DF.S MALADIF.S VI^NKRIENNF.S
les éloges de jMusitanus, et surtout deHcrmann, qui l'avait presque érigée en spécifique.
En 1800, J\I. Anslaux fut conduit, par le hasard, à administrer, dès les premiers périodes de l'urélrite (i), la potion balsamique que Chopart avait recommandée seulement contre cotte phlegmasie passée à l'état chronique, et dont l'espèce de térébenthine, improprement appelée baume de Copaliu , fait la base (2). Il réussit
(1) Le passage suivant de Bell, quoiqu'il ne s'applique qu'au cas dans lequel 1 inflammation a dépassé les limites de l'urètre , et scst étendue jusqu à la vessie , démontre que ce praticien soupçonnait déjà l'utilité des l'ésines liquides à haute dose , dans les phlegmasies aiguës des voies uriuaires : « Les baumes du Pérou et du Canada, dit-il , sont utiles dans cette circonstance ; mais on ne peut en attendre de grand's avantages qu'autant qu'on les prescrit à des doses plus fortes qu'on ne le fait communément. On ne doit même eu régler la quantité que d'après l'état de l'ci-tomac. Ces remèdes sont toujours si iunocens qu'on jjcut , daiis'tous les temps , en faire prendre autant que ce viscère est capable d'en supporter. «Bell ne s'exprimait pas plus vaguement tpie ne le font certains médecins du jour, qui voudraient nous ramener au pur empirisme, c'est-à-dire à la plus absurde des règles de conduite , en admettant même qu'on donne le nom dérègle au hasard. Swediaur parle aussi d'un jeunehomme qui, ennuyé de la durée d'un écoulement habituel des plus opiniâtres, avala d'un trait deux ou trois onces de baume de Gopahu, et fut guéri. A la vérité , il s'agit ici d une urétrite chronique ; mais tous ceux qui out observé sans prévention avouent que le baume de Copahu ne réussit qu'autant qu'on a commencé par apaiser l'inflammation locale et ses irradiations sympathiques.
(2) \oici la formule de celte potion célèbre : Eau distillée de menthe, esprit de vin, baume de Copahu, syrop de capillaire, de chaque, deux onces; eau de fleurs d'oranger, une once; esprit de nitre dul'cifié, deux gros. On en prend deux cuillerées à bouche le matin , une à midi, et une le soir, ce qui fait un peu nioins d'une once par jour.
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dans lin assez grand nombre de cas. Cependant il avoue que la polion produisit, chez quidques sujets, des accidens qui forcènwit h en suspendre l'usage. Ainsi il l'a vue augmenter l'irritation et la douleur lorsque l'inflammation <^tait très-intense, et déterminer des maux de tête, des vertiges, chez les individus d'une complexion nerveuse. Il ajoute que , quand la fluxion est parvenue à son état, l'administration du baume de Copahu ne lui a pas paru suivie des mêmes avantages, et que, le plus souvent alors, l'écoulement diminuait sous son influence, pour reparaître ensuite avec la même abondance qu'auparavant. Enfin il convient que celte substance a complètement échoué chez certains individus.
Suivant M. Ansiaux , le baume de Copahu donné h petites doses excite seulement les organes urinaires , tandis qu'h dose phis forte il agit h la fois sur ces organes et sur l'appareil digestif. Il regarde comme certain que cette substance ne se comporte pas simplement à la manière des aulres purgatifs, parce qu'en même temps qu'elle procure des déjections alvines, elle imprime des changemens remarquables h l'urine, qui devient plus abondante, perd une partie de son àcreté, et acquiert une odeur de violette très-prononcée.
Ainsi les opinions théoriques de M. Ansiaux reposent sur ce que l'urine change d'odeur et devient moins acre, c'est-à-dire sur ce que ce liquide subit évidemment une modification dans ses qualités, et probablement aussi une dans sa composition. Mais il n'y a rien dans la première de ces deux circonstances, qui dislingue le baume de Copahu des aulres purgatifs, puisque, d'après les nouvelles expériences qui ont élé faites sur l'absorption, on
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sait que le principe colorant de la rhubarbe, par exemple, passe dans l'urine. Or un changement de couleur, qui, cependant, n'a fail naître dans l'esprit de personne l'idée de retirer la rhubarbe de la classe des purgatifs, pour la placer dans celle des prétendus spécifiques, n'est, sans contredit, pas moins remarquable qu'un changement d'odeur, tel que celui qu'occasionent les térébenthines. Quant à la prétendue diminution de l'àcreté de l'urine, on ne l'admet pas d'après l'exploration des qualités inhérentes au liquide lui-même, mais uniquement parce que le malade éprouve moins de douleur en expulsant ce dernier. Or il est bien plus rationel d'attribuer cet allégement à l'influence dérivative de la stimulation exercée d'une manière directe sur les voies gastro-intestinales , et d'une manière sympathique sur les reins , influence qui, avant de dissiper l'irritation fixée sur l'urètre, doit nécessairement commencer par l'alTaiblir. Cette explication est même d'autant plus plausible que, quand le baume de Copahu n'exerce pas une action salutaire, ou, en d'autres termes, quand il n'opère pas une révulsion, on voit, en général, la sensation causée par la sortie de l'urine devenir plus désagréable, au lieu de s'adoucir, c'est-h-dire l'irritation urétrale s'exaspérer, et non pas le liquide lui-même acquérir une plus grande âcrelé, car, si l'on voulait prétendre que ce dernier efi'et a lieu réellement, il faudrait supposer au baume de Copahu la singulière propriété de rendre, par lui-même, l'urine tantôt plus et tantôt moins acre, suivant les circonstances.
En i8o4, M. Piibes, qui n'avait pas eu connaissance des essais de M. Ansiaux, appliqua aussi ac traitement de l'urétrile aiguë le bauiiîe de Copahu à haute
dose , qu'il emploie aujourd'hui sans hésiter <lans tous les étals de la phleguiasie, et lorsqu'après la cessation spontanée ou accidentelle de l'écoulement, on voit se manifester un symptôme quelconque qui paraît dépendre de cette suppression, ou seulement qu'on peut soupçonner en être la suite. Il le recommande par conséquent dans les maux de tête, les douleurs d'oreilles, l'oplithalmie, les inflammations légères de la membrane muqueuse des voies aériennes, l'oppression et les douleurs de poitrine, la difliculté de respirer, la toux violente, l'expectoration muqueuse abondante, le goufloincnt du genou, l'engorgement des glandes de l'aine, la tuméfaction du testicule, l'engorgement douloureux du corps caverneux de la verge et de l'urètre qui simule le priapisme, la dysurie, la strangurie, la chaudepisse cordée, l'engorgement de la prostate, l'inflammation de la vessie, la néphrite, les catarrlies vésicaux récens, les écoulemens muqueux ou puriformes des bords des paupières , les irritations de la membrane interne du larynx accompagnées de toux trèsrebelles, en un mot dans tous les accidens qui peuvent survenir pendant la durée, après la cessation brusque et quelque temps après la guérison de l'iirétrite aiguë, ainsi que dans tous les périodes de cette phlegmasie, sans parbîr d'une multitude d'autres aftectioiis contre lesquelles il le préconise encore, car il en a presque fait une panacée. Il en donne depuis trois gros jusqu'à une once, une once et demie et même deux onces, dans l'espace de vingl-qualrc heures, et prescrit d'en continuer l'usage durant dix ou douze jours après la guérison, sans quoi l'écoulement reparaît. Il ne parle ni de contre-indica lions de celle substance, ni d'accidens qui peuvent résuller de
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son emploi, quoiqu'il avoue que certaines gonorrhées lui résistent, à quelque dose et de quelque manière qu'on l'administre. Du reste, il ne hasarde aucune explication , aucune vue théorique.
