‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnelChapitre 21 sur 48 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

i)K l'ammoniaque.

Pcyrillie, entraîné par les doclrines de l'huniorisme, <|ui lui faisaient croire tous les fondans de la lymphe propres à guérir la vérole, et attribuant cette propriété fondante à l'alcali volatil, imagina de l'employer dans les maladies vénériennes, contre lesquelles, à la vérité, il avait déjà été recommandé par Sylvius et par Lemery. Après divers tâtonncmons, il se décida pour le sous-carbonale d'ammoniaque. En \'j'jl\, il publia sa méthode de traitement, h l'aide de laquelle il assurait avoir guéri un grand nombre de malades atteints de symptômes variés , et dont voici la description sommaire.

Le malade étant préparé comme s'il devait être soumis aux frictions, c'est-à-dire par les purgatifs, les bains et les délayans, on lui administre une mixture, que Peyrilhe appelait infusion sudorlfque alcaline, et qui se prépare en faisant infuser à une douce chaleur, dans un vaisseau clos, pendant une heure, une demi-once de follicules de séné et quatre onces de feuilles de mélisse, dans une livre d'eau, prenant ensuite douze onces de cette infusion, les édulcorant avec quatre onces de sucre, et y ajoutant un gros ou un gros et demi de sous-carbonate d'ammoniaque purifié. On partage cette dose en quatie portions, dont le malade prend une le matin, à jeun, et une autre le soir, quatre ou cinq heures après son dîner. Pendant le reste de la journée, il boit abondamment une

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infusion de mélisse plus légère, dans laquelle n'entrent que deux onces de cette plante sur trois pintes d'eau. Pœlativement au régime, il doit éviter les. substances acides et les liqueurs spiritueuses. Ce traitement est suivi sans interruption pendant huit jours , après quoi l'on fait une pause de six, huit ou dix autres jours, pendant lesquels le malade est réduit à la seule infusion aromatique, dont on augmente un peu la force. A l'expiration du délai, on purge légèrement, pour recommencer aussitôt l'emploi de l'ammoniaque. Peyrilhe prescrit deux ou trois pauses et reprises semblables, séparées constamment par un purgatif. Dix-huit ou vingt jours d'emploi de l'infusion ammoniacée suffisent, suivant lui, dans le plus grand nombre des cas, pour opérer la guérison des gonorrhées, des chancres, des bubons, des périostoses, des dartres vénériennes, des douleurs nocturnes, etc. Cependant il recommande de la prolonger pendant un mois entier, lorsque les symptômes sont invétérés.

La dose prescrite de sous-carbonate d'ammoniaque \ n'est pas tellement invariable que la constitution du sujet n'y apporte souvent des modifications. Ainsi, au lieu de dix-huit grains par jour, quantité ordinaire,^ il faut quelquefois en donner jusqu'à vingt-cinq et trente, tandis que, dans d'autres cas, huit ou dix sont suffisans. L'impression plus ou moins forte que le sel fait sur l'organisme, sert de règle h cet égard.

Chacun sait que l'ammoniaque est un stimulant trèspuissant : son action tantôt demeure bornée à l'excitation qu'elle produit sur la membrane muqueuse gastro-intestinale, d'où résultent très-souvent la constipation, et parfois la diarrhée; tantôt se propage à d'autres appareils, no-

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laminent aux reins et à la peau, dont les fonctions redouI)lonl d'énergie. Cependant, malgré les éloges que Priiigle et beaucoup d'autres lui ont prodigués dans les anciennes douleurs arthritiques et rhumatismales, malgré les faits nombreux rapportés par Peyrilhe, et qui constatent son efllcacité, non dans toutes les maladies vénériennes, mais au moins dans quelques-unes, la routine et le préjugé se sont toujours opposés à ce qu'on enlre])rît des expériences suivi(!s j)0ur vérifier ce que ce dei'nier praticien avait avancé d'une manière si positive. « L'ammoniaque, dit M. Gullerier, peut être employée avec quelque succès dans les engorgemens lymphatiques chroniques, soit intérieurement, soit extérieurement; mais, comme antivénérien, nous lui contestons toute espèce de propriété. » Je pense, avec M. Lagneau, que ce jugement n'est pas sans appel; il a contre lui et la théorie, et les observations de Peyrilhe, et l'analogie; c'est plus qu'il n'en faut pour le rendre passible d'une nouvelle révision.

Le sous-carbonate d'ammoniaque faisait la base du remède secret que Velnos débitait jadis sous le* nom de syrop végélal. L'ammoniaque pure et liquide enire aussi, à la dose d'un demi-gros par pinte, dans le sjrdp dépuratif de Majauh, qui est une décoction sucrée de saponaire, d'arnica, de ményanthe, de fumeterre, de genièvre , do s([uine, de fleurs de sureau, de gayac, de sassafras et de pied de veau, dans du vin rouge, et dont on fait prendre depuis deux gros jusqu'à une once et demie.

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