‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnelChapitre 29 sur 48 · ARTICLE III · texte numérisé non relu

ARTICLE III

DU TRAITl-MEIVT DKS ACCIDETfS DE L'unÉTRITE AIGUË.

Parmi les accidens qui peuvent survenir dans le cours de l'urétrile aij;uë, et qui dépendent tous soit de l'intensité, soit de l'étendue de l'inilammation, quelques-uns méritent une attention plus ou moins sérieuse. Tels sont riiéniorrhagie, la suppression de l'écoulement, la cordée, les petits abcès sous-muqueux, l'inflammation de la prostate, celle des glandes de Cowper et celle du testicule.

1°. L'hémorrhagie est un accident plutôt favorable que défavorable , puisque elle soulage toujours le malade et abrège la durée de l'inflammation, en même temps qu'elle en calme l'intensité. Aussi n'y doit-on faire aucune attention tant qu'elle demeure modérée, comme elle l'est presque toujcuirs. Si cependant elle devenait assez copieuse, fréquente ou continue, pour inspirer des inquiétudes, il faudrait chercher à l'arrêter. Les moyens les plus appropriés pour arriver à ce but sont la saignée, l'immersion de la ver.o;e dans un mélancre d'eau et de viuaigre ou d'eau de Goulard, et les applications de linges imbibés du même mélange sur les cuisses. On a proposé aussi les demi-bains froids, la gomme kino prise intérieurement à la dose de vingt grains, quatre fois par jour, seule ou triturée avec poids égal de sucre ou de gomme arabique. Les injections astringentes, surtout avec la décoction alunéc de roses rouges ou le baume do Copahu, ont été conseillées également. Enfin on prescrit, comme dernière ressource, d'introduire une bougie dans l'urètre. « Tout autre moyen devient inutile, dit Bell, quand la

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bougie est grosse; mais lorsqu'il no suffît pas, si l'héniorrhagie vioiit de la partie antérieure de la verge, il faut l'arrêter en faisant une légère compression sur cette dernière, avec une bande étroite; si le sang vient du périnée, on en exerce une continue avec la main ou le doigt. ï II est extrêmement rare que la saignée et les applications rélVigéranles ne suj'ïisent pas, lorsqu'on !es aide d'un régime sévère, d'un repos parfait, et du séjour dans un appartement frais.

2°. La suppression subite de l'écoulement ne devient grave que quand elle résulte d'uu accroissement considérable de l'inflammation, comme il arrive quelquefois, par exemple, h la suite du coït ou des excès do table, on quand elle succède au développement d'une inflammation sur un auire point, comme h l'œil ou au testicule. Divers auteurs prescrivent indistinctement l'emploi des bougies et des injections irritantes pour rappeler le flux. Mais il est important d'établir une distinction.. S'il n'y a qu'excès d'inflammation, ces moyens doivent èlre proscrits, car ils entraîneraient les plus graves inconvéniens. C'est aux cataplasmes sur la verge, aux fomentations émollientes, aux injections avec de l'huile tiède, ou avec une décoction également tiède; de graine de lie, de guimauve, qu'il faut recourir. LVxposition des parties gém'tales à la vapeur de l'eau chaude est aussi très-utile. Bell dit avoir employé avec succès l'application d'un vésicatoire sur tout le périnée; mais comme les adoucissans, secondés par les émissions sanguines locales et l(\s bains partiels ou généraux, ne manquent jamais de conduire au but, on ne doit pas moins se défier des iiTÎtans à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'iu^ètrc. Les applications et injections stimulantes ne conviennent que dans le cas

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d'une inélastase (le la phlcgniasie nrélrale, loisqu'on juge à j)ropos d'associer la uiélhodc révulsive à la méthode antiplilogislique, dans le trailement delà nouvelle maladie, c'est-à-dire de chercher à rélahlir l'inflammation dans le lieu où elle a cessé plus ou moins suhitcnicnt, afin d'exercer une dérivation salutaire pour l'organe secondairement alFecté.

5°. Ce sont, en général, les narcotiques, les remèdes décorés du litre de caïmans, que l'on administre dans la cordée, comme aussi dans les érections douloureuses et fréquentes. Ainsi la plupart des auteurs recommandent de frotter les parties affectées avec du laudanum liquide ou avec une forte dissolution d'opium dans l'eau, et de les tenir constamment couvertes de plumaceaux imhibés d'un de ces liquides. De mêine on fait prendre.au malade trente à quarante gouttes de laudanum et d'élher , avant son coucher, ou bien on lui donne du camphre, que l'on applique aussi à l'extérieur, dans l'huile. On a conseillé les injections émoîlientcs , les fomentations froides avec l'acétate de plomb, cl les frictions mercurielles. Fordyce recommandait une pommade préparée avec deux onces de graisse de mouton et quatre gros d'huile d'olive, fondus ensemble à une douce chaleur, avec laquelle il frictionnait le gland, le prépuce, les bourses et Ni périnée. D'autres enfin vantent l'eflicacilé des bains locaux d'huile d'olive. On a même prétendu qu'il fallait tenir la verge abaissée et fixée à la cuisse par le moyen d'un ruban ; ce moyen absurde ixe peut pas empêcher l'érection; il ne fait que la contrarier et la rendre plus doidoureuse. « On doit toujours , dit Bell , recourir à la saignée et aux sangsues lorsque la douleur est vive, et qu'elle a résisté à tous les autres moyens. C'est le remède

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h plus efficace pour prévenir celte espèce de cordée permanente, qui continue quelquefois à tourmenter cxlraordinairement les malades, long-temps après que tous les autres symptômes de la maladie ont disparu. » Le conseil donné par Bell est excellent; mais, au lieu de considérer les émissions sanguines, locales surtout, comme une dernière ressource, il faiil les employer de suite avec hardiesse. On sait qu'alors une hémorrhagie spontanée et accidentelle diminue beaucoup les souffrances du malade, et que c'est ^ elle qu'on doit attribuer le soulagement qu'il éprouve lorsqu'il a eu recours h la manœuvre populaire d'étendre sa verge sur une table, et de la redresser d'un grand coup de poing, moyen imprudent, mais fort anciennement connu , puisqu'il est déjà indiqué par l'Arabe Abou-Oseibah. Les sangsues, dans ce cas, doivent être appliquées sur l'endroit même où s'opère la flexion de la verge, et il convient, lorsqu'elles sont tombées, de couvrir les petites plaies d'un cataplasme chaud, tant pour calmer la légère irritation qui accompagne toujours la piqûre de ces animaux, que pour favoriser et entretenir l'écoulement sanguin pendant quelque temps. C'est le meilleur moyen pour empêcher que l'accident ne persiste plus ou moins long-temps après la guérison de l'urélrite, comme il arrive quand la phlegmasie circonscrite qui le provoque passe à l'état chronique. Les émissions sanguines locales sont bien préférables au vésicatoire volant que divers auteurs conseillent d'appliquer .sous la verge, et qui ne fait souvent qu'exaspérer les soullrances du malade. Elles le sont également au baume de Copahu et au poivre cubèbe que M. Delpech recommande, en prescrivant néanmoins de s'en abstenir toutes les fois que