Cette marche n'est pas celle qu'a suivie M. Delpech, autre partisan de l'administration du haume de Copahu à hautes doses, qui le recommande dans un nombre non moins considérable d'alFections causées par l'urétrite, ou du moins attribuées h son influence, mais qui s'est attaché h distinguer les cas dans lesquels on peut compter sur cette substance de ceux dans lesquels il est à craindre qu'elle ne nuise, ou même à peu près certain qu'elle le fera. « Si, dit-il, les douleurs sont très-vives, si des érections fréquentes sont accompagnées d'une cordée trèsprononcée et de douleurs intolérables, s'il y a de l'insomnie et de la fièvre, s'il se manifeste quelque tuméfaction particulière le long du canal, nous faisons pratiquer d'abord une ou deux saignées, ou bien, selon l'état de la fluxion, nous faisons appliquer quelques sangsues, soit à l'anus, soit sur la verge elle-même. Faute de ce soin, nous avons vu des abcès survenir, et leur ouverture se convertir en fistule urinaire. S'il existait une complication, comme un état bilieux, par exemple, nous procéderions d'abord aux évacuations convenables. Par là, d'une part on simplifie la maladie, d'autre part on met les voies digcstives en état de digérer le baume de Copahu, qu'elles ne supporteraient pas sans inconvénient dans l'état morbide. Si l'inflammation ne paraît pas excessive, et s'il n'existe aucune affection concomitante, qui réclame la priorité des soins, quoi qu'il en soit d'ailb'urs, nous prescrivons le baume de Copahu à la dose
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d'un gros malin et soir, nous réservant de l'augmenter s'il y a lien. Nous le portons à un gros et demi, deux ou trois fois par join*, el h deux gros par dose, s'il est nécessaire, selon la sensibilité des organes du malade et la ténacité de l'affection. Il est des personnes qui supportent les plus fortes doses sans inconvénient; mais il est rare que d'aussi grandes quantités ne produisent pas un effet purgatif, <'l cet effet nuit à la propriété anligonorrhoïque. L'observation démontre que, quand le remède purge, i* détourne bien en partie l'écoulement, mais ce n'est jamais que d'une manière passagère, et avec une fatigue et un affaiblissement considérables et inutiles. » Cette dernière assertion est inexacte ou du moins trop généralisée. Ce que j'ai dit précédemment, à l'occasion des purgatifs en général, le démontre assez. D'ailleurs je me suis convaincu plusieurs fois que l'efficacité du baume de Copalîu no ccmmençait à se manifester que quand il produisait la purgation, quoique je sois fort éloigné de croire ce résultat indispensable pour le succès.
Lorsque le baume agit comme purgatif, MM. Ribes et Delpech associent h chaque dose un quart de grain ou un demi-grain, rarement un grain entier d'opium, et le donnent une heure avant le repas afin d'éviter les effets du narcotisme par rapport à la digestion. M. Delpech fait remarquer que, quand cette résine est digérée sans accident, et à dose suffisante, le second ou le troisième jour se passe rarement sans quç les douleurs s'apaisent : l'écoulement diminue quelquefois dans des proportions très-grandes; dès le premier jour même, la cordée et surtout la fréquence des érections éprouvent un amendement sensible. 11 ajoute que celte amélioration subite du
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premier moment est toujours plus difficile h souteuir qu'à produire, qu'au bout de huit ou dix jours au plus tous les symplomcû sont dissipés , mais qu'en général le baume doit être continué pendant cinq ou six jours, le plus souvent même durant huit entiers, et que cette esj)èce de traitement confirmatif exige des doses égales à celles auxquelles le remède a produit son effet, après quoi on peut l'abandonner, soil brusquement et en entier, soit en aflaiblissant insensiblement les doses, selon que la maladie a cédé avec plus ou moins de facilité. Il recommande, dans les cas où l'action du baume paraît nuire h l'économie, de le suspendre complètement de temps en tenjps, disant que, quoique les symplômes se reproduisent en partie pendant les intervalles, ils cèdent de nouveau et avec promptitude dès qu'on revient au baume, de sorte qu'on n'obtient pas pour cela un succès complet. Il avoue avoir vu celte si'.bstanee ne produire aucun eli'et, même h dose très-forte, ou agraver visiblement les symptômes. Enfin, loin de lui accorder une vertu spéciiique, comme il avait été tenté de le faire autrefois, il n'attribue plus maintenant son efficacité qu'à ce qu'elle exerce, sur la membrane muqueuse de l'urètre, et , plus généralement, sur celle des voies urinaires, une forte stimulation qui peut sufliie pour effacer complètement l'irritation morbide imprimée au canal.
Ainsi M. Delpech a confirmé, étendu et développé ce que M. Ansiaux avait dit des contre-indications du baume de Copabu, et des accidens qui peuvent naître de son emploi. Parmi ces derniers, sur lesquels M. Pleindoux a insisté, d'après les résultats de la clinique deM.Lallemand, on a rencontré plusieurs fois une éruption miliaire rouge,
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tantôt discrète, tantôt abondante, précédée de cardialglc, de vertiges et dc^dégoût. « Cette éruption, dit M. Delpcch, est probablnuK^nt le produit d'une forte excitation exercée par le baume do Copabu sur la membrane muqueuse d'tin estomac "fnal disposé et déjà malade. » EHe n'a point de rapport avec les pustules dites vénérieimes, parce que, continue le même écrivain, elle se dessèche et s'efface complètement avant qu'on ait pu opérer la saturation des humeurs par les préparations mercurielles. Ce serait là, sans doute, un bien mauvais argument; mais Monlègre, qui a observé l'exanthème, sous la forme de plaques rouges, disséminées en très-grand nombre à la surface du corps, et surtout au visage, en fournit un meilleur quand il nous apprend que l'accident reparut jusqu'à trois fois de suite, aussitôt après la reprise de la potion de Ghopart, à laquelle on fut définitivement obligé de renoncer. Cette maladie de peau n'est pas trèscommune; cependant on en possède déjà un certain nombre d'exemples. M. Wedemeyer l'a observée , et il dit à ce sujet que le baume de Copahu, donné à hautes dosées, provoque quelquefois, d'une manière subite, principalement chez les sujets irritables, au milieu de la lièvre et des symptômes de l'irritation gastrique, un exanthème général, morbilleux ou ortie, qu'on a pu prendre, dans certains cas, pour un accident consécutif de la gonorrhée. Ce qui doit surtout le rendre intéressant à nos yeux, c'est que, comme il résulte manifestement d'une irritation sympathique de la peau excitée par celle que le baume de Copahu a produite dans les voies alimentaires, circonstance qui le rapproche de l'eczème mercuriel , il démontre que, quand cette substance agit d'une manière
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salutaire sur l'urétrîte, c'est par suite delà surexcitation sympathique qu'elle détermine à la membrane muqueuse gastro-intestinale, et parfois peut-être aussi de celle que cette dernière elle-même excite sympathiquement dans les reins. Rejeter cette explication, et admettre, comme le l'ont les copistes de M. Delpech, que le baume a une propriété spécifique pour détruire quelquefois les inflammations fixées sur la membrane muqueuse de l'urètre, c'est se mettre dans la nécessité de lui en accorder une également spéciale pour faire naître parfois des éruptions à la peau. D'ailleurs, si celte prétendue spécificité d'action sur l'urèlre avait la moindre apparence de réalité, il serait absurde de choisir la voie détournée de l'estomac, par laquelle même on manque si souvent son but, tandis que les injections dans le canal en offriraient une directe et infaillible.
Si à toutes ces considérations on ajoute que, comme ledit Quarin, comme l'a vu M. Lallemand, comme je l'ai observé, et comme tout praticienaltentifa pu s'en convaincre, souvent le baume de Copahu éteint l'appétit, rend les digestions longues et pénibles, développe de la sensibilité et desdouleurs à l'épigastre, excite des coliques et de la diarrhée, et cause une chaleur brûlante à la peau, accompa gnée de céphalalgie, de coloration du visage, de sécheresse dans la bouche, de rougeur des lèvres et de la langue, il demeurera bien avéré que cette substance agit en stimulant les voies digestives, et tout au plus en exaltant aussi quelques-unes des sympathies de ces organes. Mais, sous le point de vue de l'urélrile, elle ne diffère en rien des autres excitans du canal alimentaire, si ce n'est dans son degré d'énergie, et son action, comme la leur, est su -
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bordonnée à une foule de circonstances individuelles, donl la principale est le degré de susccplibililé, soit pcrmaiuMile, soil momentanée, de l'organe avec lequel on la met en l'apport, c'est-à-dire que son application , si on veut la rendre utile, doit être réglée d'après les lois générales de la révulsion. Telle est la conséquence rigoureuse et inattaquable des faits et du raisonnement, ces deux bases de toute bonne théorie médicale.
En général on administre le baume de Copahu en substance, à la dose d'un gros par prise, dans deux h trois onces d'eau pure ou ferrée, de vin blanc, de vin de Bordeaux, de vin de Madère, de vin de quinquina, ou d'une tisane quelconque. On peut aussi, pour masquer en partie sa saveur détestable, l'incorporer dans du sucre, et le ré' duire ainsi sous la forme de bols, qu'on aromatise avec quelques gouttes d'essence de cilron. M. Delpech le prescrit fréquemment en potion (i). On le donne égalc^ment cnpilules (2). M. Godcfroy aproposé de le transformer, au
(1) La potiou de ^l. Delpccli ressemble l)eaucoup à celle deChopart. Eu voici la formule : baume de Copahu, une once ; acide sulfurique, un gros ; eau de menthe et eau de fleurs d'oranger, de chaque , une once et demie : syrop de limons, une once. A prendre par cuillerées, trois, quatre ou cinq fois par jour. Ou ajoute, en cas de besoin , cinq , huit et jusqu'à quinze goultes de laudanum à chaque cuillerée. Hecker pi escrivait la mixture fuivanle : baume de Copahu, ou térébenthine de Venise, un gros; jaune d'oîuf , un gros; eau commune, six onces ; syrop de cannelle, nue once. On en prend une cuillerée toutes les heures.
