‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnelChapitre 15 sur 48 · DES BOIS SUDORIFIQUES · texte numérisé non relu

DES BOIS SUDORIFIQUES

A l'époque OÙ les m^dicamcns étaient classés d'après la nature des excrétions qu'on les supposait propres h exciter toujours, parce qu'ils les provoquent quelquel'ois , le nom de bois sudoriflqiics fut donné h quatre végétaux, qui l'ont conservé depuis , et qui partagent avec le mercure la prérogative d'être considérés comme possédant une efficacité spéciale pour la guérison des maladies vénériennes. Ce sont , en les rangeant d'après l'ordre de leur introduction dans la matière médicale, le gayac, la squine , la salsepareille et le sassafras.

Le gayac est le bois d'un grand arbre des Antilles, appelé par les naturalistes guaiacum officinale. Ce bois , le plus célèbre et le plus anciennement connu parmi les quatre sudorifiques , et celui dans lequel seul on eut conliance pendant un certain nombre d'années , fut alors regardé comme un véritable présent de la Divinité , et prit de là le nom de bois saint , lignum sanctunu II fut apporté, vers i5o8, en Europe, de Saint-Domingue, où les naturels du pays l'employaient de temps immémorial contre une aifeclion contagieuse de la peau , entre laquelle et les exantbèmes qui constituaient le principal caractère de l'épidémie du quinzième siècle , régnait, h ce qu'il paraît, une grande analogie. On suivit à la rigueur , en Espagne , la méthode des Indiens , indiquée par Oviedo, qui consistait à boire la décoction du

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bois , en observant , pendant toute la durée du traitement, un régime très-sévère, que la sobriété naturelle des Espagnols leur rendait facile h supporter. Mais ce fut seulement une dixaine d'années après , que l'usage de ce médicament se répandit dans le reste de l'Europe. Les premiers essais furent faits, en Allemagne, sur une multitude de malades qui étaient réduits h l'état le plus déplorable , et dont Poli assure que près de trois mille durent leur guérison au gayac. Ce médecin, s'écartant un peu de la marche suivie en Espagne , n'exigeait pas un régime si sévère, dont ses compatriotes se seraient peu accommodés, et il variait la dose du médicament selon le degré et l'ancienneté ou le caractère de la maladie. La coutume était alors de prendre une demi-livre de gayac râpé , et de le laisser tremper pendant vingt-quatre heures dans six livres d'eau qu'on faisait ensuite bouillir avec lui à feu doux, jusqu'à ce que le liquide fut réduit h deux tiers ou à moitié. On obtenait de cette manière un breuvage fort épais et très-coloré , dont on cherchait quelquefois h mitiger ou h masquer la saveur acre et désagréable en y ajoutant soit un peu de vin , soit de la réglisse , des raisins secs , des figues , du miel ou d'autres substances douces. Le marc, bouilli de nouveau avec une pareille quantité d'eau , fournissait une autre liqueur qui servait de boisson ordinaire au malade. Celui-ci étant préparé convenablement par la saignée et les laxatifs, on diminuait la quantité ordinaire de ses alimens et de ses boissons d'un quart le lendemain delà purgation, de la moitié le troisième jour, et des trois quarts le quatrième. Ce même jour, ou le lendemain, on donnait, le matin, do trèsbonne heure , six onces de décoction tiède. Le malade

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demeurait couché pondant deux on trois jours , et on le couvrait bien , ou on l'entourait de briques chaudes , de boules d'eau tiède , afin d'exciter une sueur modérée , après quoi on le changeait de linge, on l'essuyait soigneusement, et on le iaisait encore rester au lit jusqu'à dix ou onze heures. Alors il se levait, passait dans une chambre dont la température fût modérée, et prenait un repas très-léger , dans lequel on se montrait en général plus sévère sur la quantité que sur la qualité des alimens , quoiqu'on interdît le vin , le sel et les épices , pour ne permettre que le pain bien cuit, les végétaux secs , et tout au plus les viandes légères. A cinq heures, il prenait un autre repas, moins copieux encore , et, au bout de quatre heures , un second verre de décoction ; après quoi , il se mettait au lit, où on ne le couvrait pas trop, dans la crainte de provoquer la sueur. La seconde décoction , tiède , était la seule boisson qu'on lui permît dans la journée, excepté durant les repas. Ce régime était suivi à la rigueur pendant dix ou douze jours ; alors on augmentait peu à peu la quantité de nourriture , et l'on permettait au malade , tant de passer par degrés de sa chambre h l'air libre, que de reprendre son genre de vie habituel , sans interrompre un seul jour la décoction, à moins qu'il ne lût constipé, cas auquel on avait recours aux lavemens, aux laxatifs, quelquefois à la saignée ou aux sangsues à l'anus. D'ailleurs, on ne le croyait à l'abri des rechutes que quand il avait soin , pendant deux mois au moins après sa parfaite guérison , d'éviter les femmes , les excès de tous genres , et les alimens de diflicilv! digestion, tout en entretenant la liberté du ventre. Celle méthode, que j'ai cru devoir faire connaître en

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fl(Uail, pour qu'elle put servir de terme de comparaison, était suivie aussi par Schmauss , qui , néanmoins , employait fort souvent un électuaire préparé aveC la poudre de bois de gayac et un syrop quelconque , dont il faisait prendre une cuillerée, matin et soir, pendant trente jours. Elle a surtout été décrite avec soin par Ulric de Hutten , qui , après avoir subi onze Iraitemens mercuriels par les frictions, ne dut sa guérison qu'à elle seule. Hutten insiste beaucoup sur les avantages de l'abstinence, mais bblmc tous les moyens violens dont on se servait pour exciter la sueur. Des détails analogues se trouvent dans l'ouvrage de Delgado , qui , après avoir été malade pendant vingt-trois ans , dut enfin son salut au gayac. Brassavola introduisit cette méthode en Italie, sans lui faire subir de grandes modifications. Seulement il employait souvent la décoction vineuse de gayac , qui compta peu de partisans , et il montrait moins d'exigence à l'égard du régime. Massa, au contraire, ramena le procédé indien ou espagnol h toute sa sévérité primitive. Ce grand praticien calmait d'abord l'état inflammatoire , au moyen de la saignée , des laxatifs et des allérans, privait absolument ses malades de vin et de viande , ne leur accordait que trois onces de biscuit et deux onces de raisin sec par jour, et leur faisait prendre, pendant cinquante jours au moins , sans aucune interruption, huit onces , matin et soir, d'une tisane faite avec deux livres de gayac et seize livres d'eau , bouillies ensemble jusqu'à réduction de moitié. Souvent il portait la dose jusqu'à cinq pintes le matin , ou dans l'intervalle des deux repas. Il prescrivait aussi le séjour dans le lit , ou tout au moins une clôture al)solue.

l)'Ilali<\ le gayac passa en Fiance; maïs il y réunit ])(Mi (le siiflVag<>s , malgré les éloges de Fernel et de Paulnii(>r. Il n'en fut pas de même en Hollandes et en Allemagne, où l'autorité do Boerhaave lui procura un crédit immense.

