‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnelChapitre 27 sur 48 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

DU TRAITEMENT DE l'urÉTRITE AIGUË.

La nature peut triompher seule de toute inllammalion aiguë de l'urètre que n'accompagne aucun autre désordre dans l'économie animale. C'est même ce qu'elle Ifjit dans un grand nombre de cas, lorsque les circonstances sont favorables, et que le malade observe exactement le régime diététique qu'on lui a prescrit. Hunter a pu s'en convaincre chez un, certain nombre de malades auxquels il ne fit prendre, pour tout remède, que des pilules de mie de pain , et qui guérirent aussi bien que les autres. La marche que celle affeclion suit, quand on l'abandonne h elle-même, ressemble à celle du coryza, qui toujours se termine spontanément d'une manière heureuse , à moins que des circonstances défavorables , telles que des alternatives fréquentes de chaud et de froid , ne prolongent sa durée pendant des semaines et des mois entiers. Lorsque le malade est bien constitué, qu'il ne commet aucune imprudence , et qu'il mène une vie régulière , on peut compter, comme le dit Bell , qu'il guérira sans le secours de la médecine, ainsi qu'on le voit dans le coryza et dans tous les autres écoulemens de matière engendrée par une surface enflammée. Eu général , alors, l'inflammation tombe au bout de huit ou dix jours , et se termine en trois semaines ou un mois. Ce n'est que dans des cas rares , et par un concours d'influences particulières , qu'elle s'écarte de cette marche simple , qu'elle se complique d'autres accidens , et qu'elle se prolonge audelà de ses limiles ordinaires. Aussi le principal objet

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doit-il être de taire observer le régime approprié h l'inflammalion, surtout durant le premier période, parce qu'alors le second en <levient d'autant moins grave et moins long. La vérité de ces assertions est tellement reconnue qu'on a été jusqu'h dire, et peut-être avec raison, que les inlhmités qui s'observent si fréquemment à la suite de l'urétrite, proviennent moins de la nature de l'inflammation elle-même , que des méthodes de traitement qu'on a mises en usage contre elle. Aussi Fabre , après avoir été pendant long-temps enthousiaste de la médecine active, dans l'inflammation de l'urètre , fînit-il par changer de sentiment , et par faire cet aveu remarquable dans la bouche d'un partisan si déclaré de la spécificité de la cause morbifiquc et du mercure : « Je me borne au régime , aux bains, aux tisanes rafraîchissantes, recommandant le repos et la tranquillité : je ne mets pas plus d'importance au traitement. Voilà tous les secrets de l'art dans cette maladie. »

On ne doit cependant pas conclura de là , avec Hunter , qu'il est rare que les remèdes soient de quelqu'utilité dans l'urétrite, et que peut-être ils ne sont réellement avantageux qu'une fois sur dix. L'expérience parle trop haut pour qu'on puisse accueillir une semblable proposition , qui n'était admissible qu'à l'époque où des idées prises dans les écoles de Stahl , inculquées par Svdenham , et accréditées ensuite par Boerhaavc , ayant fait considérer l'écoulement comme une sorte de crise, on croyait absolument nécessaire do le laisser s'épuiser de lui-même, pour prévenir le danger d'une infection générale , et l'on ne supposait pas qu'il fut possible de guérir la gonorrhée avec promptitude et sûreté à la fois.

G()() rnAiTÛ

Tous les médecins savent aujourd'hui, non sculemenl qu'il esl possible, mais encore qu'il est avantageux, de raccourcir, autant que possible, la durée de l'urétrile , et que , comme l'a dit Bosquillon, si le but de l'inflammalion était d'évacuer une matière morbifique , les écoulemcns abondans devraient avoir des suites moins fàcheuses que les médiocres , et abréger le cours de la maladie, tandis qu'on observe en général le contraire, circonstance qui suffirait seule , quand bien même le raisonnement ne viendrait pas h son appui , pour démontrer que la quantité de la matière qui sort ne dépend pas de colle d'un prétendu principe morbifique , qui ne frappe aucun de nos sens, mais de l'étendue de l'inilammation ou du degré de surexcitation des parties alTcctées.

