de se garantir avec soin le col et les pieds du froid et de l'humidité.
Quelqu'eflicace que soit cette méthode, elle ne suffit pas toujours pour prévenir la salivation, et l'on ne peut compter entièrement sur elle que quand on la combine avec la troisième et dernière , qui consiste à pioportionuer lu dose du mercure d'après la susceplibi-
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lité particulière do chaque sujet, au lieu de le prescrire machinalement en même quantité h tous les malades , quels que soient leur constitution et la nature ainsi que le caractère des accidens dont ils se trouvent atteints. Ou arrive à ce but par des tâtonnemens successifs , en étudiantchaque jour l'action du médicament sur l'économie, augmentant la dose par degrés , et s'arrètant tout à coup dès qu'on s'aperçoit, non pas d'un commencement de plyalisme, car il serait déjh trop tard , mais d'une légère phlogose des gencives , d'une rubéfaction de la membrane buccale , et d'une augmentation tant soit peu sensible de la sécrétion muqueuse. II faut bien se persuader que l'inflammation de la bouche , causée par le mercure, peut être utile sans doute comme toute autre phlegmasie dérivative , mais qu'elle peut aussi entraîner des accidens graves , dont on n'est pas toujours le maître d'arrêter la marche , ni de calculer les suites. Il ne faut point oublier non plus que la salivation n'en est pas l'unique symptôme ni le seul résultat, et que l'irritation peut aussi, sans arriver à un assez haut degré d'intensité pour activer la sécrétion salivaire , déterminer, dans l'arrièrebouche et le nez , un état phlegmasiquc , caractérisé par une sorte d'enchifrènement et une sécheresse habituelle de la gorge , dont les conséquences sont incalculables quand ou s'obstine à insister sur l'usage des mercuriaux. Ainsi, quoique beaucoup d'auteurs , très-recommandables , prescrivent de pousser l'emploi du mercure jusqu'à ce que la bouche se prenne légèrement, et de le continuer ensuite h moindre dose , la prudence veut , au contraire, qu'on évite autant que possible d'irriter la membrane muqueuse orale, et qu'on suspende totale-
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ment le remède dès que. cet accident survient , ce qu'on ne réussit pas toujours à empêcher. I/ellet curatil" du mercure est tout aussi assuré et bien moins sujet h inconvénient , lorsqu'on n'a d'autre preuve de son action qu'une légère constipation et une certaine susceptibilité dont la moindre exaltation devient la source d'un petit accès de lièvre. Encore même , alors , faul-il observer chaque jour si les accidens vénériens s'amendent, et suspendre le traitement dès qu'ils deviennent stationnaires , car on peut compter, dès ce moment , que des doses nouvelles de mercure ne manqueront presque jamais de les exaspérer bientôt. Ce sont là des points sur lesquels je reviendrai plus amplement dans le dernier chapitre de cette section.
Il est très-rare que la salivation éclate lorsqu'on sg conforme à ces préceptes. Si cependant elle survenait, ou si l'on était appelé auprès d'un malade qui en lut atteint, voici quels sont les moyens qu'on a recommandés, et quelle est la marche que l'on devrait suivre.
La premièi'e précaution consiste , si le traitement avait lieu par les IVictions, à renouveler le lin|i;e du malade, et à laver soigneusement, avec de l'eau de savon tiède, toutes les parties du corps h la surface desquelles une certaine quantité d'onguent a pu demeurer adhérente.
De même que le traitement prophylactique, le traitement curatif offre trois modifications ou méthodes principales.
La première a pour but de neutraliser l'action du mercure , de le dépouiller de ses propriétés sialagogues, en hii faisant contracter de nouvelles combinaisons, ou de
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l'attirer hors de l'organisme. Les anciens, particulièrement Brassavola et Fallope, qui croyaient que le mercure se portait en substance aux organes salivaires , conseillaient aux salivans de tenir un anneau ou une pièce d'or dans la bouche. Ils espéraient probablement que ce dernier métal l'attirerait au dehors , car s'il n'avait eu pour but que de se combiner avec lui, à mesure que la nature en aurait procuré l'expulsion , un pareil moyen aurait été inutile. On peut aisément, d'ailleurs, se convaincre de sou inertie absolue; l'expérience, répétée un grand nombre de fois , a démontré qu'il ne se porte pas la moindre parcelle de mercure sur la pièce d'or. L'or fulminant , ou orate d'ammoniaque , conseillé par quelques auteurs , n'a pas davantage d'efficacité.