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la cord«^c est accompagnée de symptômes innammaloircs très graves,

4". Il est rare cpie les petits engorgemçns qui se développent dans le tissu cellulaire sous-muqueux, les corps caverneux delà verge, ou le tissu spongieux de Turètre, viennent à suppuration lorsqu'on emploie franchement la méthode antiphlogistique. Le plus souvent alors ils se terminent par résolution. Si cependant un foyer purulent se formait dans leur intérieur, il faudrait les ouvrir dès que la fluctuation serait manifeste, afin de prévenir la crevasse de l'urètre.

5°. C'est encore à la méthode anliphlogistique la plus active- qu'il faut recourir dans la prostatite aiguë, afin de faire avorter, s'il est possible, cette redoutable phlegmasie, ou du moins d'en calmer la violence, et de diminuer ainsi les dangers qu'elle lait courir au malade. Tous les auteurs, Morgagni, J.-L. Petit, Chopart, Bell, etc. , sont d'accord sur ce point. La saignée générale doit précéder tous les autres moyens. Bell, qui l'a jugée, avec raison, aussi nécessaire que dans la pleurésie, prescrit d'y avoir recours dès que les douleurs commencent à se faire sentir, sans s'eiïVayer de la faiblesse ou de la délicatesse apparente du tempérament. On la seconde par des applications réitérées de nombreuses sangsues au périnée , <les cataplasmes, des fomentations tièdes, des b^!iîs généraux ou des demi-bains , des lavemens émoUiens ou légèrement opiacés. Les applications réfrigérantes sur le périnée, les demi-lavemens avec l'eau froide ou même avec l'eau h la glace, sont parfois très-utiles. La diète doit être sévère , et le repos absolu , dans une situation horizontale, les cuisses léi;èremcnt écartées, et le bassin

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un peu relevé , pour éviter toute compression. On ne permet au malade que la quantité de boisson strictement nécessaire pour calmer sa soif, dans la crainte d accroître la quantité de l'urine , dont le passage irrite la prostate, et dont l'écoulement est d'ailleurs presque toujours suspendu par le gonflement de cette glande. Ainsi on lui donne par cuillerées de la limonade , de l'orangeade, de l'eau de groseille, de l'eau de grenade, ou bien on lui fait sucer de temps en temps une tranche de citron , ou un petit morceau de glace. Le calomelas et l'opium à l'intérieur ont paru avantageux dans quelques cas, mais il y aurait plus que de l'impiNjdenceà fonder un grand espoir sur la méthode révulsive , quoique plusieurs écrivains modernes recommandent presqu'exclusivement le baume de Copahu et le poivre cubèbe. Lorsque la vie du malade se trouve menacée, comme elle l'est toujours dans la prostatite aiguë, tout fait loi au médecin de recourir h la méthode de traitement qui soulage le plus sûrement, le plus promptement , le plus infailliblement, c'est-h-dire aux antiphlogistiques. Agir autrement, c'est se rendre coupable.

Si l'inflammation ne s'apaise pas , et si la rétention d'urine persiste, ce qui est rare toutefois, quand on n'a pas ménagé les émissions sanguines et les autres moyens propres à seconder leur action, il devient urgent dévider la vessie, tant pour faire cesser l'irritation causée par le refoulement continuel de l'urine vers la partie postérieure de ia prostate, que pour mettre fin aux douleurs causées par la distension de la poche urinaire , et prévenir les redoutables suites de la rupture de ce réservoir. Tous les auteurs conseillent alors le cathêtéristne;

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mais, à l'exception du précepte de recourber et de relever beaucoup le bec de la sonde, ils ne s'accordent point enlre eux sur la manière d'exécuter cette opération, toujours si dilïicile en pareil cas. Desault donnait la préférence aux sondes de gomme élastique; il pensait qu'une grosse algalie pénètre avec moins de peine qu'une petite; que quand l'instrument, arrivé près de la prostate, est dans un bonne direction, on peut presser sur lui avec force, parce qu'il suit plus facilement la partie rétrécie du canal, qu'il ne s'engage dans l'épaisseur de la glande; qu'on doit faire plusieurs tentatives pour réussir dans cette manœuvre; qu'une bougie fixée contre l'obstacle, sans l'avoir franchi, donne issue à l'urine; enfin que, si la sonde a pénétré facilement dans la vessie , on ne doit pas l'y laisser séjourner, mais quu si l'on a éprouvé de grandes difficultés , il n'est pas permis de compter sur l'habitude qu'on a de pratiquer le calliétérisme , qui d'ailleurs aurait , dans ce cas , des inconvéniens plus graves que le séjour de l'instrument dans les voies urinaires. Telle est aussi l'opinion de M. Boyer, qui veut qu'on ait recours au cathétérisme quand les autres moyens ne rétablissent pas promplement le cours de l'urine, tout en avouant que le rétrécissement de la portion prostatique de l'urètre , et le changement de direction que l'engorgement de la glande fait éprouver au canal, rendent quelquefois l'introduction de la sonde impossible, de quelque manière qu'on s'y prenne, et quelle ([uc soit la grosseur de l'instrument. M. Home prescrit de ne sonder que dans les circonstances urgentes. II dit avoir réussi avec des sondes courbes, légèrement élastiques, et dépourvues de mandrin. H recommande, [)Our

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éviter l'irritation, d'introduire doucement l'instrument, et plutôt que de le laisser séjourner dans le canal, de l'y remettre à plusieurs reprises. Suivant M. Lisfranc, la sonde conique peut être Irès-utile dans ce cas. En un mot, on s'accorde presque généralement à ne considérer la ponction que comme un moyen extrême, qu'il ne faut employer qu'après s'être convaincu, par des tentatives plus ou moins nombreuses, de l'impossibilité d'arriver dans la vessie sans s'exposer à faire de fausses routes. Mais, comme ou n'acquiert cette conviction qu'après avoir souvent produit les accidens redoutés, et comme des tentatives réitérées, surtout lorsqu'elles sont faits s avec effort, ajoiileut h l'irritation déjh exislante, il est plus prudent, sinon de s'abstenir entièrement du cathétérisme, au moins de ne l'essayer qu'avec les sages précautions indiquées par SI. Home, et, dès qu'on rencontre un obstacle puissant, de recourir, sans multiplier inutilement des tentatives douloureuses, à la ponction de la vessie par le rectum, qui est une opération aussi simple qu'inoffensive, car le malade ressent h peine la légère piqûre du trois-qiiarts au milieu des vives douleurs qui l'accablent. Cette méthode est moins brillante, sans doute, mais elle entraine moins d'inconvéniens, et mène plus sûrement au but, qui consiste à faire disparaître un symptôme alarmant sans agraver la maladie principale.