(2) Je citerai pour exemple les pilules suivantes ; Savon médicinal , deux onces ; baume de Copahu, huit gros ; poudre de réglisse, assez pour faire cent vingt bols , dont on en prend quinze . en vingtquatre heures , ce qui fait un gros de baume.
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moyen d'un cinquième de son poids de lessive des savoniers , en un savonulc qui a l'avantage d'être parfaitement soluble dans l'eau, et de pouvoir être facilement réduit en pilules, que l'on aromatise avec quelque huile essentielle. Ce nouveau composé, encore peu connu, mérite la préférence , à tous égards , sur certaine mixture dont la préparation a été décrite par l'inventeur de manière Ji ne pouvoir être répétée par aucun pharmacien.
La mode, qui exerce aussi son empire en médecine, ayant concentré presque exclusivement l'attention des praticiens sur le baume de Copahu, on s'est peu occupé de la térébenthine proprement dite et de son huile essentielle, d'autant plus que M. Rihes les a en quelque sorte frappées de réprobation. Il est impossible cependant que l'huile essentielle surtout ne jouisse pas quelquefois de la propriété révulsive dans l'urétrite aiguë , puisqu'elle a été employée avec succès, non seulement dans la sciatique , dans les catarrhes chroniques de la poili^ine et du vagin, et dans les phlegmasies de la vessie, mais même dans l'urétrite chronique, ainsi que le constatent les observations de MM. Lacombe et Cattet. M. Boisseau et moi, nous l'avons vue, dans quelques circonstances, agir d'une manière aussi efllcace que le baume de Copahu, c'est-àdire diminuer et même arrêter l'écoulement. Je ne crois pas inutile de faire remarquer que l'elTicacilé qu'elle a déployée dans certains cas de sciatique, a enfanté des spéculations théoriques non moins bizarres que celles qu'on retrouve presque à chaque pas dans l'histoire de la vérole. Ainsi MM. Home et Martinet prétendent qu'on ne peut l'attribuer ni h l'augmentation des urines ou à celle
de la Iranspiriilion, ni à la vive stimulation développée sur le canal intestinal , mais à une action spécifique sur le nerf scialique, sans réliéchir que, pour être conséquent, el pour embrasser tous les faits, il faudrait aussi accorder h cette substance une action spécifique sur les membranes muqueuses des voies aériennes et des voies j^énilo-urinaircs. C'est de celle manière qu'en établissant des généralités d'après un petit nombre de faits, tous ceux qui se livrent h l'observation exclusive d'une certaine série de phénomènes morbides et thérapeutiques, arrivent à peupler la matière médicale de sylphes, après avoir peu-, plé la pathologie de génies malfaisans. Quoi qu'il en soit, une série d'expériences faites avec soin et sans prévention sur l'emploi des térébenthines proprement dites, et surtout de leur huile essentielle, est d'autant plus à désirer que le baume de Copahu paraît être souvent falsifié soit par ces substances, soit par les huiles de ricin ou de pieds de bœuf.
On ne peut d'ailleurs disconvenir qu d n'y ait une grande similitude entre l'action du baume de Copahu et celle de ia térébenthine ordinaire. En effet, celte dernière substance, ingérée à forte dose, produit aussi l'inappétence, une céphalalgie plus ou moins opiniâtre, de légères phlyctènes aux lèvres, un sentiment d'ardeur à l'œsophage el à l'estomac, des nausées, des vomissemens, l'éructation, le météorisme de l'abdomen, des coliques plus ou moins vives, des selles liquides et répétées, le lénesme , enfin tous les symptômes, sinon d'une véritable inflammation, au moins d'une irritation très-vive.
On pourrait prescrire dans l'urétrite, soit le looch té-
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rébenthiiié (i), soit l'opiat (y), que M. Martinet conseille dans la scialiquc.
Je crois devoir rapprocher des substances résineuses Vcxtrait de genièvre, tant vanté par Hecker, qui, après en avoir l'ait délayer une once dans huit onces d'eau, prescrivait une demi-tasse du mélange toutes les heures. Je me suis convaincu plusieurs fois que ce moyen très simple calmait singulièrement l'ardeur d'urine, sans causer da répugnance au malade; mais je n'ai jamais remarqué qu'il exerçât d'influence sensible sur la durée de l'inflammation.
7°. Le poivre cubèbe. M. Crawfurd fut le premier qui fit connaître en Europe la manière rapide avec laquelle celte substance arrête quelquefois l'écoulement gonorrhoïque h Java; mais il ne manqua pas d'ajouter qu'elle n'agit pas toujours avec la même promptitude, qu'elle peut déterminer l'inflammation du testicule, et que souvent on est obligé de la suspendre pour donner h l'état d'éréthisme dans lequel elle met le malade le temps de se calmer. Il la prescrivait à la dose d'un gros, un gros et
(1) Jaune d'œuf, n" i ; essence de térébenthine, trois gros ; syrop de menthe , deux onces: syrop de fleurs d'oranger et syrop d'éther, de chaque , une once; teinture de canneUe, un demi- gros. On en prend trois cuillerées par jour. On peut y ajouter un gros de laudanum.
(2) Huile de térébenthine, deux gros : gomme arabique en poudre, une once et demie ; sucre pulvérisé , une demi-once : syrop de fleurs d'oranger , une once. On en prend le tiers par jour, en trois fois, entre deu.t pains à cacheter. M. Recamier se sert de la prépaiation suivante : Essence de térébentliine, deux gros : miel rosat, quatre onces. On en donne trois cuillerées par jour.
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demi cl deux gros, répétée trois l'ois par jour, dans un véhicule .irjueux. Le cnbèbe, essayé auRsitôt pai- les médecins de Londres, ne larda pas à être considéré comme un remède spécifique dans l'urétrite, cl il passa, décoré de cette propriété, en France, où M. Delpech et beaucoup d'autres praticiens, h son exemple, s'empressèrent de l'administrer.
Voici comment M. Delpech le fait prendre : « Nous prescrivons d'abord deux doses , de deux gros chacune. Bientôt après nous eu donnons une troisième semblable, et, s'il n'y a pas d'inconvénient, on les porte à trois gros. Dans quelques cas^ nous en avons donné, dans la journée, quatre doses de deux et de trois gros, ou trois doses d'une demi-once chacune. Cependant ces quantités sont fortes, et il est bien plus convenable de diviser davantage la substance et d'en multiplier les doses. Lorsqu'il a fallu agir fortement et long-temps, une dose de deux gros, répétée ,sans interruption de quatre en quatre heures, ou de trois en trois, en réglant les heures des repas sur cette division, s'est trouvée le procédé le plus commode. »
M. Delpech doute que le poivre cubèbe guérisse l'urétrite eu irritant le canal digestif. Tout en avouant que celle irritation est utile et concourt à la digestion, il ne lui accorde pas moins une action spéciale sur l'appareil urinaire, parce que le cubèbe guérit souvent sans occasioner le dévoiement, et que, peu de temps après son administration, l'urine acquiert une odeur particulière. Cette dernière circonstance doit causer peu de surprise , puisque, d'après l'analyse de M. Vauquelin, le poivre de Java contient une résine qui forme à peu près le quart de
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son poids, et qui a beaucoup d'analogie avec la térébenthine de Copahu. Quant h l'antre assertion de M. Delpech, elle se trouve réfutée par les mêmes argumens que j'ai déjà employés h l'occasion de cette dernière substance. Je me contenterai de faire observer que l'action vivement irritante du cubèbe n'est point douteuse; il excite de la chaleur ou mémo de légères douleurs passagères à l'épigastre; il accroît d'abord l'appétit, puis le diminue; il cause des maux de tête, assez violons même, quelquefois un sentiment de chaleur incommode à la paume des mains et à la plante des pieds, presque toujours des coliques et la constipation, ou des selles fréquentes, liquides, plus ou moins copieuses; ou l'a vu souvent produire l'inflammation des intestins ou celle du col de la vessie. M. Degrave a observé , chez un malade , un exanthème provoqué par lui, et semblable à celui que fait quelquefois naîtra le baume de Copahu. Enfin, parmi ceux qui l'ont employé, il ne s'en est trouvé à coup sûr aucun qui n'ait été, comme M. Lallemand, obligé souvent de combattre les accidens inflammatoires qu'il avait occasionés, ou qui n'ait remarqué, comme je l'ai fait, qu'il laisse souvent à sa suite cette sorte de susceptibilité générale qu'on observe presque toujours dans les gastroentérites chroniques, et que caractérise principalement une salacilé d'autant plus insupporlabie qu'elle n'aboutit guère qu'à de vaines et fatigantes démonstrations.
