‹ Traité complet des maladies vénériennes, contenant l'exposition de leurs symptomes et de leur traitement rationnelChapitre 43 sur 48 · TllAlTÉ · texte numérisé non relu

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par les anlipliloj^istiques, et le plus sur moyen de leur faire produire un résultat contraire à celui qu'on eu attend, est de les appliquer sur les parties mêmes dont l'irritation a déterminé sympalhiquement celle des glandes lymphatiques. Quelques succès obtenus, en suivant cette méthode, dans des cas d'ailleurs où la véritable cause provocatrice des bubons n'a point été recherchée, ne sauraient la justifier; car jamais une exception n'a infirmé une règle, surtout lorsque les circonstances auxquelles elle peut se rattacher demeurent enveloppées dans le doute.

La méthode perturbatrice offre quelques chances favorables; elle doit surtout être préférée à la révulsive dans les bubons très-enflammés, tandis qu'au contraire elle leur est inférieure en efficacité après la diminution de la phlogose. Les applications de glace pilée, auxquelles on fait succéder d'abord les cataplasmes froids, dont la température est ramenée peu h peu h celle de l'atmosphère, puis des fomentations avec le sous-acétate de plomb, sont un excellent mo/yen pour arrêter les progrès de l'iullam-r niation, calmer les douleurs, diminuer le volume de la tu-» meur et prévenir la suppuration. J'ai eu" très-souvent àme louer de leur emploi, surtout après avoir calmé l'éréthisme général et local par la saignée, un bain tiède très-prolongé et des sangsues. On peut, de cette manière, faire avorter^ en vingt-quatre ou trente-six heures, des bubons déjà même très-avancés. Quant aux onctions mercurielles, que beaucoup d'auteurs conseillent, elles ne sont propres qu'à accroître l'irritation, et doivent être proscrites. Il eu est de même des narcotiques, h l'aide desquels on se flattait do diminuer les souffrances du malade.

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Les Anglais assurent que, dans le premier période, ou même après la cessation de rinflamnialion, une pression continuée pendant quelque temps sur les glandes engorgées, est avantageuse, surtout quand on la fait précéder d'une saignée et d'un fort purgatif. Ils se servent , pour l'exécuter, d'une pierre plate, ronde ou ovale, ou d'une plaque métallique, de forme et de volume convenables, qu'ils maintiennent avec une bande roulée en spica , recommandant au malade de tenir la cuisse ployée sur le bassin. D'abord la douleur est violente, et d'autant plus vive que l'irritation est plus considérable; mais elle dure peu et ne reparaît plus. Quelquefois la compression réussit mieux quand on la suspend durant quelques heures , pour la reprendre ensuite. Ce moyen mécanique est absurde et dangereux.

Il ne faut pas renoncer h l'espoir de résoudre un bubon parce que du pus s'est déjà formé dans son intérieur, car ce liquide peut encore être résorbé si l'on parvient à diminuer la phlogose, surtout celle du tissu cellulaire qui entoure les glandes. Mais quand tous les moyens échouent, il devient nécessaire de favoriser la suppuration, dont leur emploi aura du moins eu l'avantage de diminuer les orages et la quantité. Les cataplasmes émolliens chauds remplissent cette indication.

On a beaucoup discuté sur la question de savoir si 1 on doit abandonner l'ouverture de l'abcès à la nature, ou s'il est plus avantageux de frayer une issue au pus, et, dans ce cas, s'il faut employer le caustique ou l'instrument tranchant, si J'incision doit être cruciale ou simple, longue ou étroite, etc. Les bubons suppurans ne diffèrent point des autres phlegmons, et réclament le même traitement.