Boerhaave prescrivait un régime plus sévère encore qu'aucun de se$ prétlécesseurs. Il interdisait tous les alimens gras pendant un mois ou deux , (;t voulait qu'on réduisît les malados au derni(n^ degré de maigreur. A cet effet, il les gorgcait, pendant huit à dix jours, d'une forte décoction de gayac , animée avec des spiritueux, alîn de liquéfier la graisse, qu'il regardait comme le siège du virus, et de la disposer h sortir du corps. Le sujet étant ainsi préparé, on lui donnait, le matin, à jeun, autant de décoction qu'il pouvait en supporter; ou lui faisait prendre des bains de vapeurs chauffés avec l'alcool en ignition, afin de provoquer des sueurs abondantes, que les personnes les plus robustes supportaient h peine pendant une demi-heure; on le couchait dans un lit bien bassiné et chargé de couvertures, afin d'entretenir la sueur durant une heure environ; on l'essuyait ensuite avec une flanelle chaude, et on lui permettait de se lever. On déterminait ainsi la sueur pendant quinze jours de suite, le malin et le soir, puis le malin seulement. La chambre du ntalade était tenue h une température supérieure à coIIimIu corps, et l'on avait soin que l'air ne put pas s'y renouveler.

La méthode de Boerhaave , dont on ne peut faire une meilleure critique qu'en l'exposant tout simplement, réussit dans le nord, car elle s'y conciliait assez bien avec les mœurs et les habitudes des peuples. Mais elle ne fit

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pas fortune en Italie, où Manardl et Massaria se contentaient d'adminislrcr la décoclion de gayac à la manière des eaux minérales , c'est-à-dire à la dose de dix à douze livres par jour , en recommandant do se promener dans les intervalles. \ alsalva procédait h peu près de même. H commençait par faire prendre, pendant un jour, deux ou trois livres de décoction, afin d'en observer les elfets, y renonçait aussitôt qu'elle excitait la diarrhée ou des sueurs abondantes, et ne la continuail qu'autant qu'elle passait facilement et uniquement par les voies urinaires. Alors il en augmentait la quantité dès le lendemain, en la portant peu à peu jusqu'à dix livres par jour. d'Alc méthode, dont il vante beaucoup l'elTicacité , fut approuvée parMorgagui, et mémo par Van Swioten , quoique ce dernier pensât qu'une sueur modérée ou une légère diarrhée ne saurait être nuisible , pourvu que lu sécrétion urinaire fut plus particulièrement excitée.

Mais l'introduction du sublimé cori^osif acheva ce que Ja méthode par la salivation avait déjà commencé , et enleva en peu de temps au gayac la vogue dont il avait joui si long-temps , d'autant plus que , ce bois n'étant plus administré à a(issi hautes doses que par le passé, ni avec les mêmes précautions, il cessa d'avoir autant d'efficacité , et échoua fort souvent. On en vint alors à penser qu'il n'avait aucune vertu curative dans les maladies vénériennes, sans réfléchir que l'insuccès tenait à la timidité avec laquelle on l'admiuistrait. Cependant on finit par revenir sur son compte , et par se convaincre , avec Bell , que ce jugement devait êtremis au nombre des eflcls produits par l'habitude et le préjugé. Dès lors le gayac fut réintégré dans une partie de son ancienne splexidcur, et

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on lo considéra comme im des meilleurs moyens pour conibaltre les allections vénériennes des tissus cutané et osseux caractérisées principalement par des ulcérations , des pustules et des gonflemens , ou pour procéder au trailcmcnt de la syphilis dite constitutionnelle, dans les circonstances où il était à craindre que la quantité de mercure nécessaire pour dompter la maladie ne fût plus forte que la constitution ne pourrait le supporter. Mais , quoique fréquemment employé aujourd'hui , il ne forme presque jamais la base du traitement , et n'est guère considéré que comme un auxiliaire puissant des préparations mercurielles.

On n'emploie plus maintenant le bois de gayac qu'en décoction. L'électuaire usité au temps de Delgado, de Massa , de Mattioli et de Maggi , est tombé tout-h-fait en désuétude, et l'extrait, dont quelques modernes, Bell entre autres, se sont servis, a paru irriter tellement les intestins, qu'on a cru prudent d'y renoncer. La décoction se préparc en faisant infuser, pendant vingt-quatre heures, trois ou quatre onces de râpure de gayac dans quatre livres d'eau, puis bouillir le tout à feu doux jusqu'à réduction de moitié, en ajoutant quelquefois , sur la fm, une once de racine de réglisse. La liqueur étant passée, tantôt on l'administre en nature, tantôt on y fait dissoudre un peu de gommé arabique ou de colle de poisson, pour en diminuer l'àcreté, tantôt enfin on la coupe avec du lait.

11 découle du gayac un suc résineux, improprement appelé jadis gomme degayaCj et auquel on a donné depuis peu le nom de gayacine , qui était fort usité autrefois, mais dont on se sert assez rarement aujourd'hui , si ce

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n'est pour le mêler quelquelois aux préparations uierct".riclles qu'on se propose de faire prendre sous la forme pilulaire. Cette résine peut être prescrite en substance, h la dose de dix h vingt grains, et même jusqu'h un demigros. Mais le plus souvent on la donne en potion, soit après l'avoir dissoute dans un jaune d'œuf, qu'on délaie ensuite dans l'eau, et qu'on édulcore avec un syrop agréable, soit, comme le conseillaient Pringle et Murray, après l'avoir trilurée avec de la gomme arabique, du sucre et de l'eau distillée. On en prépare aussi une teinture spiritueuse, appelée eau-de-vie de gayac, que l'on donne par cuillerées, et qui a passé pendant quelque temps pour uu spécifique assuré contre la goutte, d'abord en Angleterre, puis en France.

Hermann et quelques autres auteurs regardaient la gayacine comme un excellent remède dans la gonorrhée. Murray la conseillait aussi dans la prostatite chronique, contre la<[uelle Bosquillon la croyait également fort utile. Hunier l'a employée avec succès, tant h l'intérieur qu'à l'extérieur, sous forme de cataplasme, dans les ulcérations vénériennes consécutives du tissu cutané.

La salsepareille, racine du smilax sarsaparilla et probablement aussi de quelques autres plantes congénères qui croissent au Pérou et au Brésil, paraît avoir été introduite en Europe vers l'an i53o. Le premier qui en parle est Massa, et cet auteur décrit fort au long la manière de s'en servir. Cardan lui a prodigué aussi de grands éloges, avec son enthousiasme ordinaire. On l'administrait alors de la même manière et avec les mêmes précautions que le gayac, en accordant seulement un peu plus de liberté au malade, à qui l'on permettait de sortir et de prendre

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tjiidqu'cxcrcico. On donn.iit six onces de la décoction le malin, cl autant le soir, pendant quarante jours.