Il importe d'autant plus de déployer tout l'appareil de la méthode antiphlogistique dans la prostatite aiguë, que la suppuration de la glande compromet toujours l'existence du malade. A la vérité, le pus peut être réuni en un seul foy^r qui perce de lui-même dans le rectum, la vessie ou l'urètre, s'il avoisine l'une ou l'autre de ces

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parties, qu'une sonde a quelquefois ouvert lorsqu*!! élait silué dans le col de la vessie, ou enfin sur lequel on devrait appliquer l'instrument tranchant s'il se présentait du côlé du périnée. Mais, quand le pus est infiltré dans le tissu cellulaire de la glande, la nature ni l'art ne sauraient lui frayer une issue au dehors, et lorsqu'il se trouve ramassé en plusieurs foyers distincts, ces collections sont rarement disposées de manière à pouvoir se vider, au moins d'une manière complète. Alors la suppuration ne tarit pas, et une lièvre lente s'empare du malade, qui périt dans le marasme. Dans tous les cas, il est non seulement inutile, mais même nuisihlc, de placer une sonde à demeure, comme le prescrivait Desauit, afin d'empocher que l'urine ne vînt bai|i;ner la solution de continuité, et si l'on craignait que ce liquide ne s'infiltrât à travers la crevasse, il suffirait d'introduire une algalie chaque fois que le malade éprouverait le besoin de s'en débarrasser. G". Le traitement de l'inflammation des glandes de. Cowper est le même que celui de la prostalile aiguë'. On doit également cherchei* à dissiper ou à modérer la phlegmasic par des saignées, des sangsues, des cataplasmes charges d'extrait de saturne, des applications réfrigérantes, un régime sévère et un repos absolu. Si cependant les glandes venaient à suppurer,' comme la tumeur, bien qu'elle parût unique au dehors, serait divisée intérieurement en deux par le bulbe de l'urètre, il faudrait pratiquer deux incisions, une de chaque côté, pour donner issue au pus. On a quelquefois rencontré aussi deux autres foyers, l'un au devant et l'autre en arrière du muscle transversc du périnée. Il importe donc, toutes les fois qu'on ouvre un dépôt dans cette région, de

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s'assurer s'il n'en existe point d'autres au voisinage. Au reste, parvenue h ce degré, la maladie, assez ordinairement compliquée d'un état pathologique de la prostate, est toujours grave et souvent mortelle. L'ulcère qui reste aprè-s l'ouverture du foyer guérit assez difliciiement, en général, mais il ne réclame que des panscmens simples, le repos et un bon régime. On s'est quelquefois bien trouvé, dans ce cas, de l'emploi des bains de mer et du quinquina à hautes doses.

7°. La même mélhodc curative est applicable à l'inflammation aiguë du testicule. La saignée générale, lorsque l'indication se présente, les sangsues au périnée, au pourtour du cordon spcrmatique, au scrotum, ou à la partie supérieure et interne de la cuisse correspondante, les cataplasmes émolliens, les fomentations de même nature, les bains tièdes, les demi-bains, les bains de vapeur aqueuse, les boissons délayantes, le repos, l'usage d'un suspensoir, un régime plus ou moins rigoureux suivant la gravité des symptômes, et toujours une diète absolue au début, tels sont les moyens qui ne manquent jamais de produire un prompt amendement. Dès que l'i^jflammation est tombée, on conseille de substituer aux applications émollientes, non les cataplasmes vulgaires avec la boue de coutelier et le vinaigre, qui sont trop pesans, mais ceux de farine de seigle avec l'acétate de plomb ou l'hydrochlorate d'ammoniaque, les fomentations avec l'oxicrat, l'eau de Goulard, les cataplasmes froids, les fumigations acéLcuses, et les bains du scrotum dans l'eau froide ou l'eau de chaux; mais, pour que ces moyens ne nuisent pas, il faut que la douleur soit entièrement dissipée, encore même doit-on surveiller leur ac-

lioii avec le ])lus grand soin, cl, dès qu'ils paraissent ranuMier l'inflauunation, revenir aux émollicns qui, seuls, sudlraicnt toujours.

jM. Sainlc-Maric conseille d'appliquer sur le testicule douloureux un cataplasme de grande ciguë fraîche et de jusquianie noire , pilées ensemble dans un mortier; pour corriger l'^lVet narcotique auquel cette simple application donne souvent lieu, il fait boire une limonade peu sucrée et fortement chargée de suc de citron. Les réflexions qui viennent d'èlre faites à l'occasion des applications astringentes, conviennent également h ce mode de traitement, qui réussit quelquefois, à la vérité, mais qu'on ne saurait recommander chez tous les sujets, même après la chute presque complète du gonflement inflammatoire, qu'on n'obtient souvent qu'au moyen d'applications réitérées d'un grand nombre de sangsues.

On a proposé de chercher à rétablir l'écoulement urétral quand il est supprimé, soit, comme le conseillait Bromfield, en se contentant d'introduire une bougie dans l'urètre, soit, comme le voulaient Hirschel et Svvediaur, en imprégnant la sonde de matière pm'ulente prise sur un autre individu atteint de la gonorrhée. En effet, la nouvelle urétrite qu'excite l'irritation du canal agit presque toujours d'une manière dérivative sur l'inflammation du testicule. Mais une simple bougie ou une injection d'eau légèrement ammoniacée, suffit sans qu'il soit nécessaire de tenter une inoculation, que tous les praticiens s'accordent aujourd'hui, avec jM. (jullerier, à regarder comme très-problématique. On peut seconder son action par des applications émollicnles chaudes autour de la

verge, et par de fréquentes immersions de cet organe dans du lait tiède.