Méthode antipklogistiquc. — La saignée générale, si rarement employée , est nécessaire dans un grand nombre de cas. Aslruc en avait bien reconnu les avantages, puisqu'il assure qu'elle doit souvent être aussi prompte et aussi copieuse que dans la péripneumonie et la dysenterie. On doit y recourir, sans hésiter, chez les sujets pléthoriques, robustes, habitués h un régime très succulent , quand la constitution épidémique favorise les maladies inflammatoires, lorsque l'inflammation est violente, le pouls plein et accéléré, la langue sèche, ainsi que la peau , et qu'il y a de la soif. Elle n'est pas moins utile dans le cas de suppression totale des urines, quoique divers auteurs conseillent de recourir alors, de préférence, aux caïmans et à l'introduction des soudes. Mais , dans toutes les circonstances, elle doit être secondée par les saignées locales , c'est-à-dire par une application de six ,

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douze , quinze ou vingt sangsues , le long de la verge , au périnée, ou autour de l'auus, que l'on réitère plus ou moins souvent selon que les accidens sont plus ou moins opiniâtres. Du reste , il est si peu vrai qu'un écoulement chronique soit la suite inévitable des émissions sanguines, qu'au contraire on n'a fréquemment pas d'autre ressource pour arrêter ceux qui , chez tant de malades , succèdent à l'emploi des autres méthodes de traitement.

L'utilité des applications émollientes n'est point équivoque. Quelquefois on ne peut se dispenser la verge, et même toutes les parties génitales, d'un large cataplasme de farine de lin , qu'une vessie pleine d'eau chaude, conseillée par Hippocrate , remplacerait souvent avec avantage. Les bains entiers et les demi-bains tièdes sont également fort utiles, mais on ne doit peutêtre pas en dire autant des bains locaux du membre viril, dans l'eau ou le lait tiède. Ces bains ont l'inconvénient, suivant la remarque de Ilecker, d'attirer une plus grande quantité de sang vers l'organe. Cependant ils sont utiles, quand on ne les prodigue pas, comme moyen d'entretenir la propreté , qu'on ne doit jamais négliger, malgré le peu d'importance que Hunter y attache , parce qu'il est clair que si l'écoulement a la propriété de communiquer la maladie aux autres, il peut tout aussi bien irriter le gland et le prépuce du malade lui-même, et y faire naître de la phlogose ou des ulcérations. C'est, du reste, un préjugé sans fondement que celui qui lait croire qu'on diminue l'ardeur d'urine en urinant tandis que la verge trempe dans le vase.

Les injections adoucissantes, huileuses ou mucilagineuses, en vogue surtout chez les Arabes, ont trouvé beau-

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coup (le partisans aussi parmi les modernes. On a recommandé d'injecler une dissolution de gomme arabique , un mélange d'eau et de lait, de l'huile d'olives tiède, de l'émulsion d'amandes , du lait de chèvre, de l'eau de frai de grenouilles, l'infusion de guimauve, la décoction de graine de lin , le mucilage de psyllitmi ou de coing, etc. On prétendait que ces diverses liqueurs, après avoir enlevé la matière morbifique, laissaient à sa place un enduit mncilagin(uix et doux, qui mettait le canal h l'abri 4^ l'acrimonie de l'urine. Mais , loin d'apaiser toujours la phlogose , ces injections la rendent souvent plus ilxe et plus durable, non pas, ainsi qu'on l'a dit long-temps , d'après Bell , en relâchant les parties , car on ne conçoit pas que le relâchement ou l'atonie produise un surcroît de sécrétion , qui ne peut avoir lieu sans un afllux plus considérable du sang et sans une augmentation de l'activité sécrétoire , mais en laissant subsister un certain degré d'irritation, car les émoUiens sont eux-mêmes des irritans légers , ne fut-ce que parce qu'ils agissent comme corps étrangers. On sait , en effet, que les liquides les plus doux irritent la conjonctive enflammée. D'ailleurs les injections sont impraticables quand une inflammation plus ou moins vive s'est emparée des lèvres du méat urinaire, car elles ne feraient alors qu'accroître l'irritation, et la plupart des malades ne pourraient même pas les supporter.

