‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnelChapitre 14 sur 48 · T1V.VIT1V · texte numérisé non relu

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langucllc épispastiquc. M. Rcgnaiilt l'a employée avec succès sur les chancres. Enfin on porte, avec un pinceau, sur les iilcères du Ibnd de la gorge , du S) rop ordinaire dans lequel on a mis en suspension dix, douze, quinze, vingt, ou vingt-cinq grains d'or, et l'on a quelquelois recours h une très - légère dissolution de chlorure dans l'eau distillée, soit pour faire des gargarismes, soit pour l'employer en lotions.

Relativement à l'usage interne des préparations d'or, M. Chrestien les a unies aux extraits de plantes dites Tondantes, au syrop ou au sucre, avec lequel il forme des tablettes. La dose est de six grains, soit d'or, soit d'oxide, et d'un grain de chlorure, sur deux gros d'excipient , pour fliire soixante pilules , dont on ne donne d'abord qu'une seule par jour, mais qu'on augmente par degrés jusqu'à ce que le malade en prenne sept ou huit dans les vingt-quatre heures. Il ne faut pas perdre de vue que, comme l'a démontré M. Proust, toutes les substances végétales ont la propriété de décomposer les préparations d'or, de manière que, pour peu que les mélanges soient anciens , c'est seulement du métal pur que ces derniers contiennent.

Suivant M. Chrestien , nulle saison , nul tempérament, et presque nulle complication , ne s'opposent h l'administration de ces remèdes. Rarement la cure se prolonge au-delà de deux mois , quand la maladie n'est point accompagnée de symptômes très-graves , et qu'il ne se développe pas de complications. Cette méthode, ajoute -t-il , a l'avantage de n'exiger que de la sobriété dans le régime, dont on pourrait même, à la rigueur, s'écarter sans courir de grands risques , et elle laisse à ceux qui

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y sont soumis la lacullé de vaquer à leurs occupations ordinaires, quelle que soit la température dans notre climat. Il est rare qu'on soit obligé d'avoir recours aux topiques, et, en général, les chancres se cicatrisent par les seules règles de la propreté.

Administré de cette manière, l'or a déployé une grande efficacité curative dans les maladies vénériennes , tant récentes qu'invétérées , sans excepter même l'urétrite aiguë. « Nous avons vu , dit M. Percy, résoudre des engorgeraens de toute espèce , détruire en grande partie des exostoses considérables, guérir des caries, cicatriser de vieux ulcères, mettre fin à des douleurs ostéocopes intolérables, dissiper d'anciennes ophthalmies, des maux de gorge opiniâtres , des dartres et autres éruptions , jusque là rebelles h toutes les applications. » La guérison, quand elle a lieu , paraît seulement se faire avec plus de lenteur que par le mercure, mais elle est tout aussi sûre, et n'entraîne pas autant d'inconvéniens. Aussi M. Chreslien n'hésite-t-il pas à regarder l'or comme un spécifique tout aussi puissant que le mercure , et même supérieur.

Les essais de ce médecin ont été répétés en France par MM. Niel, Foderé, Destouches, Duportal, Cullerier, Lallemand etBenabcn, en Amérique par MM. Delafieldet Pascalis , en Italie par M. Gozzi , et dans] le nord par M. Odhelius. Les résultats ont été les mêmes qu'à l'égard de tous les autres antivénériens. Il y a eu des malades guéris, d'autres dont l'état n'a changé ni en bien ni en mal , et d'autres enfin chez lesquels les accîdcns ont été exaspérés. Cependant, malgré les guérisons bien constatées, solides et durables, qui ont été obtenues, on s'obstine h dire que l'or n'est pas antivénérien , n'est pas

spéciliqiic delà syplulis , cVsl-à-dire cjiroji lui refuse un litre uieusongor accordé graluilcmcnl au uiercure , qui , comme lui , guérit les maladies vénériennes , les agrave, ou les laisse au même élat, el cela très-probablement dans les mêmes proportions que lui.

Les préparations d'or ont pour effets généraux d'augmenter l'aclivilé des fonctions digestives, d'exciter plus de gaîlé et de vivacité (i) , d'accélérer les baltemens du cœur, d'élever la chaleur, enfin de déterminer des sueurs abondantes , un flux considérable d'urine , une phlogose de la bouche accompagnée d'une douce salivation, en général la constipation, et quelquefois, mais rarement, des déjections alvines. Ces symptômes d'excitation peuvent s'élever presque jusqu'au degré pathologique, et l'on observe alors tous les accidens qui annoncent une légère irritation des voies gastro-intestinales et du cerveau. C'est donc en vertu de leur propriété excitante que les préparations d'or agissent sur l'économie, et qu'elles font disparaître les maladies vénériennes , quand elles en procurent la guérison.

La ressemblance qui existe, sous plusieurs rapports^, entre laplathie el l'or, est si grande , qu'il était naturel de supposer aussi une certaine analogie dans la manière d'agir des deux métaux sur l'organisme. Les essais faits par M. Cullerier ne laissent aucun doute h cet égard. Le chlorure de platine , employé de la même manière que celui d'or, c'est-à-dire en frictions sur les gencives, mé-

(i) Je le? ai vues délcrminor, chez une jeune femme, une exaltation prodigieuse de laction nerveuse, et uolamuicnl des facultés intellectuelles. J'ai dit {jue le même ellet csl produit quelquefois par le mercure.

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langé avec la poudre de réglisse, et administré d'abord h la dose d'un douzième de grain , qu'on augmentait successivement jusqu'à un cinquième, et même à un quart de srain, a donné des résultats semblables. Mais les expéricnces n'ont pas été assez nombreuses pour qu'on puisse en tirer aucune conclusion définitive. Il paraît certain toutefois que le chlorure de platine agit aussi par l'irritation qu'il détermine. La quantité de cette substance consommée dans le traitement a varié depuis quatre grains jusqu'à dix-neuf.

Les préparations à'arrjent seraient probablement dans le même cas que celles d'or et de platine; mais on ne s'en est point encore occupé. M. Ghrestien seul paraît avoir été tenté de recourir à l'oxide; mais il a trouvé à ce composé une saveur si détestable, qu'il croit qu'on aimerait mieux supporter le mal , quel qu'il fût , que d'en faire usage; cependant il offrirait quelque avantage , comme escarrotique très-doux , surtout dans les cas d'excroissances dont la surface fournit un léger suintement. Comment, parmi nos hardis expérimentateurs, ne s'en est-il trouvé aucun encore qui ait essayé le nitrate d'argent , ou l'arséniate de soude, contre les maladies vénériennes , puisqu'on a employé le premier contre l'épilepsie , et le second contr,e les fièvres intermittentes ?

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