La méthode révulsives est recommandée à peu près exclusivement par M^I. Delpcch et Ribes. Ce dernier regarde même l'usage du suspensoir comme inutile. Lorsque le baume de^Copahu et le poivre cubèbe échouent , M. Delpech prétend que l'urétrite est entretenue par une diathèse syphilitique, et il a recours aux frictions mercurielles. Ainsi, d'après lui, toute inflammation du testicule qui cède à ces deux moyens est gonorrhoïque, tandis que celles qui leur résistent sont de nature syphilitique. Les réflexions que j'ai eu l'occasion de faire précédemment sur la méthode révulsive en général, me dispensent de réfuter cette étrange assertion. Que la révulsion réussisse dans ce cas, comme dans toutes les autres phlegmasies, on ne peut s'en étonner; mais qu'elle soit la meilleure, la seule méthode h laquelle on doive recourir, et en même temps la plus expéditive, la plus exempte d'inconvéniens, c'est ce dont il est plus que permis de douter. Faisons remarquer, en outre, que le baume de Copahu, érigé aujourd'hui en spécifique par quelques praticiens, était, il y a une vingtaine d'années, considéré, avec les autres balsamiques, comme l'une des principales causes de l'orchite, quand on l'administrait dans l'inflammation de l'urètre. Ces deux assertions, quoique contradictoires, se concilient pourtant lorsqu'on réfléchit aux variations innombrables que les circonstances individuelles impriment à l'influence que des excitans mis en rapport avec les voies digestives exercent sur les autres organes sains ou malades.

Si la suppuration s'empare du testicule, ce qui arrive

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rarement, celle glande, soil que l'abcès s'o\ure sponlanémenl, soil que l'arl doiuio issue au pus par une incision, se dcsorgajiisc presque loujours, s'alrophic el devient désormais inhal)ile à remplir jses louclions.

8°. Le traitement des bubons, phimosis et paraphimosis qui peuvent se déclarer durant le coiu's de l'urétrite aiguë, sera examiné dans les cliapilres suivans, parce qu'il ne diffère point de celui qui convient aux mêmes symptômes surv(^nus à la suitt' des chancres.

c)" Quant au traitement des phleguiasies de la vessie, des uretères, des reins, des capsules articulaires, des membranes fdjrcuses, muqueuses et séreuses, qu'on observe assez fréquemment aussi chez les malades atteints d'une inflammation aiguë de l'urètre, il ne peut trouver place dans un ouvrage consacré spécialement aux maladies vénériennes, car il ne présente absolument rien de particulier, et qui le distingue de celui auquel on a recours dans les mêmes affections nées sous l'influence de toute autre cause occasionelle. Je renvoie donc, pour ces différens objets, aux traités généraux de pathologie.

1)1 s MALADIES VI•;M:RIK^^ES, 700

A une LE IV.

DU TnAlTRMK.NT DE L'inèTIilTF. CnnONïQi'E.

Il est rare qu'un écoulement habituel se déclare après une première inilammation de l'urètre méthodiquement traitée. Eu pareil cas, les raa^lades se conforment généralement avec rigueur aux conseils qui leur sont donnés , et si parfois la phlegmasie aiguë laisse h sa suite un léger suintement annoncé par de petits flocons blancs qui nagent dans l'urine, par une sorte de titillation inconmîodc vers le gland, ou par des chaieurs passagères en urinant, ces symptômes, qui n'ont rien d'inquiétant, cèdent toujours au bout de quelqiie temps, soit à l'usage interne des toniques ou des excilans, soit, ce qui est encore plus sur, h. la continuation des précautions hygiéniques, c'està-dire à l'abstinence du coït, et au soin d'éviter les excès en tous genres, les refroidissemens. Mais il n'en est pas de raème quand il s'agit d'un homme qui a déjà contracté plusieurs gonorrhées, et qui de plus a l'habitude de mener une vie ^très-licencieuse, ou qui se trouve forcé, par ses occupations, à rester assis une grande partie de la journée. Chez un pareil sujet, on doit toujours admcllre l'existence d'un foyer d'irritalion chronique peu étendu, mais plus ou moins proi'ondément situé, et le soupçon dewent d'autant plus fondé que le flux, en général intermittent, ne reparait ou ne s'exaspère qu'à la suite de quelque excès de table ou d'une débauche avec les femmes. En questionnant le malade, on apprend presque constamment qu'il éprouve de temps en temps des ardeurs, des cuissons en urinant, ou même des sus-

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pensions momentanées de la faculté d'nrincr, accidens auxquels il ne donne aucune attention, car il les croit insignifians, tandis que le suintement habituel ou périodiquOj qui n'en est que le résultat, le détermine seul à invoquer les secours de l'art.

Dans un pareil état dos choses, le premier pas h faire

est d'introduire la sonde (i) pour s'assurer de la situation et de l'étendue du foyer d'irritation, pour reconnaître s'il y a ou non quelque coarctation dans le canal, ou quelque engorgement à la prostate. En effet la marche à suivre ne peut pas être la même dans les deux cas, et quoique l'inflammation chronique d'un point limité de la membrane-muqueuse de l'urètre soit souvent une maladie fort opiniâtre, il est bien certain que beaucoup de suintemens habituels ou périodiques ne se montrent si rebelles, que parce que, négligeant d'aller à la recherche de la lésion organique qui les provoque et les entretient, on épuise vainement contre eux toutes les formules dictées par l'empirisme.

Mais ce n'est pas seulement sur les parties génitales jque l'attention doit se diriger. Lorsque la sonde n'indique la présence d'aucun obstacle, et n'annonce que l'existence de cet état d'irritabilité exagérée de la membrane

(i) « Il est essentiel, dit Bell , tontes les fois qu'un éconlemcnt se montre extrêmement rebelle, et qu'on n'en connaît pas évidemment la cause, de proposer d'introduire une bougie. Malheureusement il est rare que l'on songe à s'assurer ainsi de la natm'e du mal. Il en résulte que le chirurgien se donne beaucoup de peine inutilement, et qu'il perd même sa réputation. On fait d'ailleurs éprouver au malade des tourmens extrêmes que l'on aurait pu prévenir. »