Cette racine a partagé le sort du gayac, et a même été, pniu- 1rs mêmes inotifs, traitée moins favorablement que lui, puisque Ciillen voulait qu'on la bannit de la malicre médicab? , comme absolument dénuée de vertu. Mais on est revenu de cette erreur, elaiijourd'luii on l'emploie autant, peut-être même plus, que le gayac. Elle passe pour le plus puissant sudorilique que l'on cojmaisse, quoiqu'il soil foil rare qu'elle augmente la transpiration cutanée d'une manière notable. On la donne en poudre, en cxtnul , ou en décoction.

Lî: poudre a élé souvent employée avec succès, surtout dans ces derniers temps par M. Cullerier. On commence par en faire prendre deux gros, malin et soir, délayés dans du cliocolat, ou incorporés avec le syrop de guimauve, sous forme d'électuaire. Peu-à-peu l'on augmente cette dose, de manière à la porter successivement jusqu'à six et liuil gros, pour cliaque prise.

L'extrait est peu usité. Cependant M. Cullerier se loue de l'avoir prescrit, à la dose d'un gros , délayé dans une pinle d'eau , à des malades qui , étaiU obligés de voyag« r, se trouvaient dans l'impossibililé de prendre la décoction.

Qu;:nt à la décoction , il en existe un grand nombre de forniuies, parmi lesquelles on dislingue surtout celle de Cesloni elcellede Fordyce, adoptée par Dehaen. Cestoni presciivait de faire macérer, pendant douze heures, quST ire onces de salsepareille dans quatre livres d'eau commu ne, de broyer ensuite la racine, puis de fairebouillirle tout cûsembio jusqu'à réduction de moitié, et de partager le

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résidu on quatre portions, à consommer en deux jours. Fordycc ne mettait que trois onces de salsepareille sur six livres d'eau, réduiles h deux par l'ébullition, ajoutait un peu de ré<j;lissc sur la (in, et prescrivait do consommer le breuvage en deux ou trois lois dans les vingt-quatre heures. 11 ne croyait pas nécessaire d'observer un régime sévère, ni de dcmer.ror renfermé dans la chambre.

La méthode que IManardi avait adopté»; pour le gayac, a été appliquée, dansées derniers temps, .\ la salsepreille par M. Sainte-Marie, qui lui donne le nom de méthode diurétique, par rapport à la médication qui en résulte, ou celui de méthode italienne , en l'honneur du pays où elle a pris naissance. Ce praticien recommande de faire bouillir h feu doux quatre onces de salsepareille dans six pintes d'eau, jusqu'à réduction d'un tiers, d'ajouter quatre gros de réglisse, et de consommer ces quatre pintes de tisane, encore tiède, en seize verrées, dans la matinée, à jeun.Ilprescrit de laisser un quart d'heure, une demi-heure ou trois quarts d'heure d'intervalle entre un verre et 1 autre, et de se promener dans sa chambre, ou même en plein air, tandis qu'on prend celle boisson. Le malade peut déjeuner ime heure après la dernière verrée. Son repas doit se composer de pain bien cuil et de grosses viandes rôties ou bouillies, telles que bœuf et mouton, et sa boisson ordinaire, de vin coupé, d'eau de réglisse pure, nitrée, ou mêlée de >in blanc, ou enfin de bière étendue d'eau. Il n'est pas obligatoire de se renfermer chez soi : on peut vaquer librement à ses affaires et sortir, quelque temps qu'il fasse.

M. Sainte-Marie conseille cette méthode dans les maladies vénériennes anciennes, surtout dans les affections do

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la i)cauot (lu lissu osseux. Kmployée ainsi, à la manière des eaux minérales, la décocllon de salsepareille cause , daranl l«'s premiers jours de son emploi, une sorle de perlinbation dans les voies digeslives. Elle excile des nausées, des vomissemcns même , et quelquefois des déjections alvines; fréquemment aussi, de petites sueurs, passagères ou continues, ont lieu depuis le commencement de la cure jusqu'à la fin. Mais c'est principalement l'action des reins qui se trouve stimulée , et dès les premiers jours le malade rend de grandes quantités d'urine.

Je n'ai pas l'intention de passer en revue tous les arcanes mis en vogue par le charlatanisme, et accueillis sans examen par la crédulité. Les noms des Dibon, des André, des Ferrand, des Dienerl, des Mollée, des Pastel, des Jacquet, des Torrez, des Agirony, des Callac, des Vicq, des Gamet, des Galpin, des Brassant, et tant d'autres de la même trempe , ne doivent se trouver sous la plume du médecin que pour lui fournir l'occasion de déplorer la i'acililé avec laquelle le peuple de toutes les classes so rend la dupe de tous ceux qui spéculent sur sa bonne foi pour conquérir sa bourse. Mais, parmi ces remèdes secrets, il en est un dont je dois parler ici , non pas tant parce qu'il jouit d'une réputation colossale, que parce qu'il s'administre concurremment avec une abondante boisson de salsepareille, à laquelle ])eut être rapportée, sinon en totalité, du moins en grande partie, rclïieacilé qu'on ne saurait lui contester dans beaucoup de ces affections chroniques qui ont été embrassées sous le nom collectif de syphilis constitutionnelle ou de vérole dégénérée. C'est le liuneux syrop, appelé roi de La/J'ccteur, qui a peut-être

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lui-même pour base, unedécoclion de salsepareille, quoique quelques écrivains l'aient dit composé principalement de roseau à balai (i).

(i) II n'entre nullement clans ma pensée de me déclarer le champion du rob de LaÛecteur, et, loin de là, je pense qu'un médecin agit avec la plus condamnable légèreté lorsqu'il prescrit un remède dont la composition, n'étant ni soumise à sa prescription, ni garantie par l'usage , ni sm-veillée par la loi , peut varier à l'infini. J';u voulu seulement tirer de l'eflicacité bien constatée du rob une preuve en faveur de celle de la salsepareille , que je considère comme le seul remède réellement actif dans le traitement par ce svrop. Je dois cependant ajouter encore une remarque concernant le mercure qui, dit-on, entre, du moins quelquefois, dans sa composition , quoique aucune ana]yse n'eu ait fait découvrir de traces , et quoique les observations de M. Boullay démontrent que le detitoclilorure ne pourrait s'y maintenir, il. Cullerier neveu , ayant vu deux malades qui furent affectés de ptyalisme abondant , pendant l'usage du rob , et dont l'un eut même des chancres mercurlels dans la bouche , conclut que celle circonstance prouve qu'il contient du mercure. Je ferai remarquer d'abord que le ptyalisme n'est pas, à beaucoup près , produit par le mercure seul ; que l'or le provoque également , aussi bien que divers végétaux , par exemple , le zantlioxylum, la graliolc, et même quelquefois le gayac, quoi qu'en dise M. Cullerier. En second lieu, j'aurais désiré que ce médecin nous indiquât les caractères auxquelsil a reconnu des chancres mercuricis, car les praticiens de toutes les contrées de l'Europe s'accordent maintenant à dire que les chancres vénériens et les chancres mcrcuriels delà gorge se ressemblent tellement , qu'on ne saurait les distinguer ; d où je conclus, puisqu'on n'admet ici l'action du mercure que pour complaire à une théorie présupposée, que toutes les ulcérations de l'arrière-gorge, quelle qu'en soit la cause, ont une ressemblance parfaite les unes avec les autres, quand les circonstances individuelles sont les mêmes, assertion à l'appui de laquelle j'ai rapporté des preuves" nombreuses dans le premier livre de cet ouvrage, où je l'ai étendue à toutes celles qui peuvent survenir dans d autres membranes muqueuses.

