EXPLIGA.TION DE LA. PLANCHE XLIV
Uréthrile. — Le méat urinaire esl rouge, enflammé, tuméfié; il s’en échappe une goullelelte de muco-pus. De chaque côté de la partie inférieure de la vulve, on voit une tumeur ovoïde formée par la glandule vulvaire. La semi-muqueuse qui les recouvre est rouge , enflammée. Sur le côté droit, existe une ouverture faite avec le bis¬
touri qui a donné issue au pus d’un abcès survenu à la suite d’une inflammation phlegmoneuse.
A la terminaison inférieure des nymphes , de chaque coté deux crins, représentés par une ligne noire, indiquent l’orifice des canaux excréteurs des glandules.
D.issmé d'après natale ellith.parF Bien
Inip.Lemercier.àPans.
PLANCHE XLV
STPHILIDE PUSTÜLO-CRUSTACÉE IMPÉTIGINEÜSE ; PAPULES CONSÉCUTIVES : VA¬ RIÉTÉ DE MENTAGRE SYPHILITIQUE. - ENGORGEMENT DES GANGLIONS CER¬ VICAUX POSTÉRIEURS. — ACCIDENTS SECONDAIRES RÉCENTS (1).
OBSERVATION
(Pierre-Alexandre), pédicure, fut admis dans mon service de l’hôpital du Midi, salle 4'% n° 3, le 42 mars 4850. Cet homme, âgé de 37 ans, jouissait habituellement d’une bonne santé et n’avait jamais eu d’éruption cutanée.
Il y a dix ans, il avait eu une blennorrhagie qui avait duré six semaines. Il ne se rappelle pas le traitement qu’il fit alors. Aucun accident ne se manifesta. Depuis cette époque, a eu à plusieurs reprises des écoulements qui n’ont eu que 8 ou 40 jours de durée et qui ont tous guéri sans traitement.
A son entrée dans le service, il affirmait n’avoir jamais eu de chancres, et considérait l’éruption dont il était affecté comme étant sa première maladie. Cependant, questionné à plusieurs reprises, en lui faisant comprendre qu’il avait intérêt à ne pas se tromper, en lui précisant l’époque à laquelle l’accident primitif avait dû exister, il dit qu’en effet, environ 5 mois avant la manifestation de l’éruption pour laquelle il était venu à l’hôpital, il avait eu des rapports suspects, à la suite desquels s’était manifestée une ulcération à la rainure du gland, qui ne l’avait pas beaucoup tourmenté et à laquelle il n’avait pas cru devoir attacher de l’importance. Cette ulcération s’était guérie seule, sans aucun traitement. II n’y avait eu aucune inflammation, aucune suppuration des ganglions inguinaux, c’est en quelque sorte après avoir perdu le souvenir de cette ulcération, qui cependant avait laissé une induration spécifique, qu’on pouvait encore constater, et un engorgement trèsmiinifestedes ganglions inguinaux, que T*’** s’aperçut d’abord, sans autres prodromes, et sans symptômes concomitants, d’un développement des ganglions cervicaux postérieurs, suivi bientôt de l’éruption pour laquelle il venait réclamer des soins. Au dire du malade, celte éruption, qui datait de 2 mois quand il fut soumis à mon observation, s’était faite pres-
(1) Observation recueillie par M. Legrand, interne de mon service.
que en même temps partout, sans douleurs et sans démangeaison, et avait marché rapidement vers le terme où elle était arrivée, sans qu’il puisse préciser son mode d’évolution.
L’éruption a pour siège le cuir chevelu, la face, et les régions sternale et interscapulaire. Sur le cuir chevelu, elle est disséminée, formée par des groupes de croûtes volumineuses, bombées, brunes verdâtres, plus étendues que la surface qui les a produites ; la plupart dures , sèches, adhérentes , quelques-unes encore molles et se détachant facilement pour mettre à découvert une surface rugueuse, excoriée, suppurante et saillante. A la face, l’éruption présente deux groupes distincts : l’un occupe le front jusqu’à la racine du nez ; l’autre les ailes du nçz, les narines, la lèvre supérieure, le menton, la partie inférieure des joues et jusqu’à la région sushyoïdienne. Dans ces derniers points, elle est confluente et très-adhérente à la barbe, qui est très-épaisse et que le malade coupe au niveau des croûtes avec des ciseaux. Du reste, au volume près, l’éruption delà face offre les mêmes caractères que celle du cuir chevelu. C'eslunesyphilidepuslulo-crusiacêeimpèligineuse/ c’est ce qu’on peut appeler, aux lèvres et au menton, une variété de mentagre syphilitique. Partout l’éruption est limitée par une peau saine, dont la coloration ne paraît pas altérée, et on ne peut dire qu’elle soit entourée de cercles et d’aréoles qui puissent servir à la caractériser. Sur quelques parties, sur les régions temporales, on voit des papules de différents volumes, arrondies, sèches, lisses, et de teinte cuivrée, qui ont dû succéder à une éruption analogue à celle qui existe encore dans leur voisinage. La peau du cou présente des macules lenticulées, cuivrées, qu’on peut encore rattacher à la roséole ; tandis que sur la région sternale et entre les épaules, l’éruption forme des groupes papulo-squammeux.
Les ganglions cervicaux postérieurs et jusque sur