DES MALADILS vi>i;RIE>NES. "j'^J

ui'étrale, auquel on donne le nom impropre de sjjosmc, il faut examiner les autres régions de l'économie. On prendra en considération les plilegmasies chroniques , herpétiques, teigneuses, lépreuses, etc., dont la peau pourrait être atteinte. On examinera s'il n'existe pas des hémorrhoides, si le malade n'est point sujet aux rhumatismes, h la goutte. On scrutera surtout avec le plus grand soin l'état de l'estomac, du canal intestinal et de ses annexes. En effet, il est facile de se convaincre que le suintement habituel est fréquemment sous la dépendance de quelque affection exanthématique , de la gastro-entérite, de la duodénitc, de l'hépatite même, dont la guérison est la condition indispensable de sa disparition. Rien n'est à négliger lorsqu'il s'agit d'un sjTnptômc si opiniâtre; et la plus mauvaise de toutes les méthodes est celle qui consiste h lui opposer des agens médicinaux mis en rapport soit avec la membrane muqueuse urétrale, soit avec les organes digestifs, sans s'être assuré que son existence ne se rattache point à celle de quelque irritation externe, et principalement interne, qu'il faut, afin de réussir, attaquer en premier lieu, par les moyens appropriés. Si, au lieu de se guider uniquement d'après les inspirations hasardeuses d'un empirisme aveugle, on suivait cette marche rationelle, sur la voie de laquelle les recrudescences de l'écoulement, à la suite des excès de table, auraient dû mettre depuis long-temps, on verrait moins de ces flux intarissables qui reparaissent plus abondans que jamais au moment même où l'on se flattait de les avoir arrêtés d'une manière durable , et qui, après avoir lassé la patience du médecin routinier, font le désespoir des malades, jusqu'à ce que le hasard amène

JÔS TRAITÉ

une grande perlmbalion or^aniqiir, doiîl le résultai est leur suppression délinilivo. Aussi Chopart a-l-il dit avec raison qu'il y a des urélrites chroniques rebelles h tous les remèdes, qui doivent, pour ainsi dire, s'user par elles mêmes el u)oui'ir de vi<M!!esse. C'est dans des cas semblables qu'on a vu quelquefois les bains de mer, les voyages et un changement total dans. la manière de vivre procurer enfin une guérison qu'il avait été jusqu'alors impossible d'obtenir, parce qu'au lieu de la favoriser, on faisait précisément tout ce qui pouvait l'entraver et l'éloigner. Mieux vaut mille fois l'abstinence de tous remèdes que l'emploi, le plus méthodique en apparence, de médicamens mal choisis ou mal adressés.

Lorsque l'écoulement ne dépend que d'une irritation limitée de la membrane muqueuse, et qu'on a lieu de penser que cette dernière n'est point encore devenue le siège d'une dégénérescence organique, la conduite à tenir est à peu près la même que dans le cas d'urétritc aiguë, et les moyens h mettre en usage sont également les mêmes. La seule différence consiste en ce qu'ici l'on doit moins compter sur l'une ou l'autre des trois mctho des curatives, employée seule, et que le plus souvent on ne réussit qu'en sachant les combiner et les associer habilement ensemble, surtout les deux pïemières, la révulsive et l'antiphlogisliquc. Quant à la perturbatrice, quoique ce soit celle qu'on emploie de préférence la plupart du temps, et qu'elle réussisse effectivement dans beaucoup de cas, il est permis de croire, d'après la facilité avec laquelle l'inflammation de la membrane muqueuse de l'urètre se déplace, que les praticiens du siècle dernier n'étaient point dans l'erreur lorsqu'ils la considéraient

DES MAl^ADIKS Vli?(£lUli.>iM:S. ~0()

comme la principale cause des rélrécissemens du canal. Il paraît donc prudent de n'y avoir recours que quand les deux autres ont échoué.

Je ne reviendrai point ici sur les divers agens médicinaux à l'aide desquels on peut opérer la médication révulsive; et, si je signale le baume de Copaliu, celui de Tolu, la térébenthine, le baume de la Mecque, le sang-dragon, le cachou, le quinquina, les cantharides , le mastic, le nilre et l'eau ferrée (i), qui ont été bien plus souvent em-

(i) Baume Je Copahu , clous: onces; os de sèche, Irois gros; yeux d'écrevisse et corail rouge, de chaque deux gros; conserve d'énula campana . quantité sufEsante. On prend un gros, matia et soir, de celte mixture , après chaque dose de laquelle on boit une tasse dune forte décoction de Heurs d'ortie blanche. — Galomelas, un scrupule ; cachou, baume de Copahu, de chaque trois gros ; syrop de grande consolide, quantité suffisante pour faire cent cinquante pilules, dont on donne quatre, trois fois par jour. — Blancs d'œuf, six ; baume de Copaha, deux scrupules ; \inaigre des quatre voleurs, deux gros. A]iiès avoir baltu ces substances ensemble , ou délaie le mélange dans seize onces de vin blanc, quantité que Ion consomme journellement, pendant une quinzaine, en quatre petits verres, deux le matin, et deux le soir. — Alcool, quatre onces et demie; baume de Copahu, un gros; résine de gayac, deux gros; huile volatile de sassafras, un demi-gros. C'est Yélixir de Lemort, dont on administre un gros dans une infusion quelconque. — Eau de roses, six onces; baume de Copahu, syrop de Tolu et gomme arabique , de chaque , une once ; esprit de nitre dulcifié , un gros. On prend cette mixture en deux fois dans la journée, le matin et le soir, pendant cinq ou six jours. — Baume do Copahu et sucre, de chaque, six onces ; gomme arabique , une once et demie ; laque carminée , un gros; eau de menthe poivrée, quantité suffisante. C'est Vopiat de M. Larrey, dont le malade prend un ou deux gros matin et soir. — Eau, six onces; baume de Copahu, trois onces; alcool et syrop de

ployés dans l'urétritc chronique que dans l'urélrite al guë, soit seuls, soit combinés ensemble, ou associés avec

guimauve, une once; huile de genièvre, trente gouttes; mucilage de gomme arabique , quantité sufiisantc. Cette mixture est recommandée par Willis , qui en donnait deux cuillerées deux fois par jour. — Consei've déposes rouges, quatre onces; sang-dragon, une demi once; calomelas, un gros; baume de Copalm , une once. M. Sainte-Marie , qui vante beaucoup cet opiat , le fait prendre à la dose d'un deini-gros, deux fois par jour. On peut aller jusqu'à deux scrupules chez les personnes robustes. L'usage de l'eau ferrée, coupée avec un quart ou moitié de bon vin , aux principaux repas , seconde parfaitement les effets du remède.

Alcool, deux livres; ipécacuanha et baume de Tolu , de chaque , une demi once : fleurs de benjoin, opium et safran , de chaque, deux gros ; huile essentielle d'anis , un gros ; camphre . deux scrupules. Willis prescrivait un à deux gros de cet élixir.