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En général il convient de les ouvrir avant l'époque où l'érosioji spontanée de la peau livrerait passage h la matière, toutes les fois que le travail de la nature s'opère avec lenteur, parce qu'il est à craindre alors que le derme et le tissu cellulaire ne subissent une désorganisation trop étendue et trop prolonde. Celte pratique est surtout indispensable lorsque les tégumens manifestent peu de tendance à s'ulcérer, et que la collection purulente exerce une compression douloureuse sur des troncs nerveux, comme il arrive, par exemple, dans les bubons cervicaux, où je l'ai vue produire l'engourdissement de tout le bras du même côté. L'instrument tranchant est toujours préférable à la potasse caustique; il cause moins de douleur, et n'excite pas autant d'irritation. L'ouverture doit être très-petite. Une simple ponction faite avec la lancette, sur le sommet de la tumeur, suffît dans tous les cas. Elle doit être préférée aux mouchetures et surtout au petit sétou que proposait Bell. On introduit dans la plaie une petite mèche, qui doit être supprimée dès le second pansement. Les cataplasmes émolliens sont continués jusqu'à ce qu'il n'existe plus de duretés; des pansemens simples suffisent ensuite. En suivant cette marche, le recollement des parois du foyer et la cicatrisation s'opèrent d'une manière rapide, pourvu que la partie soit tenue dans un repos parfait, et que le malade d'ailleurs soit bien constitué et bien portant. Les glandes lymphatiques ne reviennent pas toujours à leur ancien volume; quelquefois elles restent plus grosses et plus dures qu'avant l'accident , mais cet état n'a rien de dangereux , ce dont il importe de convaincre certaines personnes qui s'en alarment beaucoup. Quel- (|uefois la dureté persiste pendant toute la vie; mais le

plus souvent elle s'efface avec le temps. Dans tous les cas, elle n'est pas susceptible de porter la plus légère atteinte h la santé.

Quelquefois il existe plusieurs foyers distincts, qui réclament chacun une ouverture particulière. C'est ce que l'on observe particulièrement dans les bul)ons cervicaux, même les plus aigus, qui constituent toujours une maladie longue, et qui peuvent prolonger indéfiniment leur existence, lorsqu'on renonce aux émolliens, indiqués par la persévérance de l'inflammation, pour recourir aux révulsifs et aux applications stimulantes.

Lorsque les précautions indiquées plus haut n'ont point été observées, qu'une large ouverture a été faite au bubon, que la plaie n'a pas été pansée méthodiquement, qu'on a eu recours aux stimulans, aux lotions aromatiques, au vin miellé, aux onguens excitans, aux escarrotiques même, dans l'espoir chimérique d'accélérer la cicatrisation, enfin que le malade s'est livré à la fatigue, aux excès, il survient un ulcère plus ou moins large, parsemé de callosités et de clapiers, dont les bords durs, renversés, inégalement découpés, n'ont aucune tendance à se rapprocher. Dans cet état des choses, suivre les préceptes que donnent la plupart des écrivains, c'est-à-dire prodiguer les fomentations excitantes, et agrandir les trajets fistuleux, soit en y glissant de la pierre infernale, soit en y introduisant des trochisques de minium, c'est perpétuer la maladie et la rendre de plus en plus rebelle. On ne peut espérer la guérison de ces irritations chroniques, qu'en ayant recours aux applications émollienles, au repos et au régime, dont il est quelquefois nécessaire d'aider l'action par de légères émissions sanguines locales. Si la peau qui borde l'ulcère

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est renversée, amincie, désorganisée, on abrège le Iraitement, non pas en la détruisant avec la potasse caustique, comme le prescrivent une foule d'auteurs, mais en l'excisant avec un bistouri. L'hémorrhagie causée par cette' légère opération exerce une influence salutaire sur les progrès de la guérison. Beaucoup d'auteurs prescrivent d'exciser, avec des ciseaux ou un bistouri, les glandes qui subsistent parfois au centre de l'ulcère; mais il est bien rare que ces glandes ne s'aftaissent pas rapidement, lorsqu'on substitue les émoUiens aux excitans. Si toutefois l'extirpation devenait indispensable, il ne faudrait pas hésiter à la pratiquer; c'est une opération aussi simple à exécuter que peu dangereuse.

Si la pourriture d'hôpital se manifeste dans l'ulcère, au lieu de prodiguer les toniques à l'intérieur et les stimulans les plus actifs à l'extérieur, tels que le quinquina , l'éther, le camphre , le musc , le vin , l'opium à haute dose, le chlore, etc., il faut attaquer la phlegmasie incidente des voies digestives sous l'influence de laquelle s'est développée cette redoutable complication , qu'on n'observe guère, comme je l'ai déjà dit, que dans les hôpitaux et chez les sujets inlempérans. La diète, les boissons émollientes et le changement ou l'assainissement de l'air, sont les moyens qui réussissent le mieux en pareil cas. J'ai presque constamment vu succomber les malades soumis au traitement excitant, qui faisait autrefois de si aflreux ravages dans les hôpitaux de vénériens.