11 est inutile de changer la tisane à chaque période, mais on doit consulter le goût du malade h cet égard , et lui prescrire plusieurs boissons , entre lesquelles il puisse choisir quand une le dégoûte. L'eau de source pure, l'eau coupée avec du lait, l'eau paziéc , l'infusion des

fleurs de mauve ou de guimauve , celle de pariétaire , de cynoglosse , de laitue , une lég^re décoction de lin , de chenevis , de chiendent, d'orge perlé, de saponaire, de gruau d'avoine , de racine de guimauve ou de fraisier, édulcorée avec le miel , le sucre, ou la réglisse, le petitlait , le bouillon de veau , de poulet, de grenouille , l'eau édulcorée avec les syrops d'orgeat , de capillaire , de gomme arabique, la tisane de bardane ou la décoction légère de salsepareil-le, etc. , telles sont celles entre lesquelles on peut opter, et qui conviennent toutes également, pourvu qu'elles ne soient prises ni trop chaudes, ni eu trop grande quantité à la fois. Il ne faut cependant pas perdre de vue une remarque fort impoitante de Hunter à l'occasion des tisanes mucilagineuses. « On recommande, dit-il, les mucilages végétaux de certaines semences et plantes, ainsi que les gommes émolîientes. Mais ce précepte n'est fondé que sur une idée prise de la mécanique, et aucun de ces remèdes, sous ce point de vue, ne peut être d'aucune utilité. Tout l'avantage qu'on en relire nous semble principalement venir de la grande quantité d'eau qu'on boit. C'est pourquoi, si, à l'exception des liqueurs spiritueuses, l'on ajoute à l'eau quelque substance qui puisse exciter le malade à boire librement, on peut être assuré de réussir également. » J'aLouterai qu'il n'est pas rare de voir les tisanes gommeuses, mucilagineuses et sucrées finir par causer des pesanteurs d'estomac, des dégoûts, des nausées, en un mot les symptômes d'une irritation légère des voies digestives, qu'on doit toujours s'abstenir de provoquer lorsqu'on a jugé à propos de se renfermer dans les limites de la méthode antiphlogistique.

Par la mcnie raison, on doit veiller h ce que le malade ait le ventre libre, et aille au moins une fois h la selle loules les vingl-qualre heures. Le régime végétal suffit déjà, en grande partie, pour obtenir ce résultat. On le seconde encore par les lavemens émolliens. Mais il faut s'abstenir de ces doux laxatifs qui, dit-on faussement, évacuent les intestins sans y causer d'irritation, particulièrement les sels neutres, tels que le sulfate de potasse, dont on se montrait autrefois si prodigue, parce qu'on le croyait rafraîchissant. On se gardera bien, dit Stoll , d'employer les purgatifs, même les plus doux, car il n'en existe aucun qui n'accélère au moins un peu le mouve ment du sang, et. qui, par \h même, n'augmente l'inflammation.

Méthode révulsive. — On a vu des écoulemens par l'urètre s'arrêter à l'apparition d'un chancre et d'un phimosis très-inflammatoires, après des onctions mcrcurielles sur le gland, à la suite d'excès avec les liqueurs fortes, après un refroidissement de la peau ayant pour résultat un coryza, pendant le cours de maladies fébriles, et dans une multitude d'autres circonstances analogues. Ces faits conduisirent les charlatans h prescrire, conmie étant susceptibles d'une application générale, des moyens qui avaient réussi dans certains cas, dont ils ne se donnaient pas la peine d'étudier les particularités individuelles. Les médecins s'emparèrent ensuite de ce mode de traitement, suggéré par le hasard et généralisé par l'empirisme. Ils lui ont donné , dans ces derniers temps surtout, un degré surprenant d'extension, et l'ont appliqué indistinctement à tous les périodes de l'urétrite, tandis que, naguère encore, on ne l'employait que dans le dernier, après

UliS MALADlliS VÉîSiuililNMiS. ''hJ')

la chute de l'inflammation. La méthode révulsive met en usage un assez j^rand nombre d'agens , parmi lesquels les plus important h connaître sont les suivans ;