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Dos ^^Jl;los de conduite assez sévères , et d'ailleurs fort sages pour la plupart, ont Hé prescrites à ceux qui veulent faire usagiî du rob anlisypliililique. Le, pr(;uii(T jour, le malade prendra deux pinles d'eau d'orj5(; ou de chicorée sauvage, mangera peu , s'abstiendra de liqueurs, de café, de crudités, et se fera saigner, s'il est sujet aux hémorragies , ou s'il existe chez lui quelque inflammaliou locale. Le lendemain , le régime est le même. Le troisième jour, on prend un vomitif, s'il y a indication, et l'on mange moins qu'à l'ordinaire. Le quatrième , on prend un léger purgatif, et, d(;iix heures après, on boit du bouillon aux herbes. Pendant ces quatre jours, le malade prend un lavement émollient. Le lendemain de la purgation , on commence l'usage du rob , dont la dose, dans les cas ordinaires, est, pour les hommes, de six cuillerées à bouche, et pour les femmes , de quatre, que l'on prend d'un seul trait, à six heures du matin. Deux heures après , on boit un verre ordinaire do tisane préparée avec deux onces de salsepnreillo, en hiver, et une once et demie seulement en été , qu'on fait bouillir pendant une heure dans trois pinles d'<'au , et qu'on laisse infuse» ensuite pendant toute la nuit. Celte tisane doit être froide en été, tiède en hiver. On en prend sept verres de demi-heure en demi-heure. A midi , le malade dîne avec six onces de pain bien cuit et rassis, cl une ou deux côtelettes de mouton, ou l'équivalent en bœuf, mouton ou volaille rôtis; l'essentiel est qu'il ne mange que moitié de son appétit ordinaire. Pendant le repas , il ne boit que de la tisane de snlsepyareillc , et il ne peut non plus changer de boisson s'il a soif dans la journée. Le poisson, frit , grillé ou éluvé , et les œufs i\ la coque ,

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lui sont permis; mais il doit s'interdire tous les autres mets , spécialement le laitage , même pendant plus d'un mois après la terminaison du traitement. A quatre heures , il prend une secomlc dose de rob , égale à la première. A six heures, il boit un verre de tisane, et continue ainsi de demi-heure en demi-heure. A neuf heures , il soupe comme il a dîné. Celte marche uniforme doit être observée pendant tout le temps que dure l'administration du rob. Ordinairement on fait prendre ainsi quatre bouteilles de ce dernier , après quoi on le suspend durant trois ou quatre jours , mais sans discontinuer la décoction de salsepareille en même quantité qu'auparavant, et en prenant chaque soir un lavement émoUient. Ce laps de temps écoulé, on recommence l'usage du rob, et on ne l'interrompt plus. A la fin du traitement, on continue encore pendant quinze jours l'usage de la salsepareille, et l'on augmente progressivement la nourriture en continuant à se priver de vin et des autres choses défendues. On termine en buvant , pendant deux jours , une tisane d'orge ou de chicorée , et en se purgeant.

Je n'insisterai pas plus long-temps sur les autres minuties qui ont été prescrites. J'en ai dit assez pour prouver que, quelle que soit la composition du rob antisyphilitique, dont on emploie depuis huit jusqu'à douze, quinze, vingt, vingt-cinq, trente, quarante bouteilles , et même au-delà , la salsepareille joue un rôle très-important dans le traitement, sans compter d'ailleurs l'influence d'un régime presque aussi sévère que celui qu'on prescrivait jadis eu Espagne pendant l'usage du gayac.

C'est encore ici que je crois devoir placer certaines tisanes sudoriliques qu'on a cru rendre plus efficaces

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contre les maladios de la peau , en y faisant entrer le sull'iire d'antimoine. L'association de ce minéral avec les sudorifiques date d'assez loin, car Mnsitano indique déyd, d'après plusieurs de ses prédécesseurs, la formule d'une tisane très-composée , dans laquelle il entrait , conjointement avec la salsepareille , le santal blanc , le ientisque, la râpure d'ivoire et celle de corne de cerf. Le sulfure d'antimoine figurait également dans la décoction portugaise, on tisane de Lisbonne (i), dont celles de Gaukes, d'Etlmuller, de Weisbach, de Vercelloni , de Vinachc et de Vigaroux, ne sont que des imitations plus ou moins modiliécs , ainsi que celle qui est décrite dans quelques anciens formulaires, sous le nom de tisane des filles de l'Opéra.

Mais la plus célèbre de toutes ces préparations est la tisane de Fclz, dont M. GuUerier donne la formule suivante , d'après M. Boyer, qui la tenait lui-même du fils de l'inventeur. On met dans un pot de terre trois onces de salsepareille , une demi-once et deux scrupules de colle de poisson , et quatre onces de sulfure d'antimoine renfermé dans un nouet , qui doit être suspendu pour ne pas loucher les parois du vase : on fait bouillir le tout à

(i) Je crois devoir indiquer la préparaliou de cet apozènic célèbre. Ou l'ait infuser trois onces de salsepareille, autant de santal blanc et autant de santal rouge, une demi-once de réglisse, autant de bois-gentil, une once de bois de rose, autant de gayac, aulautde sassafras et deux onces de sulfure d'antimoine, dans dix livres d'eau bouillante, pendant vingt quatre heures; puis on fait bouillir le tout jusqu'à ce (pi'il soit réduit à cinq livres. Le malade prend tous les jours depuis une livre et demie jusqu'à quatre livres de cette décoction.

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petit Teu , pendant h peu près dix heures , dans six livres d'eau, jusqu'il réduction de moitié; on laisse le pot sur la cendre chaude jusqu'au lendemain; alors on passe, et l'on met l'apozème en bouteille. Ces trois livres de tisane servent pour deux jours, et on les partage en sixdoses égales (i) , qui doivent être prises à froid de la manière suivante.