Térébenthine de Venise, quatre gros; rhubarbe, trois gros; calomelas, un demi-scrupule ; syrop de grande consoude , quantité suffisante pour faire un opiat, dont on donne un scrupule le matin , à midi et le soir. — Camphre, deux gros ; extrait de rhubarbe, trois gros ; térébenthine de Venise , deux onces. Pour faire des pilules de quatre grains, dont le malade prend neuf, trois fois par jour, avalant ensuite un verre d'eau ferrée , ou deau de Spa faible. — Térébenthine cuite , quatre gros ; succin , deux gros ; os de sèche , un gros; gomme de gayac , quatre scrupules ; baume de Copahu, quantité suffisante pour faire cent cinquante pilules , dont on consomme douze par jour, en trois fois.

Opium , un grain ; baume de la Mecque , huit gouttes ; térébenthine cuite , quantité suffisante pour faire deux pilules , à prendre l'une le. matin et l'autre le soir. On assure rpie trente de ces pilules suffisent presque toujours.

Sang- dragon et térébentliine cuite , de chaque , deux gros ; térébenthine liquide , quantité suffisante pour faire des pilules de quatre grains , dont on prend trois par jour, une le matin, une à

Ei.s M.VLADir.s vi^isjr;RiE>Ni;s. 761

d'aulres substances, c'est uniquement pour rapporter diverses formules plus ou moins célèbres, dont il n a pas

midi et une le soir. — Oliban , tuaslio, cachou et sang-dragon, un gros; tt^t'benthinc de Venise, quantité sullisante pour l'aire des pilules de deux grains, dont Clossius faisait prendre dix à vingt, deux ou trois fois par jour.

Cachou , succiu et camphre , de chaque , un gros ; conserve de roses rouges , deux onces. On donne un gros de cet élecluaire le matin , et autant le soir. Le malade boit , immédiatement après chaque dose , un grand verre d'eau dans laquelle il ajoute vingt -cinq gouttes de baume de Copahu. — Cachou et extrait de quinquina, de chaque, deux gros; alun, un gros; conserve de roses rouges, six gros; syrop de corail, de grenade, de coing ou de grande consoude , quantité suffisante. C'est [Electuairc de Duhaume , dont la dose est d'un gros, deux ou trois fois par jour. On boit ensuite un verre d'une légère décoction de fleurs d'ortie blanche et de bouillon blanc. — Cachou , limaille de fer et cascarille , deux gros ; racine de valériane, une once ; syrop de quinquina , quantité suffisante pour faire des pilules de trois grains, dont Quarin donnait depuis sept jusqu'à dix , trois fois par jour. — Cachou , un scrupule; yeux d'écrevisse , deux scnipides ; calomelas, huit grains ; baume de Copahu, un demi-scrupule; syrop de grande consoude , quaulifé suffisante pour faire des pilules de quatre grains , dont on donne tous les jours trois, en augmentant pou à peu jusqu'à six par jour. — Cachou , deux gros; gomnie arabique , quatre gros; calomelas, un scrupule; térébenthine cuite , quantité suffisante pour faire cent soixante pilules. On donne chaque jour, en trois fois, douze de ces pilules, qui ont été proposées par Quarin, et modiGées par M. Sainte-Marie. — Cachou et racine de grande consoude , de chaque , deux gros. On les fait bouillir dans une livre d'eau. Celle-ci étant réduite à douze onces ,on y ajoute deux onces de syrop de coing et un gros d'eau de cannelle. Kacmpf prescrivait cette préparation à la dose d'une cuillerée à bouche toutes les heures.

Quinquina, une once et demie; mastic, deux gros ; cachou , un gros ; conserve de roses rouges ^ trois onces ; conserve de roma-

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été fait mention dans l'arliclc consacré h celle dernière maladie. Les eaux hydrosult'nreuses conviennent mieux dans celte nuance de l'indatumalion que dans sa période d'acuilé. Les bains de vapeur sont aussi beaucoup trop négligés.

Quelques autres moyens encore ont joui d'une vogue au moins passagère. Telles sont la tormentille en poudre; la douco-amère , recommandée par Durande; l'électri-

riii , nue once et demie ; syrop d'écoice ilorange . qiianlilé sulïisaiile; essence de cannelle, xleux goulles. Ces^lVélectuaire astringent (le Tissot, qui eu donnait d<'ux gros, malin et soir. — J'ai vu employer avec succès le sulfate de quinine.

Cautharidcs, deux gros; cochenille, un demi-gros; rhubarbe, trois gros: gomme de gayac , un gros et demi; gomme laque, un gros. On fait infuser le tout dans une livre et demie d'alcool à quinze degrés. Mead prescrivait trente à cinquante gouttes de cette teinture, dans un verre d'eau tiède , deux fois par jour. Elle a été beaucoup vantée , mais on ne doit ladminislrcr qu'avec la plus grande ciiconspection.

Mastic, deux gros ; rhubarbe, une demi-once ; extrait de tormentille, un gros; térébenthine cuite , quantité suffisante pour faire des pilules de trois grains.

Kitre , rhubarbe et baies de genièvre légèrement grillées, de chaque , deux onces. Uecker dit avoir vu souvent de bons effets de ce mélange , quil donnait en poudre , à la dose d'uue cuillerée à café , toutes les deux heures , ou qu'il réduisait , avec suffisante quantité de térébenthine, en pilules de deux grains, dont il administrait dix à quinze toutes les demi-heures. On a beaucoup vanté aussi l'infusion de baies de genièvre.

Eau , deux livres : oleosacchanmi d essence de fleurs d'oranger, deux gros ; sulfate de fer, "un demi-gros. On en boit une livre ou deux par jour. L'eau ferrée se prépare aussi en jetant une pinte d'eau bouillante sur une poignée de clous rouilles.