ï°. Les diurétiques. La routine a consacré l'usage d'ajouter h chaque pinte de tisane dix h douze grains de nitrc, que l'on regarde comme le diurétique par excellence. Cette addition paraît reposer sur l'opinion dans laquelle ou a été pendant long-temps, que les diurétiques cnjportent la matière vénérienne par l'action mécanique qu'ils exercent sur les voies urina ires, peut-être même aussi sur celle qu'ils attaquent cette matière d'une manière spécifique , et la détruisent entièrement. Ilunter Tait remarquer, à cet égard, que si les diurétiques produisent une grande sécrétion d'urine, ils font du bien, mais que l'on peut remplir beaucoup mieux cette vue par l'eau pure ou mêlée de quelque substance qui encourage le malade k boire beaucoup. Le nitrate de potasse exerce sur les voies digestives une action irritante, dont personne ne doute depuis qu'on a reconnu que ce sel mérite une place parmi les poisons, et dont l'accroissement de la sécrétion urinaire n'est pas le résultat constant, parce que les stimulations de l'estomac et de l'intestin grêle ne sont point ton jours partagées par les reins, et que nous ne possédons aucun moyen à l'aide duquel nous puissions mettre Infailliblement cette sympathie en jeu. D'ailleurs, comme le dit fort bien Nisbetl, l'augmentation du cours de l'urine (!st nécessairement le résultat d'une augmentation de i'actioii des organes sécrétoires, qui synqjathisent eux-mêmes avec le siège de la maladie. Or il peut aussi bien se faire que celte stimulation nuise, qu'elle soit utile; tout ici dépend

GljG ïU.ViTt:

des circonstances indivicluclles, que l'on semble toujours perdre de vue lorsqu'on établit des propositions générales, tandis qu'en médecine, plus que dans aucune autre science physique, on devrait les avoir sans cesse sous les yeux, parce qu'en dernière analyse, c'est à guider la manière dont il faut agir sur des individus que les préceptes généraux sont destinés.

Quoique Quarin eût guéri, en peu de jours, une gonorrhée accompagnée de douleurs considérables par une décoction de guimauve nilréc, dont le malade buvait une si grande quantité que, dans l'espace de vingt-quatre heures, il prit huit livres de celle décoction et une demionce de nitre, il recommande cependant de n'employer ce sel qu'avec prudence, parce que, quand on le donne h grande dose, ou quand on ne tempère pas assez son activité par les adoucissons, il irrite et peut même causer le pissement de sang, comme Tode l'a observé. C'est pourquoi Quarin prescrit d'y renoncer entièrement lorsque le malade éprouve une strangurie considérable, ou quand il ressent de vives douleurs en urinant. Ou voit donc que tout ce qu'on a dit des autres révulsifs a été également appliqué au nitre.

2°. Les purgatifs. On a administré les uns, tels que le sulfate dépotasse, dans l'idée qu'ils étaient rafraîchissans, et les autres parce qu'on les croyait propres à éliminer la matière morbifique, à l'attirer au dehors. Leur usage se fonde sur ce qu'il y a des cas dans lesquels on voit un fort purgatif se montrer utile, et même procurer une guérison définitive. Malgré les éloges doifnés aux drastiques par Sydenham, qui disait, en parlant d'eux , Cura-

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ttonis omnis or do in remediis catharticis vertitur, de Boerhaave, qui les prodiguait sans mesure dans l'espoir d'évacuer à la fois et la graisse et le virus vénérien , enfin de Van Swieten, qui n'en était pas plus avare que son maître , les médecins n'y ont presque jamais recours aujourd'hui. Bien loin de \h même, la plupart des auteurs modernes prétendent que les autres substances révulsives, notamment les résines, ne guérissent pas l'urétrite lorsqu'elles déterminent la purgation. Cette assertion est dénuée <le tout fondement. On a vu les purgatifs diminuer et augmenter la phlegmasie urétrale; chez les uns ils la suppriment, ch( z d'autres ils l'agravent, et chez d'autres encore ils eu rappellentMous les symptômes quand le malade se croyait guéri depuis long-temps. La même variété d'effets s'observe h la suite et de la diarrhée et de la constipation, qui sont tantôt favorables, tantôt nuisibles à l'inflammation de l'urètre. Hunter, dont quelques esprits serviles ont copié les idées et paraphrasé les paroles, demande, à cette occasion, comment on peut concevoir qu'une irritation 'produite le long du canal intestinal guérisse une inflammation de l'urètre? Quelques lignes plus loin, il se charge lui-même de la réponse, après avoir rapporté l'histoire d'un homme guéri presque immédiatement d'une gonorrhée par dix grains de calomelas, qui le purgèrent avec violence. Le mercure doux, dit-il, n'a pas agi spécifiquement dans ce cas, mais par une espèce de dérivation, c'est-à-dire en guérissant, par une irritation produite dans une partie, celle qui subsistait dans une autre. C'est ainsi que les esprits, même les plus prévenus, sont souvent ramenés, en quelque sorte malgré eux, vers la vérité.