C'est aussi à titre de neutralisans du mercure, que l'on a conseillé le soufre en substance, les sulfures et le sousacétate de pi omb.
Relativement au soufre, on a coutume de le donner en substance, sous la forme de pastilles, dont le malade prend une, d'heure en heure, et qu'il laisse fondre dans sa bouche, de manière à consommer un ou deux gros du médicament dans le cours de la journée. Ce moyen , vanté par les uns, condamné par les autres, est la ressource banale des empiriques. Quelquefois utile, il occasione, dans d'autres circonstances, la colique, la diarrhée, le té • nesme. Divers auteurs, même modernes, prétendent que nous ne savons guère quelle est sa manière d'opérer sur nos organes. Mais, malgré cette assertion, tous ceux qui ont observé attentivement les effets du soufre, ont pu se convaincre, avec M. Barbier, d'Amiens, qu'il stimule la membrane muqueuse des voies alimentaires, et qu'on
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doit incmc le mettre au nombre des excitans assez énergiques.
Le sulfure do chaux a 6lé préconisé en Allcmaj:;ne, par M. Ilannemann et par Frank, eu Hollande par M. Paping, et en France par M. Tcllegon. Avant de l'aduiinislrer on le délaie dans l'eau commune. Le malade doit en prendre un, deux ou trois scrnpidos par jour, et Loire, imniédiaicment après, un demi-verre d'eau dans lequel on a versé une ou deux cuillerées de vinaigre ou de jus de citron. Cette méthode a pour but de décomposer le sulfure dans l'estomac , et de mettre à nu son soufre qui, en se combinant avec le mercure, forme un sulfure privé, dit-on, de la propriété d'agir sur le système salivaire. Abstraction faite de ces explications chimiques, que chacun sait réduire aujourd'hui à leur juste valeur, on n'ignore pas non plus les graves inconvéniens que peut entraîner l'administration h l'intérieur d'une substance aussi irritante que le sulfure de chaux, et qui ne sont que faiblement diminués quand à ce dernier on substitue celui de magnésie, comme le conseille M. Gullerier. L'un et l'autre sont totalement abandonnés aujourd'hui.
Le sous-acétate de plomb liquide , employé par quelques médecins allemands , à la dose de douze grains le matin , dans huit onces d'eau ou de décoction de graine de lin , et dont M. Labonnardière assure s'être servi avec avantage, sous la forme de gargarisme, à celle de deux onces sur quatre de véhicule, n'a pas eu beaucoup de partisans. La crainte des coliques qu'il pourrait occasioncr, a détourné de le donner intérieurement, malgré tous les faits publiés par M. Fouquier et par quelques autres médecins. Quant aux gargarismes dans lesquels il entre.
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la prévention seule a pu les faire juger d'une manière défavorable. Mis en usage avecles précautions convenables, ils produisent des résultats très-avantageux, que j'ai constatés plusieurs fois, et qui l'ont été aussi par beaucoup de praticiens, dans le nombre desquels je citerai plus particulièrement MM. Desgranges, Petit et Sommé. L'acétate de plomb, il est vrai, a l'inconvénient de noircir les denfs; mais cette teinte, comme l'a dit M. Chaussier , disparaît sans difliculté parl'emploi mécanique d'un dentifrice quelconque.
On voit que les prétendus neutralisans du mercure sont tous des substances qui irritent plus ou moins l'estomac, et que, quand ils se montrent utiles, c'est à titre de révulsifs , par suite de la dérivation qu'ils déterminent vers la membrane muqueuse des voies gastro-- intestinales.
Tel est aussi le but avoué de la seconde méthode, au moyen de laquelle on se propose de transporter l'irritation de la bouche surdos parties plus ou moins éloignées. Cette méthode comprend les purgatifs, l'opium, les bains de pied, les bains entiers, les vésicatoires au bras et h la nuque, les rubéfians delà peau, les frictions sèches, et les ventouses, soit sèches, soit scarifiées.