DF.S MALADIF.S viNf.RIE>NES. ^GS

cité, donl Bircli dit avoir constaté plusieurs fois les bons effcls; l'abrasion répéice des poils du pubis, h laquelle Medicus avait recours; l'application d'un liniment volatil au périnée; celle d'un ^ésicaloire ou même d'un séton, soit au périnée, soit h là partie supérieure et interne de la cuisse. On a été jusqu'à conseiller le coït qui, en eflet, de même que l'équitalion, vantée par GuUen, guérit parfois la mala'dic , tandis que, dans d'autres cas, il l'exasjîère. Montllls préconisait un mélange d'une once d'extrait de bourrache, d'une once d'extrait de buglosse, de deux gros d'extrait de réglisse, et d'une égale quantité d'extrait de chiendent, dont on délaie gros comme une noisette dans trois demi-setiers d'eau , que le malade boit le matin, à jeun, par petits verres, et autant dans une chopine d'eau, qu'il consomme le soir, avant de souper, par petits verres aussi. L'extrait de bourrache figure encore dans quelques autres recettes pour arrêter les écoulemens gonorrhoïques. On a vu réussir aussi la décoction de gayac ou celle de salsepareille, La plupart de ces moyens sont vantés par les uns comme infaillibles, et représentés par d'autres comme n'ayant aucune valeur. Le médecin éclairé sait ce qu'il doit penser de ces louanges et de ces dépréciations exclusives. Ici, comme toutes les fois qu'il s'agit de la méthode révulsive, nul des médicamens qu'on a proposés n'est ni toujours efficace, ni constamment inerte. Une foule de circonstances individuelles modifient presque à l'iniini les résultats de son application. Les garde-malades elles-mêmes connaissent cette vérité, pour laquelle tant de routiniers affectent un dédain qui témoigne seulement de leur peu de jugement. Je n'ajouterai rien non plus à ce que j'ai dit des in-

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jcctions, qui rcnlrenl dans la méthode perlurbalrîce, sinon que M. Lugol a souvent employé celles d'eau iVoide avec beaucoup d'avantage, et que ce moyen mérite attention. La seringue munie d'une canule à double courant, contribuerait certainement à les rendre encore plus efficaces. Les bougies dissolubles de Hecker, ou même les simples sondes ordinaires de gomme élastique, pourraient être essayées aussi comme moyens irrilans.

Hecker conseille d'aider l'action des injections en faisant souvent laver et frictionner le membre viril, la région pubienne et le scrotum avec une liqueur spiritueusc chaude, telle que l'esprit de serpolet, de menthe, de lavande, ou autre semblable. Il recommande aussi de baigner ces parties dans l'eau chaude mêlée d'esprit de vin , dont on peut augmenter l'activité en y faisant dissoudre une demi-once de tartrate de fer. D'autres ont conseillé les bains froids entiers ou les bains locaux d'eau froide, soit pure, soit mêlée avec du vinaigre ou de l'eau-de-vie, dont le malade doit se servir pour laver ses parties génitales trois ou quatre fois par jour; mais il ne faut pas perdre de vue que, si les bains froids ont réussi quelquefois , par exemple dans mi cas rapporté par Floyer, fort souvent aussi ils n'ont fait qu'exaspérer la maladie.

Le léger écoulement, continuel ou intermittent, qui accompagne presque toutes les inflammations accessaires de l'urétrite, lorsqu'elles ont passé h l'état chronique, réclame un mode de traitement autre que celui dont il vient d'être question. En effet, c'est contre la lésion organique qui entretient l'irritation de la membrane muqueuse que doivent se diriger les efforts de l'art, et tant que cette lésion persiste, on ne peut point espérer de

Ui:S MALADIES Vfe>iÉlUE>MiS. 7GÔ

voir disparaître le siiinh-ment, au moins d'une manière durable.

1°. Quand la cordée persiste sous ce mode, après la disparition des autres symptômes, ce qui arrive quelquefois lorsque la méthode antiphlogistique n'a point été mise en usage, on conseille de recourir aux frictions locales avec l'onguent mercuriel, simple ou camphré, à l'électricité, aux linimcns volatils, au quinquina, aux résines, au poivre, h l'extrait d'aconit. C'est encore sur les bains tièdes, les fomentations, les cataplasmes émolliens, l'exposition du pénis à la vapeur de l'eau chaude, quelques applications éloignées de sangsues dont on laisse saigner loUjî^-tcmps les piqûres, et les boissons hydrosulfurées, qu'il faut le plus compter en pareil cas.

2°. Lorsque les phlegmons sous-muqueux de l'urètre ont passé à l'état chronique, ils forment de petits tubercules contre lesquels on est généralement dans l'usage , d'après les préceptes de J.-L. Petit, d'employer les sondes, et d'en continuer l'usage jusqu'à la disparition complètedes tumeurs, qu'accompagne presque toujours un écoulement très-sujet h se renouveler. M. Lisfranc a constaté, contre l'opinion reçue avant lui, que les injections astringentes rendues aussi fortes que le malade peut les supporter, sont un moyen très-efficace de les guérir, sans doute parce qu'elles raniment l'inflammation chronique qui les entretient, et la font passer à l'état aigu. Les réflexions que j'ai faites à l'occasion de la cordée s'appliquent également ici.

5°. L'inflammation des glandes de Cowper laisse quelquefois à sa suite un noyau plus ou moins indolent. On

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a conseillé, dans ce cas, los friclions au jx^rinéc ot les

douches ascendantes.

4°. La proslalile chronique, qui est plus rarement la suite d'une inflammation aiguë de la glande, que celle d'anciens rétrécissemens de l'urètre, constitue une mala die grave, parce que la prostate, après en avoir été atteinte, recouvre très-dinicilomcnt son état primitif. Si l'on fait abstraction des saignées générales , qui ne deviennent nécessaires que dans le cas d'une recrudescence ou d'une plilegmasio incidente des parties voisines , le traitement doit être dirigé d'après les mêmes principes que celui qu'on oppose à l'inllammation aiguë, lorsqu'elle ne se uni pas remarquer par une grande intensité.

Quelques sangsues ou des ventouses fréquemment appliquées au périnée, ou à la partie rnlerne des cuisses, et dont on laisse saigner long-temps les plaies, des cataplasmes émoUiens, et un genre de vie très-régulier, soulagent toujours le malade, s'ils ne procurent pas avec le temps une guérison complète.

La méthode révulsive a été recommandée aussi , quoiqu'on doive peu compter sur elle. Parmi les moyens qui rentrent dans son domaine, ceux qui ont déployé le plus d'efficacité sont les vésicatoires et les sétons au périnée. Bell dit avoir, dans divers cas, retiré quelqu'avantage des cautères, établis de chaque côté du raphé, et qui lui ont paru d'autant plus avantageux que les pois qu'on y introduisait pénétraient h une plus grande profondeur. Ils doivent être effectivement beaucoup plus efficaces que les emplâtres de savon et de gomme ammoniaque , les lotions avec la lessive de cendre, et les frictions locales avec uniinimentvolatil, que divers auteurs préconisent.

