T)\J TRAITEMENT DES MALADIES VENERIENNES SECONDAIRES
Rien n'est plus simple que la marche Iracée parles ailleurs lorsqu'il s'agit de traiter les maladies vénériennes secondaires , ou , comme on a coutume de s'exprimer , la s^"philis constitutionnelle. C'est toujours le traitement général , et presque toujours lui seul , que l'on prescrit d'administrer. Le passage suivant de llunter, qui contient toute la doctrine que l'on professe à cet égard, en fournit la preuve. « Si les effets locaux ne consistent que dans l'inflammation et le gonflement des parlies molles ou dures, il ne faudra recourir à aucun traitement local , celui delà consliliilion pouvant suffire, en général, pour les détruire complètement. Il arrive néanmoins quelquefois que les effets locaux ne cèdent pas , que les parties conservent leur tuméfaction , et qu'elles restent dans un état d'inaction et d'indolence , alors même que tout concourt h faire croire que la constitution est parfaitement guérie. En pareil cas , on doit aider le traitement constitutionnel par des topiques mercuricls , et si ces topiques ne suffisent pas, il faut tâcher de détruire la disposition morbide locale en excitant une inflammation d'une autre espèce. »
Il est assez évident, d'après ce passage, que, malgré la haute importance attachée ti cette méthode curalive, on ne la regarde cependant pas comme infaillible, et
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qu'on avoue même l'impossibilité dans laquelle on est d'acquérir jamais la certitude absolue qu'elle a exercé sur la constitution l'influence salutaire qu'on attend d'elle. Mais, laissant de côté ces deux circonstances, sur lesquelles je me suis amplement expliqué dans le chapitre qui termine la section précédente , il reste démontré que la méthode révulsive est celle l\ laquelle on a recours de prime abord, et que , quand elle ne produit pas l'efFet désiré , les moyens perturbateurs sont les seuls que l'on conseille d'y associer. Des excitans de mille espèces à l'intérieur , et quelquefois des excitans non moins variés sur les parties malades elles-mêmes, tel est le pivot sur lequel roule tout le traitement des affections vénériennes secondaires. On n'a recours aux antiphlogistiques que dans un très-petit nombre de cas , encore même ne les considère-t-on alors que comme un accessoire presqu'insignifiant, un auxiliaire sur lequel il faut peu compter. La description minutieuse que j'ai donnée du traitement général et des diverses manières de l'appliquer, pourrait donc, si je suivais la marche adoptée jusqu'à ce jour, me dispenser d'entrer ici dans de nouveaux détails. Je n'aurais pas même de règles à tracer relativement au choix qu'on peut faire entre telle et telle méthode, puisqu'il n'en est aucune, pour ainsi dire, qui n'ait été recommandée d'une manière exclusive, et que tout semble, sous ce rapport , livré au caprice, aux préjugés , à la routine de chaque praticien. Il me restei>ait> seulement à dire qu'en général le mercure est préféré aux autres moyens , que ses diverses préparations ont été tour-à-tour -présentées comme infaillibles, puis dépréciées et abandonnées , qu'on les associe très-souvent aux
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sndorinqiios, qu'il csl nsscz rare qu'on emploie ces dcrniors seuls, enfiu ([ue, dnns les cns opiniâtres, après avoir épuisé lous les moyens imaginables , sans excepter les recelées des commères et les arcanes des charlatans, on reprend l'une après l'autre toutes les méthodes et même toptesiles préparations de chaque substance, soit parce qu'on espère qu'elles se monlieronl plus elTicaces dans un 4emps qu'elles ne l'ont été dans un autre, soit parce <[u'on suppose qu'elles ont été administrées jusqu'alors d'une manière irrégulière et non méthodique, c'est-hdire non conforme h la routine que chacune s'est faite. Une thérapeutique ainsi fondée sur l'empirisme le plus absolu , et à l'établissemerit de laquelle n'ont point présidé les lois connues de l'organisation, ne saurait se maintenir à une époque où l'on sent la nécessité de rapprocher les uns des autres les. phénomènes de la santé et ceux de la maladie, qui ne peuvent efTectivement pas découler de deux sources dift'érenles. On y aurait même reno^ncé depuis long-temps, puisqu'elle ne ressemble point à celle que l'on suit dans les autres maladies , si elle ne reposait sur la supposition gratuite d'un principe matériel, disséminé dans l'économie entière. En effet, il était assez naturel, à une époque où la physiologie n'existait que de nom , qu'en raisonnant d'après l'hypothèse d'un état pathologique avec cause conjointe, on s'attachât d'abord à combattre cette cause, espérant, comuiie événement très- probable, qu'après sa destruction on verrait disparaître d'eux-mêmes les effets de son inlluence excitatrice, dont les variétés sans nombre pouvaient être attribuées h la diversité infinie des organes <it des tissu* générateurs. A la vérité , en agissant ainsi ,
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(l'une manière néanmoins plutôt machinale que raisonnée , on ne se montrait pas conséquent ; car , dans d'autres maladies réputées également virulentes, on négligeait entièrement le virus , pour ne s'occuper que des résultats de son action sur l'organisme. Cepeudanl, à défaut ds l'évidence, on avait jusqu'à un certain point l'analogie en sa faveur, puisque, dans les lésions entretenues par la présence d'un corps étranger, il suflit presque toujours d'enlever ce corps pour procurer une guérison prompte et radicale des accidens qu'il a fait naître^
Mais la notion d'un virus vénérien est , comme je crois l'avoir prouvé, dénuée du soutjen de l'observation directe, et contradictoire avec les règles de la logique , auxquelles la médecine ne saurait pas plus se soustraire que les autres branches des connaissances humaines qui ne reposent pas uniquement sur le témoignage des. sens. Tous Ic^s phénomènes pathologiques que l'on en)b?asse sous la dénomination collective de syphilis conslilutionnelle peuvent étro expliqués d'une manière tout-à-fait diflérenle et beaucoup- plus simple. Ils n'ont pas lieu inévitablement dans tous les cas , et de ce qu'on ne les observe pas toajours, à beaucoup près, dans l'urétrite , on aurait dû conclure, comme l'expérience l'a appris en effet dans ces derniers temps , qu'ils ne sont pas non plus des complications ou des suites constantes des ulcérations vénériennes. Enfin , rinfaillibilité attribuée h certains agens médicinaux, démentie d'ailleurs par l'observation de tous les siècles , tombe d'elle-même avec l'hypothèse nosologique sur laquelle seule elle reposait. Il ne reste donc plus qu'à ramener les maladies vénériennes secondaires, sous le point de vue de la thérapeutique , comme je l'ai