La troisième méthode, enfin, a pour but de calmer l'irritation dont la bouche est devenue le siège. C4'est la plus ancienne de toutes, car on la trouve déjà indiquée dans Avicenne. Elle consiste h mettre en usage, quand l'inflammation est très- vive, les gargarismcs adoucissans, par exemple celui de miel et d'eau d'orge ou de guimauve, avec addition de douze h quinze gouttes de laudanum, auquel l'extrait gommeux d'opium serait préféra-
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blo; lorsque la phlogosc <\st apaisée, les j^irgarismcs aslring<Mis , tels que la décoclion do roses rouges , de noix de galle, de tan, l'eau de plantain, de feuilles d'aigremoine ou de racine de tormentille, l'eau vinaigrée, l'eau miellée h laquelle on ajoute, soit un demi-gros d'alun, soit neuT à douze gouttes d'acide sulfurique ou d'acide hydrochlorique; sur la lin, lorsqu'il reste des ulcérations qui ne montrent aucune tendance h se cicatriser, les attoucliemens de leur surface avec l'acide nilrique, l'acide sulfurique, le collyre de Lanfranc, le sulfate de cuivre, le nitrate d'argent fondu.
A cela près de quelques lotions émollientes qu'on prescrit dans le principe, mais auxcjuellcs on ne tarde guère à renoncer, le traitement de la salivation mercurielle repose donc principalement sur l'emploi des révulsifs, et sur celui des astringens et répercussifs. Attaquée de cette manière, elle se termine quelquefois en quatre ou cinq jours, mais souvent aussi elle dure quinze, vingt, vingt-cinq ou trente jours, après quoi elle s'arrête d'elle-même peu à peu. Ces phénomènes sont précisément ceux que l'on observe dans toute autre inflammation à laquelle on n'oppose que la révulsion et la répercussion, méthodes aussi souvent nuisibles qu'utiles, et très-propres surtout h prolonger le cours des plegmasies.
D'ailleurs la suppression brusque de la salivation , que l'on ne saurait jamais ni prévoirni empêcher lorsqu'on fait usage de ces procédés curatifs , peut entraîner des suites fâcheuses. M. Silvestre l'a vue , dans deux cas difl'érens , devenir la source d'une violente épigastralgie et d'une irritation telle de l'estomac, que ce viscère ne put supporter presque aucime nourriture pendant trois mois.
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Dans d'autres cas, observés par M. Cooper, il s'en est suivi non seulement des douleurs , mais encore des convulsions générales. M. Pearson recommande alors de reprendre l'usage interne du mercure, et de le pousser jusqu'à ce qu'il prrtc aux gencives. Aucun médecin prudent ne suivra ce précepte inconsidéré.
La véritable marche à suivre dans toute salivation, c'est-h-dire dans toute inflammation de la membrane buccale , consiste h suspendre aussitôt le traitement mercuriel , h renouveler le linge du malade, et surtout l'air de son appartement , h le changer même de local , à lui prescrire un bain tiède , ou au moins des lotions savonneuses , et à le mettre à l'usage d'une abondante boisson délayante ou mucilagineuse froide, comme la décoc tion de chiendent, l'ini'usion de chicorée, ou l'eau de gomme, en lui défendant d'avaler sa salive, qui pourrait lui causer des coliques et une diarrhée opiniâtre. Si la phlogose est vive, on appliquera un chapelet de sangsues autour de la mâchoire inférieure, depuis la région parotidienne d'un coté jusqu'à celle de l'autre. Ces applications n'auront pas lieu, comme le dit M. Cuilerier, parce que les sangsues sont de mode aujourd'hui, mais parce qu'elles sont infiniment préférables auxventouses scarifiées, dont ce praticien reconnaît lui-même les avantages , déjh signalés depuis long-temps par Massa. On les secondera par des fomentations locales avec l'oxicrat , ou mieux avec l'eau à la glace , par les bains de pieds , les lavemens émolliens,les gargarismes adoucissans ou avec l'eau froide, et la recommandation de tenir dans la bouche un petit glaçon que le malade y laisse fondre en le promenant à droite et à gauche. Il est infiniment rare , en ob-
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servant collo conduite, que l'on soit oLlij:;(.'! de recourir aux purgatifs , que , dans tous les cas , on a plus d'avantage à administrer par la voie du rectum que par celle de l'estomac. Vers la fin , on peut substituer des gargarismes acididcs aux gargarismes adoucissons; mais il ne faut employer les astiingens qu'avec la plus grande circonspection, et mieux vaut même s'en abstenir, parce qu'ils sont trop sujets h entretenir l'inflammation, au lieu I de la répercuter, et à la faire passer au mode chronique. S'il existe des ulcérations , on se comportera comme je le dirai à l'occasion du traitement des ulcères vénériens.