M. Dosmond a proposé de substituer le poivre ordinaire au cubèbe.
8°. h' iode. i\Dl. Richond et Henry donnent, durant la matinée, quinze gouttes le premier jour, vingt ou vingtcinq le second, et trente le troisième, de teinture alcoo-
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lique d'iode, dont on sait que trente gouttes renferment h peu pr^s un grain d'iode. Ils les font prendre dans un verre d'eau gommée ou de tisane des quatre fleurs, édulcorée avec le syrop de capillaire. Ensuite ils commencent h prescrire aussi quinze gouttes de teinture le soir, en augmentant d'une manière progressive, jusqu'à ce que le malade consomme trente gouttes matin et soir. Cetle dose est continuée pendant trois ou quatre jours. Si l'on n'aperçoit alors aucun effet notable, si le malade ne présente aucun signe d'irritation gastrique, on pousse jusqu'à quarante, et même cinquante ou cinquante-cinq gouttes, matin et soir. Mais la dose de trente gouttes, répétée deux fois par jour, paraît être la plus favorable, même lorsqu'on opère sur des sujets robustes et peu excitables.
Du reste, M. Richond pose en principe qu'il ne convient d'administrer la teinture d'iode que quand le canal intestinal est parfaitement sain et la phlegmasie urétrale peu intense, sans quoi l'on s'expose à agraver cette dernière, et à provoquer une gastrite ou une gastro-entérite. Il ajoute même qu'avant d'en commencer l'usage, on doit apaiser l'urétrite parles antiphlogistiques, les bains généraux et locaux, un régime sévère et quelques applications de sangsues. En un mot, il ftnt pour l'iode ce que M. Delpech a fait pour le baume de Copahu; il en soumet l'administration aux lois générales de la méthode révulsive.
La durée moyenne du traitement est d'une vingtaine de jours, suivant lui; mais il ajoute que cette méthode curalive n'est pas plus constante et infaillible que ne le sont toutes les autres, qu'elle se montre parfois inelTicace,
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et même qu'elle agrave les symptômes chez certains sujets. D'où il conclut que quelques jours de tâtonnement sont nécessaires pour décider de ses efi'ets salutaires ou non. Les médecins qui ont préconisé le baume de Copahu ont donné aussi l'exemple de cette louable franchise; mais leurs imitateurs et copistes serviles , laissant de coté tous les cas d'insuccès, ont présenté comme des spécifiques, c'est-à-dire comme guérissant h peu près toujours, sinon même constamment, des substances h l'égard desquelles il serait nécessaire enfin qu'un homme de bonne foi, et placé dans les circonstances favorables , dressât, d'après un très-grand nombre de malades, des tables comparatives des cas dans lesquels elles ont agi avantageusement sur l'urétrite, sans nuire au reste de l'organisme, de ceux dans lesquels elles ont agravé cette inflammation, et de ceux enfin dans lesquels elles se sont bornées à irriter d'autres organes, sans exercer d'influence sur la maladie du canal, car ces trois combinaisons se rencontrent journellement, et sont peut-être à peu près aussi communes l'une que l'autre.
9". Le quinquina. Hunter, Nisbelt et Swediaur parlent assez vaguement de l'emploi du quinquina. Swediaur, entre autres, le prescrivait avec ou sans opium, suivant la diversité des symptômes , aux malades aflaiblis et fort irritables, qui éprouvaient un écoulement copieux de matière limpide , avec des douleurs aiguës et un pouls fréquent, c'est-à dire lorsque l'inllammation était très-vive chez un sujet dont les divers organes sympathisaient énergiqucment avec les parties génitales malades. M. Fordyce est allé beaucoup plus loin , car il aflirme que le quinquina est le meilleur remède pour arrêter l'inflam-
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mation des gonorrhées , des phimosis , des paraphimosis et dos ulcères vénériens , surlout chez les sujets faibles, irritables et nerveux. Quand l'inflamniation est considérable , il prescrit nne once de quinquina toutes les vingt- ([ualre heures, et il réduit celte dose h trois gros par jour lorsque les accidens inflannnatoires diminuent. ]M. Villars dit avoir vu dos cirels houreux de cette méthode, ([ue Quarin croyait ne pas cire sans danger.
10°. Les cantharidcs ont éié vanîées par Lewenheim, Hannaeus, Hofmann , Bartholin , Mead, Lister et principalement \\erlhof. M. Robcrtson en a , dernièrement encore, recommandé la teinture à l'intérieur. Ilecker n'hésitait même pas à donner la poudre, quand la teinture, administrée à la dose de dix et même vingt gouttes , trois fois par jour, ne produisait pas d'ardeur en urinant, ce qu'il dit avoir observé chez certains malades.
1 1". U acétate de plomb. Hofmann le considérait comme un remède divin, et le prescrivait dissous dans l'huile de térébenthine , avec addition d'un peu de camphre. Her^ mann le faisait prendre aussi à la dose de six, dix et douze grains. Astruc recommande sagement de ne l'employer qu'avec la plus grande circonspection. Personne ne s'en sert aujourd'hui , si ce n'est en fomentations autour do la verge , moyen dont plusieurs praticiens anglais , ]\L Abernclhy entre aulres , se louent beaucoup.
12°. On peut en dire autant de la cochenille, en poudre ou en infusion , que Lister a préconisée , mais qui , suivant la remarque d' Astruc , augmente l'ardeur d urine , du moins chez certains malades.
15°. Les eaux minérales sulfureuses. Bordeu rapporte plusieurs cas de guérison par les eaux de Barèges, admi-
DES MAL.VDIF.S VÉNÉRIENNES. 7'il
nistrée en boisson , en bains et en douches. Peut-être serait-il avantageux d'employer les eaux hydrosulfurées artificielles , non , à la vérité , comme remède principal , mais comme adjuvant des autres révulsifs (i).
Méthode perturbatrice. On s'est abstenu de toute application irritante à la surface de l'urètre enflammé , tant que l'urétrite a été considérée comme le résultat de l'action du virus vénérien, parce que l'on croyait dangereux d'arrêter l'écoulement avant qu'une partie de ce principe ne fût évacuée. Quelquefois, il est vrai, on injectait des mercuriaux dans le canal, mais seulement parce qu'on les crovait doués d'une vertu spécifique, et qu'on ne leur attribuait aucune propriété stimulante, cartons les irritans désignés sous le nom collectif d'astringens , passaient pour nuisibles durant le période d'acuité. Lors-
(i) M. Cullerier juge tiès-séTèremeut la méthode révulsive. Voici comment il s'exprime à cet égard : n Des purgatifs pris dans les derniers temps d'uu écoulement réussissent quelquefois à l'arrêter de suite, sans inconvénient. Il n'en est pas de même quand la maladie est dans ses commeucemens ; si on a guéri dans quelques cas, on a vu souvent les accidens s'exaspérer ; les exemples de péritonites , à la suite de cette méthode extravagante , ne sont pas très-rares, surtout après l'emploi de la coloquinte. Le jus d'oignon , mélangé avec le vin b!anc, la poudre à canon délayée dans de l'eau-de-vie, et autres remèdes incendiaires de cette espèce, doivent être bannis dune pratique raisonnable , paixe que , pour un snccès , ils causent cent accidens. » M. Lallcmand ne s'est pas exprimé d'une manière plus favorable sur le compte du baume de Copahu et du poivre cubèbe. Des reproches mal fondés, ou du moins trop généralisés , ont d'ailleurs été adressés à cette méthode. C'est ainsi qu'on l'a mal à propos accusée de provoquer l'inflammation du testicule , laquelle dépend toujours ou dune prédisposition ou d'un accident.
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que enlin la goiionlicc ne i'iit plus considérée que coimue une aflV'ction locale, les mèuies motifs de réserve n'existant plus, on essaya les applications irritantes directes, dont les anciens avaient déjà donné l'exemple. Bell , surtout, mit en crédit celle méthode , dont on abusa bientôt parce qu'on n'eut point égard aux sages préceptes qu'il avait tracés relativement à son emploi.
Suivant Bell, les applications irritantes réussissent généralement, h quplque période que ce soit, quoiqu'elles agissent avec plus de promplilud^e au commencement de la maladie que dans les derniers temps; presque toujours elles diminuent et arrêtent bientôt l'écoulement , et nul autre remède ne calme l'ardeur d'urine d'une manière h la fois plus rapide et plus elïicace. Il avoue, néanmoins , que certaines gonorrhées résistent à leur emploi. Enfin , il veut qu'on s'en abstienne toutes les fois que l'inflammation s'étend h plus d'un pouce ou d'un pouce et demi de profondeur, qu'il y a des symptômes d'irritation vers la vessie ou les testicules , et que le malade éprouve de la fièvre. Hunter insiste également sur ces règles, qui sont en effet de la plus haute importance.