5° Los narcotiques , tels que les pilules de cyno^losse, et SMiiout Vopiani , ont été vantés dans tous les cas où rinlhinnnalion urélrale s'accompagne de dotdeurs trèsvives. On est alors dans l'usage d'ajouter douze h vingtqualre goullos de laudanum liquide dans la tisane , ou de faire prendre depuis un demi jusqu'à un grain d'opium , soit seul , soit mêlé avec le double de camphre ou de musc. Girtanner se loue beaucou|[) d'une potion préparée avec une dem;-ouce d'eau de menthe poivree et douze gouttes de teinture théhaïque qu'il administrait dans de l'eau, le soir h. l'instant du coucher. Personne n'ignore qu'il s'en faut de beaucoup que l'opium pris à l'intérieur agisse toujours comme calmant, et que, dons beaucoup de cas , il produit précisément l'effet contraire. Tous les praticiens ont pu se convaincre, avecHunter , que les lavemens opiacés , après avoir été utiles dans les premiers momens , déterminent quelquefois la fièvre, ou l'augmentent si elle existait déjà , de manière à agraver tous les symptômes. Les émissions sanguines locales et les bains partiels et généraux sont les meilleurs caïmans qu'on puisse employer ; ils ne manquent jamais leur effet.

4° Le camphre. Cette substance, tant vantée par Hofmann, Astriic et une foule d'autres écrivains, est d'un usage presqu'aussi répandu que le nitre, et passe pour un très-bon moyen d'apaiser les érectionsqui tourmenlenttaiit les malades. On en donne ordinairement dix à douze grains dans six ou huit onces d'émulsion commune, qu'on édulcore avec une demi-once de syrop d'opium. On l'administre aussi avec l'opium, dans la proportion de trois grains sur quatrede cedernier. On a également proposé d'ensaupou-

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drer les cataplasmes. L'action calmante qu'on attribue au camphre n'est jamais qu'indirecte, et consécutive ii l'irritalion bien manifeste qu'il détermine dans les premières Toies , ou dans lé gros intestin si c'est par la voie des lavemcns qu'on l'a administré. On ne doit pas croire, par conséquent , que le camphre soit un sédatif infaillible , ni même qu'il présente plus de chances de succès qu'une foule d'autres médicamens propres à exciter ailleurs une irritation qui contrebalance celle de l'urètre. Les résjjllats de son action sur la membrane muqueuse gastro-intestinale sont subordonnés h l'état de cet organe et aux idiosyncrasies du sujet, proposition d'autant plus vraie , qu'on a vu quelquefois le camphre , loin de produire un cfTet réfrigérant , déterminer des érections chez les vieillards.

5°. Le mercure. Rien n'est plus contradictoire que ce qui se trouve dans les livres relativement à l'emploi du mercure dans l'urétrite. Pendant long-temps on n'a pas connu d'autre remède, et, après qu'on l'avait continné durant l'espace de temps fixé par la routine , on déclarait le malade guéri , quoique tous les accidens locaux subsistassent encore fort souvent. On n'avait alors en vue que de détruire leprétendu virus vénérien, et, quand on croyait l'avoir déraciné, on abandonnait le reste à la nature. Aujourd'hui , il est presque généralement admis que le mercure ne procure aucun avantage dans la gonorrhée , et que , dans la plupart des cas , il la rend opiiiiàti-e et rebelle, en la faisant passer à l'état chronique. Mais, si on l'a banni du traitement curatif , beaucoup de médecins le croient indispensable pour prévenir lé déve-

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lopjH'incnl possible de la vérole conslitulionnelle. Ces deux idées iiiérilenl d'êlre examinées.

Coimne les autres révulsifs le mcrciire peu!, nuire dans l'urélrile , mais il peut aussi être utile dans cette phlegniasie. Sans parler des autres circonstances, qui lui sont communes avec tous les agcns compris dans la même classe, le mode d'adniinislralion influe beaucoup sur les résultats. Ainsi , presque constamment , les frictions merr cnrielles exaspèrent l'inflanimaiion urélrale , parce que , chez le plus grand nombre des sujets, elles provoquent une fièvre artificielle, une surexcitation du système vasculaire, qui est toujours une condition défavorable. Mais le même reproche n'est point applicable aux préparations mercurielles administrées à l'intérieur avec prudence. J'ai vu souvent le deulo -chlorure de mercure accélérer, d'une manière bien sensible , la guérison de l'urétrite , lorsqu'il était prescrit vers la fin de la maladie, et, quoique je ne le considère pas comme un moyen recommandable en pareil cas, il est certain qu'on a élé trop loin en lui refusant loule vertu curalive.

