EXPLICATION DES PLANCHES X ET X BIS
Les organes génitaux sont disposés de manière à présenter de face l’ulcération péno-scrotale.
La peau du scrotum et celle de la verge sont ^le siège d’un œdème érysipélateux. Le prépueeest très gonflé, et ses bords, irrégulièrement repliés en avant (lu gland, forment un phimosis aecidenlel.
A. la racine de la verge, dans l’angle péno-scrotal, on voit une vaste ulcération recouverte d’une fausse membrane, adhérente, pultacée, dont la portion gauche est franchement grise; tandis que,lda côté droit, on remarque une transsudalion hémorrhagique qui se fait à travers la couche grisâtre diphthéritique. Sur ce point, le fond est un peu soulevé : les bords de l’ulcère sont irrégulièrement ’coupés, surtout du côté de la verge, où l'on voit encore quelques lambeaux des téguments qui séparaient les ulcères dont la réunion a formé la surface que nous venons de décrire.
Cet état est surtout facile à observer vers l’angle gauche et supérieur, où le travail ulcératif a fait disparaître, depuis deux jours, la majeure partie de la peau qui séparait une petite ulcération de la grande surface ulcérée’
Du côté droit, une trace rougeâtre indique,’|sur la peau de la verge, le raphé qui paraît avoir opposé une limite nettement tranchée aux progrès de l’ulcévation. Dans toute la portion de l’ulcère qui présente une teinte rougeâtre par suite d’une espèce de transsudation hémorrhagique, l’œJème des tissus a produit un soulèvement marqué, et les bords qui avoisinent cette partie se trouvent au niveau de la surface ulcérée. Partout ailleurs ils sont taillés à pic dans toute l'épaisseur de la peau.
Sur le scrotum, on remarque quelques petites ulcérations de la même nature que l’ulcère péno-scrotal; leur fond est egalement recouvert par une fausse membrane grisâtre, pultacée. La région inguinale gauche offre une tumeur longitudinale peu saillante, avec coloration rougeâtre des téguments. A droite, il existe à peine une légère tuméfaction.
Sur les cuisses et sur les membres, une éruption syphilitique se présente avec des formes variées. Parmi de nombreuses macules rougeâtres, dont quelques unes offrent une légère saillie, se trouvent des vésicules, variables dans leur volume, depuis celui d’un point à peine visible jusqu’à la grosseur où elles doivent déjà être rangées parmi les [pustules. Les vésicules et les pustules [sont entourées d’une aréole, dont la couleur rouge s’affaiblit assez régulièrement du centre à la circonférence.
Enfin, dans quelques points, de véritables croûtes derupia, épaisses, stratifiées, irrégulièrement arrondies, se montrent entourées d’une aréole d’un rouge plus foncé et plus nettement circonscrit qu’à la circonférence des vésicules et des pustules.
1. Dessin fait le 12 février 1842. Les taches brunâtres qui indiquent le siège de la première éruption, se montrent plus particulièrement au menton et sur les ailes du nez. Leurs bords et les intervalles de peau saine qu’elles avaient laissés entre elles, présentent des papules et de [nombreux tubercules qui paraissent irrégulièrement disposés, tandis que, dans les autres points où les taches n’ont pas gêné leur développement, l’éruption est assez généralement figurée en cercles plus ou moins complets, isolés ou concentriques.
Ains i, tandis que les joues, et surtout les portions latérales du front, offrent des cercles concentriques assez réguliers de tubercules plus ou moins saillants; ils sont disséminés au menton, dont la peau s’est trouvée, à diverses reprises, altérée par les éruptions que nous avons ailleurs décrites.
Les tubereules ne se montrent pas recouverts de la squamme sèche, adhérente, que nous avons fait observer au sommetdes papules. Ici l’éruption se rapproche des formes suppuratives et présente à sa surface de très petites irrégulières croûtes, qui semblent être formées par une matière lentement sécrétée et qui se dessèehe à l’air. Ces petites croûtes donnent au tubercule un a.spect rugueux.
Pl.to.
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rcml daprcs natui'e et litli.par ÿ Dion.
PLANCHE XI
uXiCÈre primitif induré gangreneux, eymphite,
ADÉNITE AIGUE.
OBSERVATION
Bell...., âgé de 22 ans, tailleur, entré le 20 juillet 1844, salle 2, n” 7.
Deux jours après s’être livré, dans une maison de filles publiques, à des rapports sexuels qui datent aujourd’hui d’un mois, ce malade aperçut une petite ulcération qui avait pour siège la muqueuse du prépuce, côté droit; il crut d’abord qu’il s’agissait d’une simple écorchure, et ne se soumit à aucun traitement; mais bientôt quelques écarts de régime amenèrent de l’irritation. L’ulcération fit des progrès, et vers le quinzième jour après le début de la maladie, une petite tumeur très douloureuse à la pression, se montra dans l’aine gauche.
L’accroissement de cette tumeur se fit rapidement, et dans neuf jours elle atteignit, à très peu de chose près, le volume qu’elle présente aujourd’hui. Jusqu’à présent le malade n’a pu suivre un régime convenable, et c’est depuis deux ou trois jours seulement qu’il a cessé de travailler.
Aucun pansement n’a été fait. Voici l’état dans lequel il se présente, le21juillet 185-1.
Le prépuce, offre sur le côté droit de la verge un épaississement remarquable, avec cette induration particulière et caractéristique, que l’on trouve à la base de certains chancres. Induration que M. Ricord a comparée à la rénitence élastique de certains cartilages. La muqueuse est en ce point le siège d’une ulcération, qui, d’après les caractères qu’elle présente, doit être rangée parmi les chancres indurés gangréneux. Sa surface est recouverte d’une fausse membrane grisâtre, sur laquelle l’on aperçoit, cà et là, un travail de gangrène interstitielle, et c’est sans doute à la cause qui a produit cette dernière complication, que doit être attribuée la vive irritation que l’on remarque dans les tissus malades; ici, en effet, contrairement à ce que l’on X)bserve dans les cas de chancre induré, le malade