Felz recommandait d'être extrêmement retenu sur le boire et le manger, comptait presque autant sur le régime que sur le remède , et pensait que la moindre erreur à cet égard peut détruire tout espoir de guérison. Il prescrivait de prendre le premier verre de tisane h sept heures du matin , de se promener immédiatement après, pendant un quart d'heure , dans la chambre , et de se coucher ensuite, ou de se tenir assis; de manger, h onze heures moins un quart , huit pruneaux cuits dans l'eau , sans sucre; de dîner, à onze heures , avec un potage, un peu de tranche de bœuf ou de poitrine de veau, et de

(i) Baume indique une aulrc formule plus compliquée, et dont les doses sont différentes ; il prétend, en outre, que Felz ajoutait trois grains de sublimé corrosif. En supposant que cette addition eût lieu réellement, la tisane n'en aurait pas moins été exempte de meicure, puisque le sublimé se serait transformé en calomelas insoluble. Quant à richthyocoUc, prescrite par Felz, cette substance , lorsqu'eUe a été blanchie au moyen de l'acide sulfurique, retient toujours une certaine quantité dacide, qui, suivant la remarque de M. Biett, réagit sur le sulfure d'antimoine, et forme un peu de sulfate d'antimoine, auquel on doit peut-être attribuer les coliques, les vomissemcns et les accidens nerveux qu'occasione quelquefois la tisane de Felz. Il est donc prudent de remplacer la colle de poisson par la gomme arabique, à la dose dune once par pinte et demie de tisane réduite.

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boire quatre onces de vin coupé avec partie égale d'eau, en deux verres; de prendre, h trois heures après midi, un second verre de tisane , de se promener un quart d'heure conin)e le matin , et de se rc'poscr ensuite; de manger, îi sept heures moins un quart du soir, huit pruneaux, de même que le matin; de faire, à sept heures, un repas semblable au dincr; enfin de prendre le troisième verre de décoction h dix heures.

Dans les cas ordinaires , ce Irailement opère une guérison parfaite en six semaines. Quelquefois cependant on est obligé de le prolonger davantage. Il sulïit de purger deux ou trois fois le malade ii la hn du traitement.

Un assez grand nombre de faits, rapportés par MM. Cullerier et Léveillé , constatent les avantages de cette tisane , dont , suivant le premier de ces deux écrivains , On doit continuer l'usage j>endant quarante-cinq à cinquante jours au moins , et quelquefois pendant deux ou trois mois. On néglige aujourd'hui le régime sévère prescrit par Felz, dont la tisane a fourni l'idée du remède d'Arnoud et de Venu de Pollini , qui paraissent n'en pas difl'érer, au moins d'une manière essentielle.

M. Sainle-Marie vante beaucoup un rob anilsypiiHulquc de sa façon, qu'il préparc en faisant cuire une pinle de tisane de Vigaroux avec une ou deux livres de sucre. Il fait prendre une cuillerée à bouche de ce rob quatre lois par jour, et boire, immédiatement après chaque dose, un grand verre d'une décoction concentrée de salsepareille. Peu II peu, il augmente la dose , jusqu'à ce que le malade prenne, tous les jours, neuf ou dix cuillerées oe rob. A celte occasion, il prétend que le sucre doit être considéré comme un auxiliaire puissant des bois sudorid-

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xjues, et h l'appui do, son assertion, que les propri«''tés excitantes du sucre rendent assez ])robablG , il rapporte l'exemple d'un homme qui fut guéri d'une vérole trèsgrave, jusque Ih rebelle aux remèdes, en buvant seulement tous les jours deux pintes d'eau, à chaque vcrrée de laquelle on ajoutait autant de sucix; qu'elle en pouvait dissoudn;.

Enfin je crois pouvoir également placer ici un mode de traitement usité dans quelques contrées de rAllemagne, mais surtout en Danemarck, où on le désigne sous le nom de cura fanns^ souU-ciirc en langue danoise. Ce traitement, décrit par Bang et Callisen, doit durer cinq h six semaines. Il consiste à faire prendre au malade six grains d'extrait de ciguë, matin et soir, à lui donner une décoction de salsepareille ou de squine , dans la proportion de deux onces sur cinq livres d'eau réduites h. moitié, quantité qui doit être bue dans les vingt-quatre heures, et à le réduire, pour toute nourriture, à deux onces de viande nii-jgre , bouillie ou rôtie , avec la même quantité de pain, deux fois par jour. Il se rapproche donc beaucoup de quelques-uns de ceux qui vieiment d'être indiqués, et dans lesquels l'abstinence , ou du moins une rigidité extrême sous le rapport de la quantité des alimcns, joue un grand rôle , en secondant l'action de la salsepareille.

Le sassafras , fourni par le laurus sassafras, arbre de l'Amérique septentrionale , a été introduit vers la fin du seizième siècle. Wier en a parlé le premier en i58o. On le regarde , en général , comme très-inférieur à la salsepareille. Cependant l'aromc dont il est doué ne permet pas de croire qu'il soit tout-à-fait inerte. Ou ne l'admi-

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nisiro jamais seul, mais toujours uni ;i Tun des bois pricédcns , ou mOmc à tous doux, cl plulol comme aromatique que comme ingrédient principal. Il faut se contenter de le faire infuser dans l'eau bouillante, car rébullilion dissiperait le principe odorant auquel on pense qu'il doit la plus grande partie de ses propriétés.

La 5</ttmeestla racine du smilax china, plante de la Cbine, que les Portugais apportèrent pour la première fois de Goa, en i555. L'usage qu'en lit Cliarles-Quint lui procura d'abord une grande vogue , mais qui dura peu. Aujourd'hui elle est presque abandonnée, et si on l'associî^ quelquefois aux autres bois sudorifiqucs , c'est plutôt par habitude que parce qu'on croit celle addition nécessaire. Vésale a décrit fort au long la manière de l'administrer. Après l'avoir coupée par tranches , il la faisait infuser pendant vingl-qualre heures dans sept ou huit livres d'eau, puis bouillir jusqu'h réduction d'un tiers. Le régime et les précautions étaient à peu près les mêmes que pour le gayac. Après avoir fait prendre au malade dix onces de décoction , le malin , on le tenait au lit pendant trois heures, pour exciter la sueur. Ce qui restait de liqueur servait pour boisson ordinaire dans la journée. Au bout de vingt-quatre jours, on lui permettait de vaquer à ses affaires, et l'on se bornait à lui faire prendre uuc décoction plus légère. Quelquefois aussi on fomentait les uk;ères et les ])arties malades avec cette même liqueur. Marsden nous apprend qu'à Sumatra , où les naturels emploient la décoction de squine pour guérir la vérole , ce remède produit souvent la salivation.