Quant à la prétendue propriété de prévenir l'infection générale , j'ai déjà eu occasion de dire que les révulsifs, sans excepter le mercure , ne s'opposaient pas toujours au développement des accidens secondaires, et que fort souvent même ils en occasionnaient qui ne se seraient point manifestés si l'on s'était abstenu d'y recourir. D'ailleurs, quoiqu'il éclate parfois, dans le cours ou à la suite de la gonorrhée , quelques-uns des symptômes qu'on est convenu d'appeler constitutionnels , ce cas est si rare qu'on se trouve en droit de répéter , avec M. Vacca Berlinghicri , qu'il ne faut pas tourmenter sans nécessité

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quatre-vin^l-dix-hull individus sur cent , pour deux qui pourront réellement contracter la vérole, a II n'y a certainement pas de praticien , dit Bell , qui , ayant h traiter une plaie simple , une coupure , une brûlure , ou une écorchure produite par une cause quelconque, songe à employer le mercure , les purgatifs ou d'autres remèdes propres à agir sur la constitution. L'on ne compte , dans toutes les affections de ce genre , que sur les topiques , à moins que la lièvre , ou quelqu'autre maladie générale, ne rende d'autres remèdes indispensables. On^ doit, par la même raison, dans la gonorrhée , employer uniquement les remèdes qui agissent principalement sur les parties affectées. Ce sont les seuls utiles. La saignée néanmoins et les autres évacuations peuvent devenir accidentellement nécessaires , dans le cas seulement de fièvre , de pléthore , ou d'inflammation considérable. »

Sans aller aussi loin que Bell , et sans recommander presque exclusivement , conmie lui , une médecine à peu près expectante, dont l'impatirnce et l'indocilité de la plupart des malades s'accommodent si peu , on ne doit pas hésiter à proscrire ces douze ou quinze frictions prophylactiques sur les côtés de la verge , avec la pommade de Cirillo ou avec l'onguent napolitain , que iMM. Delpech et Marjolin emploient concurremment avec les révulsiis à l'intérieur, et qui peuvent très-souvent contrarier l'action de ces derniers, .l'ai traité un nombre trèsconsidérable de gonorrhées sans donner jamais un atome de mercure; la cure n'en a été ni plus lente, ni moins solide, et h peine ai-je remarqué, dans quelques cas, de légers accidens consécutifs, dont l'origine aurait pu d'ailleurs fournir matière h contestation. Quoi qu'il en

soil,N(lans l'état actuel do nos connaissances, comme les mercurianx n'ont .point encore été adniinislrés avec succès durant le période d'acuité de l'urélrilc, si l'on voulait absolume^nt y recourir, ce devrait être seulement vers la fin de l'inflanimation, alin de ne point l'augmenter et de ne pas entretenir l'écoulem.'nl. Les lois bien connues de la révulsion ne permettent plus de rester dans le doute qui tourmentait l'esprit de Hunter quand ce praticien disait qu'il est impossible de fixer l'époque h laquelle on doit commencer le traitement mercuriel. Mais, d'un autre côté, les progrès de la médecine rationelle condamnent la conduite de ceux qui le prescrivent machinalement h une époque ou h une autre, tout en convenant que le mercure a presque toujours la propriété d'augmenter les flux gonorrhoïques. Il n'est pas de malade qui à la guérison apparente, et purement »îora/e, que lui promet l'empirisme, ne préfère la guérison évidente et physique que lui procure une méthode calculée d'après les lois générales de l'organisation.

6°. Les résines. Le baume de Tolu et celui c^tt Pérou, larésine de gayac,\a térébc?ithine de Copahu, celle de Denise et celle du Canada, telles sont les substances résineùses que l'on a mises en usage dans l'urétrile, et qui, après avoir été long-temps réservées pour les cas chroniques, sont, depuis un certain nombre d'années, conseillées à toutes les époques de l'inflammation indistinctement. Je n'insisterai ici que sur les térébenthines de Copahu et de Venise, la cherté et la rareté des deux baumes ne permettant pas de les employer souvent. La résine du Canada n'est presque point usitée non plus^ et celle de gayac est tombée tolab nient dans l'oubli, malgré

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