DES MALVDIKS VK^ÉRIENNES. 767

Les révulsifs , appliqués sur des régions plus éloignées , ont paru également utiles dans quelques circonstances; mais, parmi tous ceux qui ont été proposés , il ne s'en trouve aucun qui n'ait échoué entre les mains de quelque praticien, sans excepter l'hydrochlorate d'ammoniaque, que M3I. Fischer et Kunzmann érigent presqu'en spécifique, à la dose de deux à quatre gros par^jour. La décoction de ciguë, unie au quinquina, était le seul remède sur lequel comptât Heberden , et M. Valentin dit avoir employé l'extrait de cette plante, h grandes doses , avec succès, en Amérique. Je m'en suis servi un certain nombre de fois avec avantage, en l'associant aux cataplasmes préparés avec les feuilles pilées ou bouillies de la plante. Mais Bell , qui a fait des expériences suivies sur la ciguë, ne croit pas avoir remarqué qu'elle ait jamais été d'aucune utilité; si la maladie, dit-il, a paru céder quelquefois, elle n'a disparu qu'au bout d'un laps de temps fort long, sans que ce résultat fût plus fréquent que quand on n'avait pas employé le remède, qui , du reste , paraît n'avoir été proposé, dans l'origine, que parce qu'on supposait la maladie entretenue par quelque disposition scrofuleuse. Bell rapporte aussi que la décoction de racine de mézéréon lui a semblé parfois être utile , ^urtout après avoir été unie à la salsepareille, mais il ajoute qu'elle ne l'a jamais été d'une manière assez sensible pour lui permettre d'en parler avec certitude. Girtanner place l'éponge brûlée au nombre des moyens les plus efficaces , ce qui pourrait autoriser à essayer les préparations d'iode. L'opium à haute dose et les lavemens opiacés ont été employés, dit-on, avec avantage, de même que l'eau de mer en bain et en boisson. Quant au mer-

cure, Bell fait observer qu'il n'a jamais diminué réellement la tumeur, qu'en général il augmente l'irritabilité du système, quoiqu'adminislré à petites doses et avec toutes les précautions possibles, que les parties affoctées deviennent communément j)lns douloureuses qu'elles ne l'étaient auparavant, en un mot que ce métal est alors inutile et même dangereux. Telle était aussi l'opinion d'Heberden. Je dois toutefois ajouter que ces remarques s'appliquent seulement aux frictions, et qu'il est probable que les préparations mercuriclles données avec prudence à l'in térieur n'agiraient pas plus défavorablement que toutes les autres substances irritantes.

On n'a point essayé la mélhode perturbatrice autrement que par les sondes de gomme élastique, qui doivent être considérées, d'après quelques écrivains, comme le principal moyen de guérison. Le cathétérismc , moins douloureux que dans la prostatite aiguë, parce que la sensibilité locale est généralement peu exallée , présente souvent des diflicultés relatives aux déviations en divers sens que la tuméfaction inégale de la glande peut imprimer h l'urètre.

Lorsque la portion prostatique de l'urètre est hérissée defonçosités, M. Lallemand recommande la cautérisalion, comme étant le moyen le plus efficace pour changer le mode de vitalité des tissus, substituer une inflammation de bonne nature h une irritation chronique, diminuer d'abord, puis arrêter l'écoulement, résoudre peu à peu l'engorgement de la glande , et mettre un terme non seulement h la sécrétion glaireuse qui épaissit l'urine, mais encore aux pollutions diurnes, alors si fréquentes. Cette cautérisation, que l'on pratique avec une

DES MALADIES viNiRIE>>ES. jGq

sonde armée, n'a pas besoin de durer au-delà de quelques secondes. Elle est toujours très-douloureuse; mais la douleur dure peu , et quoiqu'elle se renouvelle pendant deux ou trois jours , chaque fois que \v malade urine, elle ne tarde pas à disparaître complètement.

5". L'inflammation chronique du testicule étant presque toujours sous la dépendance d'une coarctation de l'urèlre, qui l'entretient, on doit diriger les moyens de trailement contre cette uffeclion, après la guérison delàquelle elle disparaît d'elle-même. Cependant une foule de remèdes généraux et locaux ont été conseillés aussi. Parmi les premiers, on a vanlé les vomitifs, les calhartiques répétés, l'extrait de ciguë, la décoction de racine de mézéreon. Acrel comptait beaucoup sur la décoction de bugrane, préparée avec une demi-once de racine par livre et demie d'eau, réduite aux deux tiers , et dont il faisait prendre une cuillerée toutes les deux heures, après y avoir ajouté un syrop quelconque. D'autres , à son exemple, ont administré la poudre de 'cette racine, à la dose d'une drachme. ^ an Swieten assure s'être fort bien trouvé de prescrire une once de carbonate calcaire dans une liue de vin du Rhin, dont le malade prenait trois ou quatre cuillerées h bouche, matin et soir. Swediaur fait remarquera celle occasion qu'il serait plus rationnel d'adminislrer l'acétate, le citrate ou l'hydrochlorate de chaux, et que l'on ferait peut-être bien d'essayer le chlorure de barium. Quelques médecins du jour accordent une préférence presqu'exclusive au baume de Copahu et au poivre cubèbe. Quant aux remèdes locaux, on distingue, dans le nombre, les fomentations froides, faites pendant plusieurs jours el souvent réitérées, soit avec une soin-

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lion alcoolisée d'acétate d'ammoniaque, soit avec de rhvdrochlorale d'ammoniaque , dissous dans l'eau et nièlé avec du vinaigre; les Iriclions , laites deux fois par jour sur le périnée et le scrotum , avec le liniment ammoniacal ou l'onguent mercuriel, seul ou camphré; les fumigations mercurielles appliquées aux parties génitales; les cataplasmes de ciguë, de racine d'élaterium bouillie dans le vin doux , de racine de mézéreon, pulvérisée et réduite en bouillie, de racine de mandragore cuite, etc. J'ai dit ailleurs que l'iode avait été employé, tant h l'extérieur qu'à l'intérieur.

Quant à la dureté dont l'épididyme reste quelquefois atteint après l'orchite aiguë, elle ne doit inspirer aucime crainte , parce qu'elle se dissipe ordinairement d'ellemême avec le temps , quoiqu'elle puisse aussi persister pendant toute la vie, sans entraîner aucune suite désagréable. Cependant lorsqu'elle inquiète le malade , on essaie les fumigations d'eau chaude, les frictions légères, soir et matin , avec l'onguent mercuriel ou le liniment volatil, et l'application d'un emplâtre de mercure et de gomme ammoniaque sur les bourses. Mais le plus souvent elle résiste à tous les moyens que l'on met en lisaae.

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