Les anciens mêlaient quelquefois les bois sudorifiqucs ensemble pour en faire une décoction composée ; mais ce

cas était rare, et l'on préférait employer chaque substance séparément. Les modernes ont adopté un usage contraire, et, le plus souvent, ils unissent deux ou trois des bois sudorifiques , car le quatrième , ou la squine , est presque totalement inusité aujourd'hui.

Il serait trop long , et surtout fort inutile , de rapporter ici toutes les formules connues des tisanes sudorifiques composées. Celle dont on se sert généralement de nos jours , est préparée avec une once de gayac et deux onces de salsepareille qu'on fait macérer pendant vingt- quatre heures dans quatre livres d'eau, puis bouillira feu doux jusqu'à réduction de moitié, en ajoutant sur la ïin deux gros de sassafras et trois gros de réglisse , qui ne doivent point être soumis , ni l'un ni l'autre, à l'ébullition.

On peut n'employer que la salsepareille ou le gayac, et alors on en prend une quantité égale à celle des deux bois réunis. On peut aussi remplacer la réglisse par une demi-once de gomme arabique ou de colle de poisson. Dans certains cas , on édulcore la tisane avec du miel , du sucre ou un syrop agréable et raucilagineux.

Voici les règles que l'on suit dans l'administration de la tisane sudorifique composée. Le malade étant préparé comme s'il devait subir im traitement mercuriel , c'est-à-dire par les boissons délayantes , les bains , des purgatifs doux et un régime convenable , on l'établit dans un appartement sec et bien aéré, exposé au nord en été, au midi en hiver, et dans lequel on entrelient une tempe* rature douce. Ces dispositions prises, on lui prescrit chaque jour une pinte de décoction , h prendre dans la matinée. Dans l'après-midi , il en boit une plus légère, faite avec le résidu de la première , ou avec lix)is livres d'eau ,

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iinc demi-once de gayac et autant do salsepareille. Le régime doit être adoucissant, mais toujours proportionné à l'état des forces et à l'étendue des besoins. Les salaisons, les épices, les ragoûts, les boissons fermcntées et spiritueuscs eu sont totalement exclus. La diète lactée est quelquefois la meilleure , et même la seule admissible. Dans tous les cas , il importe de surveiller attentivement le régime, qui, dit avec raison M. Cullericr, est aussi efficace que les remèdes eux-mêmes. Les veillées prolonîiées , continue le même écrivain , les travaux de cabinet , les passions tristes, nuisent au succès du traitement. Un sommeil tranquille , des occupations gaies , les affections agréables , un travail mécanique modéré, sont au contraire fort utiles. Le plus grand des obstacles est celui que produisent les idées erotiques , les lectures voluptueuses , le simple rapprochement des sexes. Il importe de tenir le ventre libre , et les bains , pris de temps en temps , sont fort utiles.

On continue ce traitement pendant un mois ou deux, quelquefois davantage. Relativement à la dose journalière, on conçoit qu'elle doit toujours être proportionnée h la susceptibilité de chaque individu , et à la manière dont les remèdes agissent sur lui. En général , deux onces et demie ou trois onces de sudorifîques , par jour, sont suffisantes.

Les bois sudorifîques sont fréquemment employés aussi sous la forme de syrop. Les syrops sudorijiqucs furent usités de très-bonne heure, dès le seizième siècle, parce qu!ils permettent d'administrer une forte dose de raédicamens sous un petit volume. On les préparait alors plus souvent avec le gayac qu'avec la salsepareille, tandis qu'au

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coniraire c'est toujours celle-ci qui eu fait la base maii)~ tenant. Du reste , on y faisait souvent entrer, de même qu'aujourd'hui , diverses substances purgatives.

Le syrop sudorifique ordinaire est préparé avec six onces de salsepareille et autant de gayac, qu'ontait bouillir jusqu'à réduclion de moitié, après quoi on ajoute une ou deux livres de sucre.

On en prend de trois à sept onces par jour , soit' en une seule fois , le matin à jeun , soit en deux prises, l'tuie le matin et l'autre le soir. Dans le même temps le malade fait usage d'une tisane d'orge, de chiendent ou de salsepareille.

11 existe un grand nombre d'autres syrops sudorifiques qui sont beaucoup plus composés , et parmi lesquels oa distingue le syrop de cuisinier et le sjrop dépuratif à^e, M. Gesnouin.

Pour préparer le syrop de cuisinier on fait infuser, pendant vingt-quatre heures, deux livres de salsepareille dans douze livres d'eau tiède, puis bouillir durant un quart d'heure , après quoi l'on passe avec expression , et l'on fait deux ou trois fois de suite bouillir de nouveau le marc avec dix autres livres d'eau qu'on laisse réduire à six. Toutes les liqueurs étant mêlées ensemble , on les fait bouillir légèrement avec deux onces de fleurs de bourrache, autant de roses blanches, de feuilles de séné, et de semences d'anis; on réduit h moitié, on passe, puis on ajoute deux livres de miel, autant de sucre, et l'on cuit jusqu'à consistance syrupeuse.

Ce syrop contient par once un tiers de salsepareille et un quarante-huitième , h peu près, de séné. On en fait prendre un demi-verre , trois fois par jour , et l'on donne

Ois , traité

pour boisson ordinaire une décoction faite avec six onces de salsepareill»' siti' trois pintes d'eau. S'il échauffe trop , c'est-à-dire s'il cause une constipation opiniàti'c , on en diminue la dose. Il n'assujétitqu'à un régime tempérant et sain , composé de bons potages et de viandes bouillies ou rôties. Le séné qu'on y fait entrer est surtout destiné, lorsqu'on l'associe aux préparations mercurielles , à entretenir, sur le canal intestinal, une excitation capable de prévenir le ptyalisme , mais il est évident que la salsepareille sulïirait seule pour remplir ce but.

Le syrop dépuratif de M. Gesnouin est moins composé, et contient , outre le séné , des proportions plus considérables de bourrache, dont il serait assez difficile de déterminer quel peut être l'usage. On le prépare, en grand, avec vingt-quatre livres de salsepareille , vingt-quatre onces de séné , autant de cumin , dix-huit livres de miel , trente de cassonade, et quatre d'extrait de bourrache, de manière à obtenir , quand toutes les opérations sont terminées , vingt-cinq pintes de syrop. M. Kéraudren , qu'on ne saurait trop louer des efforts qu'il a faits pour ramener les médecins h l'usage des végétaux dans le traitement des maladies vénériennes invétérées , l'a modifié de la manière suivante : Syrop de salsepareille ou de bourrache, douze livres; syrop de séné, huit onces; extrait de bourrache, une livre; rob de sureau, trois onces. M. Lagneau , voulant le rendre d'un usage plus commode encore dans la pratique civile, a réduit aussi celle formule ainsi qu'il suit : oyrop de salsepareille , quatre livres; syrop de séné, trois onces; extrait de bourrache, cinq onces ; rob de sureau , une once.