Que le bubon soit primitivement indolent, ou que l'inflammation y ait été ramenéeau mode chronique par l'emploi des résolutifs, il constitue une aftection plus désa- 2;réable que grave en elle-même, mais qui entraîne sou-

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vent des suites fâcheuses , à cause de l'obstination avec laquelle on cherche à en accélérer la disparition , au lieu de l'abandonner au temps, et surtout à cause de la méthode que l'on met presque toujours en pratique dans l'espoir d'arriver à ce but. En effet, c'est ordinairement aux applications plus ou moins stimulantes qu'on a recours, aux fumigations cinabarines , aux emplâtres de diachylon, de Vigo, de ciguë et de savon, aux frictions avec l'onguent mercuriel ou le liniment volatil, aux cataplasmes de ciguë, à ceux de pulpe d'oignons cuits dans l'eau de savon , à ceux de colophane en poudre, délayée dans du vinaigre, etc. Ces moyens, auxquels on peut encore ajouter l'électricilé , amènent rarement la résolution, et ne font en général qu'entretenir la phlogose. A la vérité, ils l'exaspèrent quelquefois assez pour déterminer la formation du pus; mais les abcès qui surviennent alors se multiplient , sans résultat avantageux, sm' des points différens, et â des époques plus ou moins éloignées les unes des autres. « La pratique nous montre journellement, dit M. Lagneau, que ces suppurations forcées et contre le vœu de la nature, laissent toujours après elles une base d'engorgement plus ou moins considérable, qui devient par la suite le siège de nouvelles inflammations, lesquelles se succèdent, à des intervalles plus ou moins éloignés, pendant des mois et des années. »

Ce qu'il y a de mieux à faire , dans les bubons indolens, c'est de les abandonner à eux-mêmes , quand leur situation ne les expose pas à être fréquemment irrités par lesmouvemens des parties dont dépendent les glandes qui les constituent. Dans le cas contraire, il faut insister

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sur les applications émollicnles, secondées par des émissions sanguines locales, fréquemment répétées, mais peu abondantes chaque i'ois. Il est convenable aussi d'essayer en même temps la méthode révulsive, et de prescrire les purgatifs, l'eau de Sedlitz, l'extrait de ciguë , de belladone ou de jusquiame, lu tisane de salsepareille, seule ou avec le gayac ou le mézéréon, le chlorure de barium, le sulfate de quinine, en un mot tous les agens pharmaceutiques capables d'exercer une irritation dérivative sur le tube alimentaire. Les bains de vapeurs seraient peut-être avantageux. Ce qu'il y a de certain, c'est que ceux d'eau de mer l'ont été fort souvent. Quant aux stimulans appliqués sur la partie malade elle-même , il est plus prudent de s'en abstenir que d'y avoir recours. Tout au plus pourrait-on essayer les douches d'eau salée ou d'eau savonneuse chaude, aux([uelles j'ai cru, dans diverses circonstances , reconnaître une certaine efficacité.

Quelque forme et quelque caractère que présente un bubon, le mercure ne peut jamais être administré qu'à litige, ou de révulsif, ou d'excitant local, et, comme tel, doit être soumis aux mêmes règles que les autres substances médicamenteuses rangées dans ces deux classes. Rarement il est utile, et fort souvent il nuit. Quant à son emploi après la disparition ou la guérison des bubons, des milliers d'observations, recueillies même avant celles que nous devons aux médecins anglais et à plusiuurs de nos compatriotes, altesleut assez que rien ne le justifie. (Cependant, lorsqu'on a déterminé rapidement la résolution d'un bubon, il convient de soumettre, pendant quel-

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que temps, le malade h l'emploi de médicamens qui provoquent une légère irritation des voies alimentaires ou de la peau, afin de prévenir le développement éventuel d'affections secondaires ; mais alors le mercure est celui qui convient le moins, et les purgatifs, les toniques, les bains de vapeurs sont infiniment préférables.

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