Les applications irritantes peuvent être faites de deux manières, au moyen des injections, ou h l'aide de bou-
Les substances que l'on a employées en injections , soit seules, soit diversement combinées les unes avec les autres, sont très-nombreuses. On distingue surtout les préparations mercurielles, celles de plomb, celles de zinc, celles de cuivre, les narcotiques, l'alun, les résines, les ammoniacaux, lescantharides, la potasse caustique, le cam-
DES MALADIES VI'-NÉRIE^NES. 'j9.'h
phre ( 1 ) , l'eau de chaux récemment préparée, pure ou mêlée avec moitié de lait. Bell a souvent employé avec succès
(i) Calomelas . deux gros; mucilage de gomme arabique, deux onces: eau de roses, quatre onces. — Calomelas, une demi-once; solution de gomme arabique , douze onces. — Mercure coulant , deux gros ; mucilage de gomme arabique, deux onces; eau distillée, quatre onces. — Calomelas, deux gros; baume de Copahu , un gros; jaune dœuf, une demi-ouce; eau de roses, quatre onces. — Il faut avoir soin d'agiter ces mélanges avant de s'en servir, sans quoi le mercure se précipiterait très promptemcut. — Sublimé corrosif, un grain : eau distillée , dix onces. — Sublimé , un grain ; vinaigre lithargyré , seize gouttes ; eau distillée , huit onces. — Sublimé , un grain ; mucilage de gomme arabique, deux onces : eau distillée, six onces. — Sublimé , cinq grains ; eau distillée , une livre ; vin d'opium , deux gros à une demi- once. — Onguent mercuriel, six gros; liuile d'olives, quatre onces; laudanum liquide, deux gros. — ÎNitrate de mercure, dix à douze gouttes; eau de roses, deux onces. — Bell regarde la dissolution de sublimé comme étant la plus certaine , et peut-être la meilleure injection à tous^gards.
Sous - carbonate de plomb , deux gros ; mucilage de gomme arabique, deux onces; eau distillée, six onces. — Acétate de plomb, un scrupule ; eau distillée, huit onces. — Vinaigre lithargyré, vingtquatre gouttes; eau distillée, huit onces. — Acétate de plomb et eau-de-vie, de chaque une demi-once; eau distillée, une once, - — Quarin proscrit , sans restriction , les injections de plomb , parce qu'il a connu quelques malades qui, en ayant fait usage, ont souffert des tranchées violentes et des douleurs considérables dans les membres. Jl fait, à cette occasion, les l'éflexions suivantes, qui ne sont pas sans importance : « Ce qu'il y a de plus fâcheux encore, c'est que des médecins, trompés par la coexistence de ces douleurs avec une maladie vénérienne, les prennent quelquefois pour syphilitiques , et conseillent le mercure à grande dose. Des affections nerveuses incurables ou des consomptions mortelles sont ordinairement les résultats de cette mépiisc. •>
^y4 TRAITÉ
unccuillcrccàcarcd'euu-(lc-vie mêlée avec une demi-once d'eau de rose. Il a remarqué aussi que l'eau de rose
Calamine, doux scrupules; baume do Copahu, un gros; mucilage de gomme arabique, deux onces; eau de fontaine, quatre oucos. — Tutie, deux scrupules ; mucilage de gomme arabique, deux onces; eau de fontaine, quatre onces. — Calamine, quatre onces; camphre dissous dans un peu d'alcool, une once; mucilage de gonune arabique, quatre onces ; eau de fontaine, six livres. — On peut substituer du bol d'Arménie à la calamine. — Sulfate du zinc, un demi-gros; eau distillée, seize onces. — Sulfate de zinc, un scrupule; eau distillée, dix onces; vin litliargyré, vingt gouttes. — Sulfate de zinc, un demi-gros; acétate de plomb, un demi-gros; camphre, un gros; opium, deux scrupules; eau, seize onces. — Sulfate de zinc, deux gros; eau commune, deux livres; vin d'opium, uue demi-once. — Sulfate de zinc, un gros ; laudanum liquide, un gros ; décoction vineuse do roses rouges, une once. Cette formule appartient à 51. Lisfranc, qui porte quelquefois la dose du sulfate, seul alors, à un gros et demi ou deux gros; il ne le conseille, à la vérité, que dans l'urétrite chronique, ce qui n'empêche pas qu'on ne soit frappé de la différence entre la dose qu'il prescrit et celle que recommande Bell. Ce dernier assure qu'un grain et demi de vitriol blanc, sur une once deau, manque rarement son effet, dans la gonorrhée aiguë qui ne tlcpasse pas la fosse naviculaire. J'ai employé avec succès une dissolution de deux gros de sulfate de zinc dans une pinte d'eau, avec addition d'une ouce de miel et d'une cuillerée à bouche d'eau-de vie camphrée.
Vert-de-gris, huit grains ; huile d'olive, quatre onces. — Vertde-gris, un grcrs; esprit de corne de cerf, quatre onces; on verse quarante gouttes de celte dissolution dans dix onces d'eau distillée. — Il est plus sini[>le d emplojer directement lamnioniure de cuivre. Opium, un gros; eau de fontaine, six onces. — Opium, douze grains ; acétate de plomb liquide, neuf gouttes; eau distillée, quatre onces, (ïette injection est très -vantée par Girtaniiei- . d'après liamilton. — Extrait gomnieux d'opium, un demi -gros;
DlîS MALAUlliS viNÈKIE.N!\ES. 7 2 5
seule, ou même l'eau froide sortant de la source, arrête fréquemment Técoulement , mais que l'effet de ces
eau distillée , trois onces. — Teinture Ihébaïque , une demi-once ; eau de roses, liuit onces. — Eau de guimauve, une livre ; laudanum liquide, un à trois gros ; ou c.vtrait gommeux dopium, cinq à dix grains. — Décoclion de morcUc et de têle de pavot , une livre ; extrait gommeux d'opium, dix à vingt grains. — Têtes de pavot blanc, quatre onces; racine de guimauve, une once; faites infuser dans deux livres d'eau bouillante. — De ce que l'opium est également utile, qu'il y ait ou non de vives douleurs , Bell conclut que cette substance est plutôt astringente , c'est-à-dire irritante , que sédative. Cette conclusion est parfaitement juste.
Alun, un demi-gros ; eau pure, huit onces. — Ecorce de clièue ou noix de galle, une once; faites bouillir dans vingt onces d'eau, réduites à seize , et ajoutez deux gros d'alun. — Roses rouges , une demi-once ; alun , deux gros ; eau bouillante , seize onces. — Bell prétend , ce qui est difficile à croire , que les injections avec l'alun calciné ont réussi , dans quelques cas , après qu'on eut tenté en vain l'alun sous d'autres foimes.
Baume de Canada ou de Copahu, trois gros; jaune d'œuf, une demi-once; eau de roses , six onces. — Baume de Copahu et jaune d œuf , de chaque , une demi-once ; infusion de roses rouges , seize onces. — Gomme kino , deux gros ; mucilage de gomme arabique , une once ; eau de fontaine bouillante , dix onces. — Gomme kino , deux gros ; alun , un gros ; opium , deux scrupules ; mucilage de gomme arabique, une once ; eau de fontaine, dix onces. — Hecker a proposé de tremper une bougie ordinaire dans le baume de Copahu, de la saupoudrer avec un peu de quinquina en poudre , ou de bol d'Arménie , et de l'introduire ainsi plusieurs fois par jour dans l'urètre.
Sel ammoniac, dix giains; eau commune , dix onces. — Esprit decorae de cerf, quarante gouttes ; eau , dix onces.— Quant à l'ammoniaque caustique, la dose varie singulièrement suivant les su-
•J'aC) tbaitk
moyens isl en général peu durable, et que, cjuoiqu'ils procurent quelquefois une guérison complète dans les affections légères, on est communément obligé de recourir à des substances plus actives. On a encore conseillé l'eau de Cologne suffisamment affaiblie, l'eau de mer, le vin de Porto et le gros vin rouge, mêlé soit avec de l'eau, soit avec une décoction de roses rouges, de bislorte ou de lormcnlille. Ce dernier moyen a été recommandé surtout par M. Mérat (i).
jels; (|uelques-uns cii supnoiicnl dix gouttes par once d'eau ,landifi que trois ou quatre gouttes sont déjà intolérables pour d'autres. Il ^aut mieux employer l'hydrochlorate dans une infusion mucilagineuse que dans l'eau pure.
Teinture de cantliaridcs, vingt à trente gouttes» eau de fontaine . dix onces.
Potasse caustique, dix grains; oiiium , (pialre grains; eau distillée, cinq onces. On double ou triple , au besoin, le véhicule aqueux. Girtanner vante beaucoup ces injections, d'après Fordycc , AVarren . Mederer et Monleggia. On ne conçoit pas que Dcsault ait pu prescrire la potasse à la doee de deux gros par pinte de liquide.