Les médecins anglais ne s'accordent pas parfaitement entre eux h l'égard des moyens qu'on doit employer pour combattre l'eczème mercuriel. M. Pearson recommande, durant le premier période, de petites doses de poudre aiUimonialc , avec l'acélate d'ammoniaque, ou les dissolutions salines. Il veut qu'on administre un léger purgatif tous les deux ou trois jours, et qu'on donne de l'opium au malade pour lui procurer quelque sommeil. Ce dernier lui paraît surtout utile quand on le fait prendre avec le camphre et la liqueur anodine d'Hoffmann. On peut, suivant lui, recourir à la salsepareille et à la squine lorsque l'écoule^ient n'est plus ichoreux, et que la tuméfaction a diminué» d'une manière sensible. L'acide sulfurique lui semble aussi très-propre h soulager le malade. Il prescrit de changer fréquemment le linge de corps et de lit , de faire prendre des bains tièdcs, ou, quand les circonslances interdisent ce dernier moyen , de lotionner tout le corps avec la décoction d'orge tiède. Il conseille enfin de panser les parties dti corps dont l'épidcrme s'est détaché , avec du cérat simple, qu'on renouvelle deux fois par jour.
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Quant au régime, il iccommandc dos aliniens de l'acile di«:;cstion , et rabstiuence de toute boisson lermentée, jus qu'il ce que la desquamation soit achevée. M. Mullin indique les vomitifs et les diaphoréliques comme devant faire la base du traitement, mais rejette les antimoniaux, à cause de la vive irritation dont le tube intestinal est le siège. Il veut qu'on n'ait recours qu'aux purgatifs les plus doux, h l'huile de ricin, au sulfate de magnésie, et qu'on donne des boissons mucilagineuses, avec l'opium. Durant la seconde et la troisième période, il prodigue les excitans de toute espèce , l'infusion do quinquina faite h froid , les aromatiques , l'opium , le vin , le porter, etc. Si l'on considère que l'eczème mercuriel n'est autre chose qu'une gastro-entérite compliquée d'une éruption érysipélatcuse et le plus souvent pustuleuse , le traitement paraîtra bien peu en harmonie avec les indications qui ressortent du caractère et de la nature de la maladie. N'ayant jamais eu occasion de voir cette dernière, je m'abstiendrai de réflexions ultérieures sur les moyens les plus eificaces de la combattre , qui consisteraient trèsprobablement dans l'association des mucilagineux ou tout au plus des légers acidulés à l'intérieur, avec les émissions sanguines locales et les bains à l'extérieur. Les lotions adoucissantes suUisent , en peu de jours , pour procurer la guérisou des exanthèmes pustuleux ou érythématiques que détermine parfois l'application de la pommade mercurielle , surtout lorsqu'elle est ancienne et rance.
Je m'étendrai peu sur les moyens à l'aide desquels on remédie h l'empoisonnement causé par l'ingestion fortuite ou imprudente d'une trop grande quantité de sublimé
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corrosif à la fois. Un -sentiment de chaleur brûlante à l'épigastre, des rapports d'un goût cuivreux, des nausées, des vomissemens douloureux , des syncopes , des convulsions , tels sont les principaux symptômes de cet accident toujours redoutable. Deux indications se présentent alors, celle d'expulser la substance vénéneuse, et celle de la neutraliser ou de la décomposer. On les remplit toutes deux simultanément en faisant avaler au malade une grande rjuantilé d'eau tiède dans laquelle on a délayé soit des blancs d'œuf, suivant le précepte de M. Orfila , soit, comme le recommande M. Taddei , une poudre préparée en évaporant à siccité la dissolution du gluten dans l'eau de savon à base de potasse. Ces deux substances ont l'avantage de décomposer le sublimé corrosif, s'il reste dans le tube digestif, et de le convertir en protochlorure, avec lequel elles forment une combinaison dont l'action nauséeuse de l'eau tiède détermine bientôt l'estomac h se débarrasser. Le traitement consécutif se réduit à la diète, aux fomentations , h l'administration des boissons adoucissantes et aux bains ou demi-bains , à moins qu'il ne devienne nécessaire d'appliquer quelques sangsues sur le bas-ventre.
DES MAL.VClliS VÉKHr.IENMiS.