‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnelChapitre 4 sur 48 · ARTICLE IL · texte numérisé non relu

ARTICLE IL

Des oxides de mercure.

Les chimistes admettent deux oxides de mercure, le proioxidc et le deutoxide.

M. Guibourt pense que le protoxlde ne saurait exister h l'état libre, et qu'aussitôt qu'on le dégage de ses combinaisons, il se sépare en mercure et en deutoxide. On pourrait donc rattacher son histoire h celle du mercure métallique très-divisé, avec lequel il a été confondu par la plupart de ceux qui en ont introduit l'usage dans la thérapeutique.

Quoi qu'il en soit, on lui donnait jadis les noms d'éthiops minéral et de turbith noir. Il l'ait la base du mercure soluble de Moretti, obtenu en décomposant le sulfate de mercure h l'aide de la potasse pure. Moretti prescrivait de l'associer, à la dose de deux scrupules, avec deux gros de poudre de guimauve et suffisante quantité d extrait mou de quinquina, pour faire des pilules, dont chacune doit en contenir deux grains.

Le deutoxide de mercure était appelé anciennement précipité rouge, précipité per se, et arcane corallin. Mattioli le donnait intérieurement , à la dose de cinq grains par jour, dans un électuaire quelconque. Il a été imité par Rangonus , Césalpin , Plater, Sennert et Weickard , mais blâmé par Fallope, Boerhaave et Triller. En effet le précipité rouge est un poison violent. Bell l'a cependant employé; il en faisait prendre un à deux grains, soir et matin, en pilules ou en poudre, et croyait qu'on peut, par l'addition de l'opium, prévenir les coliques qu'il oc-

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casionne presque toujours. M. Cullcricr pense aussi qu'on pourrait l'aduiinistrer sans danger, dans un excipient de quelques onces d'eau gomuiée, pour l'élcndrc convena- Lieuient. Il est bon de savoir que le précipité rouge contient presque toujours une petite quantité de sous-deutonilrate de mercure.

MM. Horn, Wendt et Kahleis, so louent beaucoup de son emploi, nolanimeut dans les maladies vénériennes invétérées, et à l'hôpital civil de Copenhague on le prescrit avec succès, sous la forme pilulairc, h la dose d'un demi -grain jusqu'il un grain entier.

Quoi qu'il en soit, on ne s'en sert guère maintenant qu'à l'extérieur, surtout en Angleterre, où il est connu sous le nom (\g poudre de pri?icc. Clare y avait quelqueibis recours pour ses frictions buccales. Mais c'est principalement en applications sur les ulcères vénériens qu'on 1 emploie. Il ne convient que dans les chancres indolens, stalionnaires et fongueux , car toutes les fois qu'il existe de la douleur et de l'inflammation, il ne fait qu'exaspérer ces symptômes. Pour en faire usage, on le mêle avec du cérat sim})lc, ou du basilicum, ii la dose de six grains par gros, qu'on dépasse très-rarement. Le premier mélange porte le nom d'onguent brun, et le second celui de cérat rouge ou cèrat jaune. M. Sainte-Marie propose de l'associer avec l'onguent populcum, quand les chancres sont un peu douloureuxj mais il faut alors s'abstenir sévèrement de toute application mercuriclle.

M. Ansiauxscloue beaucoup du précipité rouge, substitué à l'onguent napolitiiin, dans le traitement par les frictions. 11 l'eujploie en poudre très-fmc, ou délayé avec (le la salivc, à la dose de dix grains pour chaque friction,

de manière que deux onces suffisent pour un traitement ordinaire. Suivant lui celte préparation agit ordinairement d'une manière douce, et elle est plus commode et plus propre que les frictions onctueuses.

L'emploi de ce médicament exige la plus grande circonspection , sans laquelle il peut produire des résultats eflrayans. a Mais , fait observer M. Lagneau , on est si aveuglé sur ses propriétés antivénériennes, qu'on aime mieux attribuer à la malignité du virus les accidens qui ne dépendent le plus souvent que de son application. » Celte réflexion judicieuse peut être, dans beaucoup de cas, étendue h toutes les préparations mercurielles sans exception.

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