Camphre, un dtfmi-gros ; jaune d'œuf, n° i ; eau, une livre.
(i) M. Mérat emploie d'abord un mélange, à parties égales, de vin rouge et d'eau , ou de décoction astringente. Au Uout de quelques jours, il augmente la quantité de vin et diminue celle d'eau. Enfin il ne se sert plus que de vin seul , auquel il s'est même vu quelquefois obligé d'ajouter, vers la fin du traitement, un sixième ou un huitième d'eaude-vie. 11 prescrit do faire trois injections de suite , que l'on répèle cinq ou six fois par jour. «Si , dit-il , on fait les injections d'une force suffisante, on voit l'écoulement cesser du second au cinquième jour; mais on n'en doit pas moins continuer l'usage du même moyen , car si on le cesse une demi-journée seulement , l'écoulement revient. Il faut continuer un mois, et même six semaines , après qu'il n'y a plus d'écoulement. J'ai vu (|uelques cas
UliS MALAUlliS viiNÈUIliNNES. 727
Aucune de ces injections n'est infaillible. Il faut donc, comme le conseille Bell , dès que l'une d'elles ne réussit pas prompleinent , en tenter d'autres sans perdre de temps. Celles qui nffrent le plus de chances de succès sont la potasse et l'ammoniaque caustiques, l'eau de chaux, le sulfate de zinc , le sublimé corrosif, l'acétate de plomb et le vin pur ou mêlé d'eau-dc-vie.
Avant de pratiquer une injection , on doit aller à la recherche du sieste de l'inflammation , et du lieu d'où provient le flux muqueux. Bell décrit de la manière suivante la marche qui conduit à cette connaissance : « Pour déterminer l'endroit de l'urètre qui fournit l'écoulement, il ne suflit pas de faire attention à l'étendue de la douleur et du malaise qui l'accompagne. Ce signe est souvent équivoque. II fout de plus comprimer le conduit dans un point donné , et exprimer toute la matière accumulée entre ce point et l'extrémité de l'urètre. Si , en comprimant ensuite un autre endroit, on fait sortir une nouvelle quantité de matière , il est sûr qu'elle doit venir de beaucoup plus haut. En continuant h comprimer ainsi par degrés, toujours plus haut, on découvrira aisément , avec ^rès-peu d'attention , le point d'où part l'écoulement. »
On conçoit aisément que le degré de concentration
où il a fallu en faire usage pendant deux fois. Si Ton néglige cette précaution, la maladie reparaît, quoique avec moins d'intensité ; seulement on peut diminuer le nombre des injections et n'en plus faire que trois et même deux par jour, sur la fin. Au surplus , on reconnaît qu'elles ne sont plus nécessaires lorsqu'il y a quinze jours an moins qu'on ne ressent plus de cliatouillement dans le canal «Il urinant . et dans l'érorlion. ■>
yaS trvitjI
des liquides que l'on injecte doit varier selon les individus. Bell prescrit qu'ils soient suflîsamment actifs pour exciter une légère irritation dans l'urèlrc , mais jamais assez forts pour occasloner une vive douleur, et veut qu'on en augmente ou diminue la concentration en raison de l'elFet qu'ils produisent sur le canal. Quoique répétée par tous les auteurs, cctle règle est ou fausse ou mal exprimée, car on ne conçoit pas qu'une substance excitante mise en contact avec une surface enflammée, se contente de l'irriter à un faible degré- Le fait est qu'en général les injections dont il s'agit sont fort douloureuses. La prudence veut que l'on commence par employer un liquide presque adoucissant , afin de mettre , pour ainsi dire, à l'essai la sensibilité du canal; ensuite on rend le véhicule de plus en plus excitant , soit en augmentant la dose de la substance médicamenteuse , soit en variant cette dernière , et la gradation successive doit être augmentée toutes les fois que le moyen mis en usage cesse de produire de la douleur.
Les injections se font , en général , avec une seringue ou avec une poire en gomme élastique, au collet de laquelle on adapte une canule faite de la même substance. Ce dernier instrument , quand on peut se le procurer, mérite la préférence sur la seringue, parce qu'il n'irrite pas autant l'urètre. La seringue ordinaire, en étain,en ivoire, ouenos,et d'une capacité telle qu'elle puisse contenir environ une once de liquide , doit avoir un piston qui joue avec facilité, avec une canule parfaitement arrondie, courte et conique, qui ne puisse pas s'enfoncer h plus de trois lignes dans le canal. Il vaut mieux encore que cette canule soil faite, de gomme élastique. Je propose l'em-
ploi d'une seringue h canule munie de deux tubulures côuées , dont l'une communique avec le corps de l'instrument , et l'autre s'ouvre à l'extérieur , pour donner issue à l'injection lorsque l'urètre en est rempli. Cette seringue évite des manipulations et des pressions du gland , qui sont toujours douloureuses et nuisibles. Je m'en suis servi souvent avec avantage. Elle a quelque rapport avec le nouvel instrument que M. Amussat vient d'inventer pour faire passer une grande quantité de liquide dans la vessie.
Le moyen que Ton conseille ordinairement pour empêcher que l'injection ne pénètre trop avant dans l'urètre , étant peu commode et ne convenant d'ailleurs que quand l'inflammation ne dépasse point la fosse naviculaire , il vaut mieux, dans tous les cas, employer celui que M. Lisfranc a proposé. Celui-là consiste à placer un tampon de linge ou de charpie sur le canal , derrière le scrotum, et à peu près à un pouce et demi du col delà vessie; après quoi le malade se met à cheval sur un bras de fauteuil , de manière à comprimer exactement le canal avec le tampon , et h conserver la liberté de ses deux mains.
Le malade,. qui a dû commencer par uriner, étant ainsi placé, il prend la seringue, par sa partie moyenne, entre le pouce et les doigts médian et annulaire de la main droite , dont l'indicateur se loge dans l'anneau du piston. Son autre main saisit la verge; alors il introduit l'extrémité de la canule dans le méat urinaire, en suivant la direction du canal; le pouce et l'index, appliqués sur les côtés de l'extrémilé du gland , lui servent à la fixer, en comprimanl ce dernier sur elle , pour em-
~~)o Tu.vrri
j)êchor que Itv véhicule ne sorte h mesure qu'il s'échappe de la scrinji;ue. Tout étant <lispt)8é ainsi, on presse avec lenlcur sur le piston^ et quand le canal est rempli, depuis le point comprimé jusqu'à l'extrémité du gland ,joa s'arrête pour laisser séjourner le liquide dans l'urètre. On est lihre alors de retirer la seringue, pourvu qu'on ait l'attention de ne pas laisser sortir encore la matière de l'injection, .6t pour cela, il faut saisir le gland entre rindicate*ur et le pouce. Il importe aussi de ne pas pousser une trop grande quantité d'injection à la Ibis, dans la crainte de distendre les parois du canal avec violence.
Les lèvres du méat urinaire sont enflammées quelquefois au point de ne pas permettre l'introduction de la canule; mais ce cas rentre presque toujours dans la catégorie des inflammations dont la violence et l'extension considérable contr'indiquent absolument l'emploi de la méthode perturbatrice.
La plupart des auteurs fixent ù une demi-minute l'espace de temps durant lequel l'injection doit séjourner dans l'urètre. On ne saurait rien établir de précis à cet égard. La durée du séjour de la liqueur irritante doit être calculée d'après la nature de la substance qui fait la base de l'injection , et d'après la sensation plus ou moins vive qu'a produite cette dernière. Cependant on peut regarder comme une règle assez générale qu'une demi-minute ne suflît point , et que le plus souvent il faut tenir la matière de l'injection incarcérée pendant une minute entière, ou môme durant deux minutes. Dès que la douleur devient assez forte pour triompher de la résolution du malade, on cesse de comprimer le gland, et le liquide s'échappe.
1)KS MALADIES VÈNÉRIENSES. yÔl
Il est convenable de réit(^rer do suite l'opération jusqu'à ce que la seringue soit vide , en laissant seulement deux ou trois minutes d'intervalle entre doux injections. On la répète d'ailleurs, non pas seulement deilx ou trois fois par jour, comme le prescrivent presque tous les écrivains, mais sept, huit et dix fois. Il faut apporter une exactitude scrupuleuse dans l'exécution de tous ces préceptes , en apparence si minutieux , et quoique l'écoulement soit arrêté, n'en continuer pas moins les injections jusqu'à ce qu'il ne reste plus aucun symptôme d'inflammation , ni même d'irritation , car , comme l'a fait remarquer Hunter, les injections arrêtent souvent le phénomène le plus sensible de l'inflammation, l'écoulement, sans détruire la phlegmasie elle-même, quoique celle-ci puisse être déracinée ensuite , quand on insiste assez long-temps sur leur emploi. Si l'on néglige cette précaution, on s'expose à voir récidiver l'écoulement.
