‹ Traité complet des maladies vénériennesChapitre 31 sur 121 · EXPLICATION DE LA PLANCHE XIII BIS · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA PLANCHE XIII BIS

Ulcères primitifs indurés de l’anus. Période de réparation.

Les doux ulcérations placées sur la ligne médiane sont le résultat direct et immédiat des rapports à •preposterâ venere.

L’ulcération placée sur le côté gauche de l’anus ne s’est produite que plus fard, et par •inoculation successive.

Paris. — lmp. LACOUR rtComp.; rueSt-Hjaciulhe-St-Michel, 33.

PLANCHE XIV

UI.CÈRX: PRIMITIF PHAGÉDFNIQUF DIPHTÉRITIQUE.

OBSERVATION

Le malade qui a fourni le sujet de la fig. 1, était affecté d’un ulcère primitif phagédénique, diphtëritique.

L’ulcération avait eu pour point de départ une déchirure du frein, survenue au moment du coït; elle fit de rapides progrès; détruisit le frein et au bout d’un mois, elle avait acquis, en surface, l’étendue représentée par la Ogure. Dès ,1e commencement, cette ulcération avait été douloureuse : le malade accusait la sensation d’une démangeaison brûlante et de picotements insupportables. Les érections exaspéraient la douleur.

Lorsque le malade fut soumis à notre observation, toute l’épaisseur de la surface semi-muqueuse du gland était taillée à pic : le fond de l’ulcération était recouvert d’une exsudation diphtéritique très adhérente ; les bords n’étaient pas décollés; ils étaient entourés d’une aréole d’un rouge sombre.

Le prépuce laissant le gland à découvert, était légèrement œdématié.

Ce chancre phagédénique, diphtéritique, constitue une variété h laquelle on pourrait donner le nom de chancre décorlicant; car il ne détruit le plus souvent que l’enveloppe du gland, et c’est ce qui arriva au malade dont nous nous occupons en ce moment.

Le repos, le régime, les émollients et les sédatifs n’eurent aucune influence sur la marche de la maladie. Lesmercuriaux, employés dans les pansements et pris à l’intérieur, eurent toujours pour résultat d’exaspérer le mal. L’iode appliqué à l’extérieur et administi'é à l’intérieur n'eut pas

plus de succès. La maladie résistait depuis huit mois, tandis que cinq semaines du traitement suivant suffirent pour amener la guérison : tisane de douce-amère et sirop de gentiane. Trois ou quatre pansements par jour avec de la charpie imbibée du liquide suivant :

^ Décoction d’une tête de pavôt, 200 grain.

Extrait de ratanhia, 16 gram.

Tous les deux jours, un bain à l’eau de son.

Quatre portions d’aliments.

Tous les deux jours, on cautérisa l’ulcération avec l’azotate d’argent, aussi longtemps que sa surface resta diphtéritique. Plus tard, quand elle fût détergée, on n’employa plus l’azotate d’argent que pour réprimer les bourgeons charnus.

Dans les derniers quinze jours du traitement, il y eut un temps d’arrêt dans le travail de réparation. Le pansement avec la solution de ratanhia fut suspendu et on le remplaça par de la charpie sèche, qui termina la cure.

La cicatrisation se fit par îlots et non point de la circonférence au centre.

Pendant tout le temps que dura la maladie , il n’y eut aucune tension des ganglions inguinaux, et quand le malade sortit de l’hêpital, il ne présentait aucun signe de la diathèse syphilitique.

Après la cicatrisation complète, le gland avait perdu un tiers de son volume ; il était flétri, ridé, mais le prépuce qui le recouvrait entièrement dissimulait en partie la difformité de la cicatrice.

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