Lorsqu'on veut administrer ce syrop, on commence

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par préparer le malade comme à l'ordinaire; puis, le matin , à sept heures , pendant deux ou trois jours , on lui donne quatre cuillerées h bouche , c'est-à-dire deux onces, de syrop froid. S'il n'éprouve ni pesanteurs d'estomac, ni coliques, ni évacuations alvines trop abondantes, on porte ensuite la dose h six cuillerées; une heure après le malade boit un verre de tisane de salsepareille un peu plus que tiède , et préparée avec deux onces de racine sur deux pintes d'eau réduites d'un tiers par l'ébullition. On lui donne deux autres verres de celte tisane, à imc heure d'intervalle. Il a soin de se tenir assez chaudement pour favoriser la transpiration cutanée. Son premier repas , qu'il prend entre onze heures et midi , consiste simplement en viandes bouillies et rôties. Trois heures après environ, plus ou moins, il boit un verre de tisane, suivi d'un autre au bout d'une heure. A six heures, \\ fait un second repas , égal au premier, et même plus léger. Le soir, il prend , vers neuf à dix heures , un verre de tisane, que l'on supprime s'il s'est endormi.

Un traitement entier par ce svrop en exige quatre, six ou huit bouteilles. Si le malade éprouve une constipation opiniâtre, on a recours aux bains et auxlavemens, mais on s'abstient autant que possible des purgatifs. Quelquefois ce syrop n'exerce qu'une action insensible. En général, cependant, il provoque des déjections alvines pendant les premiers jours; les évacuations deviennent ensuite de plus en plus rares; puis l'activité de la peau augmente un peu , sans cependant qu'il survienne jamais de sueurs abondantes.

La tisane et le syrop sudorifiquessont fréquemment associés ensemble. C'est même ce qui arrive , en général.

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quand il s'agit d'une maladie fort ancienne. Alors le ma' ladc prend le syrop comme ci-dessus, et boit la tisane durant le reste de la joiuMiéc. Il est bon d'ailleurs , dans ce cas conmie dans les précédens , qu'il prenne des bains d e temps en temps , qu'il reste au lit quelques heures après la première dose de tisane ou de syrop, et qu'il se garantisse soigneusement du froid.

Dans beaucoup de cas la tisane et le syrop sont employés, soit l'un ou l'autre, soit tous deux h la fois , concurremment avec l'usage de quelque préparation mercurielle à l'intérieur. L'époque h laquelle cette coutume fut introduite n'est pas connue. Cependant elle doit être assez peu éloignée. On prescrit souvent de faire dissoudre un demi-grain , ou trois quarts de grain de sublimé corrosif, dans uiiopinle de tisane, h prendre par verrées avant midi. De môme on ajoute quelquefois, h chaque ])inle du syrop de cuisinier, un, deux ou trois grains de deulochlorure de mercure , ce qui fait qu'on l'appelle alors syrop de première, de seconde ou de troisième cuite. Enfin on emploie , dans beaucoup de cas , le syrop dépuratif kXq M. Larrey, ({ui est un mélange de syrop de cuisinier, de syrop de salsepareille, d'éther sulfurique dulcifié , de sublimé corrosif, d'hydrochlorale d'ammoniaque et d'extrait gommcux d'opium , et dont on prend une once le matin , h jeun , dans une tasse de décoction de salsepareille.

i-.cs observations importante* de M. Boullay ayant appris cpic le deutochlorure de mercure se décompose toutes les fois qu'on l'administre de celte manière, parce qu'il reste trop long-temps en contact avec des substances végétales (jui réagissent sur lui , et que par consé(pi('nt h;

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syrop de M. Larrey n'en contient point, d'autant plus que l'éther accélère encore sa décomposition , on suit maintenant une autre marchç lorsqu'on veut employer la méthode mixte du mercure et des sudorifiques. Ou bien on verse une demi-cuillerée de solution de sublimé dans chacun des quatre premiei^ verres de tisane que le malade doit boire dans la matinée; ou bien on lui donne, le matin, à jeun, une cuillerée de cette mènie dissolution dans trois à six onces de syrop sudorifique , et le reste de la journée il boit une tisane préparée avec une once de salsepareille et une once de gayac , qu'on fait bouillir dans deux livres d'eau, jusqu'à réduction de moitié. Au bout de quelques jours , il prend la dose entière de liqueur , c'est-à-dire deux cuillerées , et continue ainsi jusqu'à parfaite guérison. Les autres préceptes sont absolument les mêmes que quand on administre le sublimé seul.

L'association du mercure et des sudorifiques se retrouve dans le traitement arabique , décrit par Forskael , et employé à Marseille, où l'on prétend qu'il a été apporté par un Copte, il y a environ un siècle. Voici en quoi consiste ce traitement : On mêle ensemble une once de racine depyrèlhre, autant de séné en poudre, autant d'agaric, une demi-once de mercure cru et une égale quantité de sublimé corrosif, avec du miel blanc en quantité sulHsante pour former une masse qu'on divise en pilules de six grains. Le malade prend ordinairement deux de CCS pilules par jour, l'une le matin et l'autre le soir. Une heure après , on lui administre six gros d'un opiat préparé avec quatre onces de salsepareille , autant de squine, autant de noisettes torréfiées, cinq onces de gi-

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roflc , et siifllsanle cjiia utile do miel. En même temps il boit uue tisane faite avec deux onces de salsepareille et une de squine, cuites dans huit onces d'eau réduites d'un tiers par l'ëbullition. Ce traitement est ordinairement accompagné de la diète sèche. On l'a beaucoup vanté contre les ulcères de l'arrière-gorge , mais il compte peu de partisans aujourd'hui , quoique les praticiens du midi de la France paraissent ne pas l'avoir abandonné entièrement.

Lorsque j'ai indiqué précédemment le délai de deux mois comme étant celui qu'exige le traitement par les sudorifiques , je n'entendais parler que des cas les plus ordinaires. Il en est eficctivement dans lesquels la durée du traitement se prolonge au delà de six mois. Dans certains cas même, on le recommence durant la même année , ou plusieurs années successivement.

Du reste, tous les préceptes relatifs à radrainistrationdu mercure s'appliquent également à celle des sudorifiques. Ainsi la saison, le climat, l'âge, le sexe, influent aussi sur ce traitement , principalement sur sa durée. Il exige plus de temps en été qu'en hiver, et dans les pays septentrionaux que dans les contrées méridionales. Il dure également plus long-temps chez les femmes que chez les hommes, parce qu'on ne peut leur donner des doses aussi fortes de médicamens. Enfin , lorsqu'il s'agit d'enfans à la mamelle , c'est ordinairement à la nourrice qu'on administre ces derniers, et, s'ils sont d'âge à les supporter eux-mêmes , on doit toujours en proportionner la dose à la foi^e de leur constitution.