Les injections ont un grand défaut , qui tient à ce que l'action des liquides irritans sur les parties malades ne peut être continuelle, et auquel on n'obvie, en prescrivant de répéter souvent la même manœuvre, qu'en suscitant un autre inconvénient plus grave encore, celui de renouveler l'irrilation, tant h cause desfrottemens de la seringue, qu'à raison de la distension occasionée par le fluide, et des nombreux attouchemens qu'on est obligé d'exercer sur le membre viril. C'est pour parer à tous ces inconvéniens que Hecker a imaginé ses bougies dissolubles, dont la préparation fort simple exige seulement que l'on unisse avec une gomme susceptible de se dissoudre dans le mucus urétral, les substances médicamenteuses qu'on
se décide à metlre en usage, qu'ensuite on applique le mélange sur un lil qui soit en quelque sorte le squelette de la bouj|;ie , et qu'on le laisse sécher à la surface de ce lil , afin qu'il y forme un enduit lisse et uniformément étendu (i). Pour introduire ces bougies, qu'Hecker proscrivait , de même que les injections l'ont été par Bell, dans tous les cas où l'inllummation est très-intense et phlegraoncuse, on les mouille avec du lait ou de la salive, et on les introduit doucement dans l'urètre, jusqu'à ce qu'elles soient parvenues au-dessous du siège de l'inflammation. On les laisse en place pendant une demi-heure ou une heure entière, afin que la masse médicamenteuse se dissolve, et l'on retire le fil quand il est dénudé. Immédiatement après, ou au bout de quelque
(i) On choisit des fils de laine ou de coton , médiocrement épais, de la longueur du doigt , ou même un peu plus longs , d'une grosseur égale partout , sans aspérités , sans nœuds , sans duretés. Chacun sert à faire une bougie de la manière suivante. Ou dissout quatre gi'aius de potasse caustique dans deux onces d'eau distillée : on ajoute à cette dissolution assez de gomme arabique pour la rendre épaisse et filante ; on y plonge alors autant de fils qu'on veut faire de bougies; on les y suspend isolément au moyen d'épingles fixées à un ruban placé en travers, et on les fait sécher en ayant soin qu'ils ne se recourbent pas. Dès que les bougies sont sèches . on les replonge de nouveau dans la masse , on les fait encore sécher, et on continue ainsi jusqu'à ce quelles soient recouvertes d'un enduit uniforme partout. Il est nécessaire d'en avoir de diverses grosseurs. On fait des bougies semblables en dissolvant quatre grains de sublimé corrosif et suffisante quantité de gomme arabique dans deux onces d'eau distillée. On peut aussi ajouter à la potasse ou au sublimé une drachme d extrait aqueux d'opium. On compose encore des bougies avec la gomme et l'opium , l'alun , l'acétate de plomb , l'extrait de belladoime , celui de juscjuiamc, etc.
DlîS MALADIES viNfiRIENNIiS. 755
temps, ou inlroduit de la même manière une nouvelle bougie. Si elle n'excite qu'une douleur légère et supportable, on doit la laisser, car cette sensation désagi^éable ne tarde pas h se dissiper d'elle-même. Mais si les douleurs deviennent violentes, c'est une preuve que la bougie est trop grosse, ou qu'elle contient une trop forte dose de médicament irritant, deux inconvéniens auxquels il faut de suite remédier. Tant que le malade porte les bougies, il doit i^ester couché dans son lit ou sur une chaise longue, et éviter soigneusement toute irritation du membre viril. S'il veut les laisser dans l'urètre pendant son sommeil, il les assujétità l'extérieur, de manière qu'elles ne puissent pas s'enfoncer trop avant et pénétrer jusque dans la vessie. Hecker regardait comme les plus convenables pendant le premier période, tant que l'inflammation n'est pas trop intense, les bougies de potasse caustique mêlée avec l'opium. Il assure que si on les emploie avec toutes les précautions nécessaires, si on les introduit d'assez bonne heure, et si l'on observe strictement le régime convenable, l'inflammation gonorrhoïque avorte, et la maladie cède en deux ou trois jours.
J'ai tenté, il y a plusieurs années, sur les bougies dissolubles de Hecker, quelques expériences, auxquelles les circonstances ne m'ont pas permis de donner suite. J'ai cependant reconnu que ce moyeit ingénieux ne convient pas plus dans tous les cas que tous ceux qui ont été recommandés par d'autres praticiens. A part même les contre-indications qui peuvent s'opposer à ce qu'on le mette en usage, et qui sont les mêmes que pour les injections , il n'est applicable qu'autant que l'inflammation, fixée principalement à la partie antérieure du canal, ne
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s'élcnd qu'il une trcs-pelilo distance vers le périnée. Qiinnl j"» son action, elle ne dérive pas seulement dos substances qui entrent dans la composition de la bougie, mais encore de l'irritation que cette dernière produit, comme corps élrànjçer, par sa seule présence.
L'application de l'eau froide à l'extérieur rentre assurément dans la méthode perturbatrice. Weikard a conseillé l'immersion du membre viril dans l'eau froide. Ce moyen serait dangereux, sans doute, et ne ferait qu'accroître l'inflammation, si on n'usait pas de beaucoup de précautions. II est permis do croire néanmoins que des bains de verge prolongés dans une eau très-froide, secondés d'ailleurs par des injections à la glace dans l'urètre, déploieraient une efficacité non équivoque dans certa-ins cas. Mais on no doit pas perdre de vue non plus qu'outre l'exaspération de la phlogose qui serait le résultat inévitable de l'emploi non assez long-temps continué des bains, ces derniers pourraient déterminer la répercussion de l'irritation ou de la fluxion vers d'autres organes, tels que le testicule ou l'œil, qui auraient quelque prédisposition à s'enflammer, absolument de même que Percy a vu un bain très-chaud supprimer l'urélrite, et faire naître une inflammation des pins violentes dans le rectum.
Ce n'est point assez d'avoir fait connaître les trois méthodes qui ont été proposées pour le traitement de l'urélrite aiguë, et les divers moyens dont elles se composent: il faut encore les comparer entre elles, déterminer les chances de succès qu'elles présentent, et indiquer les cas dans lesquels on peut les employer avec quelque probabilité de réussir. Mais il importe d'abord de faire remarq\ier qu'elles ont opéré toutes trois des guérisons, que
DKS MALADIES VIvNF.RIÉNNES. 735
chacune d'elles est présentée comme infaillible par ceux qui s'en sont occupés d'une manière exclusive, ou qui ont cru trouver dans leur pratique des motifs sullîsans pour modifier plus ou moins la manière de l'appliquer , qu'elles échouent toutes dans certains cas, mais que cependant la révulsive et surtout la perturbatrice manquent plus souvent leur effet que l'antiphlogistique. C'est à l'organisme, et non pas aux moyens employés, qu'il faut rapporter ces différences, car un agent thérapeutique quelconque est semblable à lui-même dans toutes les circonstances, tandis que l'orgnnisme varie presque sans cesse, et dans la manière dont il ressent l'action des corps extérieurs , et dans celle dont il réagit sur cette impression. De là rimportant précepte donné par Hunter , et trop négligé par la plupart de ceux qui se livrent spécialement au traitement des maladies vénériennes : « Quelle que soit la méthode que l'on choisisse, on doit toujours faire beaucoup plus d'attention à la constitution , ou à quelque autre maladie qui pourrait se rencontrer, soit dans les parties, soit dans d'autres liées avec elles, qu'à la maladie elle-même (i). »
1°. Quoique l'urétrite soit une maladie purement locale, il ne faut jamais perdre de vue qu'à l'instar de toutes les phlegmasies, elle peut susciter des troubles dans
(i) Cette grande idée a été exprimée d'une manière très-ingér nieuse par M. Hahnemann : « Il est évident, dit ce médecin, que le nom d une maladie ne contribue eii rien à sa guérison, en supposant d'ailleurs que les maladies puissent recevoir des dénominations fixes, ce qui est aussi impraticable que de donner un nom particulier à chaque nuage, qui ne se représentera jamais sous la même forme et avec les mêmes nuances. L'indication qui doit guider 1<;
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d'aiilros organes, principalement dans ceux qui ont une prédisposition, native ou acquise, à s'irriter, qui sont exposés habituellement ou souvent à l'action de corps extérieurs variables, ou qui sympathisent d'une manière spéciale avec la membrane muqueuse génito-urinaire. Ces diverses circonstances influent tellement chez certains sujets, qu'ils ne peuvent éprouver la plus légère irritation sur un point quelconque, sans que tous les autres ne s'en ressentent plus ou moins.