Comme les mercuriaux, les sudorifiques ne sont pas toujours indiqués. On n'y a point recours dans les ma-

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ladies vénériennes récontes , notamment dans celles qui présentent un caractère inflammatoire bien décidé. Ils ne conviennent , dit-on , que contre les symptômes secondaires anciens, et surtout dans cette foule d'aflections des tissus cutané, fibreux et osseux , qui sont, pour la plupart, provoquées, entretenues, et sans cesse exaspérées par la persévérance opiniâtre avec laquelle on administre les préparations mercurielles et les excitans de toute espèce, telles que les ulcères consécutifs des membranes muqueuses, ceux de la peau, les taches et pustules cutanées, miliaires , lenticulaires, crustacées , les excroissances et prolongemens ccllulo-cutanés , les tumeurs glanduleuses lymphatiques que l'on appelle bubons secondaires , les gommes , les douleurs ostéocopes , les exostoses , les nécroses, les caries, l'atrophie des membres, le marasme, en un mot tous les symptômes qui constituent ce que l'on a nommé le second et surtout le troisième degrés de la syphilis.

Les, théories qu'on a imaginées pour expliquer leur mode d'action ne sont pas aussi nombreuses que celles auxquelles le mercure a donné naissance. Comme on les voyait presque toujours provoquer des sueurs , des flux d'urine ou des cours de ventre, on a conclu de là qu'ils guérissaient les maux vénériens en augmentant les sécrétions , doctrine qui eut d'autant moins de peine h s'inculquer dans les esprits, qu'on faisait généralement dépendre ces maladies d'une cause matérielle , à l'égard de laquelle on croyait que le plus sur, peut-être même l'unique moyen d'en débarrasser le corps , consistait à l'expulser par un émonctoire quelconque. Aussi n'avait-on guère de confiance en eux, lorsque, ce qui amvait sou-

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vonl, ils lie (Icicrminaicnl aucune évacuation sensible. Cependant, comme des faits anlhentiqucs établissent sans réplique que, dans celle dernière hypothèse, les bois improprement appelés sudoriliques, jïuérisscnl souvent trèsbien les maladies vénériennes, la théorie des anciens doit élre rejcléc, à part même toutes les objections qui s'élèv(;nt contre la cause matéi'ielle dont elle présuppose l'existence.

En étudiant avec soin l'action dugayac sur l'organisme, on reconnaît qu'elle consiste toujours en une stimulation bien manifeste. Si la décoction est légère, l'augmcntaliou de l'appétit, et la rapidité, la fi\cilité plus grandes de la digestion , annoncent assez que l'action vitale a reçu un surcroît d'énergie dans l'estomac. Mais, si l'on emploie une tisane pli^s chargée, les iri\adialions de la stimulation stomacale, jusque-là peu marquées, deviennent trèssensibles. Elles peuvent même être portées jusqu'au point d'accélérer le mouvement du cœur, et de causer un véritable accès de lièvre , que dénotent le pouls plus vif et plus fréquent, la chaleur plus développée, l'agitation, l'insomnie. Le plus souvent toutefois la décoction se borne à activer la sécrétion rénale , et h provoquer des évacuations copieuses d'urine. On n'observe presque jamais ces sueurs , que les anciens n'obtenaient qu'en excitant vivement la peau par l'application directe de la chaleur. Quelquefois, lorsqu'il existe une prédisposilion occasionellc, ce sont des hémorrhoïdes et d'autres hémorragies, une forte salivation, ou une violente céphalalgie, qui s'annoncent comme les ell'ets secondaires des sympathies de la suiexciialion gaslro-inteslinale. Dans certains cas, ejufm, comme le rapporte ïhierri de Héry, il survient des

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démangeaisons insupportables à la peau , des rougeurs érysipélaleuses, des dartres écailleuses, des tubercules ou des pustules au visage. Mais, même en agissant avec force sur le conduit alimen taire, legayacneprovoquepas toujours un développement insolite des sympathies de cet organe. Quelquefois sonaction demeure concentrée sur le canalluimême, comme l'annoncent les chaleurs dans la gorge, les ardeurs d'estomac, les coliques, la constipation opiniâtre et les déjections alvines abondantes qu'on observe chez divers sujets.

La gayacine est également excitante; comme toutes les résines, elle ranime l'action de l'estomac , purge légèrement, redouble l'énergie des reins, et porte quelquefois, mais rarement, à la peau.

On peut en dire autant de la salsepareille qui , suivant les doses, stimule légèrement l'estomac et augmente l'appétit, ce qui a fait dire à Gestoni, qu'elle était très-propre à engraisser les malades , ou irrite cet organe avec plus de violence, et détermine des vomissemens , des évacualions par le bas, des flux d'urine, de petites sueurs. Tous ces effets viennent d'être étudiés avec soin par M. Pallotla, qui les attribue à l'un des principes constituans de la salsepareille, par lui désigné sous le nom de parii2^line , et considéré comme appartenant h la classe des alcaloïdes, ou alcalis organiques.

Les bois sudoriliques sont donc, tantôt de simples Ioniques , tantôt de véritables excitans , comme l'avaient déjà dit Cesloni et Fordyce, et comme le reconnaît aussi ]\L Cullerier. C'est donc h leur propriété excitante qu'ils doivent, comme le mercure , la faculté de faire disparaître les symptômes vénériens , ou réputés tels. Ils méritent

Gao TRArxii;

<loiic il j'.isic; litre le nom île remèdes anli - vénériens , (jii'Aslrue, Fabre, Hunier, Bell, Boscjuillon, Swediaur et he.nueouj) d'autres leur ont contesté ou refusé. Cette épitlièle leurc()n\ienl même d'autant mieuxqueracliou préalable ou simuilanéc du mercure n'est pas nécessaire pour qu'ils procurent la guérison des accidens compris sous la dénomination collective de vérole constitutionnelle. Massa, Morgajîni, Fernel et M. Cullerier, nous ont transmis des observations constatant qu'ils ont guéri des symptômes syphilitiques sans la coopération du mercure , sans même que ce métal eût été Jamais administré, et ces faits précieux méritent d'être conservés avec soin, parce que, comme le disent judicieusement ]\1jM. Cullerier oncle et neveu, il est très-rare de trouver vierge, pour ainsi dire, de tout traitement mercuriel, l'un des états pathologiques qu'on désigne sous le nom de syphilis secondaire. Les sudorifiques ont réussi bien plus souvent encore dans des cas où le mercure avait été administré sans succès. Mais, de même que ce métal , ils ne réussissent pas non plus constamment, et quelquefois même ils exaspèrent les accidens. Tous ces phénomènes, qu'on se plaît à dire inexplicables, sont faciles à concevoir, comme je le prouverai dans le dernier chapitre de cette section.

DKS lîAI.Aim;» Vî^NKniI'NM'S. ()'il

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