2°. Le traitement ne doit point être dirigé contre l'urétrite seule, toutes les fois qu'elle a excité des troubles sympathiques, et, à plus forte raison, quand elle se manifeste chez un sujet atteint d'une autre ajDfection. Il faut alors associer au traitement local un traitement général, c'est-à-dire les moyens propres non à détruire un virus qui n'existe pas, mais h apaiser les sympathies morbides, ou à combattre les maladies conjointes. Par conséquent, on saignera aussi souvent que la nécessité s'en fera sentir, quand il y aura des signes de pléthore, un pouls plein et fréquent, de la fièvre. S'il existe des syuiptômes d'irritation de la membrane muqueuse gastro-pulmonaire, de la peau, de quelque viscère, on meltra en usage les moyens dont ils réclament l'application. En pareil cas, le traitement local échoue presque toujours quand on l'emploie seul , ou n'aboutit qu'à faire passer l'inflammation au mode chronique.
im'deciii dans le traitement de telle on telle maladie, ne consiste que dans la recLerche exacte de la qualité individuelle, c'est-à-dire dans l'investigation des signes, des incommodités, des symptômes et des altérations de la santé f]ui forment le caractère d'un certain cas ilonné do ni'd.idio. v
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5°. L'iirétrite, lorsqu'elle est peu intense et exempte de complications , cède aux seuls efforts de la nature, secondés par les précautions hygiéniques que réclament toutes les maladies aiiruës. A l'inslar des autres inflammations catarrhales, elle s'épuise en quelque sorte et s'arrête d'elle-même après avoir parcouru ses périodes.
4°. On peut cependant en abréger la durée. ïel est le Lut des trois méthodes que j'ai décrites.
ô". La méthode anliphlogistique, l'application des sangsues et des émolliens , manque très-rarement son effet. Toujours elle calme les accidens, l'ardeur d'urine, les érections, les douleurs. Dans la plupart des cas même, elle procure une guérison parfaite en peu de jours. StoU n'employait jamais qu'elle, et loin d'en recommander aucune autre, il prescrit de bien se garder d'employer les excitans, soit à l'intérieur, soit en injections. Lorsqu'il l'sste un foyer peu étendu d'irritation légère, qui ne diminue pas assez rapidement au gré du malade, sous l'influence des émissions sanguines locales et du régime , c'est le cas de recourir à l'une des autres méthodes.
fj". Presque toujours il est nécessaire de mettre en •usage les antiphlogisliqu(^s avant d'employer la méthode révulsive, afm de réduire l'Inflammation à un degré assez faible pour qu'elle oppose moins de résistance h l'action dérivative d'une irritation portée sur un point éloigné. On ne peut guère se dispenser d'agir ainsi que quand il est question dune urétrite qui débute ou qui est sur son déclin. C'est parce qu'on néglige trop souvent cette règle, dont tous les médecins éclairés ont cependant reconnu l'Importance, et parce qu'on ne se conforme pas d'ailleurs aux lois générales de la révulsion, qu'on voit si sou-
v.Mit la niclhodc révulsive non srulemcnl échouer, mais encore agraver la maladie , ot l'élcrnisor en quelque sorlc. C'est h son occasion surlout qu'on peut s'écrier avec Bocrhaave : Absline si mcthodum nescis!
■y°, Nul agent pharniaceuliquc ne possède exclusivement aux autres la propriété de produire un effet révulsif. Quel que soit celui dont on fait choix, il faut l'administrer d'ahord avec tâtonnement, pour étudier l'influence qu'il exerce, y renoncer aussitôt qu'il paraît exaspérer le mal ou irriter avec trop de force l'organe avec lequel on le met en rapport, et, dans le cas contraire, insister assez long- temps sur son emploi, après la suppression de la phlegmasie urétrale, pour que la membrane muqueuse perde au moins en grande partie la disposition à s'enflamaner que toujours elle conserve long-lemps.
8°. La méthode révulsive ne l'emporte point sur l'antlphlogistique, h l'égard de l'influence qu'elle exerce sur la durée de la phlegmasie. Quelquefois, h la vérité, elle fait disparaître celle-ci en peu de jours; mais souvent aussi elle demande un temps bien plus long, et toujours elle exige un traitement secondaire ou confirmatif, dont nous n'avons aucun moyen de calculer la durée nécessaire, ce qui impose l'obligation de le prolonger beaucoup. Au contraire, la méthode antiphlogistique, lorsqu'elle est bien dirigée et employée sans hésitation, procure en huit ou dix jours, parfois même moins, une guérison qu'un peu de soin dans le régime suffit, en général, peur rendre définilive et durable.
9°. La méthode pcrlurb^itrice, outre les inconvéniens propres à la révulsive, en présente encore qui lui sont particuliers, ('e n'est pas ici le lieu de discuter la grande
quesUon de savoir si la médecine ralionelle doit approuver l'applicalion d'un irritant sur une surlacc eijflammée, comme moyen de supprimer la phlegçmasie; mais je forai observer que l'inllammation n'a pas de siège constant dans l'urèlre, qu'elle peut se Jixer tantôt sur un point, tantôt sur un autre, qu'on la voit quelquefois passer d'un lieu h un autre, se renouveler même, h des distances différentes, p(>u de temps après qu'elle semblait être éteinte, enfin quitter le canal pour envahir la vessie et les reins. Or cette variabilité et cette mutabilité de siège doivent rendre très-circonspects sur l'application d'une méthode dont les effets sont toujours problématiques , et qui souvent exaspère les symptômes à un degré ellVayant, sans qu'il soit possible de prévoir si l'issue sera favorable on non. Il est toujours sage de s'abstenir des injections irritantes dans l'urétrite aiguë, mais il y a plus que de l'imprudence à y recourir dans des cas autres que cenjc dont Bell a fait l'énuméralion avec tant de soin, c'est-à-dire quand la phlegmasie est bornée à la membrane muqueuse, limitée aux environs de la fosse naviculaire, et non accompagnée de fièvre. Encore même, quoiqu'il assure qu'on peut les employer sans aucun danger dans ces circonstances, sans avoir égard à la violence de l'inflammation, il avoue que leur usage inconsidéré peut être cause de la propagation de la phlegmasie aux parties postérieures de l'urètre, ce qui, joint au danger de faire passer l'inflammation au mode chronique, doit rendre encore plus circonspect à l'égard d'un mode de traitement douloureux, dont, en définitive, il ne nous est jamais donné de prévoir les résultats.
1 0°. Des trois méthodes , la perturbatrice est celle qui
j4p traité
oflro le moins do chances de succès el le plus de danger* à coiiiir. C'est aussi celle ({ui abrège le moins la durée de la maladie ou du traitement, puisqu'il faut continuer les injeclions depuis quinze jours jnsqu'à deux mois. Or, jamais, chez un sujet bien constitué, sain et tempérant, la maladie, abandonnée à elle-même, n'atteint ce dernier terme.
liéf^hnc. — Le régime doit être plus ou moins sévère, selon la violence de l'inflammation.
En général , il est avantageux de choisir presqu'exclusivement les alimens parmi les substances tirées du règne végétal; on peut néanmoins |)ermetlre les viandes bouillies et rôties , pourvu qu'elles soient peu ou point aromatisées et salées. Le malade s'abstiendra de tout ce qui pourrait exciter l'appareil circulatoire, comme le vin , les liqueurs , le café , la bière , et toutes les boissons stimulantes. Il s'interdira sévèrement les jouissances partagées ou solitaires , et il fera bien d'éviter non seulement la société des femmes , mais même les lectures et les pensées erotiques. Il devra fuir tous les exercices violens , la danse , la course , l'équitation , les longues marches, et ne se livrer qu'h des occupations non fatigantes. Le repos absolu et la position horizontale, lorsqu'il peut s'y astreindre , contribuent toujours puissamment à abréger la durée de la maladie.
Le meilleur moyen de prévenir les érections nocturnes est de coucher sur un lit ferme sans être dur, de se couvrir peu, et de se lever matin.
Les bourses seront soutenues, durant le jour, par unsusppnsoir,qui ne soit ni trop serré, ni trop lâche, et qu'on ne doit pas garder dans le lit. Il iaudra se garnir la verge
DES MALADIES VÉNÉRIENNES. 'jl^l
pour la garantir du froid, et bien se garder de l'exposer au grand air, surtout en hiver et dans les pays froids. Cependant on doit lui éviter la trop grande chaleur autant que le froid , et surtout la gaianlir des changemens brusques de température. Le membre viril doit être tenu pendant, afin que la matière s'écoule librement. Quant à l'expulsion des urines, il faut suivre un just(^ milieu à cet égard, et ne pas la renouveler trop souvent, ni la dillérer non plus trop long-temps. Dans le premier cas on multiplie sans nécessité l'irritation mécanique produite par le passage du liquide; dans le second, ce dernier devient doublement irritant et par sa quantité et par sa qualité. II importe surtout d'uriner quelquefois pendant la nuit. C'est un excellent moyen poiu- éviter beaucoup d'agitation et des